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IL LA RESPIRATION DES PLANTES

100. Expériences fournissant des notions générales sur la respiration

des plantes.

Nous allons d’abord faire complètement abstraction de la détermination quantitative des corps formés par le phénomène de la respiration. Nous aurons simplement pour but, ici, de nous rendre compte des diverses formes de la respiration.

Dans nos premières expériences, nous faisons usage de l’appareil que représente la figure 13, g 14, et qui nous a déjà servi pour l’étude des échanges gazeux effectués pendant le phénomène de l’assimilation. Nous portons 3 grammes environ de grains de froment gonflés dans la partie supérieure, élargie, d’un eudiomètre ; puis nous introduisons dans l’appareil une petite quantité de laine de verre, afin d’empêcher les graines de tomber, et nous plongeons la partie inférieure du tube dans le mercure. Nous faisons alors passer dans le tube une petite quantité d’eau au-dessus du mercure, identiquement de la même façon que celle qui a été indiquée dans le g 13; nous élevons quelque peu le mercure et fermons l’appareil. Le niveau du mercure dans le tube n’aura pas subi de modification sensible au bout d’un jour ou deux, si la température est restée aussi constante que possible et si la pression atmosphérique n’a pas éprouvé de variations considérables. Les grains de froment germeront, et il sera facile de démontrer que cette manifestation vitale des matériaux d’étude est liée à la respiration. Lorsque les plantules auront séjourné pendant deux jours environ dans l’appareil, nous ferons monter un petit morceau de potasse caustique au-dessus du mercure. Cette substance se dissoudra naturellement dans l’eau qui surmonte le mercure, et on cons-

(1) Voy. Pfeffer, Botanische Zeitung , 1874, p. 249.

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tatera immédiatement une ascension du mercure dans le tube. L’alcali aura absorbé l’acide carbonique produit par la respiration des germinations. L’ascension du mercure devra nécessairement provenir de ce que les matériaux d’étude ont absorbé l’oxygène de l’air qui les entoure dans l’appareil, et l’ont employé à oxyder certains éléments constituants des cellules. On dit que les plantes entretiennent une respiration normale, lorsqu’elles absorbent de l’oxygène et dégagent de l’acide carbonique.

Nous laisserons ensuite gonfler 2 grammes de grains de froment et 2 grammes de semences de chanvre, puis nous placerons ces matériaux d’étude dans deux eudiomètres dont nous plongerons la partie inférieure, tubulée, dans du mercure. Après avoir fermé les appareils à leur partie supérieure, nous les placerons l’un à côté de l’autre et nous constaterons, après un jour ou deux, si la température est restée aussi uniforme que possible, que le niveau du liquide dans l’appareil contenant les germinations de froment n’aura pas éprouvé de variation sensible, et que le niveau du liquide s’est considérablement élevé dans le tube de l’autre appareil. Les germinations de froment n’entretiennent qu’une respiration normale; elles prennent de l’oxygène et expirent une quantité proportionnelle d’acide carbonique. Les germinations de chanvre produisent évidemment aussi de l’acide carbonique aux dépens de l’oxygène absorbé, cependant une quantité d’oxygène qui n’est point négligeable n’est pas employée chez elles à produire de l’acide carbonique, mais à transformer des matières organiques peu oxygénées (graisses) en d’autres, riches en oxygène (hydrates de carbone). Les germinations de chanvre — les plantules qui ont surtout des graisses à leur disposition, comme matières de réserve non azotées, se comportent en général d’une façon analogue — n’entretiennent, par conséquent, pas seulement une respiration normale, mais en outre une respiration d’une autre forme que j’ai appelée respiration de vinculation (absorption d’oxygène sans un dégagement proportionnel d’acide carbonique).

L’eudiomètre dans lequel nous avons introduit les graines de froment nous servira encore pour d’autres observations. Nous abandonnerons l’appareil pendant quelques jours sans l’ouvrir. Nous remarquerons que le liquide descend de plus en plus dans le tube, alors même que la température reste fort constante, et qu’il s’échappe au bout de quelque temps des bulles de gaz de l’appareil. Ce phénomène s’explique par une persistance de la respiration des germinations, après qu’elles ont employé l’oxygène du volume limité d’air dans lequel elles se trouvent. L’augmentation que l’on observera dans le volume de l’air prouve précisément qu’elles produisent encore de l’anydride carbonique, et la matière organique des cellules végétales ne proviendra pas seulement du carbone, mais encore de l’oxygène de cet acide carbonique. Nous avons donc affaire ici à une autre forme

encore de la respiration, à la respiration intérieure, qui se produit lorsque les organes végétaux se trouvent dans un espace vide d’oxygène.

