La dextrine
Un mélange de 100 c. c. d’eau et d’un gramme d’amidon de pomme de terre est porté à l’ébullition. L’empois obtenu, additionné de quelques gouttes d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique, est chauffé de nouveau. Le liquide se clarifie rapidement et, après refroidissement, une petite prise d’essai prend encore une coloration bleue en présence de Fiode. Mais si on continue à chauffer la solution acide et qu’on prélève de temps en temps (à peu près toutes les 5 minutes) de petites prises d’essai que l’on traite par l’iode après refroidissement, on remarque que les premières prises d’essai prennent une coloration violette
(1) Voy. S achs, Jahrbücher f. wissenschaftl. Botanik de Pringsheim, vol. 3, p. 187.
(2) Voy. Arthur Meyer, Berichte d. deutschen botan. Gesellschaft, vol. 3, p. 332.
en présence de l’iode, que les suivantes se colorent en rouge-brun et finalement en jaune. Ces colorations nous apprennent que l’amidon produit successivement diverses espèces de dextrines sous l’influence des acides. La matière amylacée se décompose d’abord en sucre et en amylodextrine 1 qui se colore en violet par l’iode. Cette amylodextrine I se divise, sous l’action des acides, en sucre et en amylodextrine II colorée en rouge-brun par l’iode. De l’amylodextrine II se forment ensuite, outre du sucre, des dextrines se colorant en jaune en présence de l’iode, et, finalement, la dextrine disparaît complètement par suite de sa transformation totale en sucre (1).
On peut prouver qu’il se forme des dextrines dans les cellules végétales (notamment celles qui se colorent en brun par l’iode). Des pois sont pulvérisés au moyen d’un moulin. La poudre est mélangée d’une petite quantité d’eau, et, au bout d’une heure, un courant d’anhydride carbonique est dirigé dans le liquide ; on procède alors au filtrage : opération qui sera fort facilitée par l’anhydride carbonique. Une petite quantité du filtrat clair est mise en contact avec une paillette d’iode ; le liquide prend une couleur brune de plus en plus prononcée et se comporte exactement de la même manière qu’une solution aqueuse de dextrine du commerce en presence de l’iode. L’eau distillée, en contact avec l’iode, ne prend qu’une coloration jaunâtre (2). Si on examine l’action de la liqueur de Fehling sur la macération dans l’eau des semences de pois, on remarque qu’il ne se produit point de réduction. Mais si on fait longtemps bouillir la macération, après l’avoir additionnée de quelques gouttes d’acide sulfurique, le liquide réduira énergiquement la liqueur de Fehling : la dextrine s’étant transformée en glucose sous l’influence de l’acide.