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DBS MONNAIES.
. L’avantage des nouvelles monnaies sur les anciennes est Facile à saisir. Les mon naies de compte étaient différentes des monnaies effectives ; on comptait par francs , et il n’y avait pas de pièces de monnaie d’un franc. 100 francs, 1000 francs étaient des sommes rondes, dont le paiement ne pouvait se faire en argent monnayé, sans un appoint. Le nom de livre , employé concurremment avec celui de franc , offrait l’idée de deux quantités différentes ; enfin la livre se divisait en 20 sous , et aucune mesure ne , se divisait de même en 20 parties : le sou lui-même avait une autre division en 12 deniers, et ïe denier était une simple monnaie <le compte ou idéale.
0 Dans le nouveau système, le nom de franc est le seul que porte l’unité monétaire ; cette unité est une pièce d’argent effective ; il y a en outre des pièces de 2 fr. et de 5 fr. : ainsi, tous les nombres possibles d’entiers peuvent être payés sans, employer de pièce de monnaie inférieure au franc. Le franc se divise en 10 décimes * le décime en 10 centimes, ‘ et ces parties mêmes ne sont point idéales il y a en cuivre des pièces d’un décime et d’un et 5 centimes , et en billon , des pièces 'de 10 centimes. Il y a aussi en argent des
pièces d’un quart de franc et d’un dèinifranc: les pièces d’or sont de 20 et de AO francs ( 1 ).
. Suivant les principes du calcul décimal , la place des frants étant marquée par un point , le premier chiffre après le point représente des décimes , et le second des centimes : ainsi , 3 fr. 5 A représente 3 francs 5 décimes A centimes ; mais il n’est pas d’usage d’énoncer les décimes, et l’on doit dire, 3 fr. 5 A centimes.
A l’exception de la taxe des lettres, qui s’écrit en décimes , cette dénomination ne s’emploie que pour désigner la pièce de 10 centimes , ou pour exprimer un dixième de franc , comme lorsqu’on impose un ou 2 décimes par franc. Les termes d z franc et centime étant seuls usités dans le calcul , il ne faut pas dire ou écrire A fr. 5 décimes , mais A fr. 50 centimes.
S’il n’y a pas de dixaines de centimes, il faut les remplacer par un zéro ; A f. 5 c. doivent donc s’écrire ainsi, A fr. 05. Les multiplications et divisions se faisant dans le calcul décimal, comme dans la numération ordinaire, en faisant abstraction du point décimal , et souvent par une simple
(i) Suivant la loi du 7 germinal an 11, il doit être aussi fabriqué des pièces de 2 et de 3 centimes , et de °/ 4 de franc ; elles ne sont pas encore en émission.
transposition de ce point, on s’exposerait à de graves erreurs, en n’observant pas cette règle : ainsi , veut-on multiplier A fr. 05 par 10 ou par 100, il suffit de reculer le point d’un ou de deux rangs, et l’on a AO fr. 50, ou A0 5 francs; ce qui ne peut s’opérer, si l’on écrit seulement A fr. 5.
Suivant la loi du 16 vendémiaire an 2, l’unité principale des monnaies , soit d’or , soit d’argent, devait être du poids de 10 grammes. Dans cette supposition, le franc d’argent eût été le double de ce qu’il est au jourd’hui , et le franc d’or , de 31 fr., d’après le rapport d’un à 1 & et demi , conservé entre la valeur de l’argent et celle de l’or monnayé. II y aurait eu beaucoup d’inconvéniens à introduire 2 unités monétaires de valeurs différentes, et à remplacer la livre tournois par un franc de A0 sous 6 den. La loi du 28 therm. gn 3 a réduit le poids du franc en argent à 5 grammes; et c’est en vertu de celle du. 7 germinal an 11 , qu’il a été fabriqué des pièces d’or de 20 francs à la taille de 155 au kilogramme , et de A0 francs, pesant le double (î). Le mot taille
(i) Les louis d’or de la fabrication de 1786 étaient à la taille de 32 au marc ; les écus de 6 liv. , suivant l’édit de janvier 1726, à celle de 8, 3/io.
est employé, pour exprimer la quantité d’espèces, que doit produire un poids déterminé.
La législation a également varié sur le poids des monnaies de cuivre; le centime, dont les lois des 2 A août 1793 et 28 tlierm. an 3 avaient fixé par erreur le poids à un gramme , a été porté à 2 , par celle du 3 brumaire an 5, ce qui rétablit entre la valeur du cuivre et de l’argent monnayés le rapport de 1 à AO; ci-après, p. 325. Les pièces de 5 centimes et les décimes sont ainsi du poids de 10 et de 20 grammes;
Les pièces de 10 eentiûies en billon, fabriquées en exécution de la loi du 15 sept.
1807 , sont du poids de 2 grammes.
