FIN DE LÀ GROSSESSE
ressentent des coliques, des tiraillements, etc., et croient qu'elles vont accoucher. Rappelons-nous que pour constituer un symptôme du travail, les douleurs doivent être lentes, intermittentes, et s'accompagner de contractions utérines, ce dont on peut s'assurer en palpant l'abdomen. Enfin l'on sait que pour Pinard la constatation par le toucher intra-cervical d'un commencement d'effacement est un signe de travail.
La fenime est en traTall, mais à qaclle période da traTail en est- elle?
On peut faire ce diagnostic d'après le caractère des douleurs, préparantes, expultrices, concassantes, et d'après l'examen du col : on vérifie à quel degré d'effacement et de dilatation il en est; on note enfin à quelle étape est le fœtus lui-môme.
Dans combien de temps la femme acconcliera-t-elle ? —
C'est une question à laquelle il faut répondre avec prudence, car toutes choses étant normales d'ailleurs, la terminaison dépend de la vigueur et de la continuité du travail. On peut se baser sur la durée moyenne de l'accouchement. Chez les primipares, il est environ de 15 à 20 heures, depuis les premières douleurs, et chez les multipares de six à huit heures. La période la plus longue est la première, celle qui s'étend des premières douleurs jusqu'à la dilatation; dès que la dilatation est faite, l'accouchement, chez une primipare, dure de 1 à 3 heures, et peut être extrêmement rapide chez une multipare.
DEUXIÈME SECTION
ÉTUDE CLTNiOUE fiÉT^ÈRALE DE L'ACOOCCHEMËNT
CH A ri TUE T'IlElireit SOINS PRÉLIMINAIRES
L'Krconckemcnl v* se faire. Qnclln coadottc tenir ? —
L'accouchement étant proche, il faut jtniparer li? Hou et le lit i)ù auront lieu l'accouchement, et ce qui peu! être nécessaire à l'accoucheur, à l'accouchée et à l'enfant qui va naître.
Chambre et Ht de r«c«<Hicbenieni, — La chambre doit êlre, le plus possible, vaste, aérée, parfaitement propre, et s'il est nécessaire, désinfectée. Elle sera, en hiver, maintenue h une bonne température. On la fera débarrasser de mcublesinutiles.derideaux et tentures nuisibles, et garnir de tables ou guéridons qu'on recouvrira d'un linge propre.
Le lit doit être spécialement préparé. Les lils de misère seront rejelés : ils sont trop bas, peu solides souvent, et dan.s quelques familles transmis de généralion en génération et d'une propreté douteuse.
Le lit, quand on a le choix, doit être pas trop large, écarté du mur pour qu'on puisse circuler autour, dépourvu de rideaux, nids à poussière qui, de plus, gênent.
Le lit est forcément souillé pendant l'accouchcmeiLt^ aussi, pour éviter les transports et laisser la femme propre, on bâtit deux lils, un définitif en dessous, et un deuxième provisoire superficiel qu'on enlève l'accouchement lerminé.
Sur le drap recouvrant le matelas, on pose une toile iS
ÉTUDE CLISIOUE GENËRALE UE L'ACC0UC[1EMENI il!
perméabk. formée soîl d'une toile en caontchouc soit d'une toil« cirée; du papier goudronné ou des journaux imbriqtnàa en une couche assoz épaisse peuvent remplir «e but. Sur cette toile on ces journauï on met nn second drap et puis la couverture ; mais cette rnuvertnre n'est pas bordée latéralement : on la déronJe et on la place an pied du lit. Sut ce lit définilir, ou me't le lit provisoire composé d'une toile imperméable, de papier goudronné ou de jour-
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iccondismeat.
naox recouverts d'un drap; sur ce drap, on place enlrarers, au niveau du siège, nn autre drap plié en quatre; on recouvre le tout d'une couverture.
