‹ Manuel théoretique et pratique d'accouchementsChapitre 45 sur 256 · PÉRIODE PRÉPARATOIRE · texte numérisé non relu

PÉRIODE PRÉPARATOIRE

au moment d’une douleur plus forte, on engage la parturiente à pousser, à faire effort, on l’encourage, et l’on surveille les battements du cœur du fœtus; mais on ne doit toucher que rarement et après s’être soigneusement antiseptisé.

Le toucher ne doit pas se pratiquer sans but ; l’accoucheur ne devra pas se contenter — comme cela arrive trop souvent — de notions vagues fournies par des sensations peu nettes dues à l’absence de recherches précises de sorte que l’on n’est guère plus renseigné apres qu’avant l’introduction du doigt. Il ne suffit pas de savoir, il faut se servir de ce quon sait. Il est insuffisant de se borner comme on le fait ordinairement à noter la présentation, l’effacement et la dilatation du col, il faut établir le diagnostic de la position et suivre pas à pas l’évolution de la tête à travers la filière pelvienne ; la distance apparente séparant la partie fœtale de la vulve est parfois un trompe l’œil; l’arrière-tête peut apparaître lorsqu’on entrebâille la vulve et le sommet être encore au détroit supérieur; l’on peut sentir la tête tout près de l’orifice, si le bassin mou n’est pas creusé, si le périnée est épais l’accouchement n’est pas proche ; on recherchera donc soigneusement la sagittale et son. éloignement du sous-pubis pour mesurer l’engagement, on notera la position respective des fontanelles pour juger de l’état de flexion ou de déflexion de la tête et pour suivre le mouvement de rotation interne.

Cette première période est celle qui angoisse le plus la femme; n’ayant pas conscience du travail qui s’opère, ne sentant rien avancer, elle croit que ça n’ira pas. Fdle craint et redoute les douleurs.

Parfois, au moment ou dans 1 intervalle d’une douleur, la femme se sent mouillée et elle croit que ce sont les eaux qui se sont écoulées. On touche et on trouve la poche intacte; cet écoulement brusque et qui ne se répète pas est dû au bouchon muqueux chassé du col qui s’efface et s’ouvre; ces eaux, ce sont les glaires souvent assez abondantes.

Enfin, au moment d’une contraction, la femme sent un jet chaud, qui cesse lorsque la douleur atteint son maximum,

120 ACCOUCHEMENT DE L'ENFANT

pour recommencer lorsque la contraction s’atténue; on touche et on ne sent plus la surface lisse, tendue, criant le satin sous l’ongle, mais la partie fœtale : c’est la poche des eaux qui s’est rompue. Lorsque la poche se rompt, l’eau s’écoule; mais la tète descend, s’applique sur les bords do l’orifice du col et fait office de bouchon; lorsque la contraction cesse, la tète remonte un peu et le liquide s’échappe à nouveau.

En général la dilatation est à ce moment complète ; cependant quelquefois la rupture ne se fait môme pas lorsque la dilatation est à son maximum. Le fœtus peut descendre enveloppé de ses membranes et la poche amniotique ne se rompre qu’au moment de l’expulsion vulvaire de la tête qui emporte du même coup, comme à l’emporte-pièce, un lambeau de membranes : l’enfant naît coiffé. Malgré le préjugé populaire qui s’attache à cette disposition il ne faut pas laisser la poche en arriver là : les membranes tiraillées outre mesure peuvent amener des décollements placentaires dangereux. On ne doit pas attendre, et si, la dilatation étant complète, les membranes tardaient à se rompre, il faudrait les déchirer, pratiquer la Rupture artîfîeieiic des nieniliraucs (1).

On rompt les membranes avec l’ongle de l’index. Choisissant une portion des membranes qui repose sur la surface dure de la présentation, qu’on trouve à la périphérie de l’ouverture du col, on la gratte jusqu’à ce qu’on l’entame. L’ongle ne mord pas toujours facilement, il glisse sur la surface lubréfiée; on peut alors s’aider d’une allumette taillée en pointe avec laquelle on dilacère les membranes au moment d’une contraction.

Au lieu de se rompre tardivement, les membranes parfois se déchirent prématurément, avant que le col ne soit très dilaté; il peut arriver alors que la tête descende jusque sur le plancher pelvien, toujours contenue dans l’utérus, dont elle étire le segment inférieur, et, au toucher, on trouve le rebord de l’orifice utérin presque à la vulve :

(1) Voir, page 37, le diagnostic de la présence des membranes.

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