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Les phénomènes de corrosion

Les racines ne sont pas seulement en état de pourvoir les plantes d’aliments en absorbant des solutions nutritives toutes préparées,

mais elles peuvent encore soustraire aux éléments compacts du soi des substances absorbées ou combinées.

Les cellules absorbantes des racines, surtout les poils radicaux , sécrètent toujours comme nous le verrons dans le g 90, certaines substances qui pourront dissoudre les particules du sol , lorsqu’elles se trouveront dans les membranes des poils radicaux imbibées d’eau et exactement appliquées contre les particules du sol. De cette façon, les éléments du sol subiront, des corrosions, et les substances dissoutes par l’action même des racines pénétreront dans la plante.

Pour constater que les racines peuvent produire des corrosions, nous effectuerons l’expérience qui va suivre. Un petit pot à fleurs sera à demi rempli de sable humide. Nous placerons sur le sable une lame de marbre dont la surface a été polie avec soin. La lame de marbre, qui me servait dans cette expérience et dont les corrosions, à la suite de l’expérience, sont représentées par la fig. 72, possédait 45 millimètres de diamètre et 7 millimètres d’épaisseur. Le pot à fleurs sera ensuite complètement rempli de sable humide et recevra une graine gonflée de Phaseolus. La germination ne tardera pas à s’effectuer. Les racines de la plantule pénétreront dans le sable et se dirigeront vers le bas, mais au bout de quelque temps elles rencon-

(1) Voy. W. Wolf, Versuchsstationen, vol. 6 et 7.

Fig. “2. — Lame de marbre dont la surface a été corrodée par les racines d’un Phaseolus.

LES FORCES MOLÉCULAIRES DES PLANTES

treront la lame de marbre. Elles ramperont alors sur celle-ci pour se diriger de nouveau plus ou moins verticalement dans le sable lorsqu’elles auront atteint le bord de la lame. Si on interrompt l’expérience, qu’on retire la lame de marbre du sable humide, qu’on la lave avec de l’eau et qu’on l’essuie enfin avec un linge mou, on remarquera à sa surface une fidèle copie des parties de la racine qui étaient appliquées sur elle. La polissure est enlevée aux points de contact du marbre et des racines. J’ai obtenu, comme on le voit par la fig. 72, des traces de corrosion assez larges, phénomène qui était dû évidemment à l’action corrosive des poils radicaux dirigés latéralement. La racine principale, dont la croissance s’effectue vers le bas, a rencontré la lame de marbre en a, puis elle a pris la direction indiquée par un large trait sur la figure ; les autres traces de corrosion ont été produites par les racines latérales. Remarquons encore qu’il est bon de ne point laisser végéter trop longtemps les haricots dont les racines exercent une action corrosive (mais seulement 10 à 14 jours environ). Lorsque les expériences sont de trop longue durée, un grand nombre de racines viennent en contact avec la lame de marbre, de sorte que les traces de corrosion de chacune des racines ne sont plus nettement accusées (i).

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