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La vitesse de la circulation de l’eau dans la plante

On a souvent cherché à se rendre compte de la vitesse avec laquelle l’eau se meut dans les plantes, en plongeant les matériaux d’étude par leur base dans des solutions de substances colorantes, et en déterminant la hauteur à laquelle la substance colorante parvenait dans les organes de la plante au bout d’un temps déterminé. Cette méthode ne peut cependant conduire à des résultats positifs. Dans la plante, il se produit, notamment, une décomposition de la solution de matière

(1) Tu. Hartig, Botan. Zeitung , 1863, et surtout Sachs, Arbeiten d. botan. Instituts in Würzburg , vol. 2, p. 296.

(2) Pour ce qui concerne l’existence générale de la poussée des racines dans le règne végétal, voy. : Scheit, Jenaische Zeitschrift f. Naturwissenschaft , nouvelle série, vol. 12, p. 706.

LES FORCES 310LÉCULAIRES DES PLANTES

colorante absorbée. La matière colorante sera retenue par certains éléments histologiques (surtout par les cellules lignifiées), tandis que l’eau va continuer à avancer. Il est facile de s’assurer de cette décomposition des solutions de matières colorantes, en plongeant, dans une solution aqueuse étendue de violet de méthylaniline, la partie inférieure d’une bande de papier à filtrer fixée par sa partie supérieure. Au bout de quelques heures, la matière colorante se sera élevée dans le papier jusqu’à une certaine hauteur ; au delà de la limite à laquelle elle est parvenue, le papier se montre humide. Il en résulte que l’eau s’est élevée plus haut que la matière colorante.

Lorsqu’on plonge une bande de papier à filtrer par sa partie inférieure dans une solution à 2 ^ environ de nitrate de lithium, on s’aperçoit aisément que le sel de lithium s’est élevé jusqu’à la même hauteur que l’eau. Si on coupe, par exemple, la bande transversale de papier encore humide située le plus haut, et qu’on la porte dans la flamme à gaz d’un bec de Bunsen, il sera facile de constater par voie spectroscopique la présence du lithium (apparition dans le spectre de la ligne rouge bien connue du lithium). La solution de nitrate de lithium a été fréquemment employée par Sachs (1) pour déterminer la rapidité du mouvement de beau dans la plante, et nous effectuerons aussi nos expériences de la même façon que Sachs.

Il est nécessaire, pour des raisons faciles à concevoir, de faire les expériences, non sur des organes végétaux détachés, mais sur des plantes enracinées absolument intactes. Nous pourrons, par exemple, effectuer nos expériences sur des saules. On cueillera, au printemps, des rameaux de l’année précédente que l’on plongera par la base dans des solutions de matières nutritives, et que l’on n’examinera qu’au bout de quelques semaines alors que les rameaux auront développé de nombreuses racines ainsi qibun grand nombre de feuilles. On pourrait cependant aussi employer des plantes de maïs qui se sont développées à l’aide de la méthode de la culture dans l’eau ou des exemplaires de JSicotiana, de Cucurbita , d ’Hélianthus, etc., obtenus dans des pots contenant une bonne terre de jardin. Les plantes devront être robustes et pourvues de nombreuses feuilles. Avant de commencer les expériences, on place les plantes pendant un jour ou deux devant une fenêtre tournée vers le sud, de manière à les exposer aux rayons du soleil et à une haute température. La terre des pots, pendant ce temps, ne sera pas arrosée. Immédiatement avant le début de l’expérience sur l’absorption de la solution de lithium par les plantes, celles-ci, si elles sont restées jusqu’ici plongées dans une solution nutritive, en seront retirées pour être mises dans une dissolution à 2 % de nitrate de lithium. Si on travaille, au contraire, sur des plantes enracinées dans la terre, on mouillera fortement la terre des pots avec une solution de lithium à 2 %. Les

(1) Voy. Sahcs, Arbeiten d. Botan. Instituts in Würzburg , vol. 2, p. 148.

DEUXIÈME DIVISION

matériaux d’étude resteront placés dans des conditions très favorables pour la transpiration. Au bout de quelques heures, on coupera les tiges des plantes au niveau du sol, on les réduira de haut en bas en petits morceaux, et on découpera les feuilles. Il est nécessaire que ces opérations soient effectuées proprement, afin que le couteau ne transporte pas dans une autre partie de la plante Je lithium qui pourrait se trouver dans une certaine partie. Pour relever la présence de lithium, de minces morceaux de tige des matériaux d’études découpés ou de petits fragments de feuilles seront pris à l’aide d’une petite pince et maintenus dans la flamme à gaz vers laquelle on a dirigé le spectroscope. De grandes quantités de lithium s’aperçoivent immédiatement; de petites ne se voient que lorsque la cendre est incandescente. Pour ne point obtenir de chiffres trop élevés pour les hauteurs, d’ascension du sel de lithium (et par conséquent aussi de l’eau), on ne considérera que la distance qui sépare le collet de la racine du morceau de tige ou de feuille, montrant la présence de lithium situé le plus haut. Il est parfois bon aussi pour y relever la présence de lithium d’enlever un simple fragment de feuille aux plantes, sans les décapiter, au bout d’un temps déterminé d’expérimentation. Un fait digne de remarque et de l’exactitude duquel je me suis souvent assuré, en vérifiant la méthode de Sachs pour la détermination de la rapidité du mouvement de l’eau dans les plantes, c’est que l’on peut quelquefois constaterdans les feuilles des matériaux d’étude la présencede quantités considérables de lithium, alors qu’il n’en est pas de même pour les fragments de tige placés plus bas. Il est notoire que le sel de lithium se trouve souvent en plus grande quantité dans les tissus foliaires que dans les diverses parties de la tige. Sachs a obtenu les données qui vont suivre, concernant les hauteurs auxquelles parviennent l’eau et le sel de lithium dans les plantes.

Hauteur atteinte au bout d’une heure.

Salix fragilis 85 centimètres.

Zeci May s 36 »

Nicotiana Tabacum 118 »

Cucurbita Pepo 63 »

Helianthus annuus 63 »

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