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CONDUITE A TENIR PENDANT LE COURS DE LA GROSSESSE

Nous supposons une grossesse normale, cas moyen.

Une femme reconnue enceinte, le premier but à poursuivre est de favoriser l’évolution normale de la période de gestation : le premier soin de l’accoucheur doit être de régler la vie de la femme enceinte, de veiller à son hygiène.

Plein air. Promenades. Voyages. — La femme enceinte ne doit pas rester claustrée. Un appartement aéré, le grand air, sont des conditions nécessaires à l’hygiène de la femme enceinte.

La femme enceinte sortira à pied tous les, jours si possible, mais sans aller jusqu’à la fatigue. Les promenades en voiture bien suspendue, au pas sur le pavé, à une modeste allure sur les routes, pourvu qu’elles soient courtes, peuvent être autorisées, mais surveillées.

La question des voyages est une question délicate à résoudre, car s’il est des femmes qui résistent à toutes les causes d’excitation utérine, d’autres font une fausse couche pour un rien, pour <tune lampe fumeuse ». On ne les permettra que dans les cas d’extrême nécessité, dans les voitures les moins cahotées, et si le voyage était un peu

long on le diviserait par étapes. Arrivée à destination, la femme doit se coucher et se reposer.

Théâtre. Soirées. — Les locaux renfermés, ou dont l’air est vicié par une grande agglomération de personnes, les salles de bal, les grands magasins, les théâtres doivent être proscrits; l’air y est surchauffé, surchargé d’acide carbonique qui est, nous le savons, un puissant provocateur des contractions utérines, et Depaul prétendait qu’il n’y avait pas à Paris de salle de spectacle où il n’eût été appelé pour une fausse couche.

Le théâtre, les bals sont en outre des causes d’excitation génésique qui sont à éviter.

Relations conjugales. — Les relations conjugales cessent ordinairement presque forcément pendant le dernier mois; mais dans les premiers mois où l’on est souvent consulté mais rarement écouté, à moins d’indication spéciale, on les permettra rares et modérées.

Ce sont surtout les primipares , qu’il faut surveiller de près. Chez une femme dont on connaît les susceptibilités utérines, l’on a des repères qui permettent plus aisément de tracer une ligne de conduite.

En règle générale, il vaut mieux ê're trop prudent. Telle personne qui trouve l’accoucheur exagéré dans ses craintes ne lui pardonnerait pas une autorisation suivie d’un accident.

Vêtement^. — La femme doit se vêtir amplement (pas de jarretières circulaires mais des jarretelles), chaudement, et éviter toute cause de refroidissement.

Le corset, dès que la grossesse arrive vers le troisième mois, doit être, si on peut l’obtenir, remplacé par une ceinture hypogastrique, qui soutient l’abdomen tout en servant de support aux vêtements intimes, et par un jersey qui emprisonne et maintient les seins sans les meurtrir. C’est l’idéal rarement atteint; les femmes qui veulent s’habiller consentent difficilement à ce sacrifice; on lait alors porter un corset de grossesse qui se rapproche le plus possible des dispositions réalisées par la ceinture et le jersey. Le corset de grossesse sera arrondi en bas,

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