Tome II. 2*.Édii
persuadé que Fange de la paix y xûonte avec lui.
Il doit arriver le i4 au matin : ce sera deux jours ^ntore avant que les hostilités ne puissent jcommencer. On reste quarante-huit heures dans Tattente, et bientôt tout espoir s'évanouit.
M. de Metternich , en reconnaissant que les concessions de l'empereur Napoléon auraient pu faire la paix le lo ^ a répondu qu'elles étaient arrivées trop tard pour prévenir les liostilités. Il faut d'ailleurs en référer à l'empereur Alexandre, et ce souverain , qui devait arriver le 1 4 à Braiideitz , n'est plus attendu que le 1 5 ou le 1 6 par l'empereur d'Autriche.
Le retard de quelques heures a donc suffi , dans une crise de cette importance , pour fournir une cause dé guerre et d^ conflagration générale, et ce sont ceux-là même qui ont le plus parlé de leur désir de la paix , qui ont poussé le zèle jusqu'à se déclarer médiateurs^ qui s'armeAt rigoureusement d'une pareille raison ! Peut-on pousser la ponctualité plus loin? Jamais dérision ne fut plus amère !
La répugnance que Napoléon avait à se jeter dans lés bras de l'Autriche n'est déjà que trop justifiée ; elle va l'être encore davantage : la guerre est habile à révéler tous les secrets dé la politique.
Les alliés et {Autriche étaient déjà réunis de
principes açant que les traités eussent déclaré leur union. C'est l'Autriche elle-même qui , dans son manifeste, prend soin de consigner pour l'histoire cet important aveu '.
11 n'est donc plus permis d'en douter. Les pressentimens de Napoléon sont pleinement confirmés. L'armistice n'a été conclu que pour donner à l'Autriche le temps de compléter ses armemens ; le congrès de Prague n'a été inventé que pour aider l'Autriche à dénouer les engagemens qu elle n'avait pas le courage de rompre ouvertement. Les formes d'une négociation n'ont été adoptées que pour mieux déguiser le passage de la condition d'allié à l'état d'ennemi déclaré ; enfin , le cabinet de Vienne {fient d abuser de ce qu'il y a de plus sacré parmi les hommes : un
' Les routes de Bohème étaient depuis un mois préparées pdur le passage des armées russes et prussiennes. (Voir l'ouvrage du colonel fiutturlin y aide de camp de l'empereur Alexandre , 1 8 1 3 , pag. 36. )
M. de Mettemich , venant à Dresde pour négocier avec l'empereur Napoléon , sortait du camp de l'empereur Alexandre. {JRecit de ce qui s'est passe' à Dresde en i8i3 , par un Saxon, témoin oculaire, pag. i43.)
L'Angleterre donne à l'Autriche , pour prix de son accession à la coalition de i8i3, un subside de 5oo,ooo livr. sterl. en traites sur Londres. ( VoirP' ouvrage de M. de Monvéran, sur T /Angleterre; tom. vi^pag. ^5g,)
médiateur j un congrès^ et le nom de ta paix^.
Le i5 août , lempereor Napoléon allait quitter-Dresde, lorsque M. de Narbontie se présente. Notre ambassadeur a dû se retirer dé Prague dès que la rupture lui a ^é si^ifiée; il est parti de cette ville le 1 4- Le duc de Vicence , qui est dans une position plus confidentielle , ne revient pas encore. Ayant reçu du duc de Bassano l'ordre exprès de faire tout ce qu'il pourrait pour rester , et voulant concilier les convenances , il a demandé à se retirer à la campagne dans les environs de Prague , et M. de Metternich a mis aussitôt à sa disposition, de la part.de l'empereur d'Autriche , la résidence de Konigsgratz , qui appartient à ce souverain. M. le duc de Vicence y attend la réponse qui doit résulter de l'entrevue de l'empereur d'Autriche avec l'em* pereur Alexandre \
M. de Narbonne est porteur de la déclaration 4e guerre. L'empereur se plaît à répondre à cette explosion de haine par tm dernier vœu pour la paix. Sa botte sur le marche-pied de sa calèche , il dicte à l'un de ses: secrétaires l'instruction suivante pour le duc de Bassano :
* Réponse du cabinet de France à la déclaration de guerre de l' Autriche.
» Voir la fin de cette négociation ci-après pag. a35."
DE MIL HUIT CENT TREIZE. loi « L'Autriche médiatrice rendait toute concih liatioA impossible ; mais l'Autriche , en se dé- » clarant en état de guerre j nous met tous dans » une position plus vraie et plus simple. L'Eu- » rope est ainsi plus près de la paix , car il y a » une complication de moins* Eh bien , puisque » les alliés fondent tant d'espérances sur les » chances des combats, rien n'empêche de négofi cier en se battant. Écrivez à M. de Metternich » que je propose d'ouvrir dès aujourd'hui un » congrès dans une ville frontière qu'on neutra- » Usera '. »
M. de Bassano rédige aussitôt la note qui contient cette dernière proposition , et l'empereur est déjà loin de Dresde.
' La réponse de M. de Metternich à cette communication est du a I août. Elle n'a pour objet que d'ajourner indéfiniment la question deTouverture d'un congrès. On peut s'en convaincre en la lisant dans les pièces historiques qui sont à la suite de cette partie.
Flir DE LÀ TROISIÈME PARTIE.
SUPPLÉMENT
À LA TROISIÈME PARTIE