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L’absorption de l eau du sol par les racines

Les diverses particules d’un sol plus ou moins humide possèdent

(1) Voy. A. Mayer, Lehrbuch der Agricultur chemie, 3e édit., 2e div. p. 140, Detmer Lehrbuch d. Bodenkunde, 1876, p. 277, et E. Wolff, Anleitung zur Untersuchung bodenwirthschaftl. wichtiger Stoffe, 1875, p. 64. On trouvera encore d’autres données bibliographiques dans ces ouvrages.

(2) Voy. les travaux cités dans le § 66.

DEUXIÈME DIVISION

une enveloppe aqueuse. Si on se représente cette dernière comme partagée en couches concentriques, il est clair que les molécules d’eau contiguës aux particules du sol seront plus énergiquement retenues que celles qui se trouvent plus près de la périphérie. En fait, c’est là ce qui se passe , comme nous le prouve l’expérience qui va suivre. Nous cultivons un haricot dans un pot à fleurs. La plante croit dans une bonne terre de jardin, et lorsque ses premières feuilles ont atteint une grandeur considérable, le pot est placé à l’abri des rayons solaires directs et dans un endroit où la transpiration est minime. Nous ne fournirons plus d’eau à la plante, de sorte qu’elle se flétrira lentement. Lorsque le flétrissement sera très avancé, nous prélèverons quelques gr. de terre aux points où les racines sont nombreuses, et nous déterminerons exactement, par dessiccation à 100° G., la quantité d’eau que cette terre contient. J’ai trouvé dans certaines expériences, qui n’étaient pas effectuées, il est vrai, sur un Phaseolus, mais sur un Cucurbita, que la terre de jardin employée renfermait encore 15 % d’eau après le flétrissement des plantes. On voit donc par là qu’une partie de l’eau du sol est fortement adhérente aux particules de terre. Dans les circonstances indiquées , le flétrissement des plantes résulte précisément de ce que les racines ne peuvent point absorber, assez rapidement et en quantité suffisante, l’eau ainsi retenue pour réparer les pertes dues à la transpiration (1).

On prélèvera ensuite dans le pot à fleurs, de petites quantités de terre, pesant quelques grammes, lorsque les plantes seront fortement flétries, et on placera cette terre dans un endroit renfermant beaucoup de vapeur d’eau, mais sans qu’il y ait dépôt de rosée, pour l’examiner dans ces conditions. Il conviendra de placer cette terre , après l’avoir pesée, sous une caisse dans de petits vases à côté d’un psycliro mètre et d’un bocal contenant de l’eau. L’air delà caisse sera évidemment très humide, et le niveau du mercure dans le thermomètre sec du psychromètre ne sera que légèrement plus élevé que dans le thermomètre mouillé. Malgré cette quantité considérable d’eau dans l’air qui contient les échantillons de terre, non seulement ceux-ci n’en gagnent point par condensation, mais on remarque, au contraire, qu’ils en perdent par évaporation. Nous avons vu dans le § 66, que la terre absolument sèche peut condenser la vapeur d’eau, mais cette propriété du sol n’a point d’importance pour la végétation en général, car la plupart des plantes peuvent se flétrir, nos expériences l’ont montré , lorsque le sol contient cependant encore assez d’eau pour empêcher la condensation de la vapeur d’eau, même dans les conditions les plus favorables.

(1) Voy. Detmer, in Forschungen auf dem Gebiete der Agricultur physik de Wollny, vol. 1, et Journal f. Landwirtschaft, 27 e année. On y trouvera la bibliographie et d’autres faits se rapportant à l’absorption d’eau par les racines.

LES FORCES MOLÉCULAIRES DES PLANTES

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