SUPPLÉMENT
Ainsi que nous l'avons dit dans notre avant-propos, la crainte de donner trop d'étendue à ce volume et de lui enlever son caractère de Manuel, en ua mot de livre portatif, nous avait d'abord engagé à supprimer du manuscrit primitif tout ce qui ne nous avait pas paru absolument indispensable pour le but que nous nous sommes proposé d'atteindre. Mais la disposition prise pour son impression , nous ayant donné plus d'espace que nous ne supposions, nous pensons pouvoir, sans trop grossir le volume, lui restituer sous forme de supplément, ce que nous lui avions enlevé au début de son impression.
Nous avons suivi pour les matières de ce supj)lément l'ordre adoptée dans le cours de l'ouvrage : Ainsi, écoles gothiques ; écoles italiennes et espagnoles ; écoles du Nord; écoles allemande et anglaise; écolefrançaise, etc., etc.
Ecoles gothiques.
Page 23. — Après les mots : suprême degré, delà ligne 23, mettez : — Quand les anciens ne pouvaient pas exprimer une pensée, ils mettaient quelquefois dans la bouche de leurs personnages des rouleaux de XJapier sur lesquels étaient écrits la pensée oa la parole qu'ils leur j)i'étaient, même le nom de ces personnages. Cette manière, toute ridicule qu'elle fût, a même persisté jusqu'à une époque où l'art était déjà fort avancé, puisqu'on la trouve employée par Gima • bue lui-même et par plusieurs autres artistes de ses contemporains, mais moins connus.
Page 24. — Aj)rès les mots : à les distinguer, de la dernière ligne, mettez : — Cependant, plusieurs, dans les Italiens du xn*" siècle, sont peints sur une toile très fine collée sur du bois, comme dans les œuvres d'un Toscan du nom de Barnaba, mort en 1 150. Sur la toile se trouve une couche de plâtre recouverte d'or. Beaucoup se contentaient de n'entourer d'or que la tête de leurs personnages, le reste du fond, chez les Vénitiens surtout, était peint de différentes couleurs, ainsi que cela se remarque sur quelques tableaux de Tafi André, Florentin (1213-1294), qui avait appris cette manière d' Apollonius, peintre grec qui était venu s'établir à Venise. Mais les fonds d'or unis sont généralement les plus communs.
Page 25. — Après les mots : longtemps signalées, de la ligne 19, mettez: — Enfin, beaucoup, de tableaux gothiques sont peints sur des panneaux de bois séparés, mais réunis par des charnières de manière à pouvoir se replier sur eux-mêmes et garantir la peinture. Tantôt il n'y a que deux panneaux, on les nomme alors dypliques, mais le plus souvent il y eu a trois, ce sont
alors des trypttques. Sur le panneau du milieu est peint le sujet principal et sur les panneaux latéraux, formant volets, sont peints les accessoires ou les portraits des personnages qui ont commandé le tableau, qu'on nomme alors les donateurs. Ces tryptiques sont presque' toujours cintrés dans le haut ou façonnés en forme ogivale.
Enfin, quelques maîtres des anciennes écoles bysantines ont incrusté leurs peintures, les têtes surtout de leurs vierges et de l'Enfant Jésus, dans des plaques de cuivre dorées, simples ou ornées de pierreries, de manière à former les ornements, les tôles seules étant peintes. On trouve encore cette manière en usage, même de nos jours dans l'école russe.
Même page 25. — Après les mots : datés de 1380, de la ligne 36, mettez : — Spécialement pour l'école italienne on trouve à Florence, au palais Dell' Ufïizi, rangés dans un ordre régulier les tableaux les plus anciens indiquant la marche progressive de l'art. Ces tableaux, dont la réunion augmente le prix, représentent sous des noms propres : 1° L'origine traditionnelle de la peinture moderne ; 2° le dernier terme de l'imitation des Byzantins ; 3" le premier essai de l'af- Iranchissement de la Renaissance ; 4" le premier pas vers le grand style. Ces quatre tableaux sont Y Enfant Jésus et la Vierge'i sur un fond d'or et entourés d'anges tenant les emblèmes de la Passion, de Condito Rico (mort en 1103), un des premiers Grecs qui envoyèrent leurs œuvres en Italie; — le Saint-Bartiiélemy, de Cimabue; — l'Oraison du Christ au jardin des Oliviers, du Giotto ; — le Tabernacle, à fond d'or à trois compartiments, de Giovani de Fiesole,dit fra Angelico, peint en 1433. Ces quatre tableaux donnent en effet une idée suffisante des quatre époques que nous venons d'indiquer.
Ecole italienne.
Page 31 . — Après les mots : parlerons bientôt, de la ligne 2, mettez: — Quant aux œuvres de Cimabue et du Giotto, son élève, qu'elles aient été inspirées par les Grecs ou qu'elles soient nées de leur propre génie, comme le prétend Vasari, il n'en est pas moins vrai qu'elles forment dans l'histoire de l'art une époque des plus remarquables et qu'elles sont devenues Toc casion d'une véritable révolution. Abandonnant en effet les types dégénérés et sans caractère de l'art byzantin, ils donnèrent de rexpressiou à leurs figures, de la variété à leur composition et de l'harmonie à leur coloris. Leurs ouvrages frappèrent tellement leurs contemporains, que le peuple porta en triomphe à l'église Santa-Maria-Novella de Florence, une Vierge que Cimabue avait faite pour cette église.
Nous avons au musée un tableau de Cimabue, et quatre du Giotto, dans lesquels le passage du maître à l'élève se fait vivement sentir. Le Giotto commença en effet, comme on le voit, à renoncer à l'emploi exclusif des fonds d'or pour ses tableaux, y introduisit des paysages et des ciels imitant assez bien la nature. Il fut aussi un des premiers à peindre des portraits avec assez de justesse pour qu'on reconnût les personnages sans autre indication que la peinture elle-même.
Page 34. — Après les mots : et de bonté, delà ligne 3, mettez : — On compte ausù parmi les élèves de Léonard de Vinci, deux artistes nés dans le Milanais, et qu'on place pour cela dans l'école bolonaise. Ce sont : CuGGiONE, Marco (1480-1530) et Sesto ou Selto, César, dit le Milanèse, mort en 1524. Le premier fit plusieurs belles copies de Léonard, mais s'écarta un peu de sa manière dans les œuvres qui lui sont pro-
près, ainsi qu'on peut le voir par la Sainte-Famille, (ju'a de lui notre musée, sous le n" 430. Le second, à un dessin aussi pur, joignait une composition plus îiche et une "exécution plus vaporeuse. Beaucoup de ses ouvrages se voient encore à Milan.
Page 36. — Après les mots : de la renaissance, de' la ligne 14, mettez : — Cet Albertinelli, que nous venons de citer, bien qu'élève de fra Bartolommeo, et ayant souvent travaillé avec lui, a cependant aussi fait à lui seul des choses admirables, témoins les deux tableaux qu'a de lui notre musée sous les n"' 24 et 25, et sa ' Visitation, du musée de Florence, généralement citée comme un chef-d'œuvre, soutenant en effet la comparaison avec ce que Bartolommeo a fait de plus beau.
Il a eu pour élèves Francucgi, Innocent, dit d'Imola (1 480-1 55Ô), dont les œuvres quoique inférieures aux siennes, occupent néanmoins une place honorable à Bologne et dans les musées de Dresde, de Berlin, de Munich et de Saint-Pétersbourg ; — et Bugiardini, Julien (1481-1556), qui travailla avec Michel-Ange, le Granacci et Dominique Ghirlandajo ; il racheta par un dessin correct et une exécution soignée ce qui lui manquait dans l'invention. On voit aussi de ses œuvres à Florence, à Bologne, à Berlin, à Vienne.
Page 39. — Après les mots : à son oncle, de la ligne 3, mettez : —Le chevalier Cresti, Dom., dit le Passignano (1560-1638), qui fut successivement élève de Mac- GHiETTi, de Naldini et de Frédéric Zucchero, qu'il aida dans plusieurs grands travaux, tant à Florence qu'à Venise. Profitant de son séjour dans cette dernière ville, il reçut des conseils de Paul Véronèse, dont la manière se reconnaît dans ses ouvrages, surtout dans les draperies. De retour à Florence, il y donna des preuves d'une si grande facilité de composition, que ses contemporains firent un jeu de mots de son nom en le nommant passa ognuno (passe tout le monde).
Nous avons un ta])leaude lui sous le n" 180, la Dkouverle (et non l'invention) de la vraie Croix; mais on voit de ses œuvres, à Passignano, sa ville natale, à Florence, à Rome, à Vienne.
Quant à Zucchero ou Zuccari, Frédéric (1542-1609) et son frère Tliadée (1529-1566), ils furent avant tout d'habiles décorateurs. Ce dernier affectait un laisseraller qui a beaucoup nui à la réputation qu'il s'était acquise par des tableaux dans lesquels on voit des têtes pleines d'expression et des études de nu admi- • rablement rendues. E'rédéric acheva plusieurs tableaux commencés par son frère. On voit de ses ouvrages à Rome, où il fut nommé prince de l'académie de Saint- Taic, et, à Florence, où il a peint, dans la grande coupole métropolitaine, des figures, hautes de cinquante pieds. Nous n'avons rien d'eux.
