‹ Manuel pratique du bibliothécaireChapitre 46 sur 233 · Voir à Tappcndicc · texte numérisé non relu

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à fréquenter la bibliothèque, est tenue d'inscrire ses demandes. En outre, chaque professeur remet au bibliothécaire, au début de l'année, une liste de propositions de livres qui est soumise, ainsi que les demandes faites sur le refçistre, à la Commission de la bibliothèque. Comme il arrive toujours que les demandes d'acquisitions excèdent les ressources du budf^et, le rtMe du bibliothécaire esl de faire ressortir devant la Commission les besoins immédiats, et de prélever de suite et avant tout la somme nécessaire pour acheler les suites commencées ainsi que les abonnements de journaux. Knsuile il réservera le quart du crédit total qui ne devra dans aucun cas être touché. — Ces trois points bien arrêtés, les demandes d'achats seront examinées et approuvées s'il y a lieu.

Les bibliothécaires doivent se préoccuper en temps voulu des abonnements à renouveler. Il est urj^ent, après avoir pris l'opinion de la commission sur la nécessité de la suppression de certains jou^ naux, que la liste de renouvellement soit transmise aux éditeurs ou au libraire char^^é de les faire dans les premiers jouiN de décembre.

Les modes d'achats sont assez variés. A Paris, les bibliothécaires ont toute facilité pour s'adresser directement aux éditeurs français et aux commissionnaii*esqui représentent les libraires élranj;ers. En province, au contraire, le bibliothécaire peut procéder de Iroi"^ manières : 1" s'adresser à un libraire local qui, moyennant une commission déterminée, se charj;era de la fourniture de tous les livres français et étran«^^ers ; 2" avoir un représentant à Paris — libraire ou commissionnaire — qui, pour une commission moindre que celle du libraire local, fournirait aussi tous les ouvrajjes; 3" enfin la combinaison la plus sûre, mais qui occasionnerait du travail et quelques dépenses supplémentaires au bibliothécaire, serait de s'adresser directement aux éditeurs sans aucun intermédiaire et sans commissionnaire. Ajoutons que ce dernier mode, fort pratique pour les ouvraj^es commandés ferme, ne peut être préconisé en province pour les ouvraj^es à l'examen. L'intermédiaire d'un libraire local est toujours utile dans ce cas, j)arce qu'il évite plus de frais ; et aussi parce que le bibliothécaire trouve directement certaines «^^aranlies qui peuvent déj^aj^er sa responsabilité en cas de non observation de convention ou de traité.

Il no peut pas se faire en province et surtout dans les bibliothèques municipales, comme cela a lieu à Paris, d'envois douvraj^es

à examiner faits par les libraires ou les commissionnaires, et cependant ce système a une utilité incontestable ; il tient le bibliothécaire en haleine, lui permet de constater, de visu, L'apparition des ouvrages nouveaux ainsi que des rééditions; il peut juj^er et choisir en connaissance de cause ce qui convient et lui parait le plus utile pour Tenseig^nement et pour les professeurs. Dans les bibliothèques universitaires, plus que partout ailleurs, cela devrait avoir lieu.

Ces envois hebdomadaires peuvent se faire ainsi :

Le libraire ferait deux catéj^ories d'envois : le premier comprenant les ouvrages commandés, les suites et les périodiques; le second ne renfermant que les ouvraj^cs à examen. Chaque paquet serait accompagné d'une facture, dite provisoire, contenant les détails des livres et les prix. L'examen des livres proposés devra se faire le jour même de l'envoi aiin que le bibliothécaire puisse soumettre à l'approbation de la commission de la bibliothèque, le lendemain encore, les ouvrages qu'il a réservés et jugés bons. Les ouvrages refusés sont biffés sur la facture au crayon bleu et les paquets sont reformés et réexpédiés. C'est en cela que consiste la manière intelligente de choisir et d'acheter des livres.

11 est bien entendu que les ouvrages à suite, les périodiques et les ouvrages commandés doivent être immédiatement inscrits et catalogués ; on doit en faire autant pour les ouvrages réservés dès que la commission a donné son assentiment.

Comment se vendent les livres? C'est une question qui paraît si simple qu'elle n'a pas toujours été traitée, et cependant un bibliothécaire, soucieux des intérêts de son dépôt, doit savoir acheter avec discernement, sur prix de catalogues et sans aucune hésitation.

Les ouvrages neufs, français ou étrangers, sont vendus à Paris avec une remise qui peut aller de 10 à '20 0/0. Voici comment : tous les ouvrages traitant de littérature, d'histoire, de géographie, de philologie, d'archéologie, de droit et autres sciences accessoires sont cédés par l'éditeur propre avec 20 0/0 de remise ; en général les ouvrages scientifiques et médicaux ne sont vendus qu'avec remise de 15 0/0 au maximum de leur prix ; les périodiques sont vendus à prix nets, l'éditeur n'accordant que 2 à 5 0/0 aux commissionnaires. Pour les ouvrages étrangers, qui sont centralisés chez les dépositaires à Paris, on ne peut obtenir une remise supérieure à 10 0/0 ; certains livres même, ainsi que tous les périodiques, sont à prix net.

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Kii indiquant les remises accordées sur les ouvraj^es neufs, remises faites à Paris et pour Paris, nous voulions démontrer qu'avec les frais d'emballap^e et de port la remise n'est plus que de 10 à 15 0/0 en province et souvent Touvraj^e revient au prix net. Il n'en est pas moins vrai que le bibliothécaire doit bien spéciiier que les ouvra«;cs lui parviennent ou franco de port avec la remise d'usaj^e, ou en port dû avec la remise complète et telle qu'elle se fait à Paris. Il en est autrement pour les ouvrajj^es épuisés el d'occasion qui lij;urent dans les cataloj;ues de libraires qui ont celte s|)écialité. Certains ouvrages modernes, abstraction faite des anciens, mais épuisés et non réédités, ont atteint des prix très élevés*, d'autres sont vendus à leur ancien cours et même au dessous. Les prix des ouvraj,^es anciens, antérieurs à notre siècle, ont, au contraire, subi des fluctuations variées, surtout pour les ouvraf^es de science et de littérature générale. On ne peut plus se baser sur les prix que Hrunel indique. Par suite d'études d'un nouvel ordre certains ouvraj:^es anciens ont subi une auj^Tnentation réelle ; le f^oût et la mode des amateui^ ont aussi inilué sur le prix des livres. La remise moyenne que l'on obtient sur ces ouvraj;es est de 10 0/0 sur les prix portés aux calalof^ues.

Les bibliothécaires ne doivent pas dédaij,nier les catalogues de livres d'occasion, français et étran«;ers ; ils y puiseront la pratique du prix des livres, de ses lluctuations et seront à même de profiter des occasions qui leur paraîtraient bonnes.

