CHAPITRE III
:«jécesslté de la méthode de mensuration cathétométriql e
(instrumentation) .
Les méthodes que nous avons vues jusqu'ici nous laissent malheureusement dans l'embarras lorsqu'il s'agit de crânes asymétriques. Car, en pareil cas. nous ne possédons pas l'orientation du plan antéro-postérieur dont la déformation peut être extrême. Nous ne possédons pas davantage l'orientation d'un axe transverse. Comment mesurer en semblable occurrence la brachycéphalie occipitale unilatérale ?
Ajoutons qu'il est impossible, avec les méthodes en usage jusqu'alors, de mesurer la pente du vertex, autrement dit l'inclinaison des lignes liv ou Af-i. Le motif de ce contre-temps, c'est que le point h (ou f. V. iig. 4) ne présente pas sur le crâne de caractères suffisamment tranchés.
La nécessité se faisait donc sentir de méthodes plus exactes.
Mais il est une cause plus impérieuse qui nous rendait mécontents des méthodes de mensuration linéaires et des systèmes de projection, c'est que le crâne est construit de surfaces courbes. On ne peut en réalité se servir de la mensuration linéaire pour les corps ronds que lorsqu'on en connaît les lois d'incurvation, c'est ce qui a lieu pour la sphère; en ce qui la concei*ne nous savons qu'avec un petit nombre de mesures, ou une mesure, nous pouvons résoudre bien des questions qui s'imposent, parce que nous connaissons les lois d'incurvation de ce corps rond.
Nous avons déjà fait ressortir que les arcs de cercle sont bien plus démonstratifs que le diagramme de leurs rayons respectifs, pour qui veut se rendre compte de la conformation du crâne. C'est un besoin auquel nous avons déjà accordé une satisfaction partielle quand nous avons déterminé les segments de cercle sous-tendus par les cordes linéaires, à l'aide du ruban métrique, et que nous en avons calculé les indices de courbure. C'était bien là le désir de caractériser le crâne par la mensuration circulaire ou circouférentielle.
Mais comment aurions-nous pu nous exprimer sur la forme de ces courbures, ignorant si les points de repère anatomi(pies que nous avions choisis comme points extrêmes des cordes sous-tendantes avaient réellement un rapport déterminé avec les courbures envisagées, ignorant si la courbure, que nous croyions sous-tendue par une seule et même corde. n'apparttMiaii pas à plusieurs courbes?
Or, précisément, la simple inspection d un crâne pris à part nous apprend déjà que ces cordes anatomiques choisies par nous comme ratioinielles soustendent plusieurs courbes de dilVérents rayons. 8i maintenant nous comparons plusieurs crânes ditTérents. nous voyons encore à la simple inspection (pie la
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loi RIO (le la t'oiM'bo, au nuMiit' socleur cii'culaii'e, est généraleiiieiil la caracléristicjiie du sexe el de la race, ([ue, par exemple, tel secteur circulaire sera conslanuneiit concave en dehors, tandis que chez la femme il présentera luyariablement une convexité en dehors, que tels autres secteurs à convcxitiî externe, chez un sujet du même sexe el de la même race, seront, chez un second individu, reclilignes, el, chez un li-oisième, concaves en dehors. Ces contrastes brusques entre quelques segments de cercle dans la cràniologie comparée de différents sexes, de divers âges, de races variées, de plusieui-s crânes d'animaux, nous pi-ouvenl, rien (|u"à la vue, (pie les quelques cordes adoptées par nous antérieurement suus-tendcnt en réalité plusieurs espèces de circonférences et dans les cmditions les plus variées. Or., nous ne sommes pas capables d'établir par la crdnioscopie pure les points d'intersection de ces courbes polymorphes; il nous est donc impossible, par les méthodes et V instrumentation en usage jusqu'ici, de déterminer les lois de courbure et de construction du crâne.
Poui- trouver les lois de Fincurvation crânienne, il faut encore se soumetti'e aux lois de la géométrie.
Ce qu'il faut avant tout, c'est pouvoir mesurer les différences de longueur et. de hauteur entre des points voisins appartenant à des courbes quelconques, à un dixième de milUmètre pi'ès, atin de déterminer la courbe.
Pour obtenir ce résultat, il est nécessaire :
1° Que l'instrument de mesure soit capable d'une linesse d'exécution minutieuse :
2" Qu'il puisse se déplacer suivaiU un plan exactement parallèle au plan de la courbe à mesurei'.
Instruments de précision, méthodes précises : voilà la formule à laquelle nous a amené la nécessité, la constatation, malgré la logique mathématique la plus sévère, de notre impuissance, explicable elle-même par les interventions expérimentales les plus rigoureuses qui nous en ont fourni les motifs.
§ 1. — NOUS NOUS SERVONS d"Ui\ CATUÉTOMÈTKE A PLAQUE DE BASE.
Cet instrument se compose d'une plaque de base G dont on assure la situalion horizontale au moyen de trois vis de rajipel sur lesquelles elle repose, et d'un niveau d'eau. Cette plaque supporte un cadre ou châssis rectangulaire R«. Elle est toute de fonte de fer compacte et se trouve assujettie à sa face inférieure par de vigoureuses traverses (tig. 13 et 25).
Les parois extérieures du cadre doivent être et demeurer exactement perpendiculaires à la plaque de base, mais les faces externes opposées du même cadre sont deux à deux parallèles entre elles, et d'un parallélisme précis. Ce qui nous donne un système de trois plans perpendiculaires entre eux, dont deux verticaux.
Si, par un moyen quelconque mous le décrirons plus bas), nous arrivons à rendi'e la courbe à mesm^er parallèle au plan d'un des couples du cadre, si en même temps nous faisons marcher le long de ce cadre un compas à verge, nous arrivons à mesurer les divers points de la courbe et les différences de hauteur de la façon suivante. Dans le premier cas le compas se meut le long du cadre, tandis que sa barre horizontale présente une inclinaison déterminée, de préférence perpendiculaire, par rapport au plan de la courbe à mesurer; pour mesurer les hauteurs, la barre horizontale de l'instrument est déplacée le long de son bras vertical. Il faut donc que deux axes du compas à verge soient rigoureusement parallèles à deux axes du cathétomètre à plaque de base, et que les deux axes soient rigoureusement perpendiculaires à la face par laquelle le compas à verge glisse sur la paroi externe du cadre.
Rien de difficile à réaliser en mécanique comme ces conditions. Ce qui offre le plus de diflicultés, c'est de conserver au bras horizontal du compas à verge une direction précise quand il faut le dépla(;er en avant ou en arrière