Page 41. — Aprèsles mots : Simon Memmi, qui termine l'article Veneziano, mettez : — Veneziano a eu imir élève le llorentin Starnixa, Gérard (1354-1403), qui a longtemps habité l'Espagne, où il acquit une grande fortune. De retour dans sa patrie, il se distingua par des ouvrages remarquables. Entre autres commandes, il reçut celle d'un tableau représentant la Prise de Pise, par les Florentins, en 1406, le jour de la fête de saint Denis. Son dessin rappelle celui de son maître. Sa composition a même souvent quelque chose de plus original; sou coloris est aussi vrai, quoique moins harmonieux. Ses cernées se confondent aussi avec celle de Panigale da Masolino, florentin comme lui et son élève (1378-1415), dont le style est même plus large et le dessin plus A^igoureux.
Page 44. — Après les mots : de la perspective, de la ligne 33, mettez : — Des deux frères Vivarini, c'est Antoine qui a été le collaborateur de Jean Alemana, dit Juste d'Allemagne, dont on ignore le vrai nom. On voit à Gênes et à Berlin, comme nous l'avons dit, des
tableaux portant leur double signature. Les figures des Vivarini sont élégantes, quoique tenant encore du gothique. C'est dans les tableaux de Barthélémy qu'on voit le plus ordinairement le chardonneret indicatif de leur nom.
Page 45. — Après les mots : de style et de couleur, de la ligne 19, mettez : — Le Titien a eu un frère, Francesco Vecellio, plus âgé que lui de deux ans, qui fut aussi un habile peintre, mais qui, dit-on, abandonna la peinture, du regret de ne pouvoir égaler son frère ; et un fils, Marco Vecellio, qui fut son élève et fit des portraits dignes de lui. Le Titien a fait un nombre considérable de portraits, notre musée en possède à lui seul sept, dont le, plus beau est celui de François On en voit aussi plusieurs à Venise, à Rome, à Naples, à Saint Pétersbourg, où se trouve celui de sa maîtresse; à Madrid, qui a celui de Charles-Quint à cheval ; à Berlin, où est le sien propre et celui de sa fille Lavinie, etc,
Page 46.— Après la dernière ligne, mettez : • — Cèt abandon des œuvres du Bassan est tel que rarement ses tableaux, quelque authentiques et bien conservés qu'ils puissent être, dépassent 400 fr. Nous en avons même vu de fort beaux être adjugés à 150 et 100 fr. Rien ne justifie cet abandon, car on ne peut se refuser à lui reconnaître de grandes quahtés de couleur, et ses compositions, toutes naïves qu'elles sont, ont un charme qui a bien son prix aux yeux de beaucoup de personnes, et que savait apprécier Annibal Carrache. Notre musée a dix tableaux de Jacopo Bassan ; l'estimation officielle qui en est faite se ressent du peu de cas qu'on fait de ses œuvres dans le commerce.
Page 47. — Après les mots : homme de génie, de la ligne 29, mettez : — Nous venons dédire que le Tintoret avait un goût marqué pour les scènes émouvantes ; il n'en a pas moins traité avec un égal succès des sujets gracieux.. ['témoins Mars chassé par Pallas; Mercure et les
Grâces, Venise au.militu des Divinités, du musée de Saint-Marc, hYenise^l'Amournéde Vénus et de Vulcain, du palais Pitti, à Florence ; les neuf Muses, de la galerie de Vienne; la Léda, provenant de la galerie d'Orléans, qui est maintenant en Angleterre. Ses portraits, quand ils ne sont pas trop noirs, se soutiennent assez dans les ventes. Le dernier que nous avons vu vendre, vente Baroilhet, 1860, est celui du Doge Slocenigo, qui a monté à 1,100 fr.
Page 48. — Après les mots : moins harmonieux, delà ligne 18, mettez : ■ — Mais l'artiste qui a le mieux imité P. Véronèse et qui a beaucoup travaillé avec lui est son condisciple Zelotti, Baptiste (1532-1592), dont le coloris est tellement semblable au sien qu'on les confondrait si le dessin de ce dernier était moins arrondi et si sa touche était plus sûre. On voit des ouvrages de Zelotfi à Florence, etc. — Toutes les grandes galeries de TEurope ont des œuvres de Paul Véronèse. Celles qui en ont le plus, après Venise, est la galerie de Vienne qui en compte au moins vingt, au nombre desquelles sont plusieurs sujets gracieux comme Vénus embrassant Adonis, Mars, Vénus et Adonis; puis le musée de Dresde qui en a dix-huit; ceux de Munich, de Madrid et de Saint-Pétersbourg, en ont aussi chacun au moins huit. La galerie nationale de Londres a sa famille de Darius, achetée 341,250 fr., en 1857, au comte Pisani. Un beau portrait de femme qui faisait partie de la collection Leroy d'Etiolés, n'a été vendu, en 1861, que 2,000 fr.
Alexandre Véronèse a eu pour gendre Giminiani Hyacinthe (161 1-1681), élève à Rome de Nicol. Poussin et de Piètre de Gortone ; peintre correct, qui a orné de ses ouvrages plusieurs églises de Rome, et dont le fils, Louis, a peint aussi à Rome des fresques d'un beau beau dessin et d'un bon coloris.
Page 58. — ■ Après les m.ots : celui de cette fleur, de la ligne 36, mettez : — Le Garofalo a eu pour élève
Paretti, Dominique, de Ferrare (1460-1530), qui avait d'abord été son maître, mais qui, sous son inspiration et ses conseils, devint, d'artiste médiocre qu'il était avant, un des peintres de son école qui ont donné le plus d'expression à leurs têtes et mis le plus de soin dans leur exécution. C'est le môme que Vasari nomme Lanero, et Orlandi Lanetti.
Page 60. • — Après la dernière ligne, mettez : — Les œuvres du Baroche sont très estimées. Il a fait beaucoup de tableaux de moyenne grandeur, faciles à placer dans les collections et d'un gracieux aspect. On . e rencontre rarement dans les ventes publiques ; le seul que nous y ayons vu est une Vierge au rosaire, très belle, qui n'a pourtant monté qu'à 1225 fr., vente MefFre, 1865. Ses dessins sont très recherchés.
Page 63. — Après les mots : souvent d'expression, de la' ligne 33, mettez : — Les œuvres de Carie Maratte et celles de ses élèves se maintiennent assez bien dans le commerce par la difficulté qu'on éprouve aujourd'hui à se procurer celles des maîtres des grandes écoles. Des six tableaux qu'a de lui notre musée, le plus important, le Sommeil de Jésus, n" 254, est estimé officiellement 4000 francs. Nous en avons un nouveau d'une belle qualit'';. On voit de lui, à Saint-Pétersbourg et à Bruxelles, deux compositions qui sortent de sa manière habituelle, c'est un Jugement de Paris et une Daphné. Le plus haut prix qu'il ait atteint, à notre connaissance, dans les ventes publiques, est 2,200 fr., vente Stevens, 1846. De même que Carlo Dolci, Carie Maratte a eu une fille, Marie, qui l'a aussi si bien imité, que leurs œuvres se confondent souvent. On la reconnaît cependant à son style encore plus maniéré que celui de son père.
Page 64. — Après les mots : de ses membres, de la ligne 8, mettez : — Panini avait été précédé dans le genre qu'il a ndopté par Van Vitelli, ou Vitel, Gas- 13ard (1647-1736), d'origine hollandaise, mais qui vint
très jeune se fixer ù I\ome, où il peignit un grand nombre de monuments publics, comme la basilique de Saint -Pierre, le château Saint- Ange, le palais Monte- Cavallo, la villa Médicis. Ses vues sont d'une grande exactitude. Sa perspective, pour être moins savante que celle de Panini, n'en est pas moins fort belle et sa couleur a de l'éclat. On voit beaucoup de ses ouvrages à Rome; on en trouve aussi à Florence, à Vienne, dont la galerie a de lui une superbe vue de SainUPicrrc-de-Rome.
Page 65. — Après les mots : tels que, de la ligne 14, mettez : — Les deux Scannabecchi, le père, Dalmasio (1325), et le fils, dit Lippo di Dalmasio (1360). Ce dernier fit des têtes de Vierge d'une admirable beauté ; ses teintes sont déjà mieux fondues et moins crues que celles de ses devanciers, et ses draperies l'emportent sur toutes celles de ses contemporains . On voit encore quelques-uns de ses ouvrages à Bologne.
Il a eu pour élève Lambertini, Michel (1454), dont les œuvres tendent aussi à se dégager du gothique, et dont les draperies surtout commencent à accuser les dessous. Ses têtes sont également remarquables par leur expression et leur grâce.
Môme page. — Après les mots : Antoine Raimondi , de la ligne 33, mettez : — Dans le nouveau musée, dit musée Napoléon III , on croit posséder trois autres tableaux du]Francia : son portrait, une Vierge, l'Enfant- Jésus, Saint-François et un saint moine. Conserverontils leur attribution ? Nous l'ignorons, mais ils ne nous semblent pas être à la hauteur de celui du n" 318, que nous avons cité. C'est à Bologne même qu'on peut bien juger lè Francia; le musée de cette ville a cinq tableaux de lui, et la Pinacothèque en a neuf.