Los bibliothécaires ont peut-être plus rarement l'occasion d'acheter des ouvraji^es dans les «grandes ventes. Certaines collections cependant, telles que les anciennes thèses, les périodiques, certains fonds lilléraires peuvent se rencontrer dans une de ces ventes et leur acquisition présenter un réel intérêt. Il est donc utile de tenter la chance si les ressources du bud};et le permettent ; mais il serait préférable encore de confier ces sortes de commissions à des libraires experts qui suivent assidûment les ventes, qui en ont la pratique et l'expérience ; si avec cela on fixe un prix extrême, on sera

1. Nous nomnuTons : Dclisie Léopoldi : Elude sur la condilion de la cLixse agricole el Vèlul de l\i(fricullnre en !\'orm,'indie nu M. .1., Evrcux. Ilerisscy, JHjI, in-8", que l'on ne trouve plus à moins de 60 francs.

presque assuré d'obtenir Touvrage dans de meilleures conditions qu'en se présentant soi-même.

Disons que tout bibliothécaire, soucieux du développement de sa bibliothèque dans des conditions financières normales, doit se donner la tache de parcourir les principaux catalojjues des libraires d'occasion, de France et de l'étranger ; il sera certain d'être toujours au courant des bonnes occasions qui pourraient lui convenir et il s'instruira sur les prix des livres. La prudence lui recommande aussi, en acquérant des ouvrages épuisés, soit dans les ventes, soit d'après les catalogues, de faire des réserves et de n'accepter l'ouvrage que complet. Le collationnement a dû être fait au préalable, mais il fera bien de le refaire pour s'éviter toute surprise désagréable.

Enfin nous terminerons en engageant le bibliothécaire h se mettre en garde contre certaines fraudes employées par des libraires ou des éditeurs peu consciencieux qui, au moyen d'une annonce pompeuse ou sans noie dans leurs catalogues, vendent des ouvrages défectueux. Ces défectuosités peuvent être les suivantes :

1** Indication d'une nouvelle édition d'un ouvrage, alors que rien n'est changé au texte et que seuls les titres et les couvertures ont été réimprimés ;

2" Ouvrage défectueux comme état, étant court de marge, trop rogné, maculé ou piqué, et cela sans que le catalogue indique cet étal ;

'A^ Kntin, des ouvrages où il manque des pages, des gravures, des planches, des cartes ;

4** Collection dépareillée, incomplète ou mal agencée.

lOcHANGES INTERNATIONAUX. — Ccs échaugcs résultent de la nécessité où se trouve un pays de connaître et de posséder autant que possible les ouvrages d'érudition, les thèses parues dans un autre pays. Le budget de la bibliothèque ne suffirait pas à se procurer tous les livres qui s'impriment en dehors de la France; ensuite une certaine catégorie est assez difficile à avoir en raison du tirage minime qu'on en a fait ou d'un caractère particulier que présentent les livres : tels les écrits académiques, les thèses de doctorat, les dissertations inaugurales, et les publications faites directement par un Etat, une administration ou une école supérieure.

Cette idée d'échange international, exclue de la pratique pendant

le xYiii® siècle et le début du nôlre, avait été en honneur el appliquée antérieurement. Ainsi, en 1C91, la bibliothèque du roi échangeait ses livres doubles contre ceux qui s'imprimaient à Télranger ; en 1697, le père Houvet emporta en Chine un recueil bien complet d'estampes remis par le roi en échanj^e de 119 livres eu lanjjfue chinoise.

C'est à un Français, M. Vatteniare, que revient l'honneur d'avoir ouvert à nouveau ce champ des échanj^es internationaux. Médecin militaire d'abord, artiste dramatique ensuite, doublé d'un érudilet d'un curieux, M. Vattemare parcourut toute l'iilurope ainsi que l'Amérique où il fut très apprécié par tous ceux qui l'ont approché. C'est en 1832 que cette idée d'échanj;e entre nations naquit chez M. Vattemare ; il y consacra toute son énerj^ie, toute sa force de volonté. Non seulement il lit adopter son idée en Amérique, aux Etats-Unis, mais les principaux Ktats du monde : rAn|;leterre, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suisse, le (louvernement pontifical, l'Italie, la Turquie, la Perse, les Indes, adhérèrent pleinement à ses projets. 11 eut à vaincre beaucoup de résistance, surtout en France où, ou dehors de quelques spécialistes et d'hommes intelligents, on ne concevait pas la nécessité de ce service. Dans ses trente et un ans de courses, de pérégrinations à travers le monde et de labeur sans merci, il avait cependant provoqué un mouvement d'échange de plus de 300.000 volumes, sans compter les médailles, les objets d'art et d'histoire naturelle. Malheureusement sa mort, survenue en 18(VI, suspendit et interrompit tout le service qu'il avait créé ; les modestes fonds inscrits au budget furent supprimés. L'idée première n'en était pas moins née et avait reçu un commencement d'exécution. Fn 1807, l'Ftat reprit cette idée à son compte et lui donna une sanction officielle en créant un bureau spécial, chargé de ce service. Les événements politiques qui se sont précipités à partir de cette date retardèrent son fonctionnement normal et, en 1875 seulement, ^L de Vatteville forma sur l'ordre du Ministre une commission centrale pour établir les principes d'organisation et de fonctionnement des échanges internationaux * .

Pendant que chez nous cette idée passait à travers des fluctuations

1. Kriksen \\y.) : Les échanges internationaux^ littéraires et scientifiques... Paris, Picard, IHKO, in-8°.

variées, nos voisins, qui avaient reconnu l'utililé pratique qu'on eu pouvait retirer pour la science, l'avaient exécutée dès Torijjfine et échangeaient d'université à univei^silé, de pays h pays, leurs productions et leurs thèses.

Depuis que le service d'échangées internalionaux est rétabli, on l'a centralisé dans un des bureaux du Secrétariat et de la Comptabilité, et grâce à lui la Bibliothèque Nationale ainsi que d'autres établissements de Paris ont vu certains de leurs fonds s'enrichir.

Les bibliothèques universitaires ne participent au service d'échange que depuis l'année 1882 sous le titre d'échanges universitaires. Par la conclusion d'un traité, il résulte pour les Universités françaises comme pour les Universités étrangères une série d'obligations pour assurer ce service. C'est ainsi que, par l'arrêté du 30 avril 188"2, le minisire oblige chaque candidat à verser un nombre déterminé d'exemplaires de thèses pour le service des échanges. Les circulaires du 17 et du 31 mai 1882 expliquent les motifs de cet échange ainsi que sa nécessité.

