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Germination des tubercules de pomme de terre

Le tissu du tubercule de pomme de terre est formé à peu près exclusivement par un parenchyme amylifère à membranes minces. Il n’en est pas seulement ainsi de l’écorce et de la moelle, mais encore de presque tout le tissu situé dans le cercle des faisceaux libéro-ligneux, dont la nature est parenchymateuse et qui contient des grains d’amidon de diverses dimensions. Dans le bois, il n’y a que certains groupes ligneux (vaisseaux et fibres) ne possédant pas d’amidon, mais des albumines, tandis que des faisceaux libériens entiers peuvent se trouver dans ce cas. Les cellules du parenchyme cortical du tubercule de pomme de terre, de l’intérieur vers le tégument, deviennent de plus en plus

(1) Voy. Sachs, Botanische Zeitung , 1862.

TROISIÈME DIVISION

petites et de plus en plus pauvres en amidon. Les cellules corticales contiguës au tégument possèdent même souvent un suc cellulaire ayant dissous des matières colorantes, etc. Le tégument du tubercule se compose d’un tissu subéreux à cellules tabulaires.

J’ai eu souvent l’occasion de remarquer la germination tardive des tubercules placés en automne dans une caisse pourvue d’un couvercle n’empêchant point l’accès de l’air. Dans les conditions ordinaires, les tubercules, avant de germer, traversent une période de repos. Cette germination qui commence vers l’époque du nouvel an, débute par la croissance lente de certains yeux des tubercules, surtout de ceux qui sont situés dans le voisinage de la partie du tubercule opposée à la région d’attache. Nous laissons alors les tubercules en repos dans l’obscurité et dépourvus d’eau. Au commencement de mars, certaines pousses du tubercule qui ont déjà atteint une longueur de quelques centimètres montrent des folioles squamiformes. Sur des sections transversales pratiquées dans la portion caulinaire de la pousse, il est facile de distinguer l’épiderme, le parenchyme cortical, le parenchyme médullaire et le cercle des faisceaux libéro-ligneux. Si on cherche à se rendre compte de la répartition des aliments dans des pousses parvenues à divers degrés de croissance, au moyen des méthodes microchimiques connues, on observe les particularités que nous allons indiquer. Dans les jets très jeunes, le parenchyme contient beaucoup d’amidon. Quand les cellules parenchymateuses s’allongent énergiquement en avançant en âge, elles deviennent surtout riches en glucose. Les matières albuminoïdes sont transportées par la partie libérienne des faisceaux. On ne rencontre que des matières albuminoïdes dans le cambium, les sommets végétatifs des tiges et les racines latérales formées fréquemment aux entrenœuds, et qui ne fendent pas l’épiderme, comme j’ai eu très souvent l’occasion de le constater chez les tubercules dont le développement s’effectuait dans l’air sec, car on sait généralement que dans les tissus où la division des cellules s’effectue très activement, on ne peut relever la présence des hydrates de carbone : ceux-ci étant extrêmement vite utilisés. Je ne m’étendrai pas davantage sur les détails; ils sont d’ailleurs faciles à constater (1).

126. Influence de la température sur la teneur en sucre des pommes de terre.

L’examen de la teneur en sucre des tubercules de pomme de terre est d’une grande importance, car des essais de ce genre fournissent des résultats intéressants pour toute une série de questions physiologiques. Pour effectuer cette recherche, on réduit, à l’aide d’une râpe ou d’une large lime, des tubercules de pomme de terre en une fine bouillie que l’on porte, pour être pressée, dans une toile qui a été plon-

(1) Yoy. H. de Vries, Landwirthschl. Jahrbücher , vol. VII, p. 217.

gée dans Peau bouillante. On se lave les mains avec de Peau, on lave de même la râpe ou la lime, et on mélange Peau qui a servi à ces lavages au résidu laissé par la compression; on presse de nouveau, puis on répète deux fois ces diverses opérations. Le liquide obtenu est alors versé dans un ballon d’une capacité d’1/2 litre que Pon remplit jusqu’au point de repère. On mélange une certaine quantité du liquide d’un peu d’acétate de plomb pour précipiter l’albumine, etc.; on filtre, et, à l’aide de la liqueur de Fehling, on détermine la quantité de sucre contenue dans le filtrat. Les pommes de terre qui viennent de mûrir contiennent du sucre. En examinant des tubercules qui n’ont point germé et qui ont longtemps séjourné (quelques semaines) dans une chambre chauffée à 15 à 20° C., on constate que ces tubercules sont dépourvus d’amidon. Si on conserve alors des tubercules de ce genre, pendant 14 jours environ, dans un endroit dont la température ne descend jamais au-dessous de 0°, mais ne s’élève jamais non plus au-dessus de 2 à 3°C. (dans une cave, par exemple), on observe qu’ils sont devenus sucrés et qu’ils renferment même beaucoup de sucre. Il est particulièrement bon, pour ces expériences de refroidissement, de porter les tubercules dans des thermostats placés dans une cave et consistant en un vase en zinc à doubles parois. L’espace compris entre les parois sera rempli de glace et l’appareil sera fermé, non à l’aide d’un couvercle ordinaire, mais au moyen d’un vase en tôle plein de glace. Ainsi, les tubercules seront constamment exposés dans le thermostat à une température de 0° G. En portant dans un vase en verre des pommes de terre qui ne renferment que peu ou point de sucre, et en plaçant ce vase dans un mélange réfrigérant (neige ou glace et sel marin) , de manière que les tubercules se congèlent rapidement et rendent un son dur, on ne remarque aucun changement dans la teneur en sucre du produit de râpage, traité par l’eau, des tubercules gelés. Les faits que nous venons d’énoncer ont été indiqués pour la première fois par Müller-Thurgau (1). On trouvera aussi quelques données sur ce sujet dans un travail que j’ai récemment publié (2) . Müller-Thurgau a démontré que le rapport qui existe entre la saccharification et la respiration des tubercules de pomme de terre varie considérablement avec la température , et qu’il faut s’inspirer exclusivement de cette considération pour comprendre les phénomènes établis, ou, tout au moins, ne pas la perdre de vue. Sous une haute température (15 à 20° C. environ) la respiration s’effectue d’une façon relativement énergique, de sorte que le sucre, employé à mesure qu’il se forme, ne peut se déposer dans les tubercules. Sous une basse température (Oà 3° G. par exemple), il se forme plus de sucre aux

(1) Voy. Müller-Thurgau, Landwirthschl. Jahrbücher , v. 11, p. 751.

(2) Voy. Detmer, P flanzenphysiolo gische Untersuchungen über Fermentbildung und fermentative Processe , 1884, p. 41.

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dépens de l’amidon que ne peut en employer la faible respiration que l’on observe dans ces conditions. Sous les basses températures, il se produira donc une accumulation de sucre dans les tubercules. Le gel même des tubercules sera sans influence sur leur richesse en sucre.

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