La tolérance de poids sur les monnaies de cuivre , fixée par les lois des 2 A août 1793 et 3 brum. an 5, à A centièmes, moitié en dehors, moitié en dedans, est aujourd’hui réduite à un 50 e en dehors : sur le billon , elle est de IA millièmes; sur les monnaies d’argent / de 20 millièmes pour les quarts dé franc, de 1 A millièmes pour les demi fmnc8 et trois quarts de franc, de 10 millièmes pour les francs et deux francs , et de 6 millièmes pour les cinq francs: pour les monnaies d’or , elle est fixée à A millièmes. Ces tolérances de poids pour l’or , l’argent en le billon , sont moitié en dehors , ipoitié et dedans. Loi du 7 gémi, an 11.
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able LXV. Poids et valeurs respectifs des métaux monnayés .
Le rapport des nouvelles monnaies avec les poids est simple, surtout pour celles d’argent, de billon et de cuivre. La table suivante indique, 1° à quelle somme répond un nombre donné de kilogrammes , en monnaies de cuivre, billon, argent ou or ; 2° le poids de diverses sommes , d’après l’espèce de monnaie employée au paiement.
§ 1. Valeur , d’après les poids.
On donne ici la valeur des kilogrammes :
si l’on veut connaître la valeur des hectogrammes, décagrammes et grammes, en métaux monnayés , il suffit de séparer par le point un chiffre pour les hectogrammes , 2 pour les décagrammes, et 3 pour les grammes. Ainsi , 7 hectogrammes en monnaies de cuivre valent 3 fr. 50; un décagramme en monnaies d’argent, 2 francs; un hectogramme en or monnayé ,310 fr.
d’or, francs
Poids de diverses
Valeur en Monnaies
sommes.
de cuivre.
de billon.
d’argent.
kilogram.
francs.
francs.
francs.
Poids de diverses
Valeur en Monnaies
sommes.
de cuivre.
de billon.
d’argent.
d’or.
kilogram.
francs.
francs.
francs.
francs.
§ 2. Poids , d'apres les valeurs.
Le poids des monnaies de cuivre , de billon et d’argent est énoncé en kilogrammes, celui des monnaies d’or en grammes : pour l’exprimer en poids de 1’unité imihédiatement supérieure ou inférieure , il suffit d’a T vancer ou de reculer le point décimal d’un chiffre.
? Lès décimales employées pour l’argent Spnt des 10 e ’; pour l’or, des 1000". .
Poids en
Monnaies
Sommes.
de cuivre.
de billon.
d’argent.
d’or.
francs.
kilogr.
kilo "T.
kilogr.
' ' grainm.
, MONNAIES d’qHV 325
La table précédente sert à fairo connaître les poids et valeurs respectifs des métaux monnayés. On voit par le § 1 , que le cuivre et l’argent monnayés sont entre eux dans le rapport de 5 à 200 , ou de 1 à 40 ; et l’argent et l’or, dans le rapport de 2 à 31, ou de 1 à 15 et demi. Il faudrait ainsi donner 40 kilogr. de cuivre monnayé pour 1 d’argent , et 620 pour 1 d’or : de même, il faudrait donner 15 kilogr. et demi d’argent monnayé , pour équivaloir à 1 kilogr. d’or ; le tout , abstraction faite^des différences que peuvent apporter, dans les spéculations du commerce, la plus ou moins grande facilité de transporter les espèces, et la rareté plus ou moins grande de tel ou tel métal, dans le temps et le lieu donnés.
Le billon est avec le cuivre dans le rapport de 10 à 1, et avec l’argent, de 1 à 4. Dix kilogrammes de cuivre monnayé valent 1 kilogr. de billon ; 4 kilogr. de billon valent 1 kilogr. d’argent monnayé.
Observations sur les Monnaies d’or.
11 n'à été fabriqué de nouvelles pièces d’or qu’en 1803 , Loi du 7 germ. an 11 , et l’on avait proposé plusieurs fois d’y renoncer, pour s’en tenir à celles d’argent, ou du moins d’abandonner au couis du commerce , comme on le fait en Hollande pour les ducats , la valeur des pièces d’or que l’on
K urrait fabriquer. Les motifs allégués à ppui de cette opinion , résultaient de la variation continuelle du prix de l’or relativement à celui de l’argent , et l’on avait recueilli à cet égard les notions suivantes.