Jusqu'à ce jour trente-huit Universités et corps savants' ont adhéré au service, et le résultat a été d'enrichir nos bibliothèques de plus de 20.000 brochures et écrits académiques. Il est vrai que ces dons représentant un aussi grand nombre de brochures sont largement compensés par l'envoi de nos thèses françaises traitant des sujets complets et formant des ouvrages très importants. Il incombe au bibliothécaire de rassembler, dans le courant de l'année, le nombre d'exemplavres des thèses et écrits égal à celui des villes qui échangent, puis d'en faire des paquets avec l'adresse de l'Université destinalrice. Ces paquets sont envoyés en un ballot à la maison Hachette les premiers jours du mois de novembre. La répartition de thèses étrangères a lieu dans les premiers mois de l'aimée suivante. Voici comment on doit libeller l'envoi :

1. Au 31 décembre 189 i, l'état des échanges est le suivant : Les univei'sitcs, académies et corps savants faisant les cchanjj:es sont ; BAIe, Berlin, Bonn, Breslau, Copenliajfue, Dorpat, Erlangen, Frihourg, (land, Genève, Giessen, Gœttintçen, Greifswald, Groninpue, Halle, lleidelberj?, Icna, Innsbruck, Kiel, Kœnijçsberiî, Leipzijç, Liège, Leyde, Lund, Marbourg, Munich, Munster, Oxfoixl, Hostock, Slrasboui*g, Tubingcn, Upsal, L'trecht, Wurlzboui^, Zurich, Berne, Florence, Baltimore (John Ilopkins Univcrsity).

{H) DKS LIVRES

KnVOI DK la BlBLIOTIlKQlE UNIVERSITAIRE DE LYON

A LA Bibliothèque Universitaire de BERLIN

C'est là le rôle du bibliothécaire dans les échanp^cs; les autres envois incombent aux secrétaires des Facultés. Nous n'insisterons pas davantaf;^e. La circulaire ministérielle placée à la lin* de ce volume fera mieux comprendre ce service.

Les livres sont de deux sortes : manuscrits et imprimés. Il n'entre pas dans notre cadre de donner ici la définition de ces deux mots, ils sont connus et l'on trouvera dans le lexique des détails suffisamment étendus pour expliquer les formes différentes du livre et du manuscrit; mais il faut que le bibliothécaire sache comment s'y prendre pour les loj^er, les calaloj^uer, les inventorier et les mettre à la disposition du public. Knfin, il faut aussi indiquer les précautions à prendre pour assurer leur conservation.

Nous nous arrêterons particulièrement aux soins exifjés par les livres au point de vue matériel, aux moyens de les préserver de toute détérioration et aussi à leur conservation par la reliure.

On avait cru pendant lon«;lcmps qu'en mettant le livre à Tabri de l'air on le protégeait complètement. C'est là une erreur dont on est revenu, et si l'on se trouve forcé de préserver derrière une vitrine des livres rares ou précieux, il est utile tout au moins de renouveler l'air de ces vitrines, d'en retirer les livres, de les ouvrir en les feuilletant afin de les aérer é«;alement. Ceux qui se trouvent sur les rayons doivent élre battus vij^oureusement, après que les tranches auront été essuyées avec un linj;e très léj^èrement humide s'ils sont reliés. Ce balla^^e est absolument nécessaire, la poussière accumulée pénètre dans l'intérieur des livres et les abîme beaucoup.

La manipulation journalière des livres par des lecteurs à divers déférés de bonne santé entraîne un dan^^er d'un autre ordre, mais que, jus(ju'à ces temps derniei^, on n'avait nullement soupçonné. Le livre devient insensiblement un propaj^^ateur des maladies conla-

fjieuses de loul ordre : diphtérie, variole, érysipcle, tuberculose, etc.^ sans que nous nous en doutions. Notre confrère, M. Prieur, qui depuis lon^i^temps poursuit des recherches sur ce côte inconnu du nMe du livre, a appelé noire attention là dessus en nous enj,'af;eant à signaler, à côté du mal, le remède, qui a été trouvé et employé par M. Mi quel *.

1. Le formol (fomialdéhyde, aldéhyde forniique, trioxyméthylène) a été employé par M. Miquel à la désinfection de» livre». Pour éviter tout accident d'intoxication chez le» personnes qui manipulent cet a^enl, voici comment il procède :

Il dispose dans une armoire ou une caisse fermée dépourvue détapère un cadre en fer ou en bois ^rillai^é. Sur ce cadre, placé horizontalement au milieu de l'armoire, on dispose des livres de champ, les bords libre» des feuillestournés en bas, et, au dessous du cadre, on assujettit une bande de toile de 0 m. 15 à 0 m. 20 de laideur sur une lonjçueur à peu prè» éj^alc à celle de Tarmoire. Cette toile doit pouvoir s'enrouler sur deux petits mandrin» en bois, dont une extrémité dépa»se la toile, et qui peuvent s'enirajrer dans deux piton», de façon que cette dernière soit maintenue déployée et horizontale.

Pour opérer une désinfection, le» livres une lois placé» comme il vient d'èlre dit, la bande de toile étant enroulée »ur un »eul nmndrin est plonjjée en entier dans un bocal, contenant une solution aqueu»e commerciale d'aldéhyde formique, de densité éjçale environ û 1,075, dans laquelle on a fait dissoudre du chlorure de calcium. La bande, une fois immerjçée dans le liquide, on l'enroule lentement sur le second mandrin libre, de façon à l'humecter dans toutes ses parties, puis, on la lai»»e un in»tant s'éj^outter, on la déroule rapidement et on la place dan» l'armoire au des»ous de» livres.

Le» porte» de l'armoire fermée», l'air qu'elle renferme se remplit immédiatement de vapeur» micn)bicide» à odeur très vive. Au bout de 21 heures, toutes les bactéries, tant pathojçènes que vulgaires, faiblement ré»i»tantc» comme réfracUire» à l'action de» haute» température» et de» antisepticpie» pui»»an(», sont anéantie». En un mot, le» livre» sont entièrement stérilisé».

Le prix de revient du litre de liquide antiseptique, qu'on peut préparer A l'avance, est actuellement de 7 francs. Avec un litre de ce liquide, on peut, dan» une armoire de 1/2 à 3/i de mètre cube, elTectuer au moins 20 A 30 désinfection». Ce moyen .s'applique aux tissu», aux fourrure», aux peaux, aux objets d'art et autres de petit volume.

(Journal de pharmacie et de chimie, n° du 15 février 1895, pp. 192-193, 15- année, 6- série, t. L n° i.^

Qu'on nous permette de conclure en di»ant que, dan» l'état actuel de la question, le remède n'est d'aucun usa^çe dan» une j;rande bibliothèque, sauf pour certains cas isolés, c'est-A-dire s'il s'agit de désinfecter quelques volumes qui ont été rendus par une personne malade. Dans le cas ordinaire, on ne serait pas à la moitié de la désinfection de» livre» d'une bibliothèque que le»

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Il y a crautres danj;ers que nous devons sij^nalerel auxquels il faut aussi porter remède le plus rapidement possible. Les livres qui !?e trouvent dans des salles du rez-de-chaussée ou même dans des éla{,'C5 supérieurs, sont sujets à se moisir si l'exposition en est au nord. Ou sait quels ravaf;es font ces cri/pfoganies imperceptibles : leschœtomium^ le atachybolris^ le peniciUium glaucum et Vaspergillus ffli'iucuft^ qui attaquent la couverture ou la tranche du livre, pénètrent dans l'intérieur sous forme de taches j^rises passant au violet et au vert pâle. Le papier tombe miette à miette, s'effrite en poussière et le livre est perdu. Le parchemin n'est pas plus à l'abri de ces parasites (lan«;ereux que le papier, et souvent on trouve des manuscrits absolument perdus*.

