ALLAITEMENT
Le colosfntm est composé de sérum dans lequel nagent des débris épithéliaux; on y voit des corps muriformes, qui ne sont que des cellules épilhéliales sécrétantes et détachées, réunies et gonflées de corpuscules graisseux; ces corps muriformes éclatent, se répandent en fines particules qu'on retrouve dans le lait; il contient aussi de la lactose.
Le lait est un liquide formé pour ses 9/10"®' d'eau. Dans cette eau sont en suspension, en émulsion très fine, des globules graisseux, et Ton y trouve dissous du sucre de lait ou lactose (60 grammes par litre), et de la caséine qui, au contact du suc gastrique, se coagule. Il y a enfin en dissolution des matières inorganiques : phosphate de chaux, chlorure de potassium, phosphate de soude, de manganèse, etc.
11 contient aussi des gaz libres : acide carbonique, azote, oxygène.
Cette composition du lait varie physiologiquement, suivant : A. le moment de la traite; B, Vàge oui lait,
A. Dans une même traite^ plus on avance vers la fin, plus le lait s'épaissit. Lorsqu'on presse le mamelon, il sort d'abord un jet terne, presque incolore, qui devient de plus en plus blanc et crémeux. Il y a là une corrélation physiologique intéressante entre le développement et le fonctionnement de l'organe maternel et le développement et le fonctionnement de l'organisme infantile. Dans les premiers jours de son existence, Tenfant tête faiblement, superficiellement, et il n'absorbe qu'un lait très léger ; c'est grâce à ce fait qu'un bébé qui vient de naître peut être allaité par une nourrice dont le lait date de deux ou trois mois; il ne peut en prendre que les premières gouttes. Plus l'enfant devient fort, plus profondément il vide le sein et plus riche aussi est le lait qu'il prend.
Dans les premiers temps, pendant la première semaine, c'est surtout du colostrum^ du lait où la graisse et la caséine sont en minorité que la femme sécrète.
(1) D'après le vétérinaire Weber, le lait delà vache en gestation diminue de quantité et augmente en richesse plus on approche du terme. (Communication écrite in thèse Poirier, 1890).
ii2 ÉVOLDTIOS DU HOUVEAli-NÈ ^^"
Le lait a sa composition moyenne normale vers dix ou quinze jours; il atteint, au point de vue de sa composition, l'6lat parfait, comme quantllé et comme quolilé, vers six mois. Au bout d'un an, la sécrétion diminue, tout en donnant un lait nourrissant. La sécrétion lactée cesse vers diihuit mois, quelquefois un peu plus tard lorsque la femme allaite.
Au bout de la première semaine, une bonne nourrice sëcrâto environ un domi-Iitre et, au sixième mois (maximum] un litre par jour.
Une nourrice trop jeune (au-dessous de vingt ans), trop âgée [au-dessus de trente-cinq ans) fournit, en général, une quantité inférieure de lait.
Outre ces variations normales, dues à une évolution phjb'ologique, la quantité et la qualité du lait varient suivant un certain nombre de causes contingentes.
Une alimentalion msuffisanie diminue, une alimentation troji riche augmente les principes solides, en particulier le beurre : double cause (nourriture insuffisante, ou difficile à digérer} de dépérissement de l'enfanl.
L'alimentation est donc à surveiller chez les nourrices : une alimentation réglée est nécessaire pour une lactation normale et régulière.
Il importe de rappeler ici que les principes de certain» ingesta passent directement dans le lait; c'est lâ ud moyen précieux pour administrer — par une voie médiate — des médicaments, mais aussi une voie d'élimination el de passage dans l'organisme infantile, qu'il ne faut pas oublier.
Les règles diL^inuent les principes aqueux, rendent le lait pins lourd à digérer.
