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L’auxanomètre enregistreur

L’auxanomètre est un appareil qui sert à la mesure de l’accroissement des plantes. C’est Sachs (1) qui l’a construit le premier d’une façon complète. Wiesner (2) en a quelque peu modifié le mécanisme. Comme j’ai à ma disposition l’auxanomètre de Wiesner, que l’on peut se procurer pour le prix de 75 marcs environ chez tout mécanicien adroit, j’en donnerai le dessin et la description.

Un pied massif de fonte (fig. 95) porte sur une colonne verticale d’acier (S’) une tige de laiton horizontale (m) , fixée au moyen d’une vis (s). A celte tige est attachée, à l’aide d’une pièce métallique en forme de fourche (d), une petite poulie (r) de caoutchouc durci, calée à une poulie plus grande (K) également en caoutchouc durci. Les deux poulies sont concentriques sur le même axe d’acier tournant dans un support convenable. Chacune des poulies possède une gout-

(1) Voy. Sachs, Arbeiten des botan. Instituts in Würzburg, vol. 1, p. 1 12.

(2) Voy. Wiesner, Flora , 1876, p. 467.

QUATRIÈME DIVISION

tière à sa périphérie pour recevoir le fil. Une des extrémités du fil placé dans la gorge de la petite poulie est attachée à la plante dont on veut déterminer l’allongement (à mon grand regret, la fig. 95 ne représente pas exactement le mode d’attache du fil à la plante) ; l’autre extrémité porte un pelit poids (g) servant à tendre le fil. Le fil de la grande poulie est tendu à un bout par le poids g et à l’autre, par le poids indicateur Z. Celui-ci, fabriqué en caoutchouc durci, possède une glissière verticale spéciale. Elle consiste en deux baguettes

métalliques (a et a!) placées bien verticalement et soigneusement polies, fixées à des pièces prismatiques L et U de caoutchouc durci. Le poids indicateur, percé en quatre endroits pour livrer passage aux baguettes métalliques constituant la glissière, porte encore le stylet 5 qui doit servir d’indicateur. Le cylindre enregistreur C, de 8 centimètres environ de diamètre et 30 centimètres de hauteur, assujetti excentriquement sur le cadran à heures d’un mouvement d’horlogerie W, fait un tour par heure. Le rayon de la petite poulie mesure, par exemple, 1,5 cm., et celui de la grande, 12. Gomme la grande poulie pendant l’allongement de la plante, se meut proportionnellement à l'accroissement de la plante, on voit que l’auxanomètre agrandira 8 fois. La

pièce g' doit avoir exactement îe même poids que l’indicateur Z, mais le poids g ne doit exercer sur la plante que la traction la plus minime possible.

11 est facile d’ajuster le fil (fil de soie) sur la plante; pour cela, on fait un anneau à un des bouts et on passe l’autre bout dans cet anneau. Ce nœud coulant viendra serrer la partie supérieure d’un entrenœud, immédiatement sous la base d’une feuille. Si on effectue les observations à la lumière, on placera un miroir verticalement derrière la plante, et parallèlement à la fenêtre, pour éviter des flexions héliotropiques gênantes. Ces expériences doivent être effectuées aussi dans une pièce dont les variations de température sont les plus petites possible. 11 faut évidemment toujours noter la température. La terre où les plantes sont enracinées doit être arrosée longtemps avant l’expérience, et, pendant le cours de celle-ci, on veillera à ce qu’elle ne se dessèche point. Dans le travail que nous avons cité, Sachs a fait connaître les causes d’erreur et le moyen de les éviter.

Avant d’être employé, le cylindre de l’auxanomètre est recouvert de papier. Pour cela, on étend sur une table une feuille de papier de grandeur suffisante, que l’on mouille régulièrement au moyen d’une éponge légèrement imbibée ; puis on enduit les deux bords longitudinaux d’une solution de gomme et on roule le cylindre sur le papier. Lorsque le papier est sec, on promène le cylindre de long en large dans une large flamme de thérébentine, afin que le papier soit régulièrement recouvert de noir de fumée. Pendant que l’auxanomètre fonctionne, l’indicateur z, mis en mouvement par l’allongement de la plante, vient toutes les heures pendant quelque temps en contact avec le cylindre animé d’un mouvement de rotation, et enlève le noir de fumée de la surface du cylindre aux points de rencontre. 11 suffira de mesurer avec une règle graduée les écartements des lignes formées, pour obtenir une série de valeurs proportionnelles aux accroissements de la plante examinée.

L’appareil qui vient d’être décrit et figuré est conforme en principe à celui qui a été décrit et figuré par Wiesner. Il n’en diffère que par quelques points. Les plantes de Dahlia en pots et les germinations de Phaseolus cultivées en pots sont d’un emploi commode pour les expériences à l’aide de Pauxanomètre. J’ai surtout employé ces dernières germinations, pour montrer le mode d’emploi de l’appareil dans un cours de physiologie végétale (1).

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