Le remède, dès qu'on s'aperçoit de cet inconvénient, doit cire employé rapidement. Il faudra retirer le livre attaqué des rayons, l'essuyer soi^^neuscment et enlever toutes les taches de moisissure; on en aérera l'intérieur en l'ouvrant le plus possible et même en le laissant exposé au soleil, jusqu'à ce que toute l'humidité ait disparu. On devra défaire le rayonnaj;e, j^ralter soipieusement la peinture, faire cimenter le mur pour obtenir une surface unie, après quoi laver loute la surface du mur avec de l'huile de lin très chaude cnv passant même plusieurs couches. Lorsque le tout sera bien sec, on pourra appliquer telle couche de peinture que l'on voudra, et alopï^ seulement on rétablira le rayonnaj^e.

Ce[)endanl, avant de replacer les corps de rayons, nous enj,'a-

l)reniicrs auraient le temps de se contaminer déjà. De plus, comment procéder avec un appareil dont la description ci-des.sus nous démontre sa petitesse, puis(pi'on ne peut fruère y mettre plus de 10 volumes à la fois, et qu'il faut laisser passer 2i heures avant de les retirer de Tétuve. Enlin, si le prix du litpiide désinfectant revient à 7 francs le litre et (pfon désinfecte avec celte quantité 300 volumes tce qui est un maximum absolu\ on aura une dépense de l)lus de 2.200 francs pour une bibliothèque dépassant 250.000 volumes. N«»n. nous répétons encore une fois <|u'on ne peut mettre ce système en pratique i[uc dans les hôpitaux, où c'est indispensable, et dans certains cas particuliers.

1. Il nous souvient d'avoir vu, en 1H70, dans l'hôpital Sainte-Marthe, d'Avif^non, dont nous étions charj^é de classer les Archives, des manuscrits sur parchemin et sur papier totalement abîmés et tombant en miettes sou5 l'inlluence d'une humidité prolonj;ée. Ils étaient non seulement illisibles, mais perdus, tellement la détérioration était jj^rande.

DES I.IVRKS M

gérions li mettre contre le mur des panneaux en bois placés le plus économique me ni possible. Sur ces panneaux seraient montés les rayons. 1] sufliraît de clouer contre les montants des planches ajustées les unes contre les autres par une mortaise et blanchies ù la varlope. Les livres seraient de la sorte absolument isolés du mur.

Dans les salles humides et chaudes il existe des ennemis plus dangCTeax que la moisissure. Ce sont les insectes. Dans les bibliothèques qui ne sont pas suriisammcnl surveillées, certains coléoptères, lépidoptères et même des diptères se nourrissent à leur dépens. Ils s'attaquent de préférence aux vieux livres dont les papiers sont bien secs et dont les reliures sont soignées. 11 est curieux d'observer que les volumes brochés sontmoinsTréquemment atteints parles insectes. Ils pénètrent dans l'intérieur du livre presque toujours de la même manière; ils s'introduisent en perçant une ouverture circulaire dans le dos de la reliure nu dans le haut de la tranche, puis creusent une galerie alTectant des méandres et des arabesques sans nombre, montant, descendant, pivotant sur place pour élargir le ti-ou. Los insectes y déposent leurs teufs, puis y meurent; les larves qui naissent se nourrissent aux dépens du livre en rongeant le papier; (Fi(,'. 57, 58)leursdivcrscsmétamorphoses s'accomplissent danslc h vre cl entin

Pig. 3T Eut d'us liinibi.

l'insecte parfait reprend son vol en se creusant une jjalerie de sortie pour revenir reprendre un nouveau travail rannéc suivante. Ces insectes sont pour la plupart des coléoplêrcii dont voici les noms :

fl-t I.KS LIIHKS

Vanohiam perlinax; i'anobium eradîlus; Vanobium paniceam; \'œcophora, pseudo-xpreleltaj hiatla ijermanicn, vul^'aircmcnl crolon hag^ cl, parmi les aplores, te lepisma.

Ce qui paraît surtout les attirer est l'oileur de la colle de farine. Ou sait en ciïet que les aiicieiiiies reliures dont les plats élaiettlrn bois sont collées de cette manière, tandis que nos relieurs moderne; emploient pour la plupart une colle renfermant de l'alun ou d'aulre matière qui la rend imputrescible. En outre nos papiers modernes sont rarement de chiffons purs; on y mêle du kaolin, du talc atin de leur donner du poids et de It^paisseur, aussi nos livres courent moins dcchanee de destruction parles insectes'.

Le seul remède contre le piqua^'e des livres est de les battre assM violemment, de les feuilleter pajie par paffo et de retirer les insectes si on les découvre; et encore ces opérations ne sont pas toujours .eflicaces.

L'excès de chaleur, surtout celle

par les calorifères et les ])nétcs, amène des inconvénients d'un autre ordre, I.ai'cliure des livres et le papier subissent une dessiccation lente mais profonde qui désorfjanise les divers tissus et amène une dcsa|în> (,'alion du livre. D'autre part, si ceux-ci ne sont pas assez isolés du foyer calorique, ils subiront un échaufrement assez rapide, et assez violent pourbn'iler lentement et se carboniser le long des bords et dans les niarfjes. (Fif;. 59).

I-es livres placés dans les rayons supérieur subissent tous ces désa(;rémcnts à cause del'air surchauffé qui s'accumule au plafond s'il ne peut s'écouler par des ouvertures ménaci^ exprès; un autre inconvénient assez [irave provient du ga/. Les vapeurs sulfureuses et rhunii' dite chaude qui s'échappent des becs — quel-

l.NoUK ne parlons i|uu ilc celte cauiHXlcdcsli'ui.'lii redoutables i)cul-ctrc i|ue les insectes et riiuiiiidii de certains iiopicrs i[ui ne pourront jamais diii-e trouve lies cxenipies dons bien <)es bibliothèques.

n, car il en est d'autres plus i5, c'est la niauvai»e qualilé ■ ioniftemp». Déjà l'un en

quefois trop ouverts — corrodent le cuir des reliures, noircissent Tor des titres et des ornements.

Mais à cela il y a remède. Lorsque la bibliothèque est chauffée par un calorifère, on pourrait utiliser la chaleur des foyers à la production de Télectricité pour Téclairage. Il faut seulement veiller à ce que les fils n'aient aucun contact avec un corps inflammable et que la tension électrique ne soit pas trop forte et ne puisse amener la fusion du cuivre comme cela s'est vu parfois.

