PRONOSTIC
sinon absolument ferme, au moins très probable. Le sondage intra-utérin qui semblerait devoir trancher définitivement la difficulté est en réalité un moyen diagnostic infidèle : s’il y a grossesse extra-utérine, on trouvera une augmentation de la cavité, tout comme dans le cas de grossesse vraie, car à cette période il est difficile, à moins de faire un cathétérisme illusoire, d’être arrêté à temps par les membranes; ajoutez que les risques du cathétérisme sont graves.
A ce moment — quatre ou cinq premiers mois — le diagnostic différentiel se fait soit avec l’hématocèle rétroutérine, soit avec une rétro-version.
Plus tard on a les signes de certitude d’une grossesse. Alors la question se pose ainsi : la grossesse est-elle utérine ou ectopique? Le diagnostic approximatif , possible d’après V ensemble des constatations est très difficile à établir d’une façon précise ; on peut alors pratiquer le toucher digital intra-utérin de Tarnier, qui malheureusement s’il renseigne lorsqu’il permet de sentir le contenu utérin ne permet pas d’éliminer la grossesse extra-utérine lorsqu’il ne donne rien.
Lorsque le fœtus est mort, l’on a pour faire le diagnostic les commémoratifs, les constatations directes, parfois quelques signes plus particuliers comme le ballottement de la tumeur extra-utérine, la crépitation des os du crâne (Pinard, un cas).
Pronostic. — La grossesse extra-utérine laissée à ellemême est toujours fatale pour l’entant ; quant à la mère, le pronostic très grave, n’est pas strictement aussi régulièrement mortel ; mais cliniquement , pratiquement , le pronostic maternel doit être toujours considéré comme régulièrement fatal , que l’enfant soit mort ou vivant : c’est dire qu’il ne faut jamais compter sur les événements; mais en présence d’une grossesse extra-utérine agir et cela dès sa constatation , car il est impossible de faire le diagnostic du siège précis de la grossesse ; or, la grossesse tubaire peut tuer subitement de très bonne heure.
€onduite à teuir. — En présence d’une grossesse extra-
GROSSESSE EXTRA-UTÉRINE
utérine il n’y a qu’une seule et unique conduite à tenir : pratiquer la laparotomie.
A quelle époque?
Si on fait le diagnostic au début, on enlèvera au plus tôt le kyste fœtal comme une tumeur.
A partir du cinquième mois on peut songer à l’enfant, et temporiser jusqu’au septième ou au huitième mois, mais prêt à intervenir; on sera guidé par l’état de la mère (1)..
Le danger et la difficulté de l’enlèvement du kyste ont fait naître deux procédés de traitement de la poche fœtale.
Conservation du sac. — On tamponne jusque sur le sac; on unit celui-ci aux téguments par une rangée de sutures en ayant bien soin de ne pas pénétrer dans le sac mais de cheminer dans l’épaisseur des parois : on ouvre le sac, on retire le fœtus par les pieds, puis on lave la poche à la solution saturée de naphtol et l’on bourre de gaze.
La guérison par exfoliation du placenta et granulation de la poche est longue (procédé de choix).
Ablation du sac. — On va sur le sac et on le suture pro-l visoirement aux lèvres de la plaie. On l’incise en évitant les vaisseaux; extraction du fœtus, ligature du cordon, puis décortication du placenta et du sac en se rendant maître de l’hémorragie par des pinces, la compression temporaire, etc. (Voir S. Pozzi, Traité de gynécologie.)
Toutes les fois que survient un accident du côté du kyste, recourir à la laparotomie rapidement.
Quand le kyste est suppuré on le traite comme un abcès pelvien.
Bien d’autres procédés de guérison ont été proposés : la cure de la faim, l’injection de morphine dans le sac, l’électrisation pour tuer l’enfant, la ponction, enfin, comme opération, l’extraction par le vagin ou élytrotomie.
(t) Société de chirurgie, janvier 1896.