Page 66.— Après les mots : sa manière, de la ligne 3, mettez : — C'est sous Laurent Costa que se formèrent le§ devu Dçssi, Posgo et Bat|ista, qui ont vécu à pei^
près de 1479 à 1545. Ils ont beaucoup travaillé ensemhle ; mais le plus renommé et sans lequel l'autre eut peut-être passé inaperçu, est Dosso, que l'Arioste célébra comme un 'des artistes les plus habiles de son époque. Aussi Dosso fit-il du grand écrivain un portrait qu'on regarde comme une œuvre de premier ordre. Nous avons au musée sous lesn"s 185 et 186 bis, deux tableaux attribués à Dosso; mais la Sainte Famille nous semble seule lui appartenir, et le Saint Jérôme moins harmonieux de style pourrait bien être de Baptiste, qui se livrait plus particuhèrement au paysage.
Même page. — Après la dernière ligne, mettez : — • Ferrari, Gaudenzio, dit le Milanèse (1484-1549), c]ui fut peintre, architecte et poète, fréquenta l'école du Purégin, où il devint l'ami et le condisciple de Raphaël, dontilchercha et parvint souvent à imiter la manière. Il travailla même avec le grand maître à la Farnèse et au Vatican; et, après sa mort, avec Jules Romain et Perino del Vaga. La fréquentation de ces derniers lui lit changer sa manière, et c'est sous l'inspiration des œuvres de Jules, qu'il fit le beau Saint Paul en méditation de notre musée, no 190.
De retour dans sa patrie, Ferrari a eu un grand nombre d'élèves, parmi lesquels on doit surtout citer J.-B. Della Cerva , qui l'imita de même que Lo- MAzzo, J. Paul, élève de ce dernier, qui fut leur biographe. Ce Lomazzo, fut en effet, comme Ferrari, un érudit des plus distingués, et publia sur la peinture des ouvrages qui lui acquirent l'estime et l'admiration de ses contemporains.
Page 81 .—Après les mots : grand mérite, de la ligne 31, mettez : — On voit à Rome plusieurs fresques du Pinturricchio, et plusieurs tableaux à Sienne, à Naples, à Venise, à Florence, à Berlin qui a surtout de lui une belle Annonciation et une Histoire de Tobie.
Page 87. — Après les mots : beaucoup inférieurs, de
la ligne 5, mettez : — Notre musée a, quatre tableaux de Salvator Rosa, indépendamment de la bataille que nous avons citée. La marine qu'on lui attribue, sous le n° 363, n'est évidemment pas de lui": elle n'a ni son énergique faire, ni môme sa couleur. Mais le musée Napoléon III a de lui deux paysages et le Marlijre de Saint' Janvier, qui ne nous semblent pas contestables. Sa valeur commerciale est généralement au-dessous de sa valeur artistique. Il a eu pour élevé et pour imitateur AvELLiNO, Jules, mort en 1700, dont la touche est plus vaporeuse, mais moins ferme et moins magistrale.
Page 88. — Après les mots de son coloris, de la ligne 22, mettez : — Solimène a eu, comme bien d'autres, le grand malheur de venir trop tard. Que pouvajt-on, en effet, espérer d'un artiste qui trouve si beau un Saint-François-Xavier, de Carie Maratte, qu'il s'écria en le voyant, qu'il ne pouvait avoir été peint que par un ange, et qui, invité par Philippe V à terminer des tableaux commandés à Lucas Giordano, refusa pour ne pas commettre un acte de profanation. Qu'eut-il dit si on l'avait prié de continuer une oeuvre de Raphaël, du Titien ou môme d'un des Carrache ?
Enfin un artiste dont on ne connaît pas positivement le nom, mais qu'on sait seulement être né à Malte et avoir habité Rome dans le mdieu du siècle dernier, est Maltèse, François, dit le chevalier maltais, si connu par ses instruments de musique et autres accessoires, qu'il plaçait sur des tapis d'une vérité à faire la plus complète illusion. Il est très commun dans le commerce, oîï il s'obtient à des prix inférieurs à sa valeur réelle.
Ecole espagnole.
Page 96. — Après la dernière ligne, mettez : — L'Acadéinie de Florence, beaucoup de savaiita, tant ar-
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listes que littérateurs, ont célébré les talents en peinture et l'érudition de don Vincent Victoria. Valence, Morella. Forças, possèdent encore plusieurs de ses ouvrages, et l'Italie en a un grand nombre qu'on attribue à Carie Maratte, sans qu'on cite jamais le savant chanoine espagnol. On lui doit une énergique et judicieuse réponse aux injustes attaques que le chevalier Malvasia dirigea contre l'école romaine et son illustre chef pour rehausser l'école bolonaise, en faveur de laquelle il publia sa Felsina pitrice.
Page 100. — Après les mots, sa poitrine, de la ligne 9, mettez : — Si les œuvres authentiques de Vélasquez sont rares dans le commerce, on n'en rencontre non plus qu'un petit nombre dans les galeries particulières. Cependant, à Paris, lord Ilertford a de lui les portraits d'un Infant et d'une Infante d'Espagne, celui de Don Balthazar et celui d'une Bame de qualité. M. James Rothschild a le portrait équestre de Don Louis de Haro, qui a été payé 23,000 francs en 4859, à la vente de lord Northwick, et ceux de deux Infantes, dont celui de Marguerite-Thérèse, répétition de celui du Louvre. Dans la vente de Guillaume III, qui s'est faite en 1850, les portraits de Philippe IV, roi d'Espagne, et du Comte-Duc d'Olivares, tous deux dé 2 mètres sur 1 mètre 20, n'ont monté qu'à 38,850 fr.
Page 103. — Après le mot: genre, de la dernière ligne 3, mettez : — On cite d'Antoine de Pereda un trait assez curieux, qui montre son habileté : ayant épousé une demoiselle qui, à l'instar des grandes dames, voulait avoir une duègne dans son antichambre, il peignit une femme habillée en duègne, occupée à travailler avec des lunettes, et la plaça si l)ien, que tout le monde, dit-on, s'y trompait. Ce tableau fort curieux s'est vendu, très cher à sa mort. Ses ouvrages se voient dans la plupart des palais et des temples de Madrid, de Tolède, d'Alcala, de Valladolid, et be^iucoup de collections particulières où ils sont estimés.
Page 104. — Après les mots : trop tôt, de la ligne 16, mettez : — Jean Carreno a eu aussi pour élève Garezo Matthieu (1635-1685), qui a joui dans sou temps d'une grande réputation, et dont les ouvrages se voient dans tous les temi)les de Madrid, de Badajos, de Paular, de Valladolid, de Burgos et de Malaga. Il fit pour le réfèctoire des Récollets, de Madrid, les Pèlerins d'Emmails, tableau rempli d'expression et d'une admirable simplicité. C'est de ce tableau qu'un artiste italien dit, en le A'oyant : Per esse d'un Espagnolo, non e cativo (pour être d'un Espagnol, cela n'esi pas mauvais) .
Page 105. — Après les mots : la restauration, de la ligne 18, mettez: — Un des hommes qui, à cette époque, ont le plus Itonoré l'école de Madrid, est le savant Palomino de Vélasco (1653-1726) que pourrait réclamer l'école de Séville, puisqu'il a débuté à Gordoue sous Jean Valdes Léas. Cet homme, aussi distingué comme littérateur que comme peintre, a montré dans ses œuvres le parti avantageux qu'il avait su tirer de son immense savoir. Ce fut lui que le roi chargea d'expliquer à Lucas Giordano le texte des peintures religieuses que ce dernier fut appelé à peindre à Madrid. Il le fit sans paraître en rien blessé de la préférence donnée sur lui à l'illustre italien, et n'en continua i^as moins à travailler avec le même zèle.
Il est peu de temples de Madrid, de Séville, de Cordoué, de Valence, qui n'aient de ses tableaux. Ils ,se se fout rertiarquer par une composition savante, une bonne ana tonne et une heureuse perspective. Il a eu une sœur, dona P'rancisca, qui a peint avec succès le portrait à Gordoue.
Même page. — Après les mots ports d'Espagne, de la ligne 33, mettez : — Les œuvres de Louis Paret d'Alcazar sont encore fort estimées en p]spague. Il a fait un grand nombre de dessins pour les ouvrages de
Michel Cervantes, de Quevedo. On voit de lui, au palais de Madrid, le Serment du prince, des Asturies dans l'église de Saint -Jérôme, dont 1 architecture est de Panini ; et au palais d'Aranjuez, un Tournoi, dont tous les personnages sont des memhres de la famille royale.
Page 106. — Après les mots : frais de transport, de la ligne 2, mettez : — Notre musée, vient de recevoir de Goya, que les amateurs du faux réalisme portent aux nues, un portrait dont la c- uleur tapageuse, le modelé incertain et la pose sans distinction du personnage, sont peu propres à nous faire revenir de l'opinion que nous avons émise sur le genre de talent de cet artiste. C'est toujours la charge de Vélasquez et rien de plus. .
Page 1 08.— Après les mots : d'unbeau style, de la hgno 15, mettez : — Notre musée a maintenant trois bellea pages de Zurbaran, dont deux, récemment achelées aux héritiers du maréchal Soult : Saint-Pierre Nolasque et Samt Raymond de Pegnafort, les Funérailles d'un èvèquc; et une Sahntc-Catherine faisant partie du
musée Campana.Les deux frères Polancos, qui furent les élèves de Zurbaran, l'ont tellement imité qu'on confond leurs ouvrg.ge3 avec les siens. On voit dans l'éghse de Saint -Etienne, à Séville, des tableaux du maître et des élèves, qu'on a de la peine à distinguer. On cite aussi un artiste du nom de Cubrian, François (1642), comme l'ayant assez bien imité, seulement son dessin est moins grave et ses figures n'ont pas le sentimeni religieux porté au même point. On voit de lui six tableaux chez les religieuses de Santa-Paula de Séville, à l'autel de Notre-Dame du Rosaire.
