MORT APPARENTE DU NOUVEAU-NÉ
Asphyxie bleue. — On coupe rapidement le cordon et on laisse saigner le bout fœtal.
Introduisant un doigt dans la bouche et l’enfonçant jusqu’au niveau du larynx on le débarrasse des produits qui pourraient l’obstruer : sang, liquide amniotique, mucosités, puis on essaie de provoquer la première inspiration.
1° Par voix réflexe , en chatouillant l’abdomen, la plante des pieds ; en flagellant la figure, les fesses avec la main ou avec une serviette mouillée; en excitant la peau par des frictions alcooliques; en titillant la muqueuse nasale ou la muqueuse pharyngo-laryngée avec les barbes d’une plume; en plongeant l’enfant dans un bain très chaud, dans un bain sinapisé.
Enfin dans cette catégorie de procédés il faut ranger le procédé de Laborde, ou les tractions rythmées de la langue.
On saisit la langue de l’enfant soit directement avec les doigts, soit en l’entourant d’un mouchoir ce qui donne une meilleure prise, soit avec une pince ; on peut utiliser une pince à forcipressure, mais en modérant la pression et surtout il n q faut jamais serrer jusqu’ au cran d'arrêt ; Collin, sur les indications de Budin, a construit dans ce but une pince à pression automatique et à large surface de préhension assez commode.
On attire fortement la langue au dehors et on lui fait exécuter des mouvements énergiques d’avant en arrière, en tâchant d’imiter le rythme de la fonction respiratoire.
L’excitation de la base de la langue et surtout sa traction exercent une action puissante sur le réflexe respiratoire.
2° Par voie mécanique , en pratiquant la respiration artificielle.
Pour cela, saisissant à pleine main les deux bras, on les élève et on les porte en arrière (agrandissant ainsi la cage thoracique) puis par un mouvement de circumduction on les rabat en les croisant sur le thorax sur lequel on appuie. On pratique ainsi alternativement l’inspiration et l’expiration.
SOINS APRÈS LA NAISSANCE
Par l'insufflation. — L’insufflation peut se faire de bouche à bouche. Mais l’insufflation directe, outre qu’elle ne donne qu’un air déjà brûlé, le fait pénétrer non seulement dans les voies aériennes, mais dans l’œsophage et l’estomac, qui se gonflant relève et refoule en haut le diaphragme, d’où gêne de la pénétration aérienne.
On la pratique surtout avec un instrument nommé insufflateur. L’insufflation mécanique a été combattue par certains accoucheurs, qui l’accusent de distendre outre mesure et de crever les alvéoles pulmonaires. Mais l’insufflation intermittente, bien faite, ne produit pas d’accident.
On peut faire l’insufflation à l’aide d’un simple tube recourbé par l’intermédiaire duquel on souffle directement dans la trachée; les instruments de ce type (insufflateur de Chaussier-Depaul) ont contre eux la difficulté de leur manuel opératoire — il faut leur faire franchir la glotte et éviter l’œsophage — et le reproche adressé à l’insufflation bouche à bouche — on insuffle de l’air déjà brûlé.
L’insufflateur de Ribemont comble ces desiderata. Il se compose d’un tube courbé dont la courbure a été réglée à
Fig. 122. — Insufflateur de Ribemont-Dessaigne.
[a suite d’expériences anatomiques nombreuses; son extrémité est disposée de telle façon que l’air injecté ne peut plus revenir. L’insufflation se pratique à l’aide d’une poire en caoutchouc qui injecte l’air normal et en quantité modérée , 25 à 30 centimètres cubes par insufflation.
On doit surtout avoir beaucoup de constance, interroger continuellement les battements du cœur qui doivent servir de guide; enfin il ne faut pas s’arrêter lorsqu’on aura ainsi obtenu deux ou trois inspirations spontanées. Pour être