INTRODUCTION. IX
'doit sa forme à des lois authentiques, se procurera le plaisir de contempler une harmonie identique au sein du monde organique entier, même lorsqu'il aura devant lui les formes en apparence les plus complexes. Le bandeau qui jusqu'ici lui a dérobé le spectacle vcridique de la morphologie organi-
> que tombera de ses yeux.
Eiîectivement c'est la crâniométrie exacte qui fournit le type des méthodes et des résultats à la morphologie mathématique envisagée comme science d'ensemble. Cette vérité risque peut-être de, demeurer quelque temps incomprise, parce que de nouvelles méthodes réclament des hommes nouveaux. 11 est possible, par exemple, que les doyens actuels de la crâniométrie montrent vis-à-vis de notre école une certaine appréhension et lui témoignent de la froideur, tandis que ceux des représentants de la science officielle, qui n'ont à leur service qu'un génie peu créateur, s'eftbrceront de retarder l'avènement d'une invention n'émanant pas d'eux.
Mais les résultats obtenus sont tels qu'il nous semble déjà voir se répandre l'opinion que la morphologie d'aujourd'hui mérite à peine le nom de science et qu'il lui faut arriver à compléter la description des formes par la fixation des lois auxquelles les formes obéissent. Puis, la connaissance des lois du mouvement, c'est-à-dire des lois de l'accroissement, de la croissance physiologique et de la morphopoièse, doit, dans un bref délai, être suivie de celle des forces impulsives, en un mot à la morphologie mathématique doit succéder la mécanique de la vie (biomécanique).
Notre intention est de continuer à travailler pendant plusieurs années afin de combler bien des lacunes dont nous ressentons douloureusement l'existence. Mais nous avons besoin de collaborateurs. Nous en avons surtout besoin en ce qui regarde les pièces de développement du squelette crânien, la plupart des documents cliniques se rattachant à l'enfance et à la puberté.
Autre point de vue. Jusqu'ici nous avons fourni de nos ressources personnelles à toutes les dépenses que nécessitait la construction des appareils que nous avons inventés et dont on trouvera la description dans le cours de cet ouvrage. Aussi nous voici arrivé à la limite des sacrifices possibles.
Enfin la somme des problèmes qui surgissent en cette matière dépasse de beaucoup la force d'un seul, surtout si l'on veut bien remarquer que ces études ne rentrent pas à proprement parler dans le cercle de nos occupations professionnelles, qu'elles représentent le travail des heures de loisir.
Nous avons laissé de côté l'ethnographie comparée. Ce qui au surplus à l'origine nous captiva et nous enchaîna dans la crâniométrie, ce fut l'application clinique et le service de la médecine légale. Nous trouvant incapable, par les méthodes de mensuration qui avaient cours jusqu'alors, de résoudre les questions qui surgissaient, nous fûmes forcé de nous préoccuper principalement de perfectionner les procédés. Plus nous mesurions, plus nous calculions, plus nous nous convainquions de> l'imperfection des méthodes, et, bien que, tout imparfaites qu'elles fussent, nous obtinssions des résultats au moins aussi bons et aussi exacts que ceux qu'on