Enfin, il sera nécessaire, dans les leçons de physiologie végétale, d’effectuer l’expérience que nous allons indiquer, pour démontrer que la respiration normale des plantes est liée à une expiration d’anhydride carbonique.

A l’aide d’un aspirateur, nous ferons passer de l’air sur une grande quantité de germinations, de fleurs ou d’autres matériaux d’étude placés dans un ballon. Ce dernier sera fermé au moyen d’un bouchon en caoutchouc percé de deux ouvertures. Une de ces ouvertures laissera pénétrer l’air dans le ballon; dans l’autre, on introduira le tube en verre destiné à la sortie de l’air. Avant d’entrer dans le ballon, l’air traversera un large tube de verre courbé en U, contenant des fragments de pierre -ponce mouillés d’une lessive de potasse, ainsi qu’un vase cylindrique en verre à demi rempli d’une eau de baryte limpide. L’air sera ainsi débarrassé de son anhydride carbonique, et l’eau de baryte aura pour objet de fournir la preuve que l’air est complètement dépourvu de son anhydride carbonique. Après avoir traversé le ballon, l’air passera dans un vase cylindrique de verre contenant aussi de l’eau de baryte claire. Cette dernière se troublera très rapidement, car elle absorbera l’acide carbonique produit par la respiration des plantes. Dans cette expérience, il suffira d’employer, comme aspirateur, un grand flacon rempli d’eau, dont le bouchon, percé de deux orifices, est traversé par deux tubes de verre. L’un de ces tubes débouchera immédiatement au-dessous du bouchon et sera relié au cylindre de verre contenant l’eau de baryte, qui sert à l’absorption de l’anhydride carbonique produit par les plantes. Une des branches de l’autre tube de verre atteindra le fond de l’aspirateur rempli d’eau. La seconde branche, légèrement plus grande que la première, sera étirée en pointe à son extrémité libre. Si on aspire, ce dernier tube de verre servira de siphon. L’eau s’écoulera de l’aspirateur d’une façon continue et tout l’appareil sera traversé par un courant d’air.

101. Méthode employée pour déterminer la quantité d’anhydride carbonique expirée par les plantes dans la respiration normale.

Pour déterminer, avec précision et dans des conditions rappelant le plus possible celles de la vie normale, les quantités d’acide carbonique dégagées par la respiration normale des plantes ou des organes végétaux, il conviendra de diriger sur les matériaux d’étude un courant d’air continu débarrassé de son anhydride carbonique, et d’établir le poids d’acide carbonique de l’air qui s’est trouvé en contact avec les plantes.

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Avant qu’il ne pénètre dans l’appareil, on débarrassera l’air de son acide carbonique en lui faisant d’abord traverser quelques tubes de verre remplis de morceaux de potasse solide ou de morceaux de pierre-

ponce mouillés à l’aide d’une lessive de potasse. Et afin que l’air soit de nouveau humide, on le dirigera ensuite à travers un llacon rempli de petits morceaux de pierre-ponce passés au feu et mouillés d’eau. On le fera alors entrer dans le milieu qui contient les matériaux d’étude, soit directement, soit après avoir d’abord traversé un vase renfermant une eau de baryte limpide; ce qui permettra de constater avec certitude que l’air ne possède plus d’acide carbonique. Il faudra naturellement s’attacher à obtenir une fermeture empêchant d’une façon absolue l’accès de l’air dans les tubes contenant la potasse, et il conviendra d’enduire les bouchons de cire à cacheter.

On remarquera, pour ce qui concerne le récipient dans lequel la respiration s’effectue, c’est-à-dire la partie de l’appareil dans laquelle se trouvent les plantes soumises à l’expérimentation, qu’on peut lui donner diverses dispositions.