Les tableaux de Zurbaran sont loin d'avoir dans le commerce le prix de ceux de Murillo, dont ils n'ont, il est vrai, m l'élégante et majestueuse simplicité, ni le
Vaporeux clair-obscur, ni le gracieux et doux coloi'is. Et cependant, à la vente du maréchal Soult, en 1852, son Miracle de la Croix a encore été vendu 19,500 fr. ; mais, à cette même vente, un Saint-Biaise n'a monté qu'à 690 fr. ; la Communion d'un saint, à 2,100 fr. ; une Saint-Catherine, h 1,600, et un Saint-François de Paul, signé et daté, à 1,260.
Môme page. — Après les mots : de l'antique, de la ligne 29, mettez : — Les œuvres d'Alonzo Gano sont rares dans le commerce ; mais quand elles s'y rencontrent elles se vendent encore à des prix élevés eu égard à la dépréciation de l'école espagnole. C'est ainsi qu'à la vente du maréchal Soult, un Evêque donnant la communion à une jeune fdle, à monté a 7,000 fr, et une Vision de Saint- Jean, à 12,100 fr. Nous avons eu plusieurs fois occasion de voir, à Paris, un tableau formant oratoire, dont la peinture et les ornements extérieurs entièrement de la main d'Alonzo Cano, donnent la plus haute opinion de son talent comme peintre et comme sculpteur, La figure principale est une Madeleine agenouillée devant un crucitix. Murillo n'a rien fait, à notre avis, de plus suave.
Page 110. — Après les mots : moins gracieuse, de la ligne 24, mettez : — Les œuvres de Murillo ont tellement monté de prix surtout depuis l'acquisition que notre musée a faite de sa fameuse Conception, qu'un Sommeil de Jésus, qui, en 1842, à la vente Forbin- Janson, ne s'était vendu que .7,950 fr,, a monté en 1857, à la vente Patureau, à 41,500 fr. (acheté pour l'impératrice Eugénie), Si le Martyre de Saint Rodrigue, acquis en 1853, à la vente de Louis-Philippe, 5,250 fr. pour le musée de Dresde, était aujourd'hui remis en vente, il atteindrait certainement 50,000 fr. En 1813, à la vente Le Brun, sa magnifique Assomption de la Vierge, dont le haut est enrichi d'une gloire de onze chérubins, et le bas de quatre anges n'avait monté qu'à 10,000 fr.
C'est le musée du roi, à Madrid, qui a le plus grand
nombre de tableaux de Murillo, puisqu'on y en compte plus de cinquante , parmi lesquels on voit des intérieurs, des fleurs et des fruits. Après ce musée, c'est celui de Saint-Pétersbourg qui en a le plus. Les collections de Paris qui ont le privilège d'avoir des œuvres de Murillo, sont celles de lord Hertford, qui, entre autres, a une Fuite en Egypte d'une rare beauté ; celle du duc de Galiera, qui a également une Fuite en Egypte et un Saint-François en extase; celle de M. Sellière où se trouvent les Enfants du peuple, provenant de la galerie Soult et ayant été payés 25,000 fr., et son portrait, acheté 10,500 à la vente Louis-Philippe.
Ecoles flamande et hollandaise
Page 121. — Après les mots: églises de Bruges, de la ligne 31 , mettez : — Les frères Van Eyck n'ont eu qu'un élève bien connu, c'est Ghristophsen, Pierre, qui peignait d'une manière peut-être moins fine, mais plus hardie. Ses œuvres se confondent souvent avec les leurs ; on en voit de signées de lui, par exemple, à Londres, la Vierge, l'Enfant Jésus, Saint-François et Saint-Jérôme, et à Francfort-sur-le-Meinl'ylnnoncw/ito?!, la Naissance du Christ et le Jugement dernier.
Page 123. — A près les mo ts : de son dessin, de la dernière ligne, mettez : — Stradanus, Jean (1536-1605), qui se rendit jeune en Italie, y étudia les grands maîtres, mais s'attacha surtout à Rossi, dit il Salviati, et en prit la manière un peu lourde dans le dessin, mais assez agréable dans la couleur. Il se distingua surtout dans les sujets de chasse où il entrait des chevaux. On voit de lui plusieurs tableaux dans les églises de Naples, de Rome et de Florence, où il a travaillé avec Vasari.
Nous n'avons rien de ces quatre artistes; mais on voit de Spranger, à Rome, \\n jugement dernier ; à
Vienne, plusieurs compositions assez importantes comme Apollon et les Muscs, Hercule et Omphale, une Allégorie sur Rodolphe II ; de Van Mander, à Harlem, plusieurs tableaux; de Henri Van Balen, à Amsterdam, en compagnie de Breughel deVelours, la Pêche des Catholiques et des Protestants ; k Berlin, les Forges de Yulcain; à Munich, une Bacchante, Diane à la chasse et plusieurs autres compositions.
Page 124, — après les mots : pays respectifs, de la ligne 10, mettez : — Notre musée, ad'Otto-Vcnius, un tableau dans lequel il s'est peint avec sa famille, mais ce tableau ne peut pas donner une juste idée de son talent. Pour bien le juger, il faut voir les douze dont les sujets sont tirés de l'Histoire des Bataves sous Claudius Civilis, que possède le musée d'Amsterdam; son Portement de croix de Bruxelles , son Adoration des bergers de Ganl, et ses Allégories sur les victoires de la religion chrétienne du musée de Munich. C'est alors qu'on reconnaît l'immense influence qu'il a dû exercer sur ses contemporains par la correction de son dessin, l'agrément de sa touche, l'élégance de ses draperies ; avec toutes ces qualités il se vend peu dans le commerce, quand il s'y rencontre . Nous n'avons vu qu'une seule chose de lui en vente publique : c'était une petite Sainte Famille^ qui n'a atteint que 260 francs.
Page 126. — Après les mots: aprèslerepas,delahgne 29, mettez : Jordaens a e-u pour élève Dëî^is, Jacques (1643-1708), qui, après avoir travaillé quelque temps à Anvers, se rendit en Italie et y resta quatorze ans, puis revint dans sa ville natale et y apporta quelques tableaux dans lesquels le style italien se mêle agréablement à la couleur de l'école dans laquelle il avait débuté.
Page 1 29. — Après les mots : de peinture, de la ligne 1 5, mettez : — Tyssens a fait beaucoup de portrai ts, dont quelques-uns assez iDeaux pour être attribués à Van Dyck ; ils sont surtout remarquables par les fonds
d'architecture sur lesquels ces portraits se détachent.
Môme page. — Après les mots : principaux sont, de la ligne 33, mettez : -— Sallaert, Antoine (1570-1623), ami et contemporain de Rubens, dont on voit à Bruxelles une Procession des corps de métiers de Bruxelles sur la grande place en 1620, une Solennité du tir de l'arc, ]a, Procession de l'Omméganck, une Allégorie de laPassion, du Christ. En voyant tous ces tableaux, nous avons été étonné que leur auteur fût si peu connu et si peu cité par les auteurs.
Pépin, Martin (1574-1641), qui voyagea beaucoup et finalement mourut en Italie. Ses principaux tableaux néanmoins sont à Anvers, sa ville natale, et s'y font remarquer par une couleur énergique et un dessin pur. On a prétendu, mais à tort, sans aucun doute, que Rubens était jaloux de son talent. Ce que nous avons vu de cet artiste est beau assurément, mais n'autorise pas cette supposition.
Page! 30. — Après les mots: des yeux exercés, delà ligne2, mettez : — Van derVExNNE, Adrien (1589-1662), qui fut peintre et poète, et dont le prince d'Orange et le roi de Danemark recherchaient les ouvrages remarquables par leur dessin correct, ferme et pourtant agréable. Il a souvent peint en camaïeu; mais ses ou-
ductions des Porbus, auxquels 6n a même attribué le tableau du n" 545 de notre musée : Fête donnée ù l'occasion de la trêve conclue en 1609 entre l'archiduc Albert d'Autriche et les Hollandais, tableau dont le paysage et les accessoires sont de Breughel de Velours.
Page 131. — Aprèslesmots : de bon goût, de la ligne 15, mettez : — Les portraits de Gonzalès Coques sont surtout fort appréciés en Angleterre, où on en voit beaucoup. Ceux de sa seconde époque, qui rappellent Van Dyck, sont les plus recherchés. On a vu une
vrages se rapprochent
leur ordonnance des pro-
agréable composition de lui , un Repas champêtre, atteindre le chiffre de 45,000 francs , en 1857, àla vente deM.Patnreauqui, en 1 850, l'avait achetée 1 5,000 francs à la vente de MM. Héris et Leroy, de Bruxelles. En 1852 (collection Tnrenne) nous avions vu passer en vente un Dcpnrt pour la rlinssc, qui n'avait atteint que 5,050 francs.
Page 141. — Après les mots : mille francs, delà ligne 32, mettez : — Un abbé du nom de Dufouleur avait rassemblé un assez grand nombre de tableaux de Breughel de Velours; la vente qui en a été faite, il y a quelque temps, en a mis beaucoup dans le commerce, et en a par conséquent fait baisser le prix. Depuis nous en avons vu plusieurs se vendre plutôt au dessous de mille francs qu'au dessus. Quelques-uns dans les petites dimensions s'adjugent même à 3 et 400 francs, et au dessous.