Au sixième siècle de Rome , on donnait
Digiti
326 MONNAIES D Ott.' #
15 livrés d'argent pour une d’or; aü siècle suivant , la proportion fut d’un à IA; jusqu’à Constantin , d’un à 12 ; sous cet em- .pereur et ses premiers successeurs, d’un à 13 et demi. En France, sous Charles- le - Chauve , le prix de la livre d’or fin fut fixé à 12 livres d’argentfin ; sousJPhilippe-le-Bel, un marc d’or avait cours pour 10 marcs d’argent; en 1388, la proportion était de 10 trois quarts ; elle était de 12 sur la fin du 15* siècle, et se retrouva la même en 1609, sous Henri IV ; Louis XI.il établit la proportion à un peu plus de 13 et demi;- sous Louis XIV et Louis XV, jusqu’en 1726, elle fut successivement de IA quinze seizièmes, de 15 et demi, de 11, de 12 et de 13.
Lors de la refonte des monnaies, en 1726 , on fixa la proportion à un peu moins de IA et demi; le tarif du 15 mai 1773, la porta à environ 1 A deux tiers; enfin, en 1785, on refondit l’or, et on rétablit le rapport de 15 et demi ; c’est également celui des nouvelles monnaies (î) , et encore bien qu’on
(i) Les monnaies étrangères offrent à cet égard de grandes disparités; on donne à Achem 11.624 d’argent pour 1 d’or; au ilengalc, 16.286; au Japon, 8 ou 9; en Chine, 12 ou 13; au Mexique, 15.58; en Espagne, 15.801 , etc. Il résulte de cette différence de proportion , que celui qui a une somme à toucher en pays étranger, a de l’avantage à recevoir son paiement en argent , si l’argent y est moins précieox
^ITRE DES MONNAIES. 327
ne puisse prévoir 6i ce rapport sera longtemps conforme à la valeur respective de ces métaux dans le commerce, il vaut mieux qu’on l’ait*adOptè , que de s’être exposé , faute de fixer la valeur des monnaies *»d’or, à fournir un aliment de plus à l’agiotage. . '• ' ' •
Les pièces de AO fr. ont 26 millimètres de diamètre , celles de 20 fr., 21 ; en sorte que 3A pièces de 20 fr., et 11 de AO, mises l’une à côté de l’autre, donnent la longueur totale du mètre.
Nous traitons particulièrement ci-après dii tifre des métaux* > s , . *
Les anciennes monnaies d’or étaient au titre de 22 karats, et celles d’argent au titre de 11 deniers ; ce qui faisait, sur les unçs et les autres , un 12° d’alliage : aujourd’hui, le titre de l’or et de l’argent monnayé est fixé à 9 dixièmes de fin et un 10° d’alliage.- v. ~
.. Par ce nouveau mode d’alliage, il ^ est aisé, de connaître la quantité de métal fin contenue dans une somme quelconque d’ar-.
gent ou d’or; après en avoir établi le poids
par rapport à l 5 or, que dans le pays dÊ créancier. Ce serait le contraire , si l’argent avait plus de valeur relativement à l’or;
d’après la table LXV, § 2 , il suffît de le multiplier par 9 dixièmes, ou 0.9: ainsi, 800 francs en or contiennent en métal fin 232 gramm. 258, et 900 francs d’argent , 4 kilogr. 05.
En multipliant ces poids par les prix des,, métaux, au cours des différentes places , on connaîtra exactement le rapport de la va-, leur intrinsèque avec la valeur nominale , si l’on retranche de celte dernière les frais, dp monnayage et d’affinage, ainsi qu’ils ont été. fixés par les réglemens. La table LXXII, ci-après, contient le taux du prix des matières d’or et d’argent au change, d’après leur titre , et déduction faite de ces frais.
; La loi du 28 therm. an 3 avait fixé la tolérance du titre à 14 millièmes pour les monnaies d’argent , et à 6 pour celles d’or; la loi du 7 germ. an 11 l’a réduite à 6 millièmes pour l’argent et 4 pour l’or, moitié en dedans, moitié en dehors. Cette tolérance rendant admissibles les pièces d’argent au titre de 897 millièmes, et celles d’or au titre de 898, pourrait autoriser à croire que l’ensemble des fabrications serait à un titre inférieur au titre légal , de^ la plus grande partie de la tolérance autorisée par les lois : il est au contraire établi , par les relevés des délivrances faites dans les hôtels des monnaies, de. 1806 au 1" jan-
FABRICATION DBS MONNAIES. 329
vier!825, que le titre commun dés fabrications totales de ces 18 années , a été, pour les monnaies d’argent, de 899. 8A9 , et pour celles d’or, de 899.937; ce qui ne donne qu’une différence moyenne d’environ un dix-millième et demi sur les monnaies d’argent , et un quinze-millième sur les espèces d’or.’ .
Les pièces de 10 centimes en billon sont au titre de 200 millièmes; tolérance, 7 millièmes en dedans, 7 en dehors. *
' Nota. Les pièces de 30 et de 15 sous contiennent, en grains de fiif, la moitié et le quart de Técu, et sont au titre de 7 den. 22 grains. Lois des 28 juillet et 18 août 1701 . »... .