Si les recherches sur la respiration doivent être de longue durée et si, par exemple, un courant d’air continu doit être dirigé pendant plusieurs jours sur les graines en germination, on fera usage de l’appareil que représente la fig. 16 et qui nous a servi lorsqu’il s’est agi de chercher l’importance de l’azote libre de l’air pour les plantes. Les graines, au préalable pesées, gonfleront dans un petit vase placé sous la cloche, puis elles germeront ensuite sous la cloche sur de la laine de verre mouillée. Elles seront alors déposées sur Je tulle ou sur tout autre corps recouvrant le vase de culture placé sous la cloche. Lorsque les expériences étaient de courte durée, c’est-à-dire lorsqu’il s’agissait d’expériences de quelques heures seulement, j’ai obtenu de bons résultats en employant l’appareil que représente la fig. 74. Le milieu respiratoire est représenté par Je ballon B, dont la capacité

Fig. 14. — Ballon (B) pour les recherches sur la respiration, suspendu dans le vase A servant de thermostat.

varie, suivant les cas, entre 200 et 600 c. c. Ce ballon est suspendu dans un grand vase A rempli d’eau et servant de thermostat. La figure montre comment on peut le suspendre, au moyen d’un couvercle muni d’une charnière a et d’une fermeture à crochet b. Le couvercle, en zinc, possède trois ouvertures. Celle du centre sert à recevoir le col du ballon. Dans les deux latérales pénètrent les extrémités d’un fil de fer plié destiné à repousser le ballon dans l’eau du thermostat. Pendant les expériences, on pourra, si c’est nécessaire, introduire dans le thermostat, par l’une des ouvertures latérales, des morceaux de glace ou des quantités suffisantes d’eau chaude ou d’eau froide pour que la température de l’eau reste constante. Dans l’autre ouverture latérale, on glissera un thermomètre T. Lorsque les

expériences doivent être effectuées dans l’obscurité, on place l’appareil sous un cylindre de carton sur lequel on applique des draps noirs. Le ballon B est fermé au moyen d’un bouchon en caoutchouc percé de trois orifices. L’un reçoit un thermomètre; l’air débarrassé d’acide carbonique pénètre par le second au moyen d’un tube en verre, et un tube en verre passant par le troisième conduit au dehors l’acide carbonique produit par les matériaux d’étude. On peut employer d’ailleurs cet appareil pour des expériences de longue durée sur la respiration (par exemple de plusieurs jours). Lorsqu’il s’agit de déterminer les quantités d’acide carbonique dégagées par les graines pendant leur évolution depuis le début de leur germination, on portera les matériaux d’étude, gonflés, dans le ballon, après avoir recouvert le fond de celui-ci avec de l’ouate humide, de la laine de verre mouillée ou plusieurs couches de papier à filtrer mouillées. On dirigera alors un courant d’air continu à travers l’appareil et on déterminera, à peu près toutes les 2i heures, la quantité d’acide carbonique produit.

Pour doser l’acide carbonique, il convient d’employer de l’eau de baryte dans des tubes à baryte de Pettenkofer (voy. fig. 75). L’air qui s’échappe du milieu dans lequel la respiration s’effectue pénètre en e dans le tube à baryte, traverse l’eau de baryte et sort du tube en a. Afin de prévenir toute perte d’acide carbonique, il est bon de faire usage de deux tubes à baryte. Le premier sera mis en communica-

