OPÉRATION CÉSARIENNE
ration. Brossage et lavage des voies génitales externes et de l’abdomen; lavage et rinçage du vagin. Lavage vésical à l’eau boriquée.
Les cuisses de la femme sont entourées de ouate ou de flanelle.
Comme table d’opération, on peut prendre une table très propre et pas très haute ; une table en bois blanc solide fera très bien l’affaire ; sans cela utiliser une table de salle à manger dont on a rabattu les volets. Elle sera recouverte non pas d’un matelas, mais de draps blancs, frais lessivés, qui en tiendront lieu.
La malade étant endormie, un aide qui ne participe pas directement à l’opération, vide la vessie (essentiel).
Des compresses sont placées sur l’abdomen.
incision de l’abdomen. — Incision de la paroi abdominale sur la ligne médiane de 15 à 18 centimètres de longueur, commençant au-dessus de l’ombilic qu’elle contourne à gauche et s’arrêtant à 4 centimètres de la symphyse. Pinces sur les vaisseaux. Au fur et à mesure qu’on incise, les aides étanchent et cachent la plaie avec les compresses éponges.
incision du péritoine. — On soulève le péritoine avec une pince, on y fait une petite boutonnière dans laquelle on passe une sonde cannelée sur laquelle la séreuse est ouverte.
La cavité abdominale ouverte, les aides ourlent immédiatement la plaie de compresses éponges, munies de pinces : s’il y a du liquide on l’étanche. On applique la paroi abdominale contre l’utérus dont le globe fait hernie dans les lèvres de la plaie.
incision d® l’utérns. — L’utérus est ramené sur la ligne médiane, on le palpe doucement (pour ne pas l’exciter) afin de tâcher de sentir l’adhérence placentaire et si possible l’éviter. Puis on incise l’utérus sur une longueur de 4 à 5 centimètres, on introduit dans la plaie son doigt, préalablement trempé dans une solution de sublimé, et on explore la cavité utérine rapidement, à la recherche de la situation placentaire; enfin, sur ce doigt à l’aide de
ciseaux, on agrandit l’incision de l’utérus en haut et en bas ; ce temps doit se faire vite, sans s’inquiéter du sang. Si, par malheur, on tombait sur le placenta, on l’inciserait franchement.
L’ouverture de l’œuf se fait souvent au moment même de la section de l’utérus et un Ilot de liquide indique la ponction des membranes.
Extraction du foetus. — On saisit la partie quelconque, qui se présente au niveau de l’ouverture, on s’en sert pour extraire le fœtus et, si besoin est, on emploie le forceps ; on applique deux pinces sur le cordon, entre lesquelles on le sectionne, et on enlève l’enfant.
Extraction <ic l'arrière-faix. — L’enfant extrait, sans s’en occuper — cela regarde les aides — on plonge la main dans l’utérus, on décolle l’arrière-faix, s’il ne l’est pas déjà, on vide complètement l’utérus, tandis qu’un aide fait une injection chaude d’eau bouillie à 45 degrés pour arrêter le sang, et au besoin on fait une injection souscutanée d’ergotine.
Si l’hémorragie persistait, on pourrait prendre une serviette pliée en cravate, qu’on enroulerait rapidement autour de l'utérus, et qu’on tordrait comme un garrot (SaëngerSj
Enfin comme dernière ressource, on ferait une ligature élastique, et l’amputation de l’utérus.
L’hémorragie est effrayante : il faut s’y attendre, et, sans précipitation, user des différents procédés d’hémostase à sa disposition.
Suture de l’utérus. — L’hémostase faite, l’utérus est entouré de compresses. Si le col n’est pas très perméable on place un tube dans le canal cervical allant dans le vagin, ce tube, important, doit à peine dépasser l’orifice interne du col. On lave, tamponne, une dernière fois, et on pratique la suture :
Un plan profond.
Un plan superficiel.
On aura recours aux sutures en surjet.
La suture 'profonde sera faite avec du fil de soie aseptique, à l’aide de la grande aiguille courbe.