Les tannins
Les tannins paraissent avoir pour principale fonction de protéger les plantes contre les atteintes des animaux et de remplir le rôle de substances antiseptiques. Ce qui semble confirmer ce fait, c’est que les tissus périphériques, dans un très grand nombre de plantes, sont particulièrement riches en tannins. Le meilleur réactif du tannin est le bichromate de potassium (2). Nous chercherons, à l’aide de ce réactif, à nous rendre compte, par exemple, de la localisation du tannin dans les tissus des rameaux de Corylvs Avellana. Et, pour en connaître la structure générale, nous pratiquerons d’abord une section transversale dans un rameau de A mm. environ de diamètre. Au périderme fait suite un collenchyme, puis un parenchyme cortical, ensuite un anneau de cellules scléreuses fortement épaissies, enfin le liber parsemé de fibres libériennes et le bois. Si nous plaçons pendant quelques jours un morceau de rameau de Corylus coupé suivant sa longueur (j’ai examiné, en novembre, des rameaux de A mm. de diamètre) dans une solution à 10 °/0 de bichromate de potassium, puis que nous en examinions au microscope des sections transversales minces, il sera facile de constater la présence de tannin dans certains tissus (notamment dans l’écorce, le parenchyme libérien et dans les rayons médullaires ligneux formés ordinairement d’une seule couche de cellules), car le contenu des cellules tannifères sera alors coloré en rouge-brun.
En examinant une section longitudinale pratiquée dans la moelle d’un rameau de rosier de l’année, on remarque qu’il se compose, d’une part, de grandes cellules, d’autre part, de files de cellules étirées longitudinalement placées bout à bout, traversant le tissu à grandes cellules. Si nous examinons des coupes de la moelle du rosier, déposées sur un porte-objet dans une goutte d’une solution aqueuse à 10%de bichromate de potassium, nous observons que le contenu de la plupart des cellules étroites est coloré en rouge-brun. On peut aussi relever la présence du tannin dans les cellules étroites, en déposant des coupes de la moelle du rosier dans une goutte d’une solution aqueuse de chlorure ferrique ou dans une goutte d’une solution de sulfate ferrique. Le contenu des cellules tannifères se colore alors en bleu foncé. Les feuilles de rosier
(1) La bibliographie concernant les gommes et mucilages végétaux est donnée dans l’ouvrage de Sachsse, Die Chemie und Physiologie der Farbstoffe , Kohlehydrate etc ., Leipzick, 1877, p. 161 .
(2) Voy. Sanio, Botanische Zeitung , 1863, p. 17.
sont aussi très riches en tannin , et pour démontrer ce fait dans le cours d’une leçon, par exemple, on écrase fortement, au moyen des doigts, dans du papier à filtrer, une feuille pliée de rosier, de manière que le suc qui s'échappe des cellules soit retenu par le papier à filtrer. En déposant aux endroits humides du papier une goutte d’une solution de chlorure ferrique, on fera apparaître la réaction du tannin.