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tion avec le second, au moyen d’un tube en caoutchouc fixé en a. L’eau de baryte se prépare en versant 5 litres d’eau distillée sur 105 gr. d’hydrate de baryum auxquels on a ajouté 15 gr. de chlorure de baryum. Le mélange, fréquemment agité, restera pendant 24 heures dans un vase fermé. Puis, on le laissera reposer jusqu’à ce qu’il y ait formation d’un dépôt, et on soutirera la solution claire pour la porter dans un fiacon de Wulf à deux tubulures supérieures et une tubulure inférieure. L’eau de baryte pourra s’écouler par cette dernière tubulure dans une burette, et l’air qu’elle déplacera dans la burette sera conduit, à l’aide d’un tuyau, de la partie supérieure de la burette à l’une des tubulures du flacon de Wulf. La seconde tubulure servira à faire pénétrer de l’air débarrassé de son anhydride carbonique par une lessive de potasse lorsqu’on laissera sortir l’eau de baryte de la burette. Les tubes à baryte seront remplis directement d’eau de baryte claire de la burette, et on emploiera, par exemple, pour chaque tube 100 c. c. de ce liquide. Lorsque les expériences sur la respiration auront une durée de plusieurs jours, le tube, dans lequel l’air pénètre immédiatement à sa sortie du milieu où la respiration s’effectue, sera remplacé, suivant les cas, toutes les 12 ou 24 heures, par un nouveau, fraîchement rempli. Quant au second, il ne sera enlevé et remplacé que lorsqu’il contiendra une forte quantité de carbonate de baryum. L’eau de baryte sera versée dans des vases convenables, fermés hermétiquement; puis laissée en repos jusqu’à ce que le carbonate de baryum se soit complètement déposé et que le liquide soit tout à fait limpide. Au moyen d’une pipette, on prélèvera 20 ou 30 c. c. de ce liquide clair qui serviront au titrage et on répétera cette opération avec 20 ou 30 c. c. de l’eau de baryte primitive. Dans un litre d’eau, on dissoudra 2,8636 gr. d’acide oxalique pur, exactement pesés. On laissera tomber d’une burette une quantité suffisante de cette solution d’acide oxalique dans l’eau de baryte, mélangée d’une légère quantité d’une solution d’acide rosolique, pour neutraliser le liquide. Gomme 1000 c. c. de la solution d’acide oxalique correspondent exactement à 1 gr. d’anhydride carbonique, 1,0 c. c. correspondra à 0,001 gr. de CO2, et 0,1 c, c. à 0,1 milligramme de CO2.

Pour diriger un courant d’air dans l’appareil, l’extrémité sphérique

Fig. 76. — Aspirateur, au 1/3 de sa grandeur naturelle.

du second tube à baryte sera mis en communication, au moyen d’un tube en verre et de morceaux de tuyau en caoutchouc, avec l’ouverture c d’un aspirateur à gouttes, en verre, comme celui que représente la fig. 76. L’eau nécessaire est fournie à l’appareil par un réservoir, placé au-dessus, ou par une conduite, et le courant d’eau est régularisé, au moyen d’un robinet, de telle façon que 2 ou 3 litres d’eau, selon les circonstances, pénètrent par heure dans l’appareil. Un long tube de verre relié en b à l’aspirateur servira à l’écoulement de l’eau. Le courant d’air pourra être mesuré par la quantité d’eau qui aura traversé l’aspirateur ou bien contrôlé par l’intercalation d’un compteur à gaz. Dans des recherches comparatives sur la respiration végétale, il importera beaucoup de s’assurer de la régularité du courant d’air qui traverse l’appareil.

En employant l’appareil décrit, on pourra doser, d’une autre manière encore que celle qui vient d’être indiquée , la quantité d’anhydride carbonique produite par les matériaux d’étude. J’ai obtenu, notamment, de bons résultats à l’aide du procédé qui va suivre. L’air qui provient de l’espace où s’effectue la respiration traverse quelques grands tubes remplis de chlorure de calcium, afin d’être complètement débarrassé de son humidité; puis il passe dans un appareil à potasse de Liebiget, de nouveau, dans deux tubes à chlorure de calcium. Ces deux tubes et l’appareil à potasse de Liebig seront pesés au début et à la fin des expériences, pour qu’il soit possible de déterminer la quantité d’anhydride carbonique produite. J’intercalais encore un tube à chlorure de calcium et un petit tube de verre contenant des morceaux de potasse caustique entre l’aspirateur et le second des deux tubes à chlorure de calcium, de manière qu’il ne puisse passer ni de la vapeur d’eau ni de l’anhydride carbonique de l’aspirateur à l’appareil.

Lorsque les recherches devront être de longue durée, il conviendra de fixer l’anhydride carbonique par l’eau de baryte et de titrer cette dernière. Si on n’a pas à sa disposition des tubes de Pettenkofer, on pourra les remplacer par de simples cylindres de verre remplis d’eau de baryte.

