NOTICE SUR L'AUTEUR FRASSMETTI
Parmi tant de livres qnî ont passé entre mes mains, j'ai souvent regretté qw'Û y en eût si peu qui fussent accompagnés d'une notice biographique, et toujours j'y ai suppléé par ane biographie de ma main, aussi exacte que possible. Ces renseignements et ces appréciations, avec des dates chronologiques, guident grandement le lecteur studieux.
Joseph Frassinetti naquit à Gênes, le 15 décembre 1803, de J.-B. Frassinetti et d'Angele Viale, d'une fortune médioci-e. Il eut plusieurs frères et sœurs. Il était doué d'un espiit ouvert et réfléchi. Son éducation fut sainte. Dans ses études des lettres, de la philosophie et de la théologie, il prima toujours. Prêtre à vingt-quatre ans, le 22 septembre 1827, il s'associa à la congrégation des Ouvriers évangéliques et des Missionnaires urbains de Saint-Charles, commençant ainsi cette carrière de zèle que la mort seule a interrompue. Devenu de bonne heure, à vingt-huit ans, curé de campagne en 1831, il introduisit dans 8a paroisse le culte perpétuel du Saint-Sacrement, et il fonda une société de filles sous la présidence de sa sœur, société qui a donné naissance à l'Institut de Sainte-Dorothée pour l'enseignement des filles. Sept ans après, en 1839^ il passait Pneur-Curô de Sainte-Sabine dans sa ville natale de Gènes»
ii" TI CE SUR L'AUTEUR FRÀSSINETTI.
poste qu'il a rempli près de vingt-neuf ans. Quoique ayant eu des prédécesseui'3 distingués, il les a effacés par les sommes dépensées en bonnes œuvres, par son assiduité au confessionnal, par ses prônes et ses catéchismes, par le Mois de Marie, et par la diffusion des bons livres. Son zèle s'appliquait à allumer la ferveur, tant dans le clergé que dans les fidèles, par VŒuvre de saint Léonard de Port-Maurice pour la régularité du clergé, par YŒuvre de la consei^ation et de V accroissement de la foi, par des congrégations d'hommes, de femmes, de jeunes gens et de jeunes personnes, etc. Jeune encore, il fut mal vu pour son zèle à réformer le clergé. En 1848, il dut se réfugier quelque temps à la campagne et s'abriter contre l'orage de la révolution.
Quoique très-occupé de son ministère, il a beaucoup écrit pour l'usage du clergé, des fidèles, et surtout de la jeunesse. Ses divers opuscules forment dix volumes in-32. Son ouvrage principal est un Compendium de la Théologie morale de saint Alphonse de Liguori, un fort volume in-8, arrivé à sa quatrième ou cinquième édition, et très en vogue en Italie. Puis Irient son Manuel du jeune Curé, dont la cinquième édition est de 1871. Ce Manuel, basé surla doctrine mitigée de saint Liguori, est Frassinetti lui-même en actions pendant ses quarante ans de ministère ; autrement dit, il est le fruit de son expérience. Ce qui lui donne surtout de l'autorité, c'est que chez lui la doctrine du savant de cabinet est corroborée par la mise à exécution, c'est-à-dire que la théorie et la pratique sont réunies, qualité qui manque souvent aux auteurs. Tous ses écrits sont en italien. Il prévient lui-même qu'il n'est pas littérateur, et qu'il parle très-familièrement aux jeunes Curés dans son Manuel.
11 préparait la révision de la quatrième édition de son Manuel du jeune Curé, lorsque, le 31 décembre 1867, il tomba miilade, et mourut d'une violente all'ection de poitrine»