‹ Manuel pratique et elementaire des poids et measures, des monnaies, et du calcul décimal;Chapitre 10 sur 189 · SUR LES NOUVELLES MESURES · texte numérisé non relu

SUR LES NOUVELLES MESURES

Il est peu d’abus plus choquans que la diversité des mesures : elle révolte r les hommes instruits , par son absurdité ; ceux qui se livrent aux- affaires , par les calculs qu’elle nécessite sans cesse ; la masse du

ùZ NOTIONS ÉLÉMENTAIRES.

peuple, par l’obscurité dont elle l’environne. /

Elle complique les travaux admin stra- ( tifs , comme les opérations du commerce :

aussi le gouvernement a-t-il montré , dans tous les temps, autant de bonne volonté pour l’établissement dés mesures uniformes, que les peuples témoignaient d’envie de l’obtenir. • / v . -

Les anciennes mesures n’appartenaient point à un système ; car on ne peut donner ce nom qu’à des objets liés par un petit nombre de principes communs et féconds^ en résultats. Au contraire, les principes de' chaque genre de mesures, ses bases, ses, lois de division , étaient différons ; rien né, portait l’empreinte de la méthode ; tout annonçait un choix aveugle. *

■' ÿ# croire que, dans .^origine ,

chaque père de famille, chaque chef de tribu , prit au hasard tout . ce qui lui tombait sous la main , pour eii faire ses poids et ses mesures. Le bâton sur lequel il s’appuyait , le premier vase qu’il aura fabriqué , une pierre qui avait attiré ses regards , ont

Î m lui servir à évaluer la longueur, le voume'etie poids des corps. Tl ne s’agissait que d’employer constamment les mèmès objets à cet usage. Toutes grossières qu’étaient cès mesures , on ne songea plus à en choisir d’autres , dès qu’on en eut contracté

notions élémentaires. 3 O

l’habitude ; on en fit des copies durables :

et c’est ainsi que s’établirent , dans chaque province, et presque dans chaque hameau, des mesures tout-a-fait étrangères à celles ■ des lieux les plus voisins.

\ Comment les mesures auraient-elles eu des rapports entre elles , lorsque les objets qui avaient servi à les déterminer n’en avaient point ? Le calcul en a fait découvrir, parce qu’il n’est point de quantités entre lesquelles on ne puisse établir des points de comparaison : mais ces rapports n’ont pas influé sur le premier choix m r en nombres ronds, ils ne sont qu’approxima* tifs ; pour les exprimer d’une manière exacte^ il faut des nombres difficiles à retenir.- - Dans la division des mesures , môme diversité. Chacune est divisée d’une manière particulière ; aucune ne l’est de la manière la plus commode pour le calcul : douze ou treize nombres sont employés comme diviseurs ; on en change souvent dans la môme opération. » ù

Les mesures de longueur se divisent par moitié , tiers, etc., comme l’aune ; ou en six et en douze parties, comme la toise , le pied, le pouce : les mesures de capacité , en deux * en trois , en douze , en seize , comme . le setier, la mine, le minot, le boisseau, etc. ; la livre en seize onces , l’once en huit gros , le gros en soixante-douze grains, etc.

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