Les erreurs d’observation que l’on ne peut éviter sont de très peu d’importance dans la méthode que nous venons d’employer pour la détermination de l’anhydride carbonique. On trouvera d’autres détails dans le travail de Sachsse, indiqué au bas de la page, ainsi que dans le mien. Ces erreurs d’observation influent sur le résultat des déterminations d’anhydride carbonique, en partie dans un sens, en partie en sens contraire; comme il y a à peu près compensation, il est à peine nécessaire d’en tenir compte (1).

(1) Bibliographie : Sachs, Handbuch der Experimentalphysiologie d. Pflanzen , 1865, p. 171 ; Sachsse, Ueber einige Vorgänge bei der Keimung von Pisum sativum , Leipsick,

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102. Recherches expérimentales sur la formation d’anhyciride carbonique pendant la respiration normale des plantes.

Lorsqu’il s’agira, à l’aide de l’appareil décrit dans le g 101, de déterminer l’intensité de la respiration de certains matériaux d’étude dans des conditions différentes, il sera toujours indispensable, avantd’entreprendre les recherches proprement dites, dans des études comparatives de ce genre, de diriger de l’air dans l’appareil pendant quelque temps, sans doser l’acide carbonique formé par les plantes qui se trouvent dans le milieu où s’effectue la respiration. Il faudra, avant de pouvoir commencer les dosages d’anhydride carbonique, que l’air possède dans le milieu où la respiration doit s’effectuer une composition en rapport avec les conditions extérieures.

On porte, par exemple, 60 germinations de Pisum sativum ou d’une autre plante dans le ballon, puis on dirige un courant d’air pendant deux heures dans l’appareil avant d’intercaler les tubes de baryte, pour établir alors la quantité d’anhydride carbonique produite pendant une heure ou deux par les matériaux d’étude.

Dans les recherches sur l’influence directe de l’éclairage sur le cours de la respiration chez les plantes, il faudra veiller avec soin à ce que les matériaux d’étude soient toujours exposés à une température constante, ce qui sera facile à l’aide du thermostat. En employant par exemple, comme matériaux d’étude : des fructifications de Cantharellus, des fleurs dépourvues de toutes leurs parties vertes, etc., j’ai trouvé, dans des recherches faites à la fois dans l’obscurité et à la lumière diffuse, que la lumière n’exerce en général aucune influence sur l’énergie respiratoire des organes végétaux. Seuls, certains matériaux d’étude produisaient plus d’anhydride carbonique à la lumière que dans l’obscurité. Il faudra naturellement faire passer alors aussi un courant d’air dans l’appareil longtemps avant d’entreprendre chaque expérience (1).

Les conditions d’éclairage exercent une influence indirecte considérable sur l’énergie respiratoire des organes verts des plantes. On place dans le ballon un rameau feuillé de Crataegus en voie décroissance active, et on dirige pendant 12 à 20 heures un courant d’air constant dans l’appareil en soustrayant le rameau à l’action de la lumière. Toutes les quatre heures, on remplacera les tubes à baryte, et on déterminera, dans le liquide d’absorption des tubes que l’on aura retirés, la quantité d’acide carbonique produite. On observera que l’énergie respiratoire des organes verts diminue d’une façon de plus en plus considé-

1872 ; Detmer, Physiologische Untersuchungenuber die Keimung ölhaltiger Samen etc., Iéna, 1875; Detmer, Sitzungsberichte d. Jenaischen Gesellschaft für Medicin und Naturwissenschaft, année 1881 .

(1) Voy. Detmer, Sitzungsberichte d. med.-naturwissenschl. Gesellschaft zu Jéna, 1881.

rable. Lorsqe l’énergie respiratoire sera fort diminuée, le thermostat dans lequel le ballon est suspendu sera exposé pendant quelque temps (6 heures environ) à l’action de la lumière solaire directe. Pour que la pousse puisse assimiler dans le ballon, on fera passer à travers l’appareil une légère quantité d’anhydride carbonique, puis on reprendra les expériences sur la respiration. Il faut évidemment diriger d’abord dans l’appareil, pendant deux heures environ, un courant d’air débarrassé de son anhydride carbonique sans placer de tubes à baryte, et veiller à ce que les matériaux d’étude soient exposés pendant les expériences aux mêmes conditions de température que celles qui existaient avant l’insolation. On trouvera que l’énergie de la respiration du rameau de Crataegus augmentera sous l’action du soleil. Les feuilles auront assimilé sous l’influence de la lumière, et il y aura ainsi production de matériaux nouveaux qui pourront être utilisés pour la respiration (1).

