‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 36 sur 53 · Tome II. 2«.Édit · texte numérisé non relu

Tome II. 2«.Édit

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vient de lui prendre des voitures et des tirait neurs. Mais bientôt la Mulde le sépare entièrement de nous* Toujours bien > averti de rapproche de l'empereur, il s'est rcfplic précipitamment sur Zœrbig, où Bernadotte l'attendait *. . L'empereur ne craint pas de les trouver réunis. Il marche aussitôt contre eux, laisse à £i* lenbourg le roi de Saxe et le duc de Bassano , le grand parc et les équipages, et arrive le lo au soir à Duben ; mais il faut renoncer à atteindre un ennemi quirné veut rien compromettre. Blûcher et Bernadotte ne sont plus derrière la Mulde; ils se sont retirés derrière la Saale par la route de Halle. Quoi qu'il en soit , ce mouvement nops abandonne des avantages qui valent presque une bataille : Berlin est à découvert. . Le général Reynier se porte à marches forcées sur Wittenbçrg , fait levéç le siège de cette place que Bulow était occupé à bombarder , passe i'Elhe, tourne par lai rivé droite les ouvrages <jue Bernadotte a élevés sur la rive gauche ^ et s'empare successivement des popts d'Ackenetde Boslaw. La.divisioii Delmas suit , par la rive gau- ^e , le mouvement du général Reynier, et chasse l'eanemi , qui voulait tenir dans Dessau. Les

* Blucber fut pris au dépourvu. ( Vair Touvrage du colonel russe Butturlin, pag. 97.)

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 371 ponts que Blûcher a laissés derrière lui à Wartenbourg ne sont pas oubliés. Le général Betr trand y court et s'en rend maître.

Ces opérations ont lieu le 1 1, le la et le i3 ; elles interceptent toutes les communications de Bliïcher et de Bernadotte- On enlève leurs courr riers % q» enlève leurs fourgons *, etdç^.bord^ de l'Elbe s'élève comme un tojarbiUon*de ^^Tt dre et d'efFroi qui parcourt; rapidement tp»t le nord de l'Allemagne. : '

' Le sfeur Kraft , conseiller d^ambkssade russe , fut enlevé avec toiis ses papiers. .

* Bans. le nombre se trquf aient les équipages de Mot* eau. . k A Wittenberg , quelque^ jout^ av^nl: la bataille de » Leipsick, on intercepta des chariots et des effets, dans » lesquels étaient des papiers de Moreau qu'on renvoyait » à sa veuve, en Angleterre... » L'empereur fut au mo- 'ment de faire imprimer ces papiers dans le Moniteur; mais ^^^xislait encore en France quelques personnes aveuglément tenaces sur fopinion qu'elles avaient toujours conservée de Moreau , s'obstinant k le regarder comme une victime de, la tyrannie. La contre-révolution n'avait piis encore permis qu'on vînt sie vanter de ces actes désavoués jusque-là , et en réclamer la récompense. La circonstance d'inimitié personnelle arrêta l'empereur ; il ne trouva pas qu'il fût bien de la réveiller à son avantage , et de flétrir *un homtne qu'un boulet venait de frapper sur le champ de bataillei (Voir le Mémorial de Sainte-^He^ène , par le comte de Las^ases ; tom. 5 , pag. 4a5. )

Syi MANUSCRIT

Ce|)en(1aiit la marche du général Reynier et ilii gètaéral Bertrand par-delà l'Elbe n*est considérée aiitour de l'empereur que comme une dé- 'moilstration militaire aàsez inutile. On croit ne pouvoir arriver trop tôt à Leipsick , et l'on est asÀesà généralement disposé à blâmer un vain 'épouvantait qui retarde d'autant la réunion si déslisée dfe tous les Corps d'i^rmée sur la route de Mayerice; Combien rétonnement est grand lorsqu'on apprend que la marche de ces premières colonnes n'est que le commencement d'un grand mouvement sur Berlin; que le plan qui s'exécute est tout l'opposé de celui qu'on a rêvé; qu'au lieu de nuiFdier sur Lâipsieà , l'empereur rapelle à lui les troupes qu'il a de ce côté; qu'il ne s'arrête à Dûben que pour les attendre , et qu'enfin c'est Magdebourg qui va devenir le centre des opérations ultérieuresX'empereur lui-même n'eu fait plus un, mystère; il veut retirer l'a.mèe française derrière la barrière de l'Elbe, manœuvrer ensuite à loisir sur la riVe droite, entre Hambourg et Dresde; et, s'il faut tenir un mois dans cette position, mettre du moins le temps à profit, rançonner Berlin, dégager nos places de l'Oder, rallier toutes nos garnisons aux opérations de l'armée active, et saisir la première occasion favorable pour repasser l'Elbe , fort de tout ce qu'on aura réuni .d'avantages et de tous

