CHAPITRE II
PROCIDENCE DU CORDON
On dit qu’il y a procidence du cordon, quand le cordon devance la présentation.
Quand le cordon se présente simplement au-devant de la présentation , il y a procubitus du cordon ; il n’y a procidence que s’il y a sortie complète d'une anse du cordon.
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La procidence cfu cordon est un peu plus fréquente que la procidence des membres ; on la trouve environ une fois sur cinquante-six accouchements.
Étiologie. — Les causes de la procidence sont:
1° Toutes les causes déjà citées de procidence des membres ;
2° La longueur exagérée du cordon ;
3° L’insertion vélamenteuse du cordon ;
4° L’insertion vicieuse du placenta ;
5° Dans la présentation du siège, l’interposition du cordon entre les jambes du foetus, qui est ainsi à cheval dessus.
Symptômes et diagnostic. — On peut reconnaître la procidence du cordon : A. Avant la rupture des membranes ; B. Après la rupture des membranes.
A. Avant la rupture des membranes. — Quand il y a procubitus du cordon on sent à travers les membranes un corps cylindrique flottant, animé de battements quand l’enfant est vivant. Il ne faut pas confondre ces battements du cordon avec le pouls vaginal. Dans l’insertion vélamenteuse on peut prendre pour le cordon un des vaisseaux qui rampent sur les membranes et se rendent au placenta.
B. Après rupture des membranes . — Quand les membranes sont rompues, le cordon est facile à reconnaître, soit au toucher, soit même à la vue, et il se présente alors soit flasque et sans battements, soit turgide et animé de pulsations.
Il ne faut pas, d’après ces seules constatations, conclure trop hâtivement et trop absolument. Le cordon peut être inerte et le foetus vivre encore ; on pourra donc simplement dire après cet unique examen : le foetus e §1 probablement mort, et il conviendra pour compléter le diagnostic d’ausculter les bruits du cœur; d’autre part, dans des cas plus exceptionnels, il est vrai, le fœtus étant mort, on a observé des battements du cordon, dus au reflux dans ce dernier du sang du sinus circulaire chassé par la contraction utérine.
On recherchera aussi dans cet examen s’il y a en même temps une procidence des membres avec laquelle on ne la
COMPLICATIONS DUES AUX ANNEXES
confondra pas. On a vu, lors de rupture utérine, des anses vides d’intestin grêle venir faire saillie dans le vagin ; il importe de se rappeler ces faits pour ne pas les confondre, le cas échéant avec ceux de procidence du cordon.
Pronostic, — Le pronostic, bénin pour la mère, est très grave pour le fœtus. On perd en moyenne un enfant sur trois ou quatre. Le cordon procident risque d’être comprimé et quand cela se produit l’enfant meurt par asphyxie» Le pronostic est particulièrement grave si le cordon procident est tout à fait en avant ou tout à fait en arrière ; dans ces conditions la compression est à peu près fatale, mais s’il est situé le long de la symphyse sacro-iliaque, il peut y échapper.
Conduite à tenir. — A. Les membranes ne sont pas rompues et la dilatation est insuffisante : il faut alors maintenir la femme couchée, le bassin relevé , et faire tout son possible pour éviter la rupture des membranes.
Quand la dilatation est complète on met la femme dans la position obstétricale et l’on pratique la version.
B. Les membranes sont rompues . — Il y a procidence. Il faut immédiatement vérifier l’état de vitalité de l’enfant ; s’il est mort, comme la procidence n’aggrave pas le pronostic maternel, il n’y a qu’à attendre ; s’il est vivant, il faut intervenir.
Deux cas peuvent alors se présenter : ou la dilatation est complète ou h peu près complète — ou elle est très incomplète.
La dilatation est complète. — Si l’on arrive alors que la version est encore possible, il faut la pratiquer ; c’est l’intervention de choix ; sinon on appliquera le forceps, en ayant bien soin de ne pas prendre le cordon dans une des cuillers.
La dilatation est incomplète. — On essaie la rétropulsion du cordon, c’est-à-dire qu’on saisit ce dernier entre deux doigts et on le remonte dans l’utérus. Le plus souvent, cette manœuvre n’a qu’un succès transitoire. On peut alors, pour faciliter la stabilité de la réduction, mettre la femme dans le décubitus latéral ou dans la position génu-pectorale. On a conseillé de fixer le cordon autour d’un pied; mais
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lorsque la main peut remonter jusque-là, mieux vaut pratiquer la version.
On a inventé des instruments pour rétropulser le cordon ; on les emploie quand la poche étant rompue, le col
n’est pas assez dilaté pour permettre le passage des doigts. L’instrument le plus connu est l’ omp halo-sauteur de Collin modifié par Tarnier; c’est une baleine terminée par un crochet fermé par une tige à coulisse; on saisit le cordon, on le remonte, puis on descend la coulisse, le cordon lâche le crochet et on retire l’appareil. On peut faire un omphalo-sauteur avec une sonde en gomme bien aseptisée. On passe dans son intérieur un fil doublé dont l’anse ressort par l’œil de la sonde. On introduit les deux bouts
Un long fil doublé -a été placé dans une sonde en gomme ; les deux chels libres, a a pendant au dehors du pavillon de la sonde tandis que l’anse est sortie par l’œil; cette anse b a été passée dans 1 anse du cordon, puis ouverte, et, dans son ouverture, on a passe le bec de la sonde; il n’y a plus qu’à tirer sur les chefs libres et à les maintenir pour appliquer solidement le cordon contre la sonde.
réunis de 1 anse du fil dans l’anse du cordon; puis ouvrant l’anse du fil on y passe la pointe de la sonde ; on tire en bas sur les chefs libres, et le cordon est ainsi solidement fixé contre le conducteur en gomme.
TROISIÈME SECTION
ACCIDENTS DE LA DÉLIVRANCE