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Germination du Triticum vulgare

Pour étudier soigneusement la structure du fruit de froment en repos, il ne faut point se procurer les coupes nécessaires dans un grain sec, mais dans un grain plus ou moins gonflé par l’action de l’eau. Le fruit se compose, outre les téguments du fruit et de la graine dont il a déjà été question ailleurs, de l’albumen et de l’embryon. En pratiquant des coupes transversales dans un grain, nous constaterons que la couche la plus extérieure de l’albumen est constituée par une rangée unique de cellules à peu près quadrangulaires, dont les membranes sont fortement épaissies et dont le contenu est formé de masses granuleuses. Il n’existe point de grains d’amidon dans ces cellules , mais beaucoup d’albumine, comme il est facile de le prouver à l’aide de Piode ou du sulfate cuivrique et de la potasse. La masse principale de l’albumen se montre formée par des cellules arrondies renfermant des albumines ainsi que des grains d’amidon de diverses grandeurs. La présence des matières albuminoïdes est mise en évidence en traitant les coupes par le sulfate de cuivre et la potasse. L’embryon est situé latéralement dans l’albumen. Pour l’étude du germe, nous pratiquerons des sections longitudinales médianes dans le grain de froment, que nous examinerons, d’abord sous un faible, puis sous un fort grossissement (voy. fig. 59, p. 145). Nous nous occuperons en premier lieu de la portion de l’embryon, immédiatement contiguë à l’albumen, le scutel-

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limi, qui mérite toute notre attention. Cet organe est constitué principalement par de petites cellules arrondies. Il n’y a que la couche cellulaire du scutellum contiguë à l’albumen qui possède une autre forme, comme on le verra distinctement en traitant les coupes par la potasse. Les cellules de l’épithélium du scutellum sont de forme cylindrique allongée. A la partie supérieure de l’embryon se montrentensuite la gaine cotylédonaire fermée, les feuilles qui y sont incluses et le sommet végétatif. La racine de l’embryon du froment est entourée d’une coléorhize; la séparation entre la racine et son enveloppe est nettement marquée par une ligne claire. L’amidon et le glucose ne se rencontrent ni dans les cellules du scutellum ni dans celles des autres parties de l’embryon, mais toutes les cellules de l’embryon contiennent une grande quantité d’albumine. Remarquons enfin que l’albumen des grains de froment en repos ne possède pas de sucre.

Des grains de froment gonflés ne tardent pas à germer lorsqu’on les porte sur des plaques de pierre ponce placées dans l’eau, et la croissance des organes de l’embryon s’effectue aux dépens des matières plastiques qui leur sont fournies par l’albumen. La radicule s’échappe, et les premières racines latérales, dont le développement sera plus rapide, font leur apparition. Les feuilles incluses subissent bientôt un allongement considérable, quoiqu’elles soient encore entourées d’une gaîne cotylédonaire dont la croissance est active (voy. fig. 86). La tige ne se montre que plus tard. Les matériaux d’étude devront être examinés périodiquement, lorsqu’il s’agira de se renseigner sur les phénomènes chimiques de la germination. Il sera facile de montrer, à l’aide du sulfate de cuivre et de la potasse, qu’il se forme dans l’albumen de grandes quantités de glucose peu de temps après le début de la germination. Le scutellum, qui reste enfoui dans le grain de froment pendant la germination , effectue le transport dans l’embryon de toutes les substances plastiques de l'albumen. Cependant il importe de constater que les cellules du scutellum ne renferment jamais de sucre.

L’épithélium, cylindrique, du scutellum lui sert d’organe d’absorption. Bien qu’il soit toujours impossible de constater la présence d’amidon ou de glucose dans les cellules épithéliales, les autres cellules du scutellum contiennent transitoirement de l’amidon, immédiatement après le début de la germination. La présence de ce corps dans les cellules du scutellum peut être facilement prouvée , en traitant, notamment, les coupes par la potasse, l’acide acétique et la solution iodo-iodurée. Il fautremarquer,au surplus, que lesgrainsde froment

Fig. 86. — Germination de Triticum vulgare.

en germination, dont on veut tirer des coupes pour l'examen microscopique, doivent être légèrement desséchés. Des albumines ainsi que des corps non azotés seront soutirés de l’albumen par le scutellum pour être fournis à la plantule en germination. Quand les germinations du froment se seront développées pendant cinq jours à la température ordinaire, par exemple, il sera facile, à l’aide du sulfate de cuivre et de la potasse , notamment, de relever la présence de grandes quantités d’albumine dans les parties jeunes des racines ainsi que dans les faisceaux libéro-ligneux opposés les uns aux autres dans la gaine cotylédonaire. Cette dernière croît alors encore très activement et est abondamment fournie de substances plastiques provenant de l’albumen. Dans le parenchyme de cette gaine se voient de nombreux grains d’amidon, dont la quantité diminue à mesure des progrès de la croissance de cette gaine pendant la germination. Les cellules des feuilles en voie d’accroissement contiennent aussi des grains d’amidon. Je n’ai pu relever l’existence de sucre à n’importe quel moment et en n’importe quelle partie de l’embryon du froment (les plantes que j’ai examinées s’étaient développées dans l’obscurité). Il n’y a du glucose que dans l’albumen du froment en germination. 11 n’est d’ailleurs pas démontré qu’il n’existe pas aussi du glucose, dans certaines conditions, chez l’embryon du froment en germination. Il est évident que les cellules de l’albumen deviennent de plus en plus pauvres en matières de réserve (matières albuminoïdes et amylacées) à mesure que la plantule croît; et lorsqu’on place de petits fragments du tissu d’un albumen assez épuisé dans une goutte d’eau sur le porte-objet, on remarquera sous les plus forts grossissements, à côté de grains intacts, d’autres grains d’amidon à peu près rongés, corrodés par l’action des ferments diastasiques qui se forment pendant la germination du froment (1).

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