CHAPITRE VI
Des catalogues en général. — Des fiches ou cartes. — Le catalogue alphabétique ; sa nécessité; son exécution. — De la rédaction des cartes. — Exemples. — Du nom d'auteur ou du mot principal à mettre en vedette. — Des difficultés qui se présentent dans le maintien d'un ordre alphabétique ; règles à suivre. — Cartes de renvois et de rappels. — Du cataloguage des incunables ; mazarinades ; collections ; mélanges. — Dissertations et programmes étrange!^. — Factums. — Catalogue d'une bibliothèque particulière.
— Mise en place des fiches. — Les périodiques. — Les suites d'ouvrages. — Le catalogue méthodique. — Catalogue analytique. — Catalogue des doubles.
— Manuscrits. — Autographes. — Des cartes géographiques. — Les estampes.
— Catalogues de libraires et journaux bibliographiques.
Dans toute bibliothèque, il faut un catalogue ; c*est un réper* toire par auteurs ou par matières^ qui a pour but de permettre la recherche de Touvrage demandé et d*indiquer dans quelle partie de la bibliothèque il se trouve.
Ces répertoires peuvent se faire sur registre à feuillets fixes, avec des vides pour Tintercalation d*autres titres d'ouvrages, sur feuillets mobiles ou encore sur des fiches ou des cartes séparées^ groupées entre elles dans un ordre déterminé et placées dans des boîtes ou des meubles spéciaux.
En Allemagne, on serait plutôt porté vers les catalogues sur registres ; en France, les cartes paraissent être préférées.
Chacun de ces systèmes a ses défenseurs et ses détracteurs. Un registre se feuillette facilement et rapidement ; il n*y a ni peine ni déplacement pour le lecteur. Mais, d*un autre côté, pour éviter les surcharges et les renvois inévitables après le remplissage de certaines pages, qui tous deux entraîneraient bien vite à de graves
confusions, on se voit forcé d'annuler les i*egistres et de les faire transcrire à nouveau. Ceci ne peut avoir lieu que si le conservateur a sous ses ordres un personnel suffisant pour pouvoir en immobiliser une partie à ce travail ; le catalogue sur feuillets mobiles présente à peu près les mêmes inconvénients, mais on remplace plus aisément un feuillet.
Le catalogue sur cartes demande, pour être logé, un certain développement de place, soit en étendue, soit en mobilier.
Catalogue alphabétique. — La rédaction du catalogue alphabétique exige beaucoup de soins et de méthode ; il doit être exécuté sur un plan bien arrêté, dont on ne doit jamais s'écarter sous peine d'être entraîné à commettre de graves erreurs. Quant à sa rédaction, il faut rester dans le cadre des règles bibliographiques généralement admises.
C'est le plus important des catalogues d'une bibliothèque, celui qui est consulté sous toutes ses formes et à tous les instants. Il devra être fait sur fiches, d'une épaisseur moyenne, mais de bonne qualité de papier. Un papier épais, d'une seule pâte, à teinte légèrement crème ou bleutée, conviendrait bien ; ces fiches se saliraient moins sous l'influence de la lumière, de la poussière et surtout de la manipulation. Leur dimension peut varier selon la place qu'elles doivent occuper ou encore selon le développement qu'on veut donner à la transcription du titre. Il ne faut cependant pas qu'elles soient trop petites ou trop grandes ; dans le premier cas, le rédacteur se verra obligé d'employer une écriture fine et ténue, ce qui nuira à la bonne lecture de la carte ; d'autre part, les grandes cartes tiennent de la place au détriment de la quantité. Les mesures moyennes varient de 8 centimètres de largeur sur 12 centimètres de hauteur, ou 10 à 12 centimètres de largeur sur 14 à 18 centimètres de hauteur. Nous adopterions de préférence ces dernières dimensions, comme permettant d'exécuter une carte très lisible, avec une écriture moyenne et aussi complète qu'on peut le désirer.
Il serait utile, croyons-nous, qu'on adoptât des fiches de grandeur uniforme pour toutes les bibliothèques ; on pourrait, par ce moyen, y coller les litres imprimés sur papier pelure que certains éditeurs américains ont soin de mettre à la fin de chaque ouvrage qu'ils
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Les fiches doivent être rédigées ainsi :
En haut de la carte, sur la gauche, on inscrira en caractèras gras ri très lisiblen le nom de l'auteur s'il est nommé, ou des auteurs ■ il y en a moins de quatre*. Les prénoms seront placés après, «Dire parenthèses, séparés les uns des autres par un tiret. Une ou dfux lignes au-dessous, selon leur espacement, on transcrira le titra de l'ouvrage sans rien en changer et tel qu'il est imprimé'. Cependant, il doit élre abrégé dan» les formes voulues, c'est-à-dire <i*g*gé de tout ce qui n'est pas, à proprement parler, le titre.
