X INTRODUCTION
avait publiés ailleurs, ce fut le motif pour lequel nous réservions de plus en plus nos examens, tout en les recommençant h chaque instant.
Les mensurations, géométriques ou non, ont, quel que soit leur nom, suivant leur application à tel ou tel art, chacune à se débarrasser d'une longue tradition historique qu'elles ont parcourue, avant d'arriver à la perfection; c'est ainsi que les mensurations actuelles constituent simplement les premiers degrés du dernier perfectionnement de la méthode. 11 ne reste d'immuable que les mesures que l'on exécute quand une méthode est définitivement complète et parfaite.
Tout en nous montrant sobre des chiffres destinés à esquisser l'étude comparative des crânes normaux, des crânes empruntés à des faits cliniques ou médico-légaux, la probité nous commande de dire que, pour simplifier la comparaison et à la fois la rendre plus saisissante, nous avons surtout mis à contribution, à l'exception des Tziganes, les éléments de Weissbach, qui se rapportent en somme à l'ensemble des races qui habitent le milieu de l'Europe (allemande — slave — magyare — italienne — roumaine), et permettent, par suite, de tracer un tableau complet de la race de l'Europe centrale. Car, on le sait de reste, dans la plupart des pays de l'Europe, et surtout en Autriche, l'individualité crânienne ne peut être considérée que dans le cadre étendu de la race mixte de l'Europe. Mais c'est par pays et par régions qu'il convient d'examiner les matériaux normaux de la population qui doivent servir de termes de comparaison, d'étalons par rapport aux crânes pathologiques ou atypiques des mêmes peuples, ainsi que cela a lieu en Allemagne et en Italie.
On comprend donc que nous ayons utilisé les nombres des mensurations de Weissbach et que nous les ayons ordonnés d'après le principe des catégories sériaires. Quand nous n'avons pas trouvé dans Weissbach certaines mesures, nous les avons prises nous-même sur les crânes de sa collection mis à notre disposition avec la plus grande prévenance, par MM. Hauer (Hofrath) et Szombathy, conservateurs du K.-K. Hof Muséum : qu'ils nous permettent de leur adresser ici nos plus vifs remerciements. Nous ne nous sommes livré généralement à des comparaisons qu'entre des séries de crânes empruntés à des collections allemandes et autrichiennes.
Qu'on veuille bien, quoi qu'il arrive, excuser les idées personnelles qui ont présidé à la confection de ce manuel, à l'exposé de l'état de nos connaissances en anthropométrie crânienne, et à l'invention d'une instrumentation originale. Nous avons été guidé par un mobile. Établir les premières assises précises et scientifiques, mathématiques, d'une crâniométrie qui pût ainsi devenir l'origine de la crâniologie clinique et médico-légale et, par ces fondations immuables, construire les bases d'une science morphologique exacte. Le but était élevé, le programme en est chargé. Nous nous adressons avec confiance aux chercheurs qui se sentent le feu sacré.
Pour alléger autant que possible le fardeau que nous imposons au lecteur, nous avons divisé ce livre ou plutôt l'édition française de ce livre en deux parties. La première, sous le titre crâniomrtric et a'phalomctne à l'aide d'une inslrumentation simple communément usitée, expose en eflet