Même page. — Après la dernière ligne, mettez : — Ce B oland Savery a eu pour élève, Niellandt, Guillaume (1584-1635), qui a peint tout à fait comme lui, et dont les œuvres se confondraient souvent avec les siennes, si celles de celui-ci ne tiraient pas sur un bleu plus vert qui les rapproche des Brill. Il a habité l'Italie, où il a fait une Vue du Campo- Vaccino, qu'on voit au musée de Vienne.
Page 143, — Après les mots : premiers plans, de la ligne 16, mettez : — Notre musée a quatre tableaux d'Huysmans, tous quatre très beaux; mais on en voit aussi de magnifiques à Bruxelles, à Berlin, à Vienne, à Dresde et à Munich. Huysmans a également peint des marines, a fait beaucoup de paysages pour des peintres d'histoire et orné de ligures les paysages de plusieurs de ses contemporains. Un amateur distingué, M. Thibeaudeau, mort il y a quelques années, avait rassemblé plusieurs paysages d'Huysmans ; la vente de sa colleclion, faite en 1857, en a répandu
dans le commeree. Le plus haut chiffre qu'ils aient obtenu dans cette vente a été de 1,350 francs; quelques-uns n'ont même atteint que 3 et 400 francs,
Môme page. — Après les mots : étendu mort, de la ligne 27, mettez : — Le chevalier Breydel a aussi peint dès vues du Rhin à la manière de Griffler. Il est assez commun dans le commerce, où ses petits tableaux se vendent communément de 3^ à 500 francs. Son frère, François (1679-1750), a passé une grande partie de sa vie eii Allemagne, où il a fait beaucoup de portraits et des scènes comiques d'une exécution assez fme et d'une bonne couleur.
Page 149. — Après les mots : grande vérité de la ligne 30, mettez : — Verendael a eu pour élève Morel, Nicolas (1664-1732), qui fit des fleurs, des fruits et des bas-reliefs d'un grand fini et cependant d'une touche vigoureuse et d'une belle couleur. Ses tableaux, très rares d'ailleurs, eurent un grand succès à Bruxelles, où il travailla pour plusieurs personnages qui le payèrent richement. .
Page' 151. -—Après les mots : dix mille francs, de la ligne 13, mettez : — Cependant les œuvres de Van Spaendonck ont beaucoup varié de prix. Ayant été payées très cher du vivant de son auteur, elles ont beaucoup tombé depuis, puisqu'à la vente Rhoné, qui a eu lieu en 1861, deux tableaux de lui, un de fruits et de fleurs, l'autre représentant un bouquet de pivoines, de tulipes et d'oreilles d'ours, n'ont atteint, le premier que 2,000 francs, le second 3,280. Dans le commerce, il est bon de faire attention à sa signature, car du C. de Corneille, on peut aisément faire le G. de Gérard, ce qui changerait beaucoup la valeur du tableau.
Page 154. — Après les mots : il excellait, de la ligne 32, mettez : — Nous avons dans ce moment sous les yeux un petit tableau deTorrentius, qui fait vivement
regretter l'abus qu'il a fait de son talent. Ce tableau représente la famille de Noé sortant de l'Arche et se répandant par groupes dans la campagne. Les figures en sont d'une finesse d'exécution que Rottenliammer n a jamais atteint, et la couleur qui tient le milieu entre le ton bleuâtre de Breughel de Velours et le chaud coloris des paysages de Van Uden, est vraiment admirable.
Page 161. — Après les mots : à la vente Hope, de la ligne 16, mettez : — Le tableau de Jean Steen, représentant les Vendeurs chassés du Temple, dont nous avons parlé, s'est vendu 7,500 francs, décembre 1865, vente de M. Malfait, de Lille.
Page 171 .—Après les mots : son enfant, delà Hgne 7, mettez : Des sept tableaux ;qu'a notre musée d'Adrien Van der Verff, c'est celui portant le n« 563, Nymphes dansant, que les experts ont estimé au plus haut prix 15,000 francs. Le chiffre le plus élevé que nous l'ayons vu atteindre en ces derniers temps dans les ventes pubhques, est 8,000 francs, vente de Varange, 1852; c'était une ^Déposition de croix d'une superbe qualité.
Page 175. — Après les mots : feuillet délicat, de la hgne 29, mettez : — Kiérings a habité l'Angleterre, où il a décoré plusieurs maisons royales pour Charles P'. On voit de lui à Anvers un magnifique paysage dans lequel le peintre flamand Genoels, Abraham (1 640-1 682) , a représenté Minerve et les Muses. Ce Genoels a quelque temps habité Paris, où Le Brun l'employa pour peindre le fond de ses batailles d'Alexandre. Il a même été reçu à l'Académie.
Page 176.— Après les mots : bien peint, de la hgne 15, mettez : Saftleven, Herman, n'a jamais quitté la Hchande et s'y hvra à des études assidues d'après nature, auxquelles sa brillante imagination donna un
grand charme. Nous avons de lui une vue des bords du Rhin; mais on voit plusieurs de ses ouvrages à Utrecht, qu'il a longtemps habitée, ainsi qu'à Amsterdam, à Vienne et à Munich ; il a été un des maîtres de Grifiier.
Saftleven a eu pour élève Van Bemmel, Guillaume (1630-1708), qui a longtemps habité l'Italie, dont il s'est occupé cà dessiner les sites les plus pittoresques. De retour dans sa patrie, il s'étabUt à Nuremberg et y a joui d'une grande réputation. Nous n'avons rien de lui.
Page 179.— Après les mots : grandes collections, de la ligne 9, mettez .- — C'est encore la galerie de Dresde qui compte le plus de tableaux de Both, car elle en a cinq, dont un qui sort un peu de sa manière ordinaire; ce sont des hommes attablés et jouant aux cartes. Nos musées de Lyon, de Bordeaux, de Nîmes • en ont aussi chacun un ; celui d'Epinal en a même trois.
Le plus haut prix que nous ayons vu les tableaux de Both atteindre, dans les ventes pubhques, est 28,200 fr. , en 1841, vente Mecklembourg ; c'était le même tableau qui, en 1841, vente Perrégaux, avait déjà atteint 21,000 fr. Depuis, vente Meffre, 1863, il s'en est vendu un, également très beau, mais moins important, qui n'a été qu'à 13,000 fr.
Page 185. — Après les mots : 11,000 francs, de la ligne 17, mettez : — Si nous voulions établir en quelques mots un parallèle entre Ruysdael et Hobbéma, nous dirions : Ruysdael, en recherchant les sites sombres .et sauvages, en préférant l'ombre à la hmiière, la solitude et la tranquilhté au bruit et au mouvement, inspire à l'âme ce charme paisible, ces douces et mélancoliques émotions que fait naître le recueillement. Hobljénia. au contraire, en saisissant le côté gai et
riant de la nature, élève l'esprit, le ravit et l'enchante par l'éclat de sa lumière, la radieuse pureté de ses ciels, la vigueur de sa végétation. Chez le prerriier, le poète l'emporte sur le peintre; chez le second, c'est le peintre qui efface le poète.
Page 189.— Après les mots : beaucoup de Philippe, de la ligne 20, mettez : — L'artiste hollandais qui, pour les chasses et les combats de cavalerie, a le plus approché de Phil. Wouwermans est Van HugtenlîURG, Jean (1646-1733). Ses chocs de cavalerie sont d'un iDuissant effet, et ses chevaux sont dessinés avec une netteté qui ne laisse rien à désirer. Sa couleur est à la fois ferme et vraie. Notre musée a de lui, sous le n° 225, un tableau qui permet déjà de le bien connaître ; mais, comme il a été peintre du prince Eugène, c'est à Berlin, à Dresde et à Munich que sont ses plus beaux ouvrages.
Jean Hugtenburg a eu un frère, Jacques, qui a été un de ses maîtres et mourut fort jeune à Rome. Il a fait des paysages avec figures, et des ruines, qui n'ont rien de commun avec les œuvres de son frère, mais se rapprochant de Berghem dont il était l'élève.
Deux hommes qui ont pris Hugtenburg pour modèle et l'ont quelquefois assez bien imité sont Maas, Thierry (1656), élève de Mommers et de Berghem ; — et Van Lin, Jean (1664), dont on voit à Dresde de belles batailles, entre autres un Combat de cavalerie entre des Maures et des Européens.
Même page.— Après les mots : que des chevaux, de la ligne 33, mettez : — Une particularité de la vie de Berghem, qui mérite d'être rapportée parce qu'elle explique la grande quantité de tableaux qu'il a faits dans sa courte existence, c'est qu'il était extrêmement assidu au travail, et que cette assiduité lui était imposée par sa femme qui, pour qu'il ne perdît pas un
instant, le tenait renfermé dans son atelier sans lui permettre aucun délassement. Mais cet atelier donnait sur une magnifique campagne dont la vue lui fournissait l'occasion d'étudier la nature à son aise et d'en saisir les rnoindres détails. Aussi l'a-t-il rendue avec une fidélité qui le fait presque unique dans son genre. Ce qu'il y a encore de remarquable dans les œim'es de Bergliem, c'est que son coloris si clair, si brillant et si lumineux, s'est conservé sans éprouver la moindre altération.