Il faut que le lit soit à bonne hauteur, hauteur qui dépend un peu de la taille de l'accoucheur. 11 est nécessaire qu'il soit dur. ne s'enfonce pas, ne forme pas trop cuvette sous lo siège ; ou peut pour ce faire, placer soua le matelas une rallonge de taille, une planche à repasser.
Du linge, des serrieltes en provision, des récipients nombreux, ouvettes, brocs, sout nécessaires, et si l'accouche-
116 SOINS PltEUHINAIlLES
inenl parait devoir se produire pendant la nuit, il Taut demaudcT et l'aire préparer plusieurs bougies et lampes : au moment même rien ne serait prêt sans cette prëcautioD.
L'appareil à irrigation avec des canules de rechaoge sera* sous la maiD. Il faut se munir aussi d'uu bassin spécial pottr permettre à la l'emme de satisfaire ses besoins ; quand un De peul s'en procurer, on verra d'avance par quoi on peut le remplacer.
On veillera à ce qu'il y ait un bassin pour tes lavages et on fera préparer plusieurs litres d'eau bouillie, qu'on fera filtrer et garder dans des bouteilles bien bouchées avec des tampons de ouate bydrophile.
L'accoucbeur doit recommander qu'il y ait toujours du feu el de l'eau très chaude. Puis il prescrit des solutions de sublimé, d'eau phèniquée, d'acide borique, de la vaseline pbéniquée ou boriquée (30 grammes), de la gtize todoformée et de la ouate hydrophile, ou à son défaut, des com presses antiseptiques préparées e( conservées comme il a été dit.
Enfin, il fera souvent bien de faire acheler du savon et une brosse à ongle neuve pour l'enlourage.
Pour l'enfant, il s'assurera que sa layette est prête, qu'il y a de quoi le baigner, le poudrer.
Avis. — La sage-femme ou bien le médecin entreprenant un accouchement, quel qu'il soit, doit être prêt à toute éventualilé. Ceci est particulièrement essentiel à se rappeler lorsqu'on est appelé d'urgence dans des conditions inconnues et surtout à la campagne. Il ne faut jamais se fier et se laisser influencer par les renseignemenli donnés : c'est quelquefois plus facile qu'on ne pensait, mais quelquefois aussi beaucoup plus compliqué qu'on ne s'y attendait. Or qui peul le plus, peul le moins.
La sage-femme aura des C'seowar, des pinces d pressions, des serre-fines, une sonde intra-utérine et une sonde vésicnle, une poche à injection, des canules, un insufflateur, des paquets de sublimé, du fil de soie en flacon pour la ligature du cordon, sa brosse et sa lime h ongles.
L'accoucheur, outre ces instruments, aura de quoi faire
EOI.VS A DO:<SEU A Là FEMME une restawafion du périnée, son forceps, un ballon de Chom- ] petiers, uDe ou deux seringues à injection hi/fiodermique, \ un appareil à injection de sérum artificiel, du sérum ar-\ li/iciel (1), du cklorofonne {dont il est sur), de Yergntim s'il est appelé au loin, qu'il se munisse de quoi faire aul besoin une symphyiéotomie OMrabmaM'aQ mutilation, èasia- , iribe, embi'y/lome ou ciseaux de Dubois {2).
Soins A donner A In remme. — En premier Heu, il faut I vider les réservoirs. On débarrasse le rectum par un lave- I ment contenant deux cuillerées de glycérine ; les matières 1 tëcales, en s'accumulanl dans le reclum, formcnl une I tumeur qui gêne t'amplialion génitale et qui, durcie, a pu J même être un véritable obstacle à l'accoucliemeal; de plus J en vidant le rectum on épargne souvent à la femme l'issuft J involonla're de matières lorsque la tôte force le défilé infé-' rieur en laminant le rectum.