Dans le cas où le gaz seul est utilisable on pourrait en modifier la flamme par son passage au travers de corps dépura teurs ou par l'emploi des becs Auer'.

Voilà les quelques conseils que nous avons cru utile de donner sur la conservation et la protection matérielle du livre.

Les livres rares par leur édition, curieux par leurs planches ou précieux par leur reliure, doivent naturellement être traités avec soin. Il y en a dans toutes les bibliothèques. Aussi, en les cataloguant comfne les ouvrages ordinaires, le bibliothécaire les retirera des rayons en les remplaçant par des planchettes sur lesquelles sera indiquée l'armoire ou le meuble où le livre a été transféré. On pourra, si la place ne manque pas dans la bibliothèque, faire construire une vitrine ou un meuble vitré où tous les livres rares seront rangés. 11 en sera de même pour les manuscrits précieux ou ornés de miniatures, les incunables de grande valeur.

Les incunables et les manuscrits ordinaires devront être placés dans une salle à part où le public ne pénétrerait pas.

Les soins à leur donner sont les mêmes que pour les ouvrages reliés, mais en y apportant encore plus de précaution et d'attention.

Les atlas de planches en cours de publication, les ouvrages de prix qui paraissent d'une manière périodique devront également être renfermés dans une armoire.

Uair sec et pur est encore le meilleur conservateur des livres. Aussi doit-on aérer les magasins et les salles renfermant les livres et cela au moins une fois par jour, pendant plusieui's heures. En raison de la saison et de l'orientation de la bibliothèque cette aération ne peut se faire à des heures déterminées. On établira alors des courants

1. Voyez, pour plus de détails, le chapitre III « Eclairage ».

96 DES LIVRKS

d'air aussi actifs que possible circulant au traN'crs des épis el des rayons. Il est bien entendu que les salles publiques et de lecture seront aérées réjoui ièreni en t tous les jours avant les séances, élé comme hiver. C'est une mesure hygiénique élémentaire.

La reliure des livres dans une bibliothèque est une chose trop importante pour qu'on la néglif^e ; nous croyons devoir donner ici, après l'avoir modilié et corri«;é, l'article que nous avons fait paraître dans la Revue des Bibliothèques^ en 1893, p. 497 sq.

Un peut dans toutes les bibliothèques diviser les ouvrages en trois grandes catégories :

1** Les dictionnaires et les ouvrages de références;

2" Les collections et les périodiques ;

3** Les ouvrages séparés comprenant un ou plusieurs volumes.

Exceptionnellement, on peut encore citer : les atlas géographiques^ ou avec planches, les journaux de très grands formats, les collections d'estampes, de manuscrits ou de musique.

Les dictionnaires, consultés au hasard, rapidement, sans les égards dus aux autres livres, réclament une reliure solide et facile à manier.

La deuxième catégorie est sujette à servir fréquemment dan? l'année ou pendant les quelques années qui suivront son apparition, pour les périodiques particulièrement ; enfin, d'autre part, le nombre des volumes est assez considérable, ces sortes d'ouvrages demandent donc une reliure uniforme et solide tout à la fois.

Les ouvrages séparés, composés de un à quelques volumes,^ doivent exiger, eux aussi, une enveloppe appropriée au service qu'on leur demande.

11 existe encore, dans la plupart des bibliothèques, un certain ordre d'ouvrages ou de collections : plaquettes, brochures, tirages à part, programmes, etc., qui, vu leur peu de valeur ou l'exiguïté de leur format ou de leur épaisseur, peuvent être simplement cartonnés ou reliés à la Hradel.

Mais avant de passer à la description de la reliure, il faut dire que tout bibliothécaire consciencieux ne donnera jamais, à moins de

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orce majeure absolue, des livres neufs à relier avant qu'ils aient lassé quelque temps à la bibliothèque. — On ne doit donner à la eliurc les livres qu'u/i an après leur impression^. — Il faut, autant [ue possible, couper le livre, avant de le livrer, afin d'amener Tencre l'impression à une sécheresse suffisante. Bien des ouvraji^es, même nciens, maculent toujours aussitôt qu*ils sont pressés. Un relieur ntellij^ent, recevant des ouvrajces neufs, doit toujours se méfier du naculage et Téviter en intercalant entre chaque feuillet une mince euille de papier qui préserve le livre. -

Comme il est indispensable de contrôler chacune des opérations successives par lesquelles passe un livre jusqu'à son achèvement complet, il faut se baser sur Texamen attentif de l'intérieur et de l'extérieur de la reliure, et se fier aussi — jusqu'à un certain point — à la bonne foi du relieur. Il résulte de cet examen que la reliure doit présenter les principales qualités suivantes, qualités il est vrai c\c forme, qui n'excluent pas d'ailleurs celles de fond dont nous parlerons :

L'ensemble du livre doit être bien battu; — les gardes intérieures doivent être cousues et non collées contre le titre; — la couture doit être faite avec soin, ù trois ficelles au moins, à cinq au plus, pour les formats moyens et petits; — les marges doivent être ménagées le plus possible; le pliage et la couture ne doivent pas produire d'irrégularités de marges, et le livre ne doit être rogné que très peu et bien d'équerre ; — les cartons des plats ne doivent être ni trop gros ni trop minces, en carton pâte et non en carton paille; — le livre doit former sans bâiller ; — les bords du carton doivent franchement déborder en tête et en queue; il en est de même pour la gouttière, mais sans exagération; — la peau employée doit être de bonne qualité, quelle que soit la matière choisie. La proportion de la largeur de peau, sur les plais, pour les demi-reliures, doit être d'un cinquième à un quart, selon le format du volume ; — des tranchefiles authentiques ou des cartes et non des comètes doivent être exigées ; —

1. On est arrivé de nos jours, pourtant, ù imprimer des ouvrages, dont l'encre sèche presque instantanément. C'est à une mauvaise qualité d'encre )u'il faut bien souvent attribuer les maculatures.

2. Cette opération entraîne des frais supplémentaires, puisqu'il entre à 3eu près un quart de papier en plus dans le volume. Aussi le relieur ne le fait {ue sur la demande du client.

MaSCBL DC BtRUOTIIli^CAmR ^

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les litres courts et simples doivent être poussés nets et bien d*aploinb.

Afin de mieux faire saisir au lecteur Timportance de ces divers desiderata, il est utile de savoir comment procède le relieur.

Un ouvrier reçoit un lot de livres brochés dans un état plus ou moins satisfaisant. Il prend chaque volume Tun après Fautre, enlève la couverture, et s'assure si elle tient au dos avec de la colle de pâte ou de la colle forte. Dans le premier cas, le travail est simple et les cahiers se détachent un à un, à mesure que la couture du brochage est défaite. Mais, pour les volumes collés à la colle forte, l'opération est plus compliquée : le papier est cassant, les cahiers adhèrent fortement les uns aux autres. Alors l'ouvrier enduit de colle de pâte le dos des volumes en répétant cette opération quatre ou cinq fois, jusqu'à ce que la colle forte soit bien amollie; ensuite les cahiers se séparent sans peine.