Page 194. — Après les mots : et ses détails, de la ligne'' 20, mettez : — Adrien Van de Velde a souvent mis des figures dans les paysages de Van der Hagin (1650), son contemporain, qui a eu dans son temps une grande réputation comme paysagiste, mais dont les oeuvres ont souvent noirci. Nous avons de lui deux paysages sous les n"' 188 et 189. On voit aussi de ses œuvres à La Haye, à Amsterdam et à Berlin. Ses dessins étaient recherchés, ceux surtout qui représentaient des vues des environs de Glèves et de Nimègue.
Page 196.— Après les mots : sans mérite, de la hgne 3, mettez : — Les œuvres de Bernard Gaal sont souvent données pour celles de Pierre Wouwermans, dont la composition est cependant beaucoup plus légère, la couleur plus uniforme et plus transparente.
Même page. — Après les mots : assez bas, de la ligne 1 8, mettez : — Ce Van Berghen est le même que l'artiste désigné dans la notice de notre musée sous le; nom de Van Dirk Berghen, dont on a deux paysages sous les 11°' 15 et 16. On voit aussi de lui des paysages Il Amsterdam, à Florence, à Dresde, et à Londres qu'il a habitée.
Page 197. — Après les mots : bon tableau, de la ligne 16, mettez: — Ce Van der Meer peignit des pay»n -
ges et des marines; aussi ne faut-il pas le confondre avec un autre Van der Meer, élève de Berghem, qui vivait à la même époque et qui excellait surtout à peindre des moutons; ni avec Jean Vermeer, qu'on nomme quelquefois Van der Meer, mais plus connu pour ses vues de villes que pour ses paysages ; on voit de lui, à La Haye, une v ue de Delft, sa ville natale, prise du côté du canal.
Même page. — Après les mots : dans ses paysages, de la ligne 21, mettez : — Soolemaker n'a cependant pas fait que des paysages, car on voit de lui, an musée de Bruxelles, un tableau d'histoire dont la composition et les figures décèlent un homme habile : la RéconciUation de Jacob et d'Ésaii.
Même page. ~ Après les mots : et le fini, de la ligne 24, mettez : — EtSTOOM, Mathieu, sur la vie duquel on ne sait rien, mais dont on voit à Dresde plusieurs tableaux assez remarquables en combats, attaques de voyageurs, embarquements de soldats.
Page 199. — Après les mots : dimension moindre, delà Hgne 17, mettez : — Steenwyckle père a souvent éclairé ses intérieurs d'éghses de iumières artificielles, comme en on voit un bel exemple à Amsterdam et un à Vienne. Il confiait souvent le soin de faire ses figures à Breughel de Velours et à François Franck-le- Vieux. — Le fils, dont on connaît des compositions datées de 1642, a fait beaucoup de tableaux à sujets allégoriques, que Poelenburg, ainsi que nous l'avons dit, ornait de figures, comme celui de notre musée que nous avons cité.
Page 209. — Après les mots : 600 francs, de la ligne 13, mettez : — On cite comme ayant imité, souvent très bien copié Jean Van Huysum, une demoiselle Ha verman, Marguerite, née à Bréda, en 1693. Cette demoiselle vint à Paris et y eut un assez grand succès pour se présenter à l'Académie ; elle y fut reçue
mais n'ayant pas fourni le tableau réglementaire, et ceux qu'elle avait montrés ayant paru ne pas être d'elle, son élection fut annulée^
Page 211. — Après les mots : avait assigné, delà ligne 4, mettez : — Nous avons vu récemmeut (5 avril 1864), deux tableaux d'Huppink (ou Uppink), de moyenne dimension, mais d'une belle qualité, monter à 4,200 fr. ; ce qui nous a paru un prix fort élevé si on le compare à celui auquel avait été adjugé l'année précédente le Van Dael de la vente Simonnet.
Les Hollandais mettent aussi Kuvper, Jacq. (1761- 1837), au nombre de leurs bons paysagistes. Ses ouvrages en ce genre ont servi à faire de belles tapisseries.
Ecoles allemande et anglaise
Page 227. — Après les mots : fort curieuses, de l'avant dernière ligne, mettez: — Les œuvres de Kranach n'obtiennent pas dans le commerce un prix proportionné à leur importance artistique et historique. Ses portraits dépassent rarement 3 ou 400 francs. A la vente Demidoff, en 1863, on a vu un sujet allégorique, assez beau d'aillenrs, ne pas dépasser 600 francs; et la même année, vente Meffre, le portrait d'un jeune prince de la maison de Saxe, na, atteint que 610 francs. Il est vrai que beaucoup des tableaux qu'on lui attribue sont de son fils, qui, comme nous l'avons dit, lui est de beaucoup inférieur.
Page 230. — Après les mots : mieux représenté, de la ligne 25, mettez : — Les œuvres d'Elzheimer, autrefois fort recherchées, avons-nous dit, ont beaucoup baissé de prix clans le commerce, qui s'éloigue de plus en plus des œuvres privées de lumière. Aussi, a-t-on vu en 1851, vente Giroux, une Adoration des Bergers,
de ce maître, ne pas dépasser 250 francs. Quelques années auparavant, 1845, un très bel Effet de lune avait été adjugé 312 francs.
Page 231 . — Après les mots : richement récompensé, de la ligne 28, mettez : ~ Pour connaître le grand cas qu'on fait des portraits de Petitot, dans le commerce, il suffit de savoir que tout récemment, vente Demidolî, les portraits de la duchesse de Bourgogne et de Louis XIV ont été vendus 13,040 francs, et celui de la duchesse d3 Montpensier, 4,200 francs.
Quant à Liotard, on voit de lui, à Vienne, les portraits d'une vieille femme endormie, et on connaît ceux de V Empereur Erançois et de Marie- Thérèse, ainsi que ceux des membres de la famille royale de France, de la princesse de Galles, du stathouder de Hollande et de la sœur de ce prince. Ces portraits sont estimés à peu près le môme prix que ceux de Petitot; ils ont môme sur ceux-ci l'avantage d'être plus rares.
Page 233. — Après les mots : plus heurtée, de la ligne 5, mettez : — Roos Phil. -Pierre , dit Rosa de Tivoli, quoique fort estimé des vrais amateurs, est pourtant tombé dans le commerce à des prix très bas. On voit dans les ventes de ses belles et bonnes compositions ne pas atteindre 300 francs ; quelques-unes mêmes s'adjugent à 200 francs et au-dessous. Les musées de Dresde et de Munich ont chacun au moins douze tableaux de lui. Celui de notre musée est estimé 300 francs; s'il était mis en vente, il ne les atteindrait peut-être pas.
Mais un artiste allemand, qui a peint très bien aussi les animaux, à peu près à la môme époque que Rosa de Tivoli, est Riédinger Jean-Elie (1695-1757). Sa réputation dans ce genre a été telle qu'on l'a quelquefois comparé à Paul Potter. 11 connaissait à fond r?i- ]iatomie des animaux , peignait avec une grande
énergie. Il a eu un fils, Martin-Elie, qui a peint comme lui et l'a aidé dans ses travaux qui sont rarement sortis d'Allemagne, surtout d'Augsbourg, oà il est mort.
Page 237. — Après le mot : Querfurt, de la ligne 28, mettez : — Cet Orient puisa dans les excursions auxquelles l'entraînait sa passion pour la chasse le sentiment de la grande nature. Ses fonds de paysages sont d'un effet qui rappellerait ceux du Poussin et du Guasinp, si son feuillet, dans ses premiers plans surtout , n'était pas un peu léger et surtout arrangé avec trop de soin.
Page 239. — Après les mots : pour les figures, de la ligne 13, mettez : Hacker t et Freudenberger ont eu, le premier pour élève, le second pour ami, Dunker Balthazar- Henri, qui dans le séjour qu'il fit à Paris, reçut des leçons de Vien et de Hallé. Ayant d'abord dirigé ses études du côté de la peinture historique, il l'abandonna pour se livrer au paysage, où il eut assez de succès.
Dans le paysage, l'école allemande compte encore deux hommes dont les œuvres se rencomrent assez souvent dans le commeice et y sont estimées; ce sont les deux Kobell, le père, Ferdinand (1740-1796), et son fils, Guillaume. Le premier vint se perfectionner à Paris, où ses œuvres furent remarquées par la vigueur de son coloris, et le choix de ses sujets, qui étaient ordinairement des scènes champêtres, dans lesquelles les .animaux jouaient le rôle principal. Le second fit aussi des scènes champêtres avec animaux, mais il chercha à se rapprocher de la manière de Philippe Wouwermans, qu'il imita quelquefois assez bien.