L'effet de la grossesse sur la qualité du luit est très discuté; la grossesse affaiblit le lait pour les uns; pour d'autres, elle l'enrichit. 11 est certain que beaucoup d'enfants peuvent être élevés par des femmes enceintes sans en souffrir. L'état de la sécrétion dépend surtout de l'état de santé des femmes, de la façon dont la grossesse les traite; l'on roit parfois lorsqu'une grossesse survient pendant la lacta-
ALUIIRMENT 433
tion les seins se flétrir, indice d'une activité moindre.
Toutes les causes de modilications ou d'irrËguiarité des actes Dutrilifs chez la mère : crises nerveuses, vie agitée, âmolions, nuisent à la boone sècrëtion lactée.
Les affections fébriles aiguës tarissent ou diminuent la sÈcrétion lactée; souvent l'effet est temporaire et la reprise de b' lactation peut se faire.
L'allstlement maternel exl nn devoir : c'est, de pluS, le meilleur des allaitements. Mais il demande a être pris au sérieux et il faut que les nourrices se condamnent à la vie sobre, qui est indisoensable â la bonne conduite de la lactation.
11 est des cas oi!i l'ullaitement maternel est une obligation, et où l'allaitement par une nourrice est interdit, quelles que soient les conventions de la famille avec une femme de bonne volonté c'est lorsque l'enfant est 3jT)hilitique : c'est un conseil formel que le médecin doit laisser par écrit.
À part la question de situation ou de nécessité sociale, trop souvent une excuse qu'il faut démasquer, il n'est que quatre motifs d'impossibilité à l'allaitement maternel admissibles :
l'Impossibilité, faute de lait; il peut y avoir absence totale ou à peu près totale, ce qui est une cause péremptoire ; mais il peut y avoir simplement insuffisance, et l'on doit faire profiter l'enfant eu partie de l'allaitement maternel et avoir recours à Valtailemiint mixte.
2° Impossibilité tenantàl'étatd'épuisementetdecacheiie de la femme.
3° Impossibilité due à la disposition anatomique du mamelon. Ces cas, du reste, peuvent être restreints par une malaxation, un étirement du bout du sein, que l'on fait avant l'accouchement. On a enfin inventé des bouts de sein; soit le bout de sein commun, qui suffit la plupart du temps, soif des télerelles bi-aspiralrices, do modèles variés : la femme aspire le lait dans le réservoir où le nouveau-né le pompe par succion à l'aide d'une tétine.
i° Si les mamelons étaient recouverts de croûtes d'eczéma
EVriLCTIOH DU NOUVEAt-SË ^"
1 faudrait encore renoncer à l'allai-
coupés d teinent,
Il en eel un cinquième, inadmissible en soi, mais auquel il faut se rendre ; c'est la mauvaise volonté tenace de la femme et de son entourage; il n'en est pas de pire.
ivonraioea. — Après l'allaitement maternel vient l'altaîtement par les nourrices.
L'allaitement par envoi en nourrice, sauf cas tuut à fait exceptionnels de très étroite surveillance, doit être proscrit; c'est le plus mauvais des modes d'allaitement; mieux vaut l'alfaitement artificiel.
Choix d-nue noopTice. — Elle peut être fille-mèw mère ; ceci est une affaire de préférence des familles.
Elle doit être âgée de vingt à trente ans; une miiltî{|| plus experte, est, en général, préférable.
Elle doit être d'une bonne santé, non seulsmenV; pas avoir de tare diathésique (tuberculose, syphilis, mais posséder des fonctions organiques régulières; non réglée, loin de son mari; propre. Voilà les conditions générales.
L'âge de son lait devra, le plus possible, se rapprocher de l'âge du nourrisson à lui donner ; on n'admettra pas plus de trois mois d'écart ; s'éloigner de cell« règle générale c'est s'eiposer à des déboires.
tes glandes mammaires devront avoir un mamelon bien conformé, souple, prenant et indolore. Le volume trompe souvent; ce qui fnil la valeur d'un sein au point de vue mammaire, c'est l'élément glandulaire et non la graisse qui