Si l'ouvrage n'est pas coupé, on déplie chaque feuille d'impression en entier, après avoir retiré les cartes, les gravures et les planches hors texte. L'ouvrage ainsi disposé est donné à une plieuse. Celle-ci replie soigneusement chaque feuille, afin que les pages tombent bien d'aplomb et que les filets de têtes, les chiffres des pages se trouvent bien en face les uns des autres. Pour les livres coupés, on se contente de défaire le pli central et de replier avec soin.

Un autre ouvrier, assis devant un bloc de pierre (du calcaire à grain très fin, généralement*), tenant un gros marteau à manche court et frappant avec une certaine symétrie sur des cahiers détachés d'un livre qu'il tient de la main gauche, prend plusieurs cahiers à la fois, selon le format et l'épaisseur du papier, les bat en partant du centre pour arriver à la périphérie. Le livre est ainsi aminci ; il a perdu de son épaisseur, mais le papier a gagné en souplesse. Chez la plupart des relieurs de Paris ce travail se fait aujourd'hui mécaniquement ; les livres sont passés, par 5 ou 6 cahiers, sous un laminoir spécial qui remplace avantageusement le marteau *. Il revient ensuite à un ouvrier ou plutôt à une ouvrière, qui replace les planches et les

1. Les pierres à battre en usage à Paris au XVIII* siècle et au début de celui-ci étaient extraites des carrières d*Arcueil. M. Bosquet dit, dans son traité, p. 38, que le bloc à battre est en granit ; c'est, au contraire, un calcaire appelé liais. (De Lapparent : Géologie^ 3* édition, p. 1234.)

2. « Nous difTérons à ce sujet d'avis avec M. Cartier, cependant, beaucoup de relieurs ont abandonné cette vieille et excellente méthode pour la remplacer

DBS LIVRES 99

caries dans leur ordre et à leurs pages respectives, après les avoir numérotées, si elles ne le sont pas. Pour les gravures hors texte, le relieur applique bien souvent sur leur bord un léger papier de soie fixé à la colle. Ce papier protège d'une part la gravure et empêche qu'elle ne macule sur la page opposée.

Le livre battu et rassemblé, chaque cahier est retourné Tun après Tautre, les gravures soigneusement examinées, la pagination vérifiée.

L'ouvrier reprend alors le livre pour y placer les gardes blanches qui ne doivent pas être collées, mais cousues à part et rapportées, s'il est utile, sur onglets. Ensuite on le met dans un étau en fer, le dos légèrement débordant. Au moyen d'une scie à main, l'ouvrier entaille les plis du dos sur une profondeur d'un millimètre à peu près ; ces entailles sont au nombre de trois à cinq, selon le format du volume, et doivent servir à recevoir la ficelle sur laquelle les livres seront cousus; c'est ce qu'on nomme grecquer. Il fait aussi un léger cran en tête et en queue destiné à recevoir les chaînettes

qui maintiendront les cahiers au r^^-^^^^^^ ^ ^ ■ ,.^

même niveau. Pour les ouvrages *^ ^

demandant une reliure très solide,

on applique les ficelles au dos sans / Hk

faire de traits de scie ; la couture

sera faite sur nerfs. ^. .m ,m^^T^(^^rTT^:r:'j=j.

Il y a, en effet, trois sortes de cou- ' l)

tures principales^ : sur grecques, n^ ^^ sur nerfs, sur rubans. Pour la cou- r iSX-J^- ^J^^— ^

ture sur grecques ( fig. 55), l'ouvrière pi^. 55 schême de u couture .ur gr«q«.

prend un, deux et même trois ^'«- ^' Schôme de la couture «ur simple cahiers si le papier est mince ou l'ig- ^7. Schéme de u couture «ur double les cahiers peu épais. Elle fait partir Fig. 58. Schdme de u couture sur parchemin.

le fil de la chaînette de tête du premier cahier, elle suit la pliure intérieure pour ressortir à la première ficelle que le fil contourne, le

par le laminage, procédé infiniment plus expéditif, mais inintelligent, parce qu*il réduit le volume à Tétat de bloc lourd et informe. » i)e ia décoration extérieure des livres^ p. 3, ligne 23 et suivantes.

1. Nous ne dirons rien de la couture ou plutôt de l'assemblage des cahiers au moyen des fils de métal. Ce procédé, créé en Allemagne, utilisé pendant quelque temps, est un procédé expéditif, mais désastreux pour le livre. Oo peut cependant l'employer pour le brochage de plaquettes très minces.

deuxième cahier est applique et le fil reprend la deuxième ficelle, et ainsi de suite jusqu'à la chainette de queue ^.

La couture sur nerfs est simple ou double (fig. 56 et 57). Sur le simple nerf, Touvrière enroule le fil une ou deux fois avant de passer à rintérieur ; pour le double nerf, elle enroule successivement la ficelle sur chaque nerf, en venant de Tinlérieur du volume à rexiérieur. Tout livre imprimé sur parchemin, velin ou sur papier rigide tel que : papier velin, whalman, japon, doit être cousu sur nerfs afin de ménager la brisure du dos. Au contraire, tout livre imprimé sur papier à la forme ou papier souple à la machine peut être relié sur grecques. La couture sur ruban est à peu près la même que la coulure sur nerfs, mais le fil sera passé deux fois sur le ruban, ce qui le rend plus solide. Au lieu de ruban, on emploie des bandes de parchemin lorsque l'ouvrage a besoin d'une solidité extrême ; c'est ce qu on appelle reliure hollandaise. Le fil au lieu d'être piqué dans le parchemin, l'embrasse en entier et se trouve piqué en travers (fig. 581 Après la coulure certains relieurs, ce sont les consciencieux, ajoutent au dos du livre un bande de papier très mince. Kllc est double» maintenue d'une part sur la garde intérieure et en onglet, de l'autre sur la garde extérieure et le rebord du carton. Sa destination est de donner une plus grande solidité h la couverture.

Le livre est cousu (fig. 59); il nous reste à montrer maintenant comment on procède pour donner au dos la forme arrondie qu'il doit avoir et enlin comment on met les cartons en place.

Fig. 51.. l'nlivresorl,.nl.lola couture: L'oUvHcr rCprCUd Ic livre et

vu tic dos. pas.se sur le dos une couche de

colle forte; puis sans attendre qu'elle soit totalement sèche, il aplanit le dos et le polit un peu avec la partie étroite du marteau ou panne. Après cela, il divise les fils de la ficelle de manière à les effilocher. Enfin il ébarbe le livre pour enlever toutes les inégalités de papier en haut et en bas.

Pour arrondir le dos du livre l'ouvrier le place horizontalement et,

1. La reliure sur {grecques est d'origine française ; les Allemands l'ont ad()pté£ uu dernier siècle en l'appelant « franzband ».