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 373 ceux que de vaines manœuvres auront fait perdre à l'ennemi '. • ' •

Disons toujours la vérité : la hardiesse de ce projet ne trofuve que des censeurs. La plupart des chefs qui boudaient n'hésitent plus à se montrer mécôntens , et l'empereur entrevoit avec surprise que l'ardeur de tant d'hommes dévoués quand* on marche de succès en succès n'est pas^ à l'épreuve des vicissitudes trop long - temps"' variées de la fortune '. . '

Ai-je besoin d'ajouter que ce ne sont pas les ? dangers du combat que l'on redoute, la suite des événemens le fera voir assez; mais tel qui a de la résolution siir le ^hamp de bataille , n'en

■ Le plan de l'empereur était de laisserles alliés 6'avaDcer entre TËlbe et la Saale ; et , manoeuvrant sous la protection de» places et magasins de Dresde , de Torgan , de W^ittenberg, Magdebourg et de Hambourg, d établir la guerre entre l'Elbe et l'Oder (la France possédait sur l'Oder les places de Glogau , de Ciistrin et de Stettin); et, selon les circonstances , de débloquer les places de la Vistule , Dantzick, Zamosc et Modlin. Il y avait à esjîérer un te! succès de ce vaste plan que la coalition en eut été déiorganisée. ( Mémoires de Napoléon , à Sainte-Hélène , dictés au général Montholon; tom. 2, page ii5. ) •

* La fatigue et le découragement gagnaient le plus grand ' nombre; mes lieutenans devenaient mous, gaiicbes , iiraîadroits, et p^^r conséquent malheureux! Le vrai, c'est

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a pas toujours au conseil , et bien des têtes ont failli dont le cœur ne faillit jamais. Ici ce qu on redoute , ce qui met presque en révolte , c'est d'être séparé de la France peut-être pendant un mois entier. Tout disparaît à côté d'un tel malheur; et dans l'anxiété où tombent les esprits, on ne veut plus rien comprendre aux combifiaisons de l'empereur, quelque grandes qu'elles puissent être \

Cependant les journées du 1 1 , du la , du i3 et du 1 4 s'ëcofilent sans que l'empereur quitte

qn*eii général les généraux de» premiers rangs ne demandaient qne du repos... et l'eussent acheté à tout prix. (Voir le Mémorial de Sainte-Hélène , par lé comte de Las- Cases; toro. vi, pages 38, 5g et 4o.}

> A cette époque , les alliés ont intercepté les lettres de Paris au quartier-général , et les ont publiées. On y trouve de nouveaux indices sur les sentimens ;secrets qui combattaient alors la constance des chefs de l'armée^ nous n'en citerons que quelques passages :

Deux années de suite dans un pareil tourment (dit une mère à son fils ) , c'est au-dessus des forces humaines / '— Mon^cherami, dit la femme d'un général à son mari , pense sérieusement à te retirer, . . . nous aidons besoin d'un peu de tranquillité et nous n'en avons jamais joui l — /e suis lasse de cette vie (dit une autre)* Te savoir tous les jours exposé à de nouveaux dangers l Pénètre-toi bien de cette idée , et tu sauras ce qui vaut mieux des honneurs ou du repos! — Autie

Dûben. Il se tient presque toujours renfermé dans la chambre où Ion a placé sofi lit et ses cartes ". Le prince de la Moscowa et le prince de Neufchâtel y entrent souvent , vont , viennent, et paraissent fortement préoccupés; Si l'on veut apprécier à lem* juste valeur les accusations de despotisme , de tyrannie et d'entêtement dont tant de libelles cherchent à noircir le caractère de Napoléon , il faut le considérer dans ce moment. Voilà trois jpurs qu'il se laisse arrêter par les observations de quelq[)]es-UDs de ses compagnons« Il discute , il refait avec eux tous ses caU

fragment : Louis est donc prisonnier et blessé l voilà oit mèr nent les honneurs militaires ; voilà comment le b&nheur finit i Terminons ces citatioi^s déplorables : Un tel a été Xué, Si cela dure^ tout le monde jr passera ; ceux qui échappent dans une campagne y périssent dans une autre !

