LE DROIT INTERNATIONAL
les peuples modernes, une véritable barbarie ? Et, si le progrès de Thumanité n'est pas une pure illusion, est-il déraisonnable d'espérer que cet état de choses si révoltant finira par faire place à un autre, qui, sans détruire l'indépendance de chaque peuple, les unira tous par un lien juridique et fera régler leurs différends par un commun tribunal? N'est-ce pas, au contraire, le devoir de tous les amis de l'humanité de travailler à opérer celte transformation? Ce devoir n'exclut pas le patriotisme, car il ne s'agit pas de supprimer les nations, mais de les unir, et il peut parfaitement s'allier avec le courage et Théroïsme guerriers, aussi longtemps que ces vertus resteront nécessaires; mais il répond à une idée qui ne saurait être chimérique, car c'est la raison et l'humanité elles-mêmes qui nous la dictent. Cette idée n'est sans dx)ute pas près de se réaliser (la dernière guerre, qui a été le triomphe du droit de conquête, en a plus que jamais éloigné l'Europe) ; peut-être môme n'est-elle aussi qu'un idéal, qui, à ce titre, ne sera jamais entièrement réalisé ; mais, dans ce cas, il en faudrait dire ce que nous disions plus haut, et ce qui s'applique à tout véritable idéal : c'est un devoir, si Ton ne peut l'atteindre absolument, de travailler à s'en rapprocher toujours davantage (1).
(1) Pour le développement de ces idées, voyez les deux dernières leçons de mon cours La morale dans la démocratie ^ p. 218-258.
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