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Expériences sur le Sacharomyces cerevisiae

Une petite quantité de levure sèche déposée dans une goutte d’eau sur le porte-objet et recouverte d’une lamelle, montre au microscope, à côté des cellules sphériques du ferment, une grande quantité de grains d’amidon qui souillent la levure. Le protoplasme de ces cellules se colore en brun par l’iode. Une solution aqueuse d’hydrate de potassium dissout le contenu des cellules, de sorte qu’il ne reste plus que les membranes cellulaires. Lorsqu’on fournit, à une petite quantité de levure, des liquides dont l’action nutritive est énergique, on remarque à l’examen microscopique la formation, par bourgeonnement, de cellules-filles qui, accolées d’abord aux cellules-mères, s’en détachent plus tard.

On se procure deux vases en verre pouvant contenir environ 150 c. c. de liquide. Dans le vase a, on verse 100 c. c. d’un liquide constitué par 85 p. d’eau, 15 p. de glucose, 0, 2 p. de KH2 PO4, 0,02 p. de Ca3 (PO4)2, 0,02 p. de Mg SO4 et 1 p. de nitrate d’ammonium. Le vase b reçoit 100 c. c. d’un liquide constitué de la même manière que le précédent, mais ne renfermant pas de sucre. Une petite quantité de levure sèche lavée est mise dans de l’eau. On agite le mélange, puis on le laisse reposer. On donne alors aux solutions a et b, 2 c. c. du liquide laiteux qui surmonte le dépôt. Les solutions sont placées dans un thermostat dont la température est de 25-30° C. Une nutrition assez active se produit dans le vase a et le liquide devient trouble par suite du développement considérable de la levure. La solution du vase b demeure claire parce qu’il lui manque du sucre, substance qui constitue une source de carbone pour le champignon, ce qui empêche son développement (1). Si, longtemps après, on filtre le liquide du vase a et

(4) Voy. A. Mayer, Lehrbuch der Gährungschemie, 4874, p. 407 et Untersuchungen über die alkoholische Gährung.

LES ALIMENTS DES PLANTES

qu’on recueille le précipité sur un filtre sec et taré, on pourra peser la quantité de levure formée. En déterminant la teneur en sucre du liquide contenu dans le vase a , avant l’addition de levure et après que la nutrition s’est longtemps effectuée (voy. la méthode à employer dans la troisième division), on observe qu’une grande quantitée de sucre a été absorbée pour permettre à l’organisme de vivr. Ce sucre est employé d’abord pour la production d’acide carbonique et d’alcool, ensuite pour la croissance du champignon.

On prépare une solution qui se compose de 85 p. d’eau, 15 p. de glucose, 0, 2 p. de KH2 PO4, 0,02 p. de Ca3 (PO4)2, 0,02 p. de MgSO4 et 1 p. de pepsine (sol. a). La solution b sera à peu près analogue à la précédente, mais le glucose sera remplacé par du sucre candi. Dès que les liquides auront été additionnés d’une grande quantité de levure et exposés à une chaleur de 25-30° C., on observera une nutrition énergique. Le sucre candi est interverti par la levure, et les matières nutritives qui en proviennent sont rapidement décomposées en alcool, acide carbonique, etc.

Deux solutions préparées de la manière qui vient d’être indiquée reçoivent une petite quantité de levure et sont tenues : l’une, froide (à 10 ou 15° C) ; l’autre, chaude (à 25 ou 30° C). Dans la première, on ne constate qu’un léger accroissement et qu’une faible multiplication. Dans la seconde, la nutrition sera dès le début très active et la multiplication, très rapide. On pourra aussi, par des expériences instituées en conséquence, montrer que la multiplication de la levure dans les solutions contenant du sucre, se fait tout aussi bien à la lumière qu’à l’obscurité.

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