* fc • * * «

le maintenant d'une main, il frappe de telle sorte que les bords se rabaissent tandis que le milieu reste élevé. Le côté opposé à la couture prendra une forme concave h laquelle on donne le nom de j,^outtière. Le dos arrondi, on place le livre dans Tétau, le dos en Tair, et avec la panne du marteau, on rabat les cahiers extrêmes de chaque côté sans toucher à ceux du milieu, les côtes rabattus laissent un espace dans lequel sera lo<,'é le carton, c'est ce qui porte le nom de mors.

I^s cartons, avant d'être placés, sont affinés ; on y colle sur la tranche, du côté qui doit toucher le mors, une légère bande de papier, puis on introduit les ficelles, dont les fils ont été réunis et collés en pointe, dans les trous en commentant par la partie extérieure des plats et en revenant dans Tintérieur pour les faire ressortir à l'extérieur où les bouts de ficelles sont rabattus ; les trous ne 5ontpasparallèles,mais le second est un peu au dessus du premier.

Comme on le voit {fî^. 60) le carton fixé et ouvert n'affleure pas la {^arde blanche, mais

laisse voir près a un pig. CO. Le» cartonH mi» en place, l'un d'eux ouvert pour

centimètre d'ouverture montrer U manière de placer lea f,ccllc«.

entre elle et lui. Cet espace est nécessaire pour faire jouer le carton de bas en haut et inversement au moment de son rognage.

On place ensuite les gardes de couleur en les collant seulement contre l'intérieur du mors ; elles doivent un peu déborder de chaque côté du livre. La garde blanche est posée ensuite et sur le tout on place une large bande de papier, la .sauvegarde^ collée très légèrement.

Là s'arrêtent les premières opérations. Les livres sont mis ensuite en paquets. On prend de 12 à 15 volumes qu'on place chacun entre des ais de bois appelés w entre-deux », terminés en haut et en bas de

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tO!2 DBS LIVBES

la charge par des planchettes plus fortes et plus épaisses. Le tout est mis eu presse et doit y rester au moins quarante-huit heures. L'inconvénient de cette mise en paquet consiste en ce que les planchettes n'ayant pas la largeur des volumes, ceux-ci bâillent en sortant de presse. II est donc préférable, comme cela se pratique chez les bons relieurs, de mettre les livres dans une presse horizontale en les séparant par des planchettes assez larges qui peuvent recouvrir entièrement le livre. Une fois en paquet, les dos sont recouverts d'une forte couche de colle de pâte, renouvelée plusieurs fois, puis frottés soigneusement au moyen d'un frottoir en buis ou en os. L'ouvrier colle ensuite au dos une bande de toile mince qu'on laisse bien sécher, le livre étant entre deux ais. Une fois séchée, on coupe le surplus de cette bande et l'on recouvre le dos du livre d'une couche de colle forte. Si le livre est grecque, on colle sur le dos la bande de mousseline ; mais s'il est cousu sur ruban, on la remplace par une bande de peau amincie, on n'applique alors rien au dos des livres cousus sur nerfs. Après un nouveau séchage sous presse, les dos sont frottés à nouveau, puis reçoivent une couche de colle forte très claire. Les livres sont enfin retirés de la presse, les mors sont dégagés, tout excédent de mousseline et de papier est enlevé, ils vont être rognés. La tête et la queue seules du livre doivent être rognées d'une manière bien droite, mais légèrement, avec soin, pour ne pas trop enlever de matière. La queue ou bas du livre, qui ne doit être ni dorée ni jaspée, sera simplement ébarbée. La dorure et la marbrure sont faites par des spécialistes à Paris ; c'est toujours le contraire en province, où le relieur exécute les reliures dans tous leurs détails. Après la dorure qui revient polie tandis que la marbrure ne l'est pas, les tranchefiles sont placées en tête et en queue. Elles sont généralement cousues à même au moyen de fils de soie de différentes nuances ; ceci fait, les cartons sont rognés en haut et en bas, selon la hauteur du livre. Par économie, on remplace les tranchefiles par des comètes qui sont collées au lieu d'être cousues. Pour donner une certaine élégance aux volumes cousus sur grecques, on met au dos une bande de papier sur laquelle on applique de distance en distance une mince lanière de cuir ou même un morceau de carton. C'est sur cette bande, ou carte, que la peau est directement posée, et les saillies situées au dessus des petites lanières imiteront les nervures ; ce sont donc de faux nerfs.

Il ne reste plus qu'à recouvrir le livre. Le volume recouvert de sa peau, puis séché, est prêt à être doré sur le dos et à recevoir le titre.

Le travail du doreur est délicat et difficile. Sans entrer dans des détails techniques trop longs et trop minutieux, qu'il nous suffise de dire que le titre doit être aussi simple que possible, sans longueur ni prétention, que tout ornement inutile doit être banni et qu'enfin, pour les collections seulement, le relieur devra rechercher les fers qui se rapprochent le plus du modèle.

Après la dorure, le relieur recouvre les coins du carton d'un morceau de peau ou de parchemin afin de donner à cette partie une résistance suffisante. Alors seulement il amincit ou pare la peau aux mors et aux coins pour éviter que le papier collé sur les plats produise quelque saillie. Les plats sont ensuite recouverts de papier choisi, les gardes en couleurs sont collées intérieurement, puis séchées; enfin on les polit avec un fer chaud.

Ici se termine le travail essentiel du relieur. Les livres, une fois secs, sont mis en presse entre des feuilles de zinc afin d'en glacer les plats; on en place même entre les feuilles de garde pour le même motif. Le dernier vernis est passé sur la peau au moment de la livraison (fig. 61).

Ce que nous venons de dire de la reliure et des opérations multiples qu'elle comporte, s'applique d'une manière générale à tous les genres de reliures, qu'il s'agisse de cartonnages en plein papier, en toile ou à la Bradel. Elles diffèrent seulement à la fin lorsque le livre va recevoir les cartons ; c'est en cela surtout que la différence a lieu pour les cartonnages et les reliures. Dans ces dernières, comme on Ta vu, les ficelles ou les rubans de la couture sont piqués dans le carton même, dans la plupart des cartonnages, on se contente de coller les ficelles ou les rubans contre les cartons en les recouvrant après coup de gardes plus ou moins solides. On peut encore appeler cela un emboîtage.

Fig. fil. Lirre relié vu de pro61 et par le» platH pour Texplicatioa des divers termes.

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DKS MVRKS

Les cartonnages en papier doivent se faire le moins possible, eu égard à leur peu de résistance ; la peau de veau doit être bannie des bibliothèques, sa préparation moderne est défectueuse, et ce cuir, étant sujet à durcir et à se sécher avec le temps, devient cassant'.

Les atlas doivent généralement être montés sur onglets en toile avant d'être reliés ; c'est le meilleur moyen de protection et de conservation.

