‹ Manuel technique de physiologie végétaleChapitre 26 sur 147 · Les bactéries · texte numérisé non relu

Les bactéries

Nous préparons une certaine quantité de la solution nutritive de Pasteur (par le procédé indiqué dans le g 17) et nous en emplissons deux ballons à demi. Les vases dans lesquels on prépare cette solution seront tenus très propres. Un ballon reste ouvert, l’autre est fermé au moyen d’un bouchon en liège percé d’un orifice. Ce bouchon a été plongé au préalable dans l’eau bouillante. La branche la plus courte d’un tube en verre courbé à angle droit est introduite dans l’ouverture du bouchon , la plus longue est étirée en pointe. Le liquide des deux ballons sera porté à l’ébullition, et, après quelque temps, le tube sera rapidement fermé à la lampe. Les deux ballons seront alors laissés en repos. Dans le vase ouvert, la solution nutritive de Pasteur devient bientôt trouble, par suite du développement de bactéries et de divers autres organismes dont les germes ont été apportés par l’air dans la solution. Le liquide du vase fermé, au contraire, reste clair. Il ne peut pénétrer de germes dans cette solution maintenue à l’abri de l’air, et ceux qui s’y trouvaient d’abord ont été tués par l’ébullition du liquide.

PREMIÈRE DIVISION

Une certaine quantité d’extrait de malt (produit en traitant du malt en poudre par de l’eau et en filtrant la solution) devient trouble au bout de quelques jours. L’examen microscopique, qui se fait de la manière indiquée plus loin, montre qu’il existe une quantité innombrable de bactéries dans le liquide. A une basse température (environ 15° C.), c’est le Bacterium aceti qui semble surtout surgir dans l’extrait de malt; à une température supérieure (environ 50° G.), et on peut aisément y amener le liquide en se servant d’un thermostat, c’est le Bacterium acidi lactici. D’après Delbrück (1), on obtient d’une manière certaine le microbe de l’acide lactique à l’état pur, en versant

Fig. 24. — Bacillus subtilis. A, fragment de la zooglea; B, bâtonnets mobiles; C, formation de spores (d’après Strasburger). Gros. : A 500, C 800, B. 1000.

1000 gr. d’eau sur 200 gr. de malt sec et en plaçant pendant quelque temps le mélange, sans le filtrer, dans un thermostat chauffé à 50° G.

Le microbe du foin, Bacillus subtilis , est excessivement répandu dans la nature. Pour l’obtenir, on plonge du foin dans aussi peu d’eau que possible. Après avoir laissé reposer ce mélange pendant 4 heures à 36° C., sansle filtrer, on le dilue jusqu’à ce qu’il ait 1 .004 pourpoidsspécifique. Si l’infusion est trop acide, on la neutralise avec du carbonate de soude. On la porte ensuite dans un ballon d’une capacité de 800 c. c. dont le col est bouché avec de l’ouate, puis on fait bouillir. Le liquide doit mijoter alors pendant une heure avec un faible dégagement de vapeur. Puis, on le laisse reposer dans un thermostat chauffé à 36° C. Au bout d’un jour ou deux, il se forme sur l’infusion une pellicule verdâtre qui constitue la zooglea du bacille du foin. Les spores de cet organisme ont seules pu supporter la température d’ébullition de l’eau; les autres bactéries qui se trouvaient dans l’infusion, ont été détruites. On obtient donc de cette façon une culture pure du microbe du foin. La pellicule

(1) Voy. le travail de Zopf in Handbuch cl. Botanik de Schenk, vol. 3, p. 6o. Le microbe de l’acide lactique se présente, comme celui du vinaigre, sous les formes coccus, bacter et bacil. De nombreuses figures concernant les bactéries accompagnent le travail de Zopf.

LES ALIMENTS DES PLANTES

qui recouvrait l’infusion consiste en un mucilage dans lequel se trouvent de nombreuses baguettes disposées parallèlement les unes aux autres et formées par des bâtonnets (voy. fig. 21). On colorera ces derniers pour les faire nettement ressortir. C’est là une opération dont on fait un fréquent usage en bactériologie. Une petite quantité du liquide bactérifère est déposée sur une lamelle et soumise pendant quelque temps à la dessiccation à l’air. Cette lamelle est ensuite passée plusieurs fois rapidement dans une flamme à alcool, en ayant soin de tourner la face couverte de bactéries vers le haut. La lamelle reçoit alors une goutte d’une solution aqueuse de violet de méthyle ou de fuchsine (le mieux est de préparer cette solution en versant de l’eau distillée sur une petite quantité de la solution alcoolique de ces matières colorantes). On la laisse sécher à l’air, on la fait passer de nouveau dans la flamme à alcool, puis on l’examine à un fort grossissement après l’avoir recouverte de quelques gouttes d’essence de thérébentine (1).

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