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POCHE DES EAUX

bloc, ou tantôt chacune des trois membranes se déchire successivement. Le point où se fait cette rupture est variable. Le plus souvent il avoisine le centre de l’orifice; parfois il est très haut, de sorte que l’ouverture des mem branes peut être bouchée par l’utérus qui s’y applique.

L’eau s’écoule, en jet, brusquement; son écoulement est intermittent, contrairement à l’écoulement des glaires qui est continu. Cette eau est claire et non pas filante comme le liquide du bouchon muqueux.

Il n’est pas toujours très facile de s’assurer de l’intégrité ou de la rupture des membranes dans la présentation du sommet, et l’on confmd aisément la surface de la présentation (cuir chevelu) avec celle de la poche des eaux.

L’on peut reconnaître le sommet à la présence des cheveux: mais ils sont souvent agglutinés et présentent une surface lisse. Il faut alors essayer de plisser cette surface,' ce qu’on ne peut arriver à faire s’il s’agit des membranes. Pendant une contraction la poche des eaux bombe et se lisse; le cuir chevelu, au contraire, se ride... Enfin pendant un intervalle de calme, où l’on peut soulever la tête, si les membranes sont vraiment rompues il s’écoule une certaine quantité de liquide amniotique.

Le moment où se fait la rupture est variable. En général elle se produit lorsque la dilatation étant complète, le fœtus passe à travers le col; mais elle peut être retardée et la poche des eaux ne se rompre qu’au moment où la tête franchit la vulve, et si la déchirure se fait circulairement la tête sort coiffée d’une espèce de calotte; ceci se voit encore lorsque la rupture, arrivée cependant en temps opportun, ne correspond pas à l’orifice cervical et la tête alors pousse devant elle une portion de la membrane amniotique. On dit, dans ces cas, que l’enfant naît coiffé.

La poche des eaux en s’insinuant dans le canal génital prépare progressivement et doucement les voies d’expulsion, elle joue donc un rôle favorable à la régularité de l’accouchement. Mais une rupture tardive s’oppose à la progression du travail, en empêchant l’action directe de la partie fœtale sur le conduit cervico-vaginal ; de plus, quand

A. Pozzi. — Man. d’accouchcm.

le fœtus arrache et entraîne avec lui les membranes, il peut en résulter des décollements placentaires compliquant l’accouchement.

Il est des cas où la déchirure artificielle des membranes s’impose, lorsque là rupture tarde ou lorsqu’on précipite la dilatation. On y arrive en se servant de l’ongle de l’index; mais il mord souvent difficilement sur la membrane glissante. On peut se servir d’une tige non métallique demimousse (pointe en bois, en os, en celluloïd) au préalable soigneusement aseptisée. (Voir plus loin.)

Parfois la rupture se fait prématurément, quand l’orifice est à peine dilaté ou même avant le début du travail ; le plus ordinairement alors elle active ou provoque le travail. On a vu cependant s’écouler un temps assez long entre l’écoulement du liquide et l’expulsion, quinze jours et plus; l’enfant peut naître vivant si l’œuf ne s’est pas septicémié.

Ampliation du vagin et de la vulve. — La partie fœtale pénètre dans le vagin dont elle distend les parois en les écartant. L’ampliation du vagin commence avec l’efTacement du col et augmente surtout pendant la dilatation. La partie supérieure du vagin se prête facilement à la distension ; mais il n’en est pas de même de l’extrémité inférieure soutenue et encerclée par le releveur coccy-anal (détroit inférieur musculaire) et le cadre vulvohyménéal ; la tête est alors sur le périnée. La tête progresse lentement; l’on voit bomber le périnée, qui subit une distension énorme ; le rectum pressé et comme passé au laminoir exprime les matières qu’il contient, l’anus s’ouvre et sa muqueuse fait hernie... La tête apparaît à la vulve au moment des contractions, et rentre dans leur intervalle, msqu’à ce qu’enfin elle sorte dans un dernier effort; bientôt suit le reste du corps.

Dans cette distension énorme des voies génitales surviennent presque toujours quelques éraflures de la muqueuse vaginale ou de l’orifice vulvaire. Mais cela peut aller plus loin, et il y a de véritables déchirures. (Voir Complications de /’ accouchement .)

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