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RÉGLEMENTATION DE L’ALLAITEMENT NATUREL

commencé, dans la formule générale suivante : il faut changer de nourrice quand l’enfant souffre de l’alimentation qu’elle lui donne ou quand la nourrice (maternelle ou mercenaire) est menacée dans sa santé.

L’enfant peut souffrir, parce que le lait est de quantité insuffisante : on s’en convaincra en pesant l’enfant après chaque tétée ; parce que la qualité du lait ne lui convient pas; on pourra s’en rendre compte par l’état des digestions (digestions pénibles — cris — lientérie — selles anormales contenant des grumeaux), par l’analyse du lait; cette analyse donne des renseignements précieux; il faut pourtant savoir que dans 'certains cas où le lait ne convient manifestement pas à l’enfant, l’analyse le trouve dans des conditions normales.

Il faut se méfier de la qualité du lait, lorsque sa quantité est suffisante et que l’enfant dépérit.

Faut-il cesser l’allaitementlorsque survientune affectation aiguë chez la nourrice?

Si l’affection aiguë est passagère, on mettra l’enfant en observation, particulièrement minutieuse, et on continuera l’allaitement. Si l’affection est une affection aiguë infectieuse à marche caractérisée (pneumonie, fièvres éruptives, fièvre typhoïde, rhumatisme articulaire, septicémie puerpérale), il faut changer de nourrice.

Ces affections fébriles diminuent, tarissent ou altèrent la sécrétion lactée, et enfin, il ne faut pas perdre de vue la possibilité de la transmission des éléments infectieux de la nourrice à l’enfant.

On suspendra de même l’alimentation dans le cas d’ictère.

Si l’aréole d’un sein présente des crevasses nombreuses, s’il y a des signes d’inflammation, on supprimera l’allaitement de ce côté, jusqu’à sa guérison; à plus forte raison agirait-on de même dans le cas d’abcès.

Si les deux seins sont pris, on changera de nourrice ou de mode d’allaitement.

Allaitement artificiel. — L’allaitement artificiel se pratique à l’aide du lait d’un animal.

438 ÉVOLUTION DU NOUVEAU-NÉ

Choix du Sait. — Dans le choix du lait, on doit rechercher celui qui se rapproche le plus de la composition du lait de femme.

Le meilleur, à ce point de vue, est le lait d'ânesse: il est alcalin — fait important, — et comme le lait de femme, contient peu de caséine et beaucoup de sucre. Il est moins riche en beurre moins nourrissant, ce qui n’a pas, dans les premiers temps de l’existence d’inconvénients. Il est légèrement purgatif ; mais l’accoutumance se fait vite.

Le lait d’ânesse est le lait de choix.

Le lait de chèvre contient, inversement, beaucoup de

caséine et peu de sucre de lait. Fait important : l’ânesse comme la chèvre est à peu près réfractaire à la tuberculose.

Le lait de vache est trop riche en beurre et en caséine. De plus, la vache est sujette à la tuberculose, et l’on a accusé le lait de vache d’être une cause de contamination tuberculeuse. Quoique le fait ne soit pas absolument démontré, jusqu’à plus ample informé, il doit être pris en considération sérieuse.

Mode d'administration. — L'allaitement artificiel peut être direct, allaitement sur l’animal ; ou indirect, allaitement à l’aide d’instrument.

Allaitement direet. — L’allaitement artificiel ne se pratique directement que sur l’ânesse ou la chèvre qui se prêtent bien à ce service; le trayon peu volumineux, long, est facilement saisi, et l’enfant s’y habitue facilement. Avant chaque tétée, on lavera les trayons avec un peu d’eau boriquée tiède, qu’on peut légèrement sucrer.

On remédie à la pauvreté en sucre du lait d’ânesse, en faisant prendre avant une cuillerée d’eau lactosée au bébé.

Fig. 12i. — Chèvre allaitant un enfant.

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