Page 249. — Après les mots : bouffonnerie sarcaslique, de la hgne 29, mettez : — Mais de tous les artistes anglais, le plus excentrique est, sans contredit, William Blake (1757-1828), qui effaça en originalité,
comme homme et comme artiste, Turner, Barry, iMorland et môme Fuseli. Cet homme extraordinaire, à la fois peintre, poète et surtout habile graveur, offrit le singulier spectacle d'un artiste auquel un état presqu'habituel d'halhicination ou de somnambuhsme lucide , dicta des œuvres d'une originaUté, d'une extravagance touchant souvent au subhme, et qui se voua, |.our ain&i dire, volontairement à la misère, dans'la crainte que « le désir du gain n'effaçât en lui le sentiment des grandes choses. »
On connaît de lui en gravures les Chants d'innocence, et Lfexpérience, en soixante-dix scènes, offrant les images de la jeunesse etde la virilité, les joies de l'enfance, les bonheurs de la famille. Chaque scène est accompagnée de strophes d'un sentiment très poétique, mais où ses tendances mystiques sont déjà manifestement indiquées. Viennent ensuite ses Portes de l'enfer, puis ses illustrations des Nuits d'Yong, ceUes de la vie et des œuvres de Cooper, le Livre de Job, les Prophètes, etc. Il entreprit aussi d'illustrer le Dante ; mais la mort l'empêcha do mettre cette entreprise à fm. « Blacke, (dit de lui W. Bûrger), est un homme de génie, mais extravagant. Le génie n'est-il pas presque toujours une certaine excentricité ? »
Page 251 . — Après les mots : probablement échoué, de la ligne 16, mettez : — Si Thomas Lawrence a eu dans sa vie un compétiteur, il a eu un imitateur assez adroit dans IJarlow, Georges-Henri (1787-1819), qui, s'il ne fut pas son élève, se forma du moins sur ses œuvres, et lit sous son inspiration le portrait de plusieurs célébrités contemporaines. Mais, ne pouvant égaler son modèle et mécontent de n'être en ce genre qu'un imitateur, il se rendit en Italie pour s'y fortifier dans la grande peinture historique. Ses forces ne répondirent pas à son ambition. Revenu à Londres, il fit quelques compositions historiques dans lesquelles, à l'exemple de plusieurs de ses compatriotes, il substitua des personnages existants à ceux dont il voulait repré-
senterles actions, comme les Démêlés de la reine Catherine et du comte d'Essex devant Henri VIII, où il fit figurer les membres de la famille de l'acteur Kemble, etc., il mourut infatué de son talent, mais ne laissant après lui que la réputation d'un artiste secondaire, d'un talent facile et brillant, mais superficiel et sans originalité.
Page 259. — Après les mots : trop exclusive, delà ligne 29, mettez : — L'expérience a dû prouver aux artistes anglais cjue les scènes d'intérieur, le portrait et le paysage sont les points principaux sur lesquels leur aptitude spéciale leur permet de s'exercer avec le plus de succès. Leur pruderie nationale les détournant de l'étude de la « Beauté nue », ils auront toujours devant eux un obstacle que leurs mœurs et leur intérêt les empêcheront de franchir, et qui rendra, de longtemps encore, leur éducation artistique incomplète.
Mais rendons-leur cette justice de reconnaître qu'ils ont popularisé avec un rare bonheur cet usage de traduire en images les créations de la littérature et de la poésie, en un mot d'illustrer les auteurs célèbres. Cet art des interprétations pittoresques des œuvres de la pensée n'est pas nouveau sans doute ; mais, bien qu'il ne soit qu'un point secondaire de l'art , puisqu'il explique et ne crée pas, personne , néanmoins ne l'avait cultivé avec plus de zèle qu'eux et finalement n'avait mieux réussi à démontrer les immenses avantages de cette union du dessin et de la littérature.
Ecole française.
Page 267, — après les mots : juste célébrité, de la ligne 24, mettez : — Laurent de La Flyre a eu pour élève, qui l'a imité et même souvent copié, Chau- VEAU, Franc. (1613-1674); et pour imitateur Goyrand, Claude (né en 1662). Le premier, qui a été membre et conseiller de l'Académie de peinture, aeude son temps de la réputation pour quelques tableaux d'un style as-
sez gracieux, mais il serait complètement oublié aujourd'hui si son nom ne restait pas attaché au poème de la Pucelle, de Clovis et d'Alaric, dont il a dessiné et fait les gravures. Quant à Goyrand, qui tient de S. Vouet autant que de La Hyre, il n'a rien laissé qui puisse le tirer de l'oubli, si ce n'est les quelques copies qu'il a faites de ses deux maîtres, et qu'on reconnaît à leur toiiche plus maniérée.
Page 273. — Après les mots : et de couleur, de la ligne 30, mettez : — L'Allegrain que nous venons de citer, est le père du célèbre Allegrain, sculpteur du roi. On voit de lui à Versailles plusieurs tableaux rappelant l'état des jardins de cette résidence à son époque, et au musée 'deux paysages sous les numéros 1 et 2. Il a eu un fils, Gabriel (1670-1748), comme lui de l'Académie à laquelle ils donnèrent tous les deux pour leur réception un tableau ayant pour sujet une Fuite en Egypte.
Page 278. — ^ Après les mots : grand honneur, de la ligne 23, mettez : — On trouve quelquefois dans le commerce des compositions de FniQrjET de Vaurose (1648-1716), qu'on donne pour être de Sébastien Bourdon; on les reconnaît à leur dessin forcé et à leur ton trop vigoureux.
Sébast. Bourdon a eu pour élève Loir, Nicol. -Pierre (1624-1 679), qui étudia aussi en Italie, mais qui oubha les principes de son premier maître pour se jeter dans ce qu'on commençait à appeler le genre gracieux, genre dans lequel, malgré une facilité extraordinaire de composition et une exécution assez soignée, il n'arriva qu'au second, on pourrait môme dire au troisième rang. Il n'en fut pas moins membre de l'Académie et pensionné par le roi, qui voulut sans doute le récompenser d'avoir choisi pour sujet de son admission à l'Académie les Prorjrh de la peinture et de la sculpture sous le règne de Louis \IV.
Nicolas Loir a beaucoup produit ; on connaît de lui Darius visitant le tombeau de Sémiramis, tableau qui a commencé sa réputation; Cléobis et Biton tramant le char de leur mère, prêtresse de Junon jusqu'au temple de la déesse, dont il a fait lui-même une belle eau-forte ; Notre- Seigneur mettant un anneau au doigt de Sainte- Catherine; Saint-Paul devant le consul Sergius, aveufilant un magicien; la Vierge etV Enfant-Jésus (ulorés par saint Jean, etc. Il s'est aussi attaché à Rome à copier le Poussin, et il y est parvenu au point de tromper môme les plus habiles.
Page 280. — Après les mots : de saint Laurent, de la ligne 7, mettez : — Plusieurs de nos musées de province ont des tableaux de Le Sueur: celui de Marseille a une Présentation au Temple; celui de Lyon, Un martyr, celui de Nîmes, une Mise au Tombeau. Ses œuvres ne paraissant jamais ou que très rarement dans le commerce, on ne peut leur donner un prix. Cependant, l'estimation qu'en ont faite les experts de notre musée, montre le grand cas qu'ils en font.
C'est ainsi que sa Prédication de saint Paul à Éphèse, n° 521, qui ne lui avait été payée qu'en 1649, dont elle porte la date, que 409 francs par la compagnie des des orfèvres pour Je compte desquels elle a été peinte, a été estimée, en 1810 et 1816, le chiffre énorme de 250,000 frarcs. C'est le même prix qu'ils donnent à son tableau de saint Protais du n° 520. Sans doute aujourd'hui que la peinture sérieuse est sacrifiée à la peinture agréable, ces deux tableaux n'attendraient pas ces chiffres s'ils étaient mis en vente, mais les experts qui les ont estimés si haut ont fait preuve de bon goût et ont voulu par là faire partager leur admiration pour ces deux chefs-d'œuvre.
Page 287.— Après le mot : sa fille, de la ligne 12, mettez : — Nous disons que les œuvres de Mignard ont perdu, depois une vingtaine d'années, une grande
partie de leur prix; aussi les expertises officielles qui ont été faites de celles qu'a de lui notre musée seraient loin d'être atteintes si on leur faisait courir les chances d'une vente publique. En effet, la fameuse Vierge au raisin, estimée 8,000 fr., n'irait tout au plus qu'à 2 ou 3,000 fr., et son propre portrait, coté 6,000, aurait certainement de la peine à atteindre 1,000 fr., puisque nous voyons fréquemment de lui de beaux portraits de femme, d'une authenticité irrécusable, se vendre de 5 et 600 fr., et ceux d'hommes de 3 à 400 fr.
Mignard a eu pour élève un nommé Fouché, Nicolas, qui a surtout peint un grand nombre de vierges à sa manière. On les reconnaît à leur ton gris et à leur couche molle qui leur donnent un peu l'aspect de celles de Simon Vouet.; leur style bourgeois, si on peut parler ainsi, est encore plus prononcé que dans les œuvres du maître.
Page 295.— Après les mots : de mieux, de la dernière hgne, mettez : — J.-F. de Troy a eu pour élève le chevalier Favray ou Fauvray, Antoine (1706-1789), appartenant à l'ordre de Malte, et duquel nous avons au musée, sous le n° 193, un tableau représentant des dames mallaises se rendant, visite. Il a été reçu académicien en 1762; mais on connaît peu d'ouvrages de lui; celui que nous venons de citer, atteste cependant un artiste qui composait avec goût et exécutait avec facilité .
Page 300. — Après les mots : l'assemblée des dieux, de la ligne 6, mettez : —Les tableaux de La Fosse ont aujourd'hui le sort de la plupart de ceux de son époque. Les experts de notre musée, en portant à 1,200 fr. son enlèvement de Proserpine et à l,000fr. son mariage de la Vierge, les jugent plutôt sous le point de vue artistique que commercialement, car ils n'atteindraient probablement pas ces prix en vente publique, puisqu'on 1845, à la vente dïi cardinal Fesch,un Jésus dans le
désert et une Descente de Croix, que tout faisait croire ôtre vrais, n'ont été adjugés l'un qu'à 244 fr., l'autre à 96 fr.