On se reportera au commencement de la ligne pour transcrire le
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*■ Pour le» livres rares, les i.<di lions princeps, le» incunables, il serait bonde '*t*Ttr chaque mol lenninant une ligne de titre par une «u deux barres wrticil«(ïoj. p. ij().
nom de lieu, le nom de Téditeur, la date, le nombre de volumes cl le format ; si Touvra^^e renferme des gravures hors texte ou curieuses à un autre point de vue, il faudra les signaler; on fera même bien d*en donner le nombre s*il s^agit d*un atlas, d'un album ou de planches précieuses. Enfin, si Touvrage est relié, on Tindiquera aussi par les abréviations d'usage. Les notes marginales, les si^atures curieuses, les ex-libris, les armes des reliures doivent être notés en caractères plus fins, au-dessous du titre.
Lorsque le nom de lieu ou la date ne figurent pas sur le titre, on doit l'indiquer sous cette forme : S.-L.-N.-D. {sans lieu ni date] \ si cependant la date se trouve au bas d'une dédicace, d'une préface, ou à la fin de l'ouvrage, il faut la porter sur la fiche, mais entre parenthèses : [1895), A l'exception des incunables, on fera bien de transcrire la date en chiffres arabes, si elle se trouve en chiffres romains sur le titre.
Pour les ouvrages anonymes, on doit rechercher si le nom de l'auteur se trouve dans la lettre dédicatoire, ou à la fin de la préface, ou dans le corps du privilège. Si l'auteur se fait connaître ou s'il est connu et indiqué par une note manuscrite, on agira pour cet usage comme à l'ordinaire, en ayant soin de mettre le nom entre crochets ou de le faire suivre d'un point d'interrogation. A la Bibliothèque Nationale, si ce cas se présente, on met à la fin du titre le mot : [signé.,.,]
Les ouvrages pseudonymes sont inscrits sous le vrai nom de l'auteur, avec un renvoi au pseudonyme ; cependant, exception est faite pour certains auteurs qui sont plus connus sous leur pse»** donyme.
[Voltaire]. — De la, paix perpétuelle^ proposée par le docteur Goodheart (Voltaire), traduction de M. Chambon, S.-L.-iV.-^- (1769), in-8o. — Renvoi à Chambon.
[Drosnay (Arthur de)]. — Les petits mystères de VAcadérf^^ française^ révélations d'un envieux^ par Arthur de Drosnay, Par* imp. Ed. Proux, 1844, in-8<». — Renvoi à Barba (A.).
[Deromani (Richard)]. — Le carabinage et la matoiserie solJ^ tesque, Paris. Monstrœil, 1616, in-8«. — Renvoi à Drachi^ d'Amorini.
[Salmasius (Claudius)]. — Diatriba de mutuo, non esse aliénaiionem adversùs Ccoprianum quemdam juris doctorem (Gyprianum Regnerum, Jurisconsultum Baiavum), Lugdini Batavorum, 1640, in-S"*. — Renvoi à Massalia de Sancto Lapo (Alix).
Les titres en langues étrangères doivent être transcrits tels qu'ils sont écrits, si les caractères sont en lettres romaines, en maintenant surtout les signes diacritiques placés sur certaines lettres, mais ils seront classés dans Tordre des lettres telles qu'elles se suivent. Pour les noms russes, on les transcrit généralement selon la prononciation allemande, c'est une faute en français; il ne faudrait pas mettre w pour v, sch pour cA, etc.
Szanislô Bêla — Kertész Gyôrgy — Szentkiralyi Akos.
Dobsewiez — Dochtorowicz — Druzbacki — Druzbicki — Dworski — Rynarowicz — Gîzycki,
Qu'on pourrait écrire :
Dobszevicz — Dochtoroviez — Druzbaki — Druzhiki — Dvorski — Eynarovicz — GizykL
L'ortographe des noms russes adoptée dans la Minerva^ nous parait bonne :
Eremeep [Pavel Vladimirovic) — Karpinskij [Aieksandr Petrovic] Cvetkoif (Sergej SergeevCc) — Lukaievic {Sihius Silveslrovîc), etc.*
Pour les titres en langues orientales ou étrangères de l'Europe, il serait indispensable d'en donner une traduction sommaire. Les noms d'auteurs, composés généralement de plusieurs mots, pourraient être placés à chacun des mots de ce nom ; il en résulte la nécessité de faire de nombreuses cartes de renvoi :
Batouiah (Ibn) — Ben Gannach [Jona] Ben Malmoun — Ràjà^ râm Shastri Bodas — Kàêhinàth Pàndurang Parab — Ràmànujà^ chârya — Ibrahim Abdelmessik — Rinzaburd Shida — Toyokichi Takamatstt — Genkichi Wakayama — Jinichiro Shimoyama.
Ces mots sont classés au nom en italique, mais il serait utile de faire des renvois aux autres.
1. Pour rimpression defl litres, on peut remplacer les lettres àsi^j^ncs diacritiques par des lettres en italique si Timprimeur n'en possède pas.
122 DES CATAU»GrKS
Enfin, pour la rédaction des titres d*une grande longueur, comme on les faisait aux xvi*, xvii" et xviii* siècles, on devra les abréger beaucoup. Certains de ces titres ont plus de vingt lignes. Il en est de même des dissertations et des programmes allemands et étrangers.