SACCHARIFICATION RAPIDE DES GRAINES SOUS PRESSION
M. Colani, professeur à Strasbourg, et Kruger, distillateur à Niort, ont imaginé le procédé suivant qui consiste à opérer sous pression, dans un cylindre en cuivre et à déterminer d'une manière exacte le nombre de calories nécessaires à la saccharification de chaque substance, en opérant à une pression de vapeur donnée et dans un laps de temps déterminé.
Ils s'expriment ainsi :
Nous cuisions en vase clos, ce vase est en cuivre ; disons tout de suite pourquoi nous avons choisi ce métal : l'acide chlqrhydriquQjûu igaima tique, le seu l dont nous nous servions, n'attaque guère le cuivre en masse et ne l'attaque qu'au contact de l'air ; par l'expulsion de Tâir au moyen de la vapeur, nous mettons l'appareil saccharificateur à l'abri de toute action corrosive, ainsi qu'on peut
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s'en convaincre en en yisitant un fonctionnant depuis quelque temps.
Pour chaque espèce de substances contenant de Famidon, l'opération exigera une quantité d'eau et d'acide, une pression et une durée quelque peu différentes. Au lieu d'entrer à ce sujet dans d'innombrables détails, nous allons raconter exactement comment nous procédons depuis plusieurs mois avec le maïs, qui est un des grains les plus rebelles à une saccharification complète.
Nous versons d'abord dans notre saccharificateur, qui mesure une capacité d'un mètre cube et demi, 600 litres d'eau coupée de 16 kilogrammes d'acide chlorhydrique, et en même temps nous ouvrons le robinet de vapeur. Dès que les deux tiers de l'eau sont entrés, nous chargeons, par le trou d'homme supérieur 360 kilogrammes de maïs concassé. On ferme le trou d'homme; on laisse sortir Tair par le robinet purgeur jusqu'à ce qu'il ne passe plus que de la vapeur. On ferme alors le robinet, et le manomètre ne tarde pas à monter. Lorsqu'il marque trois atmosphères (pression normale pour le maïs), on arrête l'introduction de la vapeur de chauffage. Une ou deux fois peut-être pendant l'opération, le manomètre redescend vers 2 1/2 ; il est bon, en ce cas, de rouvrir l'accès à la vapeur durant quelques secondes, ce qui suffit pour rétablir et maintenir la pression normale. Après cinquante minutes de chauffage (à partir de l'instant ou l'on a fermé le trou d'homme), on ouvre le robinet de décharge, et l'appareil devenant un vrai monte-jus, toute la masse liquide s'élève par le tuyau vers la cuve de dépôt, qui est munie d'un couvercle solidement cloué et d'une petite cheminée en bois, pour permettre à la vapeur du liquide de s'échapper librement sans produire d'éclaboussures. Entre le point de départ et le point d'arrivée du tuyau de décharge, il existe une différence de niveau
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de 6 mètres. Oq pourrait Taiigmenter considérablement sans inconvénient. Rien ne reste dans le saccharificateur- Aussi, le faux-fond percé de trous n'a-t-il point pour but de faire fonction de passoir, mais de retenir le grain, pendant l'opération, a une certaine distance du barboteur, afin de distribuer la vapeur uniformément.
La décharge dure quatre minutes, le chargement onze. Avec les cinquante minutes de cuisson, la durée totale de l'opération est donc de soixante-cinq minutes, de sorte que nous faisons habituellement vingt-deux cultes en 24 heures. L'ouvrier attaché au saccharificateur a tout le temps nécessaire pour conduire au moins deux appareils, chargement compris. Il serait donc facile d'établir dans les grandes usines toute une batterie de saccharifîcateurs, et rien n'empêcherait, d'autre part, de donner au cylindre une dimension double, triple ou même quadruple.
L'économie indiquée par MM. Colani et Kruger est de 38 fr. 60 par 1,000 kilogrammes de maïs traité, de plus, le rendement en alcool est plus considérable, ils sont arrivés à obtenir par 100 kilogrammes de maïs, 35 litres de 3/6 fin. [figure 2).
Légende de la Figure 2. — Appareil de MM. Colani et Kruger.
A. Cylindre en cuivre rouge, solidement construit, contenant son double fond perforé.
b. Trou d'homme servant à charger les grains.
c. Trou d'homme pour introduire le double fond.
d. Eprouvette servant à suivre le travail, par la prise d'échan-
tillons de sirop à différentes phases de l'opération.
e. Manomètre indiquant la pression intérieure de l'appareil. /. Horloge pour observer la durée de l'opération.
0. Cuve en bois, munie d'une cheminée, servant à vider le contenu du saccharificateur, aussitôt la saccharification terminée.