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II. — VERSION PAR MANŒUVRES INTERNES ( Version pelvienne

La version par manœuvres internes est encore appelée version pelvienne ou podalique parce qu’elle consiste à substituer la présentation pelvienne, mode des pieds, à la présentation initiale.

La version par manœuvres internes se pratique dans les présentations de l’épaule pendant le travail.

Conditions nécessaires à sa possibilité. — 1° Il faut que l’orifice du col soit complètement dilaté ou dilatable.

2'- Il faut que le fœtus soit mobilisé ou mobilisable. Inutile de tenter la version lorsque la partie fœtale est trop engagée : ceci est de toute évidence lorsque le bras est sorti jusqu’à l’aisselle.

SOINS PRÉLIMINAIRES

3° Il faut qu’il y ait encore dans l’utérus une certaine quantité de liquide. Plus il y a de liquide et en général plus le fœtus est mobile, d’où l’indication de perforer les membranes dès que la chose est possible, et de pénétrer immédiatement après dans l’utérus pour avoir le plus d’eau possible.

4° Il ne faut jamais faire la version quand l’utérus est contracturé sur le fœtus; on pourrait peut-être quelquefois, quoique rarement, réussir, mais en risquant d’amener une rupture de l’utérus.

Soins préliminaires. — On doit prévenir la famille du risque de l’opération — en termes mesurés, sans exagération — pour l’enfant et aussi pour la mère.

On se précautionne d’aides suffisamment nombreux et sûrs ; leur nombre varie suivant qu’on opère le jour ou la nuit; trois au moins sont indispensables. Il est bon d’avoir un confrère ou une sage-femme.

On se munit de tout ce qui est nécessaire pour parer à une hémorragie, pour faire des lavages, ranimer l’enfant.

On met bas son habit, on s’aseptise jusqu’au-dessus des coudes. On ausculte l’enfant et s’il y a lieu on applique un lacs sur le bras qui pend.

Le plus souvent il est nécessaire d’anesthésier la femme. Celle-ci endormie est mise dans la position obstétricale. On vide ou mieux on fait vider la vessie, et on pratique ou fait pratiquer la toilette rapide du vagin et de la vulve.

Puis l’accoucheur établit le diagnostic le plus précis possible de la disposition du fœtus; dos en avant, dos eu arrïèi*e, et dans chacune de ces variétés, s’il s’agit d’une présentation du tronc, épaule droite ou épaule gauche. Ceci est capital. On ne doit jamais commencer à manœuvrer sans cette constatation préalable méthodique et minutieuse : c’est d’après les résultats de cet examen qu’on choisit — la main à introduire — la voie à suivre, — le pied à saisir.

La version par manœuvres internes comporte trois temps :

1° Introduction de la main;

2° Saisie d’un pied;

3° Extraction.

VERSION

Chacun de ces temps comporte des préceptes généraux et des préceptes particuliers, les plus importants.

Préceptes généraux. Introduction de ta main. — Cette main doit être ointe de vaseline sur sa face dorsale et ses doigts seront ramassés en cône, formant fuseau. Lorsque la poche des eaux n’est pas rompue, on attend qu’il se produise une contraction ; alors on perce la poche et immédiatement on introduit la main pour aveugler la voie d’eau. Si pendant l’introduction il survenait une contraction, la main serait

Fig. 96. — Version par manœuvres internes.

La main, les doigts réunis en cône ou en fuseau, est introduite dans le vagin et va pénétrer dans le col dilaté.

placée à plat — tapie — sur le fœtus, et maintenue appliquée jusqu’à ce que la contraction ait cessé. La main introduite repousse la partie fœtale qui se présente et passe, soit en avant, soit en arrière du fœtus (suivant qu’il s’agit d’une dorso-postér. ou antér.), et remonte jusqu’au fond de l utérus. L’autre main, placée sur le fond de l’utérus, le soutient.

Saisie d’un pied. — La main cherche à saisir un pied, un seul , dont le choix est variable suivant les cas. Aussi ce deuxième temps se compose-t-il de deux temps secondai-

EXTRACTION DU FOETUS

res : premièrement, recherche d’un pied et diagnostic du pied touché (1) droit ou gauche, qu’on fait d’après l’image mentale qu’évoquent la direction du talon et la situation du gros orteil; — secondement, saisie du pied accroché entre l’index et le médius au-dessus des malléoles. La saisie de deux pieds doit être exceptionnelle : on place alors le médius

Fig. 97. — Evolution et extraction du fœtus.

Sur la figure, la main a saisi les deux pieds, et, en s’en servant, essaie de faire évoluer le fœtus ; la main placée sur l’abdomen, favorise de son mieux le mouvement.

entre les deux petits membres et on agrippe les malléoles

(1) On recommande souvent de saisir les deux pieds, la saisie d’un seul pied étant un procédé de nécessité : nous renversons la proposition. Kilian a fait remarquer que la saisie d’un seul pied avait sur la saisie des deux pieds cet avantage que la pré-

VERSION

externes, d’un côté avec l’index, de l’autre avec le médius.

Extraction. — Le troisième temps peut encore être dédoublé.

1° Le pied saisi, on tire dessus pour faire évoluer le fœtus, pour lui faire faire la culbute : cette mutation doit s’opérer dans Yintervalle des contractions.

Fig. 98. — Extraction du fœtus.

Les deux membres inférieurs dégagés, l’accoucheur saisit chacune des cuisses dans la main homonyme, le pouce sur la fesse et les quatre derniers doigts placés dans le pli inguinal.

sentation du siège grossie de la cuisse restée relevée, dilate davantage le canal génital et prépare les voies pour l’expulsion facile du tronc et de la tête.

La saisie d’un seul pied — procédé de choix — est la conduite préconisée pa^ Farabeuf-Varnier.

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