Nous pourrons aussi, à l’aide de notre appareil, effectuer des recherches sur la relation qui existe entre la température et l’énergie de la respiration, ou bien encore établir l’énergie respiratoire spécifique d’organes végétaux différents, c’est-à-dire évaluer la quantité d’anhydride carbonique produite par des poids égaux d’organes végétaux différents à la même température et pendant le même temps. Pour cela, nous porterons dans le ballon de l’appareil que représente la fig. 74, une quantité, pas trop petite, des matériaux d’étude et nous calculerons la quantité d’anhydride carbonique qu’ils expireront pendant 2 à 4 heures. J’ai trouvé que les organes végétaux complètement développés, désignés plus bas, produisaient, en une heure, sur 100 gr. de matière vivante et à peu près sous la même température (19°5 c.), les quantités d’anhydride carbonique indiquées ci-dessous :

Organes végétaux : Anhydride carbonique en gr.

Fleurs de Salvia pratensis. , 0,044

Pièces florales de Rosa 0,040

Feuilles de Calendula offidnalis 0,034

Fructifications de Cantharellus cibarius 0,027

Hampes florales de Monotropa Hijpopitys 0,012

Si on place 50 grains de froment dans le ballon de l’appareil représenté par la fig. 74, de manière qu’ils puissent germer sur du papier à filtrer mouillé, et si on dirige pendant plusieurs jours un courant d’air continu dans tout l’appareil, on constate, par des dosages de l’anhydride carbonique effectués toutes les 24 heures, que la quantité d’anhydride carbonique expirée pendant chaque unité de temps (24 heures) est d’abord relativement minime, qu’elle augmente avec les progrès de la germination et qu’elle diminue enfin de nouveau vers la fin de la germination.

(1) Voy. Boropin , Mémoires de V Académie imper . de St-Pétersbourg, 7e série, t. 28, n° 4.

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103. Recherche de l’absorption d’oxygène et de la production d’anhydride carbonique pendant la respiration normale.

11 y a longtemps déjà que j’ai pu mesurer l’énergie de l’absorption d’oxygène pendant la respiration à l’aide d’un appareil très semblable à celui que représente la fig. 77 (1). La méthode a subi récemment divers perfectionnements, et elle a été de telle sorte améliorée, notamment par Godlewski (2), que l’on peut facilement établir, en même temps que l’inspiration d’oxygène des matériaux d’étude, leur expiration d’anhydride carbonique. L’appareil nécessaire est représenté par la fig. 77. Il consiste en un ballon de verre A d’une capacité de 400 à 500 c. c., dont le volume a été exactement mesuré, au moyen d’une burette, jusqu’au trait a. Les matériaux d’étude (graines, germinations ou organes végétaux quelconques) seront placés dans le ballon sur du papier à filtrer humide ou sur du coton mouillé. Ce ballon sera fermé au moyen d’un bouchon en caoutchouc percé de deux ouvertures. Les meilleurs bouchons de caoutchouc sont les bouchons rouges que fournit la maison Wallach de Cassel. Dans une des ouvertures, on introduit le tube de verre è, dont la partie inférieure est fermée à la lampe. L’autre reçoit le tube de verre c, dont la longue branche plonge dans du mercure recouvert d’une couche d’eau de quelques millimètres.

La longue branche c doit être calibrée et pourvue d’une échelle divisée en millimètres. Au tube de verre b est suspendu par un crochet un petit vase (g) avec une lessive concentrée de potasse, au préalable pesée. Pour obtenir sans peine une fermeture absolument hermétique, on enfonce le bouchon de caoutchouc dans le col du ballon, de telle sorte que le col dépasse le bouchon. Dans l’espace compris audessus du bouchon, on versera une couche de mercure de 7 millimètres environ de hauteur. Pour déterminer exactement le volume de l’air renfermé dans le ballon avec les matériaux d’étude, on devra additionner au volume du ballon A, celui du tube c jusqu’au niveau du mercure et en retrancher, au contraire, le volume de tous les objets se trouvant dans l’appareil. Le volume d’air ainsi corrigé sera enfin ramené, à l’aide de la formule indiquée dans le § 13, à une pression mercurielle d’un mètre, à 0° de température et à l’état sec. Il faut encore remarquer que la lecture du niveau du mercure dans le tube de verre c, au début de l’expérience, ne pourra être effectuée avec précision que lorsque le niveau du mercure dans le tube sera plus élevé que dans le vase où pénètre sa longue branche ; ce qu’il est facile