* Les quatrie jours que Napoléon séjourna dans le petit château de DiiLen, entouré d'eau, sont peut-être les plus ennujeux qu'on ait passés dans toute la campagne. J'ai vu Napoléon,, à cette époque, tout-à>fait désœuvré, assis sur un sopha dans sa chambre près d'une grande table sur larquçlle étaient ses cartes et une feuille de papier blapc qu'il remplissait machinalement de grosses lettres ! Son géogi;:*phe Dalbe et le secrétaire du cabinet étaient dans un coin de la chambre paraissant attendra des ordres ( Voir l'ouvrage du major saxon d'Odeleben» téinj^i 19 oculaire; tom. a.

culs '. En soulevant ce coin dû voile qui le couvre à Dûben , n'ai-je pas à craindre de fournir matière au reproche opposé , et qu*on n'en profite maintenant pour accuser Napoléon d avoir laissé gramlir autour de lui des volontés qœ te général Bonaparte n'aurait pas écoutées ^ ?

Enfin , après de longues hésitations , souvent un grain suffît pour fixer les incertitudes de la balance. On revient à la charge; le prince de Neufehàtel a reçu un petit billet daté de Munich : la défection de la Bavière est consommée ! Le roi a été entraîné plus rapidement qu'il n'avait calculé, et le traité, arrangé d'avance au quartiergénéral de Ried ?, par les deux généraux en chef de Wrède et de Reuss-Plaûen , a été signé le 8 octobre/

Cet événement devient le texte des nouvelles instances qui assiègent l'empereur.

. « Au moment où votre majesté , lui dit-on, à

' Napoléon paraît hésiter entre les deux partis : il consulte plusieurs officiers gé'néraux , et j'étais de ce"nombre. f Voir Touvrage du général Rogniat , pag. 393. ) • » L'homme découragé reste indécis , 'parce qtt*il ne voit devant lui que de mauvais partis ; et ce qu'il y a de pire ^ddns lès affaires, c'est l'indécision. {Mémorial de Sainte-^ Hé/ène, parle comte de Las-Gases; tom. , pag. 293.)

^ Le traité de*fli&d se trouve dans Marteris. (Voir aussi l'ouvrage de M. de Monvéran , pag. Z16 , tom, 7. ]f

DE MIL HUIT CENT TREIZE, 877 » arrêté ses projets de coTicentration sur Magde- » bourg, peut-être pouvait-on encore , sans trop » d'inconvéniens ^ rester pour quelque temps sé- }) paré de la France ; n^s , depuis cette incqnce- » vable défection de lawii^iere, la question n'est- » elle pas entièrement cfaan|[éé? ne faut -il pas » prévoir les autres défections qui yont suivre ? » Le Wurtemberg, Bade et Darmstadt seront »> entraînés par l'impulsion qu'on donne si vio-« » lemment au midi de l'Allemagne, L'armée au- I) tricbienne qui était sur l'Inn est sans doute i) déjà en marche pour, s'avancer sur le Bhin. » L'armçe bavaroise n'a plus qu'à la suivre. Elles » entraîneront avec elles tout ce qui se trouvera » sur leurs pas , et dès lors notre frontière va se j) trouver menacée, compromise, envahie. N'est-il » pas urgent de s'en rapprocher? G*est toujours » une chose fâcheuse , il est vrai, que de changer » de plan ; et le mal est ici d'autant plus grande » qu'il faut opérer sur le Rhin quand tout est » préparé pour opérer sur l'Elbe. Mais ije vaut-il D pas mieux s'y résigner que de tout compro- 1) mettre? Les circonstance^ commandent : elles » ont changé; ne faut-il pas changer avec elles? » Tels sont les raisonnei^nens par lesquels on cherche à faire revenir Napoléon de son premier projet. Cependant la défection de la* Bavière n'est pas un argument nouveau. L'empereur a

