Les gommes et mucilages végétaux
La gomme arabique (retirée de divers Acacia) est composée principalement d’acide arabique. Lorsqu’on traite, dans un verre de montre, une légère quantité dégommé arabique par une solution iodurée d’iode, et qu’on ajoute ensuite de l’acide sulfurique, la masse prend seulement une coloration brune. Toutes les vraies gommes se comportent de cette manière, tandis que les mucilages se colorent en violet ou en bleu par l’action de l’iode et de l’acide sulfurique. Les recherches de Mohl ont démontré que la gomme adragante provient de la désorganisation des cellules de la moelle et des rayons médullaires de divers Astragalus. La gomme adragante n’est pas un produit homogène, comme il est aisé de s’en assurer en traitant par une grande quantité d’eau la gomme du commerce pulvérisée. Ilse forme alors une dissolution, qui donne après évaporation une masse vitreuse, incolore, qui est la véritable gomme adragante, et il se produit un dépôt qui, à l'examen microscopique, se montre constitué par des grains d’amidon et des fragments de membranes cellulaires. La richesse en membranes cellulaires, qui ne sont point complètement transformées en matières gommeuses, est très différente suivant les variétés de gommes adragantes.
Si on examine au microscope une section transversale pratiquée dans un tubercule d 'Orchis mascula oud’O. Mono, on observe que le parenchyme, dans lequel les faisceaux libéro-ligneux sont distribués, se compose de petites cellules amylifères et de grandes cellules très riches en mucilage. En traitant par l’eau froide des tubercules d’orchidées pulvérisés ou du salep du commerce, on obtient, après filtration, un liquide clair qui donne par l’addition d’alcool un précipité blanc, floconneux de mucilage d’orchidées, insoluble dans l’alcool. Si on évapore la solution mucilagineuse obtenue de la façon qui vient d’être indiquée, et
TROISIÈME DIVISION
qu’on traite le résidu par l’iode ioduré et l’acide sulfurique, il se colorera en violet, puis en bleu. Les matières gélatineuses des tubercules d’orchidées ne représentent donc point des gommes, mais de véritables mucilages (1).