LAVAGE DU SANG
ses on peut utiliser une simple canule en verre à pointe fine (Lejars).
Au bock on pourrait préférer un flacon à deux tubulures dont la tubulure supérieure serait obturée d’un petit tampon de ouate.
Tout l’appareil est stérilisé par ébullition.
Le manuel opératoire varie suivant qu’on pratique une injection veineuse ou une injection sous-cutanée.
h' injection veineuse doit être faite sous pression modérée. Un aide soulève le bock et pince le tube en caoutchouc pour empêcher le liquide de s’écouler.
La veine médiane céphalique est rendue saillante par la compression du bras exercée par un aide; la veine est dénudée par une courte incision parallèle à sa direction, liée (Lejars), puis ouverte au-dessus de la ligature. La ligature n’est pas indispensable. On laisse couler le liquide pour bien purger l’appareil, et on introduit la canule de bas en haut dans la veine. L’introduction de la canule est facilitée par une pince qui maintient béante l’ouverture de la plaie veineuse. On cesse la compression du bras avant que le récipient ne soit tout à fait vide, on pince le tube et on retire la canule si l’injection est jugée suffisante, ou l’on rajoute de la solution si le lavage ne paraît pas assez complet.
L’injection terminée, on met un point de suture sur la plaie et on panse.
Si l’on est obligé de faire une nouvelle injection on découvre le segment immédiatement supérieur pour procéder comme devant.
La quantité moyenne de liquide à injecter chaque fois est de 1,000 à 1,500 grammes.
On a injecté jusqu’à 5 litres.
On peut être obligé de renouveler deux, trois*, quatre fois dans la journée cette injection.
Le liquide pénètre ordinairement avec facilité et les malades se rendent bien compte de la pénétration. L’injection n’est en général pas douloureuse ; parfois la patiente se plaint, vers la fin, d’un peu de dyspnée.
PATHOLOGIE DES SUITES DE COUCHES
L ''injection sous-cutanée se pratique à l’aide du même appareil et suivant les précautions ordinaires employées lors d’injections interstitielles.
Il faut choisir une région à tissu cellulaire abondant et enfoncer profondément l’aiguille. J/injection est beaucoup plus longue à pénétrer.
On injecte ainsi 4 à 500 grammes de solution qu’on répète au besoin. On peut facilement faire absorber 1,500 à 2,000 grammes de liquide par le tissu cellulaire en vingtquatre heures (1).
PIILEGMATIA ALBA DOLENS
Une phlébite oblitérante peut apparaître dans l’un ou dans les deux membres inférieurs de la femme accouchée, constituant la phlegmatia alba dolens des suites de' couches actuellement considérée comme une manifestation tardive et atténuée de l’infection puerpérale; Widal a montré que le streptocoque de l’infection puerpérale charrié par le sang vient irriter l’endothélium, provoquer une inflammation de la paroi et amener par suite la formation d'un caillot.
Symptômes. — La phlegmatia survient très exceptionnellement chez une femme à la suite de couches normales, mais les symptômes infectieux sont quelquefois très atténués et la courbe thermique peu élevée.
Pinard a signalé comme signes précurseurs, des douleurs d épaule, des points de côté, des crachats hémoptoïques dus à de toutes petites embolies. Puis brusquement survient une çlouleur, au niveau de la région où s’est fait le caillot, et c’est en général au niveau d’une fosse iliaque, du creux
(1) Lejars, Presse médicale , l01' janvier 1896. Société de biologie, mai 1896.
Jayle, Presse médicale, 4 janvier 1896.
S. Pozzi, Michaux, Monod, Société de chirurgie, décembre 1895 et janvier 1896.
Ces injections sont les mêmes que celles qu’on emploie lors d’hémorrhagies graves. On obtient dans ces cas des résultats appréciables, même avec des doses faibles, 40 à 50 grammes (Segond).
PHLEGMATIA ALBA DOLENS
poplité, du mollet. La douleur est de caractère variable — sourde ou aiguë; elle s’accentue par la pression, par les provocations de mouvements.
On voit alors apparaître rapidement de l’œdème commençant en général par l’extrémité du membre pour l’envahir tout entier; œdème blanc, lisse, rarement rosé-. L’œdème est plus ou moins dur, plus ou moins mou suivant l’intensité du gonflement; à la palpation — faite très doucement — on reconnaît, à la douleur provoquée, et aux nodosités appréciées parle doigt, le trajet du tronc oblitéré. L’articulation du genou contient assez souvent du liquide.
La température est un peu plus élevée, de quelques dixièmes, que la normale. Si la courbe thermique monte brusquement, c’est que survient une complication, probablement un envahissement phlébitique de l’autre côté.
La phlegmatia à marche commune disparaît en un mois, six semaines. Parfois apparaissent des complications, des poussées lymphangitiques, quelques points de sphacèle, des phlegmons.
Dans quelques cas, à la phlegmatia survit un espèce d’œdème chronique ; on observe-aussi, consécutivement, des névralgies rebelles, des raideurs articulaires, des atrophies musculaires.
Comme complication, il faut enfin citer la mort subite à la suite d’embolie, par syncope; dans quelques cas elle survient par asphyxie, due à des infarctus pulmonaires.
Le diagnostic est facile ; on ne confondra pas en effet la 'phlegmatia alba dolens avec l’œdème péri-malléolaire qu’op. observe quelquefois chez les femmes les premières fois qu’elles reprennent la position verticale, œdème qui disparaît au lit; on la distinguera aussi, avec un peu de soin, de l’œdème des femmes albuminuriques.
Le pronostic est actuellement infiniment moins sérieux qu’autrefois. Il ne faut pourtant pas perdre de vue la possibilité de quelques accidents graves, et surtout de la terrible surprise de laquelle aucun accoucheur n’est à l’abri — la mort subite.
Le traitement est tout d’abord un traitement préventif :
PATHOLOGIE DES SUITES DE COUCHES
soins antiseptiques — condamnation des accouchées à un repos sévère et prolongé. C’est souvent lors de levers prématurés, vers le quinzième jour, qu’apparaît la phlegmatia.
Quand la maladie est constituée repos absolu avec enveloppement ouaté.
C’est généralement vers le quarantième jour après la cessation des accidents fébriles qu’on permettra à la femme de se lever. Mais il n’y a là qu’une indication générale que peut faire modifier l’observation de la malade.