DIRECTION DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES
Le grand moyen de juger de la vocation, c'est de pousser les sujets à l'accomplissement rigoureux de la Règle. Avec des raisonnements on ue fait qu'embrouiller la question davantage, tandis qu'avec la pierre de touche de l'obéissance à la Règle, bientôt le sujet voit s'il doit rester ou sortir.
Les infirmes doivent attirer tous les soins : c'est en les soignant qu'on apprend la pratique de la charité et qu'on se sanctifie ! Ces soins consolent et encouragent les sœurs bien portantes qui voient, le cas échéant, comment on les traitera attentivement.
L'éducation à donner aux postulantes consiste à les habituer à se tenir en la présence de Dieu, unies à lui par les aspirations, les intentions et la prière. Qu'elles se persuadent bien que, sans le secours de Dieu, elles ne peuvent accomplir leur vocation.
Qu'elles gravent bien dans leur esprit que tant qu'elles n'ont pas passé par les épreuves, elles n'ont rien de solide devant Dieu. Ces épreuves consistent à être contrarié, abaissé pour le corps, le cœur et la réputation, etc. 11 faut enseigner ces vérités pratiques aux âmes, pour qu'au moment de l'épreuve, elles n'en soient pas étonnées.
Malheur à la religieuse, maîtresse ou supérieure, qui trouve du temps pour de longues conversations inutiles et n'a pas le temps de faire oraison.
En confession, qu'il ne soit question que des affaires de conscience. Ce n'est pas le lieu de questionner sur la communauté et autres choses.
Que chaque confession ait un but précis à atteindre, avec quelque pratique spéciale, surtout par rapport au côté faible de l'àme.
Le confesseur ne mènera jamais durement les âmes : autrement, le cœur se resserre, la confiance se perd.
C'est avec la communion très-fréquente qu'on prépare les infirmes à la mort. La foi, si nécessaire à l'extrémité, est entretenue par l'Eucharistie. La présence de Jésus-Christ dans le cœur console et empêche le naturel de s'impatienter.
La fidélité à la retraite du mois fait un bien infini, à la condition d'un silence absolu , au moins une partie de la journée.
La confession se fera exactement tous les huit jours ; plus rare, le principe de la ferveur est énervé. Cet assujétissement
est pénible pour le confesseur de communauté nombreuse, mais le résultat en est si grand !
Etre court en confession; ce qui est facile avec les communautés ferventes.
Avec une communauté fervente, on peut presque faire des miracles de tout genre ; Voluntaiem timentium se faciet. Notre-Seigneur révéla à sainte Tlierèse que les seules prières d'une pauvre religieuse avaient empêché le protestantisme de pénétrer en Espagne.
Le grand but aes Ordres religieux, c'est de prier pour l'Eglise, les pécheurs et les âmes du purgatoire. C'est là que l'apostolat de la prière s'accomplit avec toutes ses merveilles ignorées. Ou dit de sainte Théièse que par ses prières elle convertit autant d'âmes que saint François Xavier par ses prédications.
Malheur aux communautés enseignantes où tout est sacrifié à l'enseignement ! Une supérieure^ tout en étant ferme, ne recourra que rarement aux moyens héroïques, aux reproches et aux humiliations.
Malheur aux communautés où, à force d'insister contre le sacrilège^ on transforme la sainte communion eu épouvantail ! Les faibles y trouvent le remède à leurs péchés véniels quotidiens, comme dit saint Thomas. Qu'on ne neglige surtout pas les communions de Règle.
Les parloirs sont la peste des communautés ;. on y apprend toutes les nouvelles et tous les scandales du pays ; on y respire l'air du monde et l'on s'en laisse pénétrer insensiblement. On s'ennuie de la retraite, après les visites.
Le supérieur et le confesseur, ayant reçu les communications des sœurs, garderont le silence, même quand ils seraient autorisés à en parler. C'est le moyen de gagner la confiance.
Le directeur se conduira, non d'après la supérieure ni des préjugés préconçus, ni par des vues humaines, mais par l'esprit de Jésus-Christ. — Après une faute, il faut l'oublier entièrement, sans y revenir, ni partir de là pour se former une idée arrêtée sur une pauvre âme qui, autrement, se découragerait.
Il faut laisser une grande latitude aux postulantes et novices sur la décision de la vocation, sans les solliciter aucunement.
Les règles canoniques sont qu'après le temps du noviciat, on fasse profession ou qu'on sorte. Laisser végéter les âmes plus longtemps leur est nuisible.
Que les supérieures redoutent les préventions contre telle ou