(1) Voy. Detmer, Physiologisch-chem. Untersuchungen über die Keimung , 1 875, p. 31.

(2) Voy. Godlewski, Jahrbücher de Pringsheim, vol. 13, cah. 3.

d’obtenir en chauffant le ballon à l’aide de la main avant de plonger le tube c dans le mercure. De plus, Jes lectures nécessaires ne devront pas être faites dès que l’appareil sera construit, mais seulement au bout de quelque temps (20 minutes environ) pour que les températures se soient convenablement égalisées.

Lorsque les plantes respireront et emploieront de l’oxygène, le mercure s’élèvera dans le tube c. La quantité d oxygène inspirée peut être déduite de la diminution correspondante de l’air dans l’appareil. La lessive de potasse dans le tube g absorbe de son côté l’acide carbonique produit, dont on déterminera la quantité en versant cette lessive dans un petit ballon, puis en la diluant et en ajoutant au liquide du chlorure de baryum.

Le précipité de carbonate de baryum, recueilli sur un filtre, sera lavé d’abord avec de l’eau saturée de carbonate de baryum, ensuite avec de l’eau distillée, puis desséché, incinéré et pesé. Comme la lessive de potasse qui se trouvait au début de l’expérience dans l’appareil n’est jamais complètement dépourvue d’anhydride carbonique, il faudra aussi déterminer cette quantité d’acide et la décompter de la quantité trouvée en mesurant l’anhydride carbonique produit par la respiration. Enfin, la quantité d’anhydride carbonique que l’on déduit du poids de carbonate de baryum doit être ramenée à 0°C. et sous une pression barométrique d’un mètre. Godlewski, dans l’ouvrage que nous avons cité, a aussi fait remarquer les sources d’erreurs de la méthode qui vient d’être recommandée.

Lorsqu’il s’agira d’examiner l’intensité du dégagement d’anhydride carbonique et de l’absorption d’oxygène des organes végétaux pendant une longue durée de temps, il sera nécessaire d’enlever périodiquement, au bout de 2 heures, par exemple, la lessive de potasse et de la remplacer par une nouvelle afin que l’anhydride carbonique produit soit toujours complètement absorbé. Il est particulièrement

Fig. 77. — Appareil pour les expériences sur la respiration.

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commode d’employer des graines en germination comme matériaux d’étude. Les graines seront déposées dans le ballon, à l’état sec et après avoir été exactement pesées, sur du papier à filtrer humide ou de l’ouate mouillée. Elles ne tarderont pas à gonfler, puis à germer. Dans beaucoup de cas, surtout lorsqu’on expérimentera sur des graines relativement grandes ( Pisum , P/iaseolus ), il sera bon aussi de faire gon- 11er pendant 24 heures les matériaux d’étude avant de les porter dans l’appareil. Dans les expériences sur le phénomène de la respiration chez lesgraines oléagineuses ( Brassica , Linum , Cannabis), on fera usage d’un appareil possédant les dimensions indiquées plus haut pour des graines dont le poids total est de 1 gr. à 1 gr. 5. Lorsqu’on expérimentera sur le froment, on pourra employer 2 gr. 3 de matériaux d’étude, et même 5 gr. avec le Pisum. On constatera, notamment, que les graines riches en amidon produisent pendant la germination une quantité d’anhydride carbonique à peu près équivalente en volume à la quantité d’oxy-

gène absorbée; dans ce cas, le rapport est par conséquent à peu

près égal à 1. Pendant la germination des graines oléagineuses, l’absorption d’oxygène, surtout à un stade moyen de la germination, est parfois beaucoup supérieur au dégagement d’anhydride carbonique ; chez

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