LE DROIT INTERNATIONAL. LA OUERRE ET LA PAIX
Si dans chaque peuple l'union n'est pas aussi complète que possible entre les citoyens, si même parfois leurs discordances politiques ou sociales éclatent en guerre civile, leur état ordinaire n'en est pas moins un état légal, juridique, où leurs rapports sont réglés par des lois, leurs différends jugés par des tribunaux. Il n*en est malheureusement pas ainsi des relations des peuples. Il n'existe pas encore entre eux un droit analogue à celui qui règne en chacun d'eux: un droit interna^ tional; ce n'est pas le droit, mais la forôe qui est appelée à décider leurs difféî'ends ; leur état réciproque est toujours l'état de guerre, c'est-à-dire la barbarie. Quoi de plus désastreux, môme pendant ces trêves qu'on appelle la paix, que ce régime qui les condamne à entretenir des armées formidables ? quoi de pi us désastreux à la fois et de plus odieux que ces luttes acharnées, qui détruisent ou mutilent tant de jeunes hommes, promènent l'incendie et le ravage dans les villages et les villes, font couler tant de larmes avec tant de sang, tout cela pour aboutira un traité qui, quelque avantageux qu'il paraisse pour le vainqueur, ne lui est pas d'ordinaire moins funeste qu'au vaincu? N'est-ce pas là, malgré le beau nom de civilisation dont se parent