Pour les journaux de très grand format ainsi que les ouvrages de même genre, mais imprimés sur papier très mince, souple et facile à manier on peut employer la reliure dite arraphique. Klle consiste, après avoir grecque les dos comme d'habitude, à y glisser les ficelles puis à passer sur tout le dos, le livre étant mis à l'étau, quelques couches de colle forte. Les ficelles seront très adhérentes, les cahiers ne risquent pas de se détacher; on peut recouvrir le volume, mais il ouvre cependant moins bien qu'une reliure.

Les matières diverses employées à recouvrir les livres présentent chacune ses avantages et ses inconvénients.

Le parchemin, assez peu usité de nos jours, est mal préparé actuellement et est inférieur aux anciens parchemins ; son prix de revient est assez élevé en France. Aussi n'emploie-t-on une reliure en parchemin que pour certains ouvrages rares, ou méritant une reliure solide, à la hollandaise. Mais Finconvénient capital du parchemin est dans sa sensibilité hygrométrique. Sous rinllueiice de la chaleur il se dessèche et se raccornit, sous celle des temps humides il redevient lâche et mou.

Les toiles employées pour la reliure sont de diverses sortes : calicot, percale, percaline, toile unie ou à tablier, etc., toutes formées des matières textiles suivantes : coton, lin, chanvre, jute, phormion, ramie, mais rarement de laine ou de soie^.

Ces toiles subissent un apprêt particulier en vue de Tusage auquel on les destine. Cet apprêt, outre la teinture dont on les charge, les rend parfois cassantes. \ certaines toiles on fait subir un estampage

1. Peu de reliures en veau sont restées intactes; elles réclament beaucoup de soin et une manipulation délicate. La plupart des collections et ouvrages anglais du siècle dernier et du début de celui-ci sont reliés en veau, mais nous parviennent avec les dos brisés ou raccommodés.

2. Le calicot, la percale, la percaline sont des tissus fabriqués avec du coton, mais avec des fds et un apprêt difTérents. — - La toile est en lin ou en chanvre.

imitant les grains du chagrin ou même une série de lignes géométriques. Ces divers ornements nuisent beaucoup à la solidité de la toile et servent surtout de trompe-l'œil ; la fibre étant si souvent manipulée perd sa souplesse, la trame se brise alors et les défauts se dissimulent dans le dessin.

Les toiles unies sont donc les meilleures à Tusage et, autant que possible, il est bon de les employer noires ou écrues, sans couleur, à cause des mordants qui diminuent la solidité de leur texture.

Les cuirs. Leur nature est plus difficile à reconnaître une fois qu'ils ont été préparés pour la reliure. Par des procédés industriels très pratiqués aujourd'hui, on est arrivé à scier les bonnes peaux en deux et même trois parties afin d'en tirer un plus grand bénéfice^. La partie supérieure de la peau ou fleur est encore bonne, puisque le grain a sa contexture naturelle et que les cellules sont soudées et fermées à cette partie. Les autres sections de la peau sont préparées et par une impression habilement faite, en les passant entre des cylindres chauffés, on leur donne un grain faclice, agréable à l'œil, mais qui n'est qu'illusoire, aussi une peau ainsi préparée s'éraille et se feutre rapidement. La solidité de la reliure est alors compromise.

Pour les peaux pleines qui peuvent être utilisées, elles se divisent en basane^ chagrin eipeau de truie. Le cuir de Russie et le maroquin du Levant sont réservés pour les reliures de luxe.*^

— Le jute est une fibre textile formée par Taloës et les feuilles de Tananas. — Le phormion ou lin de la Nouvelle-Zélande a beaucoup ^'apparence et plaît à Tœil, malheureusement son usa^e n'est pas lon^. L'humidité et la grande chaleur le blanchissent et en desagrègent les cellules ; le tissu se réduit en étoupe. — La ramie, originaire de TAsie : Chine et Japon, est d'introduction assez récente en Europe (1815 pour la France). Elle produit des tissus assez solides et qui rivalisent, comme chatoiement, avec la soie. Ces tissus étaient connus dès le XVI* siècle ; les Hollandais faisaient grand commerce de ces ëtofTes, mais nous ignorons si ce tissu est utilise dans la reliure des livres. On se sert quelquefois de la soie pour la reliure des livres de luxe, mais plus souvent pour les gardes intérieures.

1. Cet usage existait déjà au XVIII* siècle, particulièrement pour les cuirs de bœuf et de vache. Voy. Art de refendre les cuirs (3 pi.). Encyclopédie de Diderot, 2* édition, Paris, Panckoucke, 1810. Recueil de planches, t. VIII.

2. Le maroquin du Levant n'est que de la chèvre forte dont le grain se forme naturellement et proportionnellement à son épaisseur. Le cuir de Russie est remarquable par son parfum. Sa préparation est un peu différente de celle du cuir ordinaire.

La, basane ou peau de mouton, tannée simplement, est la peau bon marché par excellence ; c'est celle qu'on emploie de préférence pour les reliures les plus usuelles. Souple, légère, peut-être un peu spongieuse, sa résistance est assez grande surtout si elle n'est pas sciée, si un bon vernis la recouvre et si elle a été bien brunie. Ses qualités sont réelles; mais elle a certains défauts. Ce cuir, dont les pores sont lâches et assez ouverts, peut subir quelques transformations nuisibles. Sous l'influence d'une chaleur excessive ou exposée aux rayons du soleil, la basane, comme le veau, subit une rapide dessiccation, et devient cassante. Placée dans un lieu humide, cette peau se moisit et se recouvre d'une végétation parasite qui altère sa contexture en la rendant très spongieuse. Les basanes sont aussi chagrinées artificiellement avec des grains de dimensions différentes, mais sans qu'elles acquièrent pour cela plus de solidité.

Chagrin, La couverture, par excellence, pour tout livre de fatigue, est la peau de chèvre maroquinée vulgairement appelée chagrin. A une extrême solidité, ce cuir joint une grande souplesse et une parfaite résistance à une longue manipulation. Aussi faut-il le recommander spécialement ; car, malgré l'apparence élevée du prix de reliure avec cette peau, on réalisera encore une réelle économie si le livre a été battu et bien cousu, son usage étant bien plus durable que celui de la basane,

La peau de truie^ anciennement bien mieux préparée que de nos jours, et d'une solidité merveilleuse comme on peut le constater dans les reliures des xvi^ et xvii® siècles*, époque où elle était en grand usage, tend aujourd'hui à perdre pied de plus en plus dans la reliure; du reste, elle devient cassante et, comme elle est très chère, elle demeure d'un usage plus rare.

Si, en France, les reliures de luxe sont toujours hors de pair, nos ouvriers relieurs n'ont plus souci, à l'exception de quelques maisons de Paris, d'atteindre, dans la reliure ordinaire, les qualités qui permettent l'usage journalier du livre et assurent sa conservation. Ces défauts se retrouvent à divers degrés dans les reliures étrangères à bon marché.

1. Les reliures en peau de truie gaufrées, telles que T Allemagne les produisait aux XVI* et XVII* siècles sont parfaitement conservées.

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