La vacuité vesieale doit être soigneusement surveillée'! pendant tout le temps de l'accouchemenl; au besoin si la J vessie est trop pleine, ce dont on s'apergoit en palpant la 1 région sus-pubienae où elle forme une tumeur globuleuse mate, on aura recours au cathétérisme. Si la tête | aplatissant la vessie arrêtait la sonde on tenterait de soulever le sommet avec un doigt introduit dans le vagin, et de | rendre perméable à la sonde le passage urélhro-yésical; | dans ces conditions, une sonde mulle est préférable à la I sonde rigide.
Au début du travail un grand bain est recommandable. Toutes les deux heures on donnera une injection antiseptique; en outre chaque exploration par le touchersera su' d'un lavage vaginal. Si la femme n'a pas élè préparée
(1) Voici la foriDule d'Ilayein :
Chlorure de aoJiuin. . . . S gramiacs,
Siillale ile.i'Oiide 10 —
Eau dislilléE iOUU —
(S) Ces précautions peuvent paraître luxueuses ; mais liÉmorraKie ne prévient pas, n'allend pas, et lonqu'on est h l quelques kiloni<itre9 de chez soi, roccaeion farorable pour uns 1 Intervtotioii utile peut êlre nienquée — pur impossibilité d'ag'
us ACCOliCIIEHIENI IIR L'ESFAM ^
d'avanoc, on fera une première loilette très Boignie : l'injection accompagnée du rinçage du vagin fai1« avec une Eolution forlo, suivie d'un SBvonnage et d'un lavage avec cette même solution de la vulve et de la région péri-vulvaire, pénil et l'ace interne des cuisses.
Cont>iie régime on permettra au début du travail quelques alimcntsâolides, elplus tard du bouilloHda lait, du vin : ces aliments ëotodI pris en petite quanlilè à la fois; ilestprâlerahlo de répéter leur ingestion, que de risquer de provoquer des voniissementH par un repas trop copieux,
CIlAPITIiE II ACCOUCHEMENT
ACCOLXUEUIENT DE l'e.NFA?.'?
Conduite aicoir par r«i-coachenr. ^ Elle diffère suivant qu'on en est ft In Période Préparatoire de l 'accouchement .{effacement et dilatation) ou à la Période d'ExpnlMon.
cfriode pi^varatolFc. — Tout a été réglé à l'avance par l'accoucheur; il a constaté l'état de vitalité dn fœtus, sa situation, l'état du travail — doit-il rester là ou peut-il s'en aller?
S'il s'agit d'une primipare on peut faire de courtes sorties, vaquer à ses affaires, sans s'écarter trop loin, en donnant à l'entourage rindication précise des endroits où, suivant un horaire approsimatif, l'on pense se trouver. S'il s^agit d'une multipare et si la dilatation s'avance, comme l'accouciiemeDl peut se terminer rapidement, il est prudent -de rester. Dans les deux cas, du reste, il faut tenir compte do l'activité du travail.
Il vautnii«ui,à moins de douleurs eïlrômement rapprochées, ne pas demeurer tout lelempsauprésdeJalemme, et se tenir dansie voisinage, dans une pièce à c&të; les femmes ont de fréquentes envies d'uriner, des besoins d'aller à la garde-robe ou tout au moins des èpreinles et la présence de l'accoucheur les gêne; on revient de temps en temps,
cErtioDE rriEPABAToinE ua
au inomeat d'iHM douleur plus forte, on engage ia parlurienlâ à pousser, à faire effort, on l'encourage, et l'on eurveille les balteiSMils du cœ»r dn fœtus; mida on ne doit toudter que rarement et après a'ètre soigneusectenl anliseptisè.
