CHAPITRE II
On se propose, par l'étude et la mensuration des dimensions linéaires, do [déterminer à l'aide de lignes droites les caractères fondamentaux du crâne îBHvisagé au point de vue de la morphologie et de l'aspect qu'il présente. C'est ce à quoi l'on arrive en déterminant quatre à cinq lignes principales. Cette méthode est tellement exacte que l'administration internationale de la police ;Ven sert afin d'établir l'identité des criminels les plus dangereux et les plus ";usés. Mais, nous qui cherchons ou qui, du moins, devons chercher les lois i.'iaturelles ayant présidé à la construction des ibbjets, nous qui, en un mot, nous adressons Il la morphologie scientifique, morphologie nui ne saurait être que rigoureusement mathématique, un à peu près ne nous satisfait pas. 11 nous faut arriver à calculer une grosse comme d'autres mesures, et nous mettre en 'État d'être capables à tout moment de repro- Iduire le dessin de l'objet mesuré. La mensuraidon du crâne ne doit, au surplus, nous servir mu'à juger de la situation de l'encéphale dans 'jon globe sphérique. Chacune des mesures h- Miéaires et circonférentielles, la capacité des iilivers compartiments du crâne admettaient hlles un parfait développement, un développeinent harmonique du cerveau? Voilà lapplicaidon pratique.
Nous avons fait construire, pour prendre kles mesures linéaires, un compas céphalique ecéphalomètre).
La figure ci-jointe (fig. 2) nous dispensera !Toyons-nous, d'uue longue description. La !.èche?V/ indique, sans autre mécanisme, directement, elle-même, sur l'arc de cercle, en millimètres, l'éloignement des pointes lu compas. L'avantage d'un semblable instrument, c'est, non pas seulement 'u'il permette de lire d'emblée le chiffre de la mesure crânienne, mais surout qu'il serve à chercher du premier coup les mesures maxima. Chaque ipécimen est muni d'olives avec lesquelles on peut au besoin moucheter les 'omtes, transformant ainsi les branches aiguës en branches mousses. Du •este, quand il s'agit de petites distances, tous les compas peuvent servir; on ransporte les distances trouvées sur une échelle métrique.
MANUEL D'ANTHROPOMÉTRIE CRANIO-CÉPIIALIQUE.
ARTICLE PREMIER. — Diamètre longitudinal maximum.
Occupons-nous d'abord de la plus grande longueur ou du plus grand diamètre longitudinal désigné par la lettre L. Qu'entend-on par cette expression? cela dépend, ou plutôt cela dépendait des diverses écoles. Toutes s'accordent bien à prendre pour point de repère postérieur la pointe extrême la plus reculée de l'os occipital o, sur le plan antéro-postérieur médian du crâne (V. fig. 3). Mais, quant à l'extrémité antérieure de cette ligne, si toutes les écoles clioisissent un point frontal, les unes le placent à l'endroit le plus saillant de l'arcade sourcilière les autres préfèrent la glabelle g, dautres enfin adoptem un point it intermédiaire aux deux bosses frontales latérales : nous adopterons plus volontiers la glabelle. Quand nous prendrons un autre point de repère, nous le spécifierons. Cela sera par exemple nécessaire quand nous voudron> insister sur la proéminence frontale d'un individu ou sur l'état d'un front fuyant. Il faut alors partir non plus du point glabeliaire moyen, mais de la bossL'
frontale moyenne, car, si, normalement dans les crânes typiques, le diamètre longitudinal occipito-glabellaire est sensiblement égal au diamètre longitudinal occipito-frontal, il va ùv soi que, dans les cas que nouvenons de citer, le diamètrt' occipito-frontal est moindre ou plus grand que le diamètre occipito-glabellaire, suivant que l'on a affaire à une dépression ou à une voussure frontale'.
Ce diamètre longitudinal extrême atteint cliez 80 p. lûn des sujets qui représentent le> races de l'Europe moyenne, de 17,1 à 18 centimètres. Le maximum compatible avec les conditions pliysiologiques normales peut être fixé à 19 centimètres, le minimum serait de 16..^. Chez les Allemands, qui ont des crânes un peu plus longs, on compte 80 \^. iuu d individus mesurant 18,5 à 19; moyenne 17,7. La plus forte moyenne, 18, es! fournie par les Allemands ; la moindre, par les Italiens et les Slovènes : 17,3.
La comparaison des séries dont on trouvera le tableau plus loin, montre que les crânes de criminels dans la série envisagée ici présentent des mininia et des maxima que l'on ne rencontre pas dans la série des individus normaux. Chez nos criminels, les crânes courts seraient plus piètrement repri'sentés, ils seraient plus courts; les crânes longs seraient plus accusés en ce sens, ils seraient plus longs. Mais il y faut tenir compte de ce fait que le crâne des indigènes normaux de Bonn est en moyenne plus long que celui d'une quelconque des races autrichiennes.
Le tableau montre encore que, chez les aliénés, la proportion centésimale des crânes courts et celle des crânes longs parait sui)érieure à celle des mêmes espèces de la série normale; on rencontre moins chez eux que dans la séri ' normale le terme sériaire moyen (17 à 18).
1 II y a des crânes dans lesquels la pointe de l'occipital, c'esl-à-dire le point le plus recul' delà suture sagittale, le somniet de l'angle de l occipital intercalé entre les deux pariétaux, > -t aussi le point le plus éloigné des points de repère frontaux. Cette condition a réellement une iinportiiiicc pathologique.
TABLEAU. Étude du diamètre longitudinal maximum