C. Quel est l’état des voies génitales
D. Quel est l’état du fœtus?
Lorsqu’on connaît déjà la femme, qu’on l’a suivie, plusieurs de ces points sont déjà connus; mais il n’en est pas de même lorsqu’on est appelé pour la première fois : la simple affirmation d’autrui est insuffisante, il ne faut jamais s'y fier.
Celte femme est-elle réellement enceinte ? — Même à la dernière période on peut être trompé. Certaines femmes, et ce sont surtout des névropathes mariées depuis un certain temps, n’ayant pas encore l’enfant qu’elles désirent, non seulement offrent les signes objectifs de la grossesse, mais peuvent par une véritable auto-suggestion, et cela au moment du terme probable de cette grossesse présumée, présenter des phénomènes en tout semblables aux symptômes précurseurs de l’accouchement et on est appelé pour accoucher une femme qui n’est même pas enceinte; il faut entendre et sentir l’enfant pour y croire.
La femme est enceinte, mais est-eile réellement près (lu terme?
La mère ou son entourage qui compte d’après les époques menstruelles peut se tromper. Lorsque les règles
apparaissent par intermittence ou avec des irrégularités de date, les erreurs sont très possibles.
Il faut contrôler ces renseignements, en recherchant les signes de la descente de la partie fœtale vers l’excavation : le ventre tombe, la constipation devient plus opiniâtre, les mictions sont plus fréquentes et plus pénibles. L’on constate la hauteur du globe utérin, le degré d’engagement de la partie fœtale : ce signe est important chez les multipares où l’engagement ne se fait que dans la dernière quinzaine ; l’on se rend compte de l’état de ramollissement et de déhiscence du col, qui donne surtout des renseignements utiles chez les primipares où il se déforme plus tardivement, par étapes plus régulières que chez les multipares.
L’ensemble complet de ces signes ne se retrouve que dans la présentation du sommet fléchi.
Lafemme est enceinte, elle est près du terme, mais cstfllc en travail?
Si la femme ne présente pas de douleurs, elle n’est très probablement pas en travail, les rares exceptions de contractions sans douleurs n’existant pas pratiquement. Il est bon pourtant de ne pas les oublier.
Mais on peut croire à des douleurs du travail qui n’en sont pas ou méconnaître de vraies douleurs de travail. Ceci n’est pas très rare chez les primipares qui font appeler le médecin pour des troubles digestifs, des coliques intestinales qui paraissent d’autant plus vraisemblables qu’elles sont accompagnées d’envies d’aller au cabinet... et il s’agit de coliques utérines, de douleurs du travail (1).
Prendre, à tort, des douleurs pour symptomatiques du travail, est de beaucoup le cas le plus fréquent ; les femmes
(1) La connaissance de ce fait a une grande importance en médecine légale; il arrive assez souvent que des femmes affirment que leur enfant est tombé dans la cuvette lorsqu’elles se présentaient sur le siège croyant à des coliques intestinales; cela arrive, en effet, mais il est rare que la confusion persiste jusqu’à l’expulsion, et ordinairement l’excuse n’est donnée que pour dissimuler une faute.