>Le 1oi>»her oe doit pas se pralif[ii€<r sans but ; l'accoucheur ne d»vra pas se contenter — contme cela arrive trop souvent — de notions vagues fournies par dea semsartions peu nettes dues à l'absence de recberches précises de sorle que l'on u'esX guère plus renseigné après qu'avattl l'ioliroduclion du doigt. Il ite suîlit pas de gavoir, il faut «e ser-vitlie ce fii'oti sait. W est iasuFQsant de se borae>r comme ron le fait ordinairement à noter la prësenlalion, l'effacement et la dilatation du ool, il faut établir le diagnostic de la position et suivre pas à pas l'évolutiun ée la lële à travers la filière pelvienne; la disUnce appwrenle séparuTit la partie fœtale de la vulve est parfois un trompe l'teil; l'arrière- lèle peut apparaître lorsqu'on entrebâille la vulve et le sommet èlre encore au détroit supérieur; l'on peut BCttUr la tète tout près de l'orifice, si le 'bassin onou n'est pas creusé, si le périnée esl épais l'accouchement n'est pas proche; on recherchera donc soigneusememt la safittale el son éloignement du sous-pubis pouff mesurer l'engagement, on noiera la position respective des foMaitelles pour juger de l'élat de (lésion ou de déflexion d« la tête et pour suivre le mouveraeni de rotation interne.
Cetle première période est celle qui angoisse le plus la femme; n'ayant pas conscience dutravail qui s'opère, ne BMitant rien avancer, elle croit que ga n'ira pus. Elle craint et redoute les douleurs.
Parfois, au moment ou dans 1 intervalle d'une douleur, la femme se sent mouillée et elle croit que ce sont les eaux qui ge sontùcoulêes. On touuhe el on trouve la poche intacte; oet écoulement brusque et qui oe se répète pas est dû au bouobvn muqueus chassé du col qui s'efface et s'ouvre; ces «aus, oe sont Iles gUàres souvent assez abondantes.
Enfin, au moment d'une contraction, la femme sent un jdt obaud, qui cesse iorsque ^ douleur -atteint ë<
ACCOCCItEUENT DE L'ENFàHI pour recommeDCer lorsque la coniractioa s'atlénue; on touctie et on ne sent plus la surface lisse, tendue, criant le satin soua l'ongle, mais la partie fœtale ; c'est la poclie des eaux qui s'est rompue. Lorsque la poche se rompt, l'eau s'écoule; mais la tète descend, s'applique sur les bords de l'orifice du col et fait office de bouchon; lorsque la contraclioa cesse, la tèle remonte un peu et le liquide s'ècliappe à nouveau.
En général la dilatation est à ce moment complète ; cependant quelquefois la rupluce ne se fait môme pas lorsque la dilatation est à son maximum. Le fœtus peut descendre enveloppé de ses membranes et la poche amniotique ne se rompre qu'au nioraetit de l'expulsion vulvaire de la tôle qui emporte du même coup, comme à l'emporte-pièce, un lambeau de membranes : l'enfant naît coiffé. Malgré le préjugé populaire qui s'attache à celte disposition il ne faut pas laisser la poche en arriver la : les membranes tiraillées outre mesure peuvent amener des décollements placentaires dangereux. On ne doit pas attendre, et si, la dilatation étant complète, les membranes tardaient à se rompre, il faudrait les déchirer, pratiquer la RaptureariiOvielie de» membranes (1),
On rompt les membranes avec l'ongle de l'index. Choisissant une portion des membranes qui repose sur la surface dure de la présentation, qu'on trouve à la périphérie de l'ouvcrlure du col, on la gratte jusqu'à ce qu'on l'entame. L'ongle ne mord pas toujours facilement, il glisse sur la surface lubréfiée ; on peut alors s'aider d'une allumette taillée en pointe avec laquelle on dilacére les membranes au moment d'une contraction.
Au lieu de se rompre tardivement, les membranes parfois se déchirent prématurément, avant que le col ne soit très dilaté; il peut arriver alors que la lèle descende jusque sur le plancher pelvien, toujours contenue dans l'ulèrus, dont elle étire le segment inférieur, et, au toucher, ■ on trouve le rebord de l'orifice utérin presque à la vulve :
(i) Voir, page 31, le diagnostic de la pré se.