admis cejUe combinaison parmi toutes lesâiiires lorsqu'il s'est décidé à son mouvenient sur Mag^debourg ; mais il devient de plus en plus évident à ses. yeux que lei^chefs de larmée sont découragés , que. les Hommes sur lesquels, il comptait le plus poyr l'exécution de l'entreprise naroie qu'il médite ne sont plus disposés à un pareil effort , et qu'enfin il y aurait de l'imprudence peut - être à les mettre à cette épreuve. Quoi qu'il en soit , l'empereur se résigne à suspendre l'opération commencée , mais il cède ici contre son sentiment intime^ '.

Les généraux Reynier et Bertrand , qui n'attendaient plus que l'ordre ele s'avancer sur Berlin , sont rappelés. Pour arriver à Leipsick avant l'ennemi , il n'y a pas un moment à perdre ; il faut laisser le- maréchal Saint-Cyr à Dresde , le prince d'Eckmulh à Hambourg , le général Lefsarrois à Magdebourg , le* général Lapoype à Witteiiberg et le général Narbonne à Torgau. Cette nécessité est déplorable ; mais l'empereur est bien loin encore de la considérer comme définitive. Il vient de recevoir des lettres du roi de

■ n l'a dit plusieurs fois depuis ; et il le répétait toutes les fois qu'il jetait un coup d'oeil e^ arrière : il eût évité ses désastres s'il avait toujours suivi ses propres impulsions. 11 n'a failli que quand il a cédé à celles d'autrui.

îfaples; De nouvelles chances surviennent , et lès événemens qui se préparent peuvent remédier à tout Voyons ce qui se passe du côté de Leipsibk.

Le duc de Castiglione vient d'arriver. Un combat des plus brillans a signjulé le terme de sa route longue et difficile. L'armée de Bohème avait détaché contre lui des corps qui, le i6, se sont trouvées sur son passage entre Naiumbourg et Weissenfels. Il a fallu leur passer sur le ventre ^ et l'ennemi a senti dans cette rencontre tout le poids des vieux sabres que la cavalerie -du général Milhaud rapporte d'Espagne ^

De son côté, le roi» de Naples, après avoir disputé de front la possession de Penig etd'Altenbourg à l'avant-garde dû prince de Schwartzenberg, s'est retourné contre le corps de Wittgenstein, qui arrivait sur ses derrières à Borna. Contenant à la fois l'enuemi qiii voulait les suivre de trop près et celui qui entreprenait de les devancer, la cavalerie de Latôur-Maubourg et l'infanterie de Poniatowski ont réussi, après quelques

Composition de l'armée sous les ordres du duc de Castiglione,

e« A r> i^> t Cavalerie lécère do général Pira.

r- 'PVm'iT'^T* I Dragons du géner-lBerckeim. General Mil!i-ud. |. f^ da |énéral Lhérttier. '

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chances diverses, à surmonter toutes les* difficultés de cette position K

Le roi de Naplês se replie en ce moment sur la plaine méridionale de Leîpsick. Les corps du duc de Belliine , du duc de Castiglione et du général Lauriston s y trouvent pour Iç soutenir. Le reste de 1 armée n'a qu'une marche à faire pdur s y rendre; le duc de Raguse, détaché d'Eiîenbourg pour aller à leur rencontre, a déjà opéré son mouvement. Dans vingt-quatre heures la réunion complète de toute l'armée française peut donc être effectuée sous les murs de Leipsick.

Quant aux alliés, ils sont encore séparés. Le prince de Schwartzènberg, qui a mis douze jours à s'avancer dans la plaipe, n'était le i a qu'à Altenbourg*, et Bernadotte, après avoir suivi un premier mouvement qui le portiiit vers Schwartzènberg, parait avoir cédé à un second mouvement

* Le 12*, les Russes ont recii un sévère échec sous tes coups de la cavalerie française vaillamment conduite par Murât , qui chargea plusieurs fois , le sabre à la main , le premier sur l'ennemi , le dernier à la retraite. (Voir Toavrage de sir W^ilsoo , pag. 36. )

Dans tontes ces affaires , Poniatowski s'est couvert de gloire. (Napoléon, bulletin du i5. )

Schwartzènberg a quitté Tœplitz le 4 octobre ; le 5 y les souverains alliés s'était réunis a Commottau pouf descendre sur Leipsick.

