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Causes des phénomènes de corrosion

Les phénomènes de corrosion ne sont pas dûs uniquement au dégagement par les racines, étroitement appliquées sur des masses pierreuses ou des particules du sol, de certaines substances capables d’attaquer ces substances minérales. Il y a lieu, naturellement, de songer avant tout à l’acide carbonique formé dans les cellules des racines par le phénomène de la respiration. De plus, les acides organiques et même l’acide chlorhydrique doivent être considérés comme des substances intervenant aussi dans la production de corrosions. Lorsque les membranes cellulaires des cellules des racines sont imbibées de solutions étendues de ces substances, l’action des racines sur les éléments pierreux ou terreux ne tarde pas à se produire, comme le démontre clairement l’expérience que nous allons effectuer (2).

Nous construirons l’appareil que représente la fig. 73. Un large tube de verre, fermé à sa partie supérieure par un morceau de vessie de porc, est complètement rempli d’une solution étendue d’acide chlorhydrique. Nous bouchons à l’aide du pouce l’extrémité inférieure du tube

(1) Les phénomènes de corrosion ont été étudiés pour la première fois d’une façon détaillée par Sachs dans son Handbuch der Experimentalphysiologie der Pflanzen , 1865,

(2) Gette expérience a été faite pour la première fois par Zöller, sur le conseil de Liebig.

DEUXIÈME DIVISION

de verre, et nous introduisons cette extrémité du tube dans un petit vase en verre G contenant une solution étendue d’acide chlorhydrique. Ce dernier est fermé au moyen d’un bouchon percé d’une ouverture. Dans notre appareil, le liquide représente le contenu de la cellule; la vessie de porc, la membrane des cellules des racines. Si nous plaçons un petit morceau de marbre M sur la vessie de porc imbibée de la solution étendue d’acide chlorhydrique, nous remarquerons aussitôt que le marbre est en partie dissous et que la solution de chlorure de calcium formée passe par diffusion dans l’acide chlorhydrique. Nous pourrons facilement relever la présence de calcium dans le liquide au moyen d’oxalate d’ammonium. Les solutions qui se trouvent dans les cellules des racines et imbibent leurs parois attaquent de la même façon les éléments pierreux et terreux; il se produit ainsi des corrosions, et les substances dissoutes sont attirées par la plante.

Je crois pouvoir conclure des expériences qui vont suivre, effectuées récemment par moi, et qui devraient pouvoir être étendues pour résoudre la question d’une façon certaine, que ce n’est point seulement l’acide carbonique et les acides organiques, mais encore l’acide chlorhydrique, qui jouent un rôle dans la production des phénomènes de corrosion. Nous cultivons des plantes de maïs, à l’aide de la méthode de culture dans l’eau (voyez g 1), dans un liquide qui, sur 1,000 gr. d’eau, contient 1 gr. de sulfate de potassium, 1/4 gr. de chlorure de potassium, 1/4 gr. de sulfate de magnésium, 1/4 gr. de phosphate acide de potassium et une légère quantité de chlorure de fer. Il n’est point nécessaire de faire usage de grands vases de culture; il suffit qu’ils puissent contenir 250 c. c. de liquide. Lorsque les plantes de maïs ont développé leur quatrième feuille dans les solutions nutritives non azotées , elles sont fort avides d’azote. Deux plantes de maïs seront alors retirées de la solution et placées dans deux vases, dont l’un (a) contient de l’eau, et l’autre (b), une solution à 0,1 % de chlorure d’ammonium. Un troisième vase (c), sans plante, recevra aussi une solution de chlorure d’ammonium. Une plante (d) sera laissée dans la solution nutritive non azotée, une autre plante (c) continuera de même à séjourner dans la solution nutritive primitive, mais après qu’on y aura ajouté du chlorure d’ammonium (0,1 gr. sur 100 c. c. d’eau). Après 8 jours environ, des bandes de papier de tournesol seront placées, pendant 30 minutes, en contact avec les liquides de b et e 7 d’autres, pendant 15 secondes, avec ceux de aetd, et ensuite 15 secondes aussi avec celui de c. Les premières bandes de papier bleu de tournesol auront pris une coloration rouge beaucoup plus intense que les dernières; ce fait ne peut être expliqué qu’en admettant que le chlorure d’ammonium a été décomposé par la plante avec mise en liberté d’acide chlorhydrique. Le chlorure d’ammonium qui a pénétré dans les tissus des plantes vient rencontrer des acides organiques dans les cellules. Ces acides décomposent le chlorure et, comme l’acide chlo-

LES FORCES MOLÉCULAIRES DES PLANTES

rhydrique ne trouve pas d’emploi dans les plantes, il se produira un dégagement d’acide chlorhydrique dans la solution nutritive : ce qui augmentera son acidité.

L’expérience que nous allons effectuer permettra de constater que les acides organiques peuvent aussi décomposer les chlorures en dehors des plantes et régénérer de l’acide chlorhydrique.

Nous prenons deux vases cylindriques contenant 500 c. c. d’eau distillée. L’un (a) recevra 3 gr. d’acide oxalique; l’autre (6), outre les 3 gr. d’acide oxalique, 0,4 gr. de Na Cl. Puis nous suspendrons une lame de marbre dans les deux vases, de la façon qui a été indiquée dans le g 23. Le liquide en a restera clair, parce que la lame de marbre a été rapidement entourée par une croûte d’oxalate de calcium qui met obstacle à l’action ultérieure de l’acide oxalique. Le liquide en b montrera bientôt, au contraire, un trouble considérable qui ne peut admettre d’autre explication que celle que nous allons donner. L’acide oxalique décompose le chlorure de sodium. L’acide chlorhydrique mis en liberté réagit à son tour avec le marbre. Il se forme du chlorure de calcium qui réagit alors avec l’acide oxalique. L’oxalate de calcium produit se dépose immédiatement en grande quantité et provoque le trouble du liquide.

Il résulte de mes recherches que l’on peut aussi démontrer d’une autre façon que les acides organiques peuvent décomposer les chlorures (1). On prépare six liquides d’expérimentation : a, 15 c. c. d’eau distillée; b, 15 c. c. d’eau avec 0,020 gr. d’acide citrique; c, 15 c. c. d’eau avec 0,7 gr. de chlorure de potassium; d, 15 c. c. d’eau avec 0,7 gr. de chlorure de sodium; e , 15 c. c. d’eau avec 0,020 gr. d’acide citrique et 0,7 gr. de chlorure de potassium; f , 15 c. c. d’eau avec 0,020 gr. d’acide citrique et 0,7 gr. de chlorure de sodium. Les liquides sont laissés en repos pendant 24 heures environ et additionnés alors de quelques gouttes d’une solution aqueuse très étendue de violet de méthylaniline. Les liquides a, b , c et d prendront à peu près la même teinte violette; les liquides e et f montreront au contraire une coloration bleue très nette. Cette réaction indique la présence d’acide chlorhydrique libre, car tandis que des solutions très étendues d’acide citrique modi-

(1) Yoy. Dëtmer, Botan. Zeitung , 1884, n° 50.

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fient à peine la couleur du violet de métliylaniline, cette matière colorante prend, au contraire, une couleur bleue sous Faction d’une solution très étendue d’acide chlorhydrique.

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