Page 302. — Après le mot : manière, de la ligne 7, mettez : — A la vente Pourtalès qui vient de se faire (1865), on a pourtant vu un tableau de Lenain, Louis, monter à 17,000 fr. Ce tableau, qui avait fait partie de la collection du cardinal Fesch, représentait six Sei- (pieurs en costume de Louis XIIL réunis autour d'une table recouverte d'un tapis rouge et éclairée par un ilambeau. C'est la plus belle composition que nous ayons vue de cet artiste, qui peignait rarement avec autant de recherche.
Page 308. — Après les mots : et la couleur, de la ligne 24, mettez : — Rigaud était un de ces artistes, trop rares aujourd'hui, qui ne soumettent jamais l'art au caprice des personnes dont ils se chargent de faire le portrait. Aussi, n'aimait-il pas peindre les femmes, en général si difficiles à contenter en pareille occasion. « Si je les peints telles qu'elles sont, disait-il, elles ne ss trouvent jamais assez belles; si je les flatte, ellesne ressemblent plus. »
Il rapporte dans ses mémoires la réponse qu il fit à une dame dont il faisait le portrait, et qui ne trouvait pas sur le tableau son teint assez brillant. Vos couleurs sont ternes, M. Rigaud, lui dit cette dame, oii les prenez- vous? Je les prends, madame, lui répondit-il chez le marchand même qui vous fournit les vôtres.
Page 316. — Après la ligne 18, mettez : — Un artiste qui mérite d'être cité en môme temps que Taraval, bien qu'il soit à peu près oublié aujourd'hui, est Brenet, Guy-Nicolas (1728-1792), dont notre Musée a, sous les numéros 51 et 52, deux tableaux qui décèlent une riche imagination, que les goûts du jour ont malheureusement égarée. Il se rattache à cet artiste
une aventure qui lui l'ait trop d'honneur pour ne pas être rapportée.
Quand il fut question, pour accélérer les tahleaiix àe l'Histoire de Saint-Louis, destinés à décorer la chapelle de l'Ecole- Militaire, d'en répartir les sujets en autant de peintres, Pierre, alors tout puissant, éconduisit avec dureté Guy Brenet, qui, bien qu'académicien, se présentait humblement ; et ce ne fut qu'à force de sollicitations, de puissraites protections et comme contraint qu'il l'admit; mais qu'arriva-t-il? C'est que le tableau de Brenet fut unanimement jugé le meilleur.
Page 320. — Après les mots : ses forces, de la ligne 6, mettez : — A ces deux noms on pourrait ajouter ceux de Taillasson (1746-1809), que nous avons cité comme écrivain dans notre revue bibliographique, mais qui se fit aussi une réputation par quelques compositions dans lesquelles le défaut d'imagination est remplacé par une grande expression ; — - de Lacour (1746-1814), élève de Vien, qui, après avoir visité l'Italie, vint se fixer à Bordeaux, sa ville natale, y forma de bons élèves et laissa plusieurs productions que leur caractère essentiellement italien foit aujourd'hui attribuer aux artistes inconnus de cette école ; — de PbévosT, Pierre (1764-1823), un des artistes auquel l'art doit les panoramas que Daguerre (1788) et le colonel Langlois (1789) ont portés à un point qui semble ne pouvoir être surpassé, etc., etc., etc.
Page 349, — après les mots : de la charité, de la ligne 8, mettez : — C'est aussi à la Charité, et dans le lit même qu'avait occupé Lantara, qu'est venu mourir en 1811 Pierre Leriche', peintre de fleurs, qui avait joui dans son temps d'une grande vogue comme décorateur. Cet artiste, dont on voit assez souvent des tableaux dans les ventes publiques, avait été chargé par l'électeur de Hanovre, de peindre soixante panneaux du salon de sa maison de chasse, et la Dubarry lui confia les voluptueuses peintures de son château
de Lucieiiiies. Ses tableaux de fleiii's se font presque toujours remarquer par une branche de lilas, mais ils sont peints avec une légèreté de touche qui leur donne l'aspect d'images coloriés ; aussi sont-ils peu recherchés. On connaît de lui beaucoup de gouaches destinées à être montées en éventails.
Page 361 . — Après les mots : au sentiment, de la ligne 37, mettez : — Nous avons vu, cette année môme, 1865, vente Pourtalès, le portrait àePie VII et du Cardinal Caprara, peints par David, en pied, d'après nature,^ pour le sacre de Napoléon, se vendre 17,000 fr. ; le même jour, il est vrai, et à la même vente, son tableau de V Amour et Psyché n'a atteint que 650 fr.
Page 364. — après les mots : de Lethière, de la la ligne 33, mettez : — En somme toute, si les œuvres de l'école de David ou de l'Empire, considérées sous le point de vue delà peinture historique, peuventdonner prise à la critique, il n'en reste pas moins établi que plusieurs de ces œuvres portent véritablement le cachet du génie, et que leur ensemble offre une supériorité de talent contre laquelle bien des tentatives, rivales ou opposées, sont déjà venues échouer.
Page 368. — Après les mots : s'y maintenir, de la ligne 18, mettez: — Cependant nous avons vu, en 1857, un de ses tableaux, le Brigand blessé, qui avait fait partie de la collection de la duchesse de Berry, être adjugé à 4, iOO francs, et plus récemment, 1863, vente Demidorr, une simple Sèpia monter à 3,220 fr. M. Benoît Fould a un Retour des champs, qu'on croit pouvoir estimer 10,000 francs.
Le musée de Nantes a de lui quatre tableaux, parmi lesquels on remarque surtout les Baigneuses de VIsola di Sora, et les Petits Pêcheurs de grenouilles des Marais- Pontins.
M. Feuillet de Couches a publié une intéressante biographie de cet artiste, mort si jeune et d'une manièi*e si tragique.
Page 369. — Après les mots : estimés à 1,200 francs, de la ligne 18, mettez : — On cite un nommé Lajoye, mort en 1835, comme un des ariis tes qui ont assez bien copié De Marne; mais son dessin est moins correct et sa couleur plus crue tire toujours sur le bleu et manque de transparence dans les demi-teiutes. On connaît de cet artiste beaucoup de fixés, c'est-à-dire de peintures sursoie et collées sur verre. Il avait une fille qui l'a beaucoup aidé dans ce genre.
Page 414. — Après les mots : eu pareille matière, de l'avant dernière ligne, mettez : — Si dans ces ventes après décès, on court la cliance d'avoir pour un vil prix un tableau de maître, dont la malpropreté ou le mauvais état masquait les qualités, on risque aussi de n'avoir qu'une mauvaise œuvre, dont un nettoyage met les défauts à nu ; et plus d'uiî marchand se voit obligé de salir le même tableau pour le remettre dans une vente et faire ainsi tomber sur un antre la faute qu'il n'a pas su éviter. Ces ventes, pour offrir des avantages ont donc aussi leurs dangers, et exigent de la part de l'acheteur une grande circonspection.
Page 415.— Après les mots : assez souvent, de la ligne 5, mettez : — Il fut un temps assez rapproché de nous où les marchands de tableaiix formaient une sorte de corporation dont le mot d'ordre était d'accaparer tous \e.i tableaux qui passaient dans les ventes/ et d'en rendre ainsi l'accès impossible ou difficile aux amateurs. Le tableau était-il vendu au-dessus de sa valeur, ils partageaient la perte ; était-il au contraire abandonné à un prix inférieur, ils en partageaient le bénéfice par une révision, c'est-à-dire par une surenchère se faisant entre eux.
L'amateur n'a guère plus à craindre aujourd'hui cette concurrence. Les marchands vivent un peu isolés, chacun achète généralement à ses risques et périls, et assume pour lui seul les chances de perte ou de bénéfice de son achat. L'amateur n'a donc à redouter qu'une chose, c'est que son concurrent ne soit lui-môme le
vendeur : c'est là, nous le répétons, un inconvénient à peu près inévitable, mais qui n'a rien d'illégal, auquel on est. par conséquent, obligé de se soumettre.
Page 416. ~ Après les mots : de s'en priver, de la ligne 9, mettez : — Quant aux ventes qui ont pu se faire dans des appartements de grande apparence, loués par des spéculateurs avec l'intention de faire croire que les tableaux formaient la collection de quelque grand amateur, aucun commissaire-priseur ne se prêterait aujourd'hui sciemment à une pareille combinaison. Quand une vente a lieu dans de pareilles conditions, on peut donc la croire sincère.
Page 443. — Après les mots : pour repeindre par dessus, de la ligne 23, mettez : — Mais il faut bien se garder de boucher ces trous, comme le font quelques restaurateurs, avec de la cire. Cette manière est plus expéditive, mais elle a cet inconvénient que si, par hasard, le tableau est exposé à un rayon de soleil, la cire se fondant coule et forme sous la couleur et le vernis une espèce de larme plus ou moins épaisse qui fait tache, et qu'on est obhgé d'enlever.
Nous ne terminerons pas sans blâmer la mauvaise habitude qu'on a de fixer les tableaux à leurs bordures au moyen de clous enfoncés dans l'épaisseur de la fêlure de celle-ci et rabattus à coups de marteau. Il est rare que le tableau ne porte pas des marques de cette pression forcée. Le mieux est de visser verticalement en haut et en bas deux ou plusieurs petits pitons dans l'épaisseur du châssis, quand le tableau est pemt sur toile, de manière qu'ils tombent à plat sur la bordure, et de les maintenir au moyen de pitons plus petits passés dans leur anneau et d'une longueur proportionnée à l'épaisseiu' de labordure.