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 38 1 qui le rappelle sur Berlin;. Des avis qu'on vient de recevoir annoncent qu'il fait en ce moment une contre-marche de Halle sur Coethen. Blûcher le suit sans doute. Toutes les probabilités se réunissent pour nous promettre que l'armée française sera en oaesure de combattre Schwartzenberg iso* lément *. \ ;

Du moment que l'empereur a conçu cet espoir, il a pris son parti : l'ordre du départ est donné. Avec quel empressement on l'exécute ! Sans entrer dans tous les calculs de notre position, on voit bien que le moins qui nous puisse arriver, c'est de retrouver la route de France , et la joie la plus vive brille sur tous les visages ! ^

• La conservation de cette capitale était d'une grande importance pour la -Prusse. Cette considération politique dut influer nécessairement sur le plan d'opérations adopté par les souverains alliés.. C'est surtout dans les conseils de guerre des coalisés que dés raisons de cett^.natur^ l'^pat** portent souvent sur les vues purement militîdres.,( Voir Fouvrage du colonel Butturlin , aide de camp de l'empereur Alexandre, pag. 92.)

* Un coup de tonnerre pouvait seul nous sauver , rien n'était perdu tant que j'avais pour moi la chance d'une batiiille , et dans notre position une seule victoire pouvait» encore nous rendre tout le Nord jujsqu'à Dantzick. ( Voir, le Memo^d^l de Sainle^ffelène , par le comte de Las-Cases ; %oxa. y i.^pdif^sZB et suivantes.)

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CHAPITRÉ m.

CHA.irO'EMBlfT DE DIRECTION. —- l'aRM^C SB RANGR AUTOUR DE LEIPSICK.

.Nous avons pu resserrer dans quelques pages^ les ëvénemens indécis du dernier mpis. Mainte-i nant les faits se pressent ; ils s'accuitiulent ; cha.-^ que jour i^urnirait uni ch^itre.

JOURBÉE pu l5. ,

Parti de grand matin de Dûben, l'empereur arrive de bonne heure à Leipsick. Cette ville est occupée deJDuis plusieurs jours par les forces réunies du duc de Raguse et db duc de Castiglione. En entrant dans le faubourg, Napoléon jette un coup d'œil sur la position de Pfaffendorf et sur le cours de laPartha, qui protègent de ce côté la défeiise de la ville.

Il traverse ensuite le faubourg de Halle. Arrivé sur les boulevarts, il suit les allées circulaires qui

enveloppent la vieille cité^ et la séparent de ses faubourgs ^ •

Bientôt le canon se fait entendreau m^i, danis la direction- de Pegau. L'empereur se: porte aus^

' l La vieille ville dé Leîpsick , qui n'est jpas<(brt étendue, e9t« renfermée daoïi une enceinfei irré^uliève dont rensem^ ble forme presque un carré; Cette enceinte. cAinsiistç. en n&0 yieille cbemise de maçonnerie couverte d'un fossé presque effacé et sans contrescarpe autour duquel règne un large boulevart planté de deux rangées d*arbres.

Quatre" portes ouvrent les communications entre la ville , vieille et ses boulevarts : • • * *

Au nord, lès portes de Halle et de Rûndstadt; c'est la routé de Lindenaû par le pont de TElster : à T orient, la .porte de Grimma : au sud , la porte Saint-Pierre.

Au delà des boulevarts sont de vastes faubourgs qui environnent la ville. '

Les fâubburgs du midi et de l'est sont fermés par des murailles ; des bamères sont placées aux points où les principales routes viennent aboutir.

.Les faubourgs du nord sont couverts par la Partba. A Test , du côté de Lindenâu , le faubourg de Randstadt , qui est celui de la route de Lutzen , est .un long défilé renfermé entre les marais de TElsteret la Pleisse ; il n'a pour entrée que le pont qui est au bout du boulevart, du côté de la porte de Halle, et pour issue que. la rue longue et étroite qui mène à la barrière de Macbransdtadt ; c'est par-là que toute l'armée française doit défiler. ( Voir r ouvrage du colonel Bnttorlin v aide de camp de i'émperei|r . Al^xaildre, pag« ,i6i}}

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