‹ Manuel pratique et elementaire des poids et measures, des monnaies, et du calcul décimal;Chapitre 11 sur 189 · SA NOTIONS ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

SA NOTIONS ÉLÉMENTAIRES

Voilà des vices communs à toutes les mesures qui ont été jusqu’ici en usage; et celles de Pari9 en étaient aussi peu exemptes que les autres.

Il a donc fallu renoncer à ce qui existait x et travailler sur un plan nouveau :

c’est de ce plan, conçu par des hommes justement célèbres , que nous allons rendre un compte succinct.

L’arc du méridien qui traverse la France ayant été mesuré avec toute * l’exactitude que peuvent donner les instrumens et les méthodes modernes ( 1 ), on a conclu de cette opération la distance du pôle nord à l’équateur. Cette longueur a été prise pour unité. On l’a divisée ensuite d’une manière uniforme, un certain nombre de fois, afin d’avoir des mesures linéaires de différent genres. Le nombre 10 a été choisi avec raison comme diviseur, pour la facilité du calcul , et comme indiqué en quoique sorte par la nature, puisque la numération est décimale chez presque tous les peuples connus.

La centième partie de cette unité fondamentale est une mesure géographique , qu’on peut nommer degré décimal du méridien.

.(») Voir ci-après , titre Fixation définitive de l'u* nité des Poids et mesures , page 57.

Digitiz.ed by G

notions Elémentaires. 35

Les millième et dix-millième parties sont des mesures itinéraires.

La millionième est une mesure propre à remplacer celles connues sous les noms de perche linéaire , verge , chaîne d’arpenteur. ■

Enfin , la dix-millionième partie est une mesure usuelle fort oommode ; sa longueur est fixée , par la loi du 19 frimaire an 8 , à 3 pieds 11 lignes 296 millièmes : on l’a adoptée en quelque sorte pour module , en lui donnant le nom de mètre , qui est devenu le nom radical de toutes les mesures de longueur. . ' ‘ • ■ ' '

Continuant ensuite à diviser par dix , on a des parties décimales du mètre.

On voit ainsi que toutes les mesures de longueur, depuis la plus grande jusqu’à la plus petite, se rapportent à la grandeur de la terre ; de sorte qu’on en mesurerait exactement la circonférence, en appliquant, du nord au sud, le mètre AO millions de fois, et ses multiples et sous-multiples à proportion.

Les mesures de superficie et de solidité se forment en prenant le carré ou le cube du mètre, ou de ses multiples et sous-naultiples.

C’est aussi de cette base que l’on a déduit les mesures de capacité, les poids et les monnaies. .. •: * • »

Un vase de forme cubique, 1 ayant pour

36 NOTIONS élémentaires.

côté la dixième partie du mètre , (ou un vase cylindrique égal en contenance,) a parut d’une capacité convenable pour servir de mesure usuelle à la vente des grains et boissons en détail : on lui a donné Le nom de litre ; toutes les autres mesures de capacité correspondent à ses multiples et sous-multiples décimaux. La contenance de mille litre 8 égale un mètre cube.

De même , la quantité d’eau distillée , contenue dans un vase cubique , ayant pour côté la centième partie du mètre , étant pesée dans le vide et à la température de la glace fondante , donne un poids qu’on a désigné par le nom de gramme ( 1 ) , et dont on a déduit, en le multipliant ou le divisant par 10 , tous les poids inférieurs et supérieurs.

Les pièces de monnaie sont basées sur les nouveaux poids : le franc pèse en argent cinq grammes, et en pièces de cuivre deux cents grammes.

Ainsi tout le système des mesures repose sur les deux bases suivantes :

1° L’unité fondamentale, le prototype, est la distance du pôle à l’équateur ;

\ (i) L’étalon des poids n’est- plus le gramme, mais le kilogramme , dont le poids égale celui de la quan* tité d’eau contenue dans un litre. Loi du 19 frimaire an 8, page 7. Le gramme n’est resté l’unité de poids, que pour la nomenclature.

Page 1