‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 43 sur 53 · Tome II. %•. Édit · texte numérisé non relu

Tome II. %•. Édit

4i8 MÀmJS<3ftlT

tion du moulin t Tout l'état major de Tarmée le

suit.

joi7tiié<B ou i8*

Dès la pointe du jour , Tennèmi , encouragé par rarrivée de nombreux renforts , s'est mis en mouvement'. Mais il n*a plus trouvé l'armée française sur remplacement de la veille* Les ruines silencieuses de Vachau et de Liebertwolkwitz n'ont plus opposé de résistance : tous nos postes avaient reculé d'une lieue.

Au moment où Tempereur vint se placer sur le Thonberg , les alliés avançaient à grands pas , poussant leurs têtes de colonnes sur toutes les directions. La plaine en est couverte ; elle retentit sous cette multitude d'hommes et de chevaux, et soua teà rou'es ferrées de tant de canons.

A droite, dans le vallon de la Pleiss^ la grande armée autrichienne marche sur le maréchal Poniatowski. Ce sont les corps de Hesse-Hombourg, de Lichtenstein , de Bianchi , de Colloredo , et les restes de l'armée de Merfeldt. L'armée polonaise ne compte plus que sept mille baïonnet*

. ' Depuis la journée du i6, les alliés avaient grossi leurs masses de plus de eent mille hommes. ( Voir l'ouvrage du colonel Butturlin , aifde de camp de Temperenr Alexandre ; t8i3, pag. lip )

DE MÎL HUÏt Cî:]?*!^ TREIZE. 419 tt$l^;'llfôl$^ avec le secours ife IS division Lèfol , ©He MiSt d'àbc*d pour arrêter Tavant-garde auhidiiehiïeiÈi Doseii;

Au centre , fes Russes dé Bârclày de ToUy et dé Wîttgensteiii , et lés Pibusstens de Kleîst , arrivent Tarine au bras sur le village de Probstbeyda, où le toi de Naples^ le duc dé Bëllune, le duc de tjastigUdné et le général Laurîstoil les attendent. tjé vilii^e fdti^^ xnâintenànt Tahgle saillant de \à ligné (^hçaise ; deux formidables batteries y ééâbtiès sûr ses flancs^ en défendent l'accès.

Sur notre gauche , Ife corps prussien de Zîethètt , Tartnéé autrichienne dé Klenau , Fatméé russe àe Benigseîi et le« cosaques de Platow mahdeùvreùt pour déborder lei dàc de Tàrente , qui est resté à Holzhausen ; mais celui-ci , vôyârtt qtte le tltomeht est venu Jexécùfér ses instructions^, rentre dans le mouvement général de refraîtfe, et vient prendre là placé qui Inî est désignée à Stœtteritz.

îhi éoté du nord , Blûcher et Bernadotte se disposent à franchir la Parthà ; le prince dé la Wfbscowa et le duc de Ragt:ise sont en position de leur disputeif le passage. Le général Heynier, pïafcé eh kiràiit dé Reudnitz , observe les deux i^outéft d'Eilehbbirç et de Bresdè, et couvre la cominuniôsition du prince de la Moscowa avec

4*o MANUSCRIT

La bataille devient terrible du moment où l'ennemi aborde la ligne qui forme la position définitive de l'armée française. On se heurte avec furie; mais^ quelques efforts que fassent les assaillans , ils trouvent partout une résistance invincible.

Le prince de Hesse-Hombourg, qui. dirigeait les attaques contre Poniatowski, est tombé blessé; mais Bianchi et Colloredp, qui Font remplacé , ont fait reculer les Polonais. L'empereur envoie le duc de Reggio , avec deux divisions de la garde , pour les soutenir. Il descend lui-même du côté de Dolitz; il est témoin de l'acharnement des Autrichiens , et des prodiges que fait la valeur polonaise pour en triompher.

L'empereur est rappelé sur la hauteur de Probstheyda. Il y arrive dans le moment où les alliés attaquent ce village avec le plus de fureur. Le général Pirch et le prince Auguste de Prusse y ont pénétré. Les chevaux de main , les blessés , tous les hommes inutiles se retirent en désordre. • Le brouillard et la fumée permettent à* peine de se reconnaître. Le tumulte de la mêlée couvre le bruit de l'artillerie. Napoléon , calme au milieu d'un tel bouleversement, pousse jusqu'aux rangs les plus avancés ; il dispose lui-même les l'éservcs de la vieille garde pour remplir les^-

DE MIL HUIT CENT TREIZE. i^i (les , et ne revient à sa position du moulin qu'après avoir rétabli le combat

Partout l'action ^e soutient avec un acharnement qu'il est impossible de décrire. Benigsen attaque Stœtteritz et ne peut parvenir à l'enlever au duc de Tarente; Wittgenstein et Barclay de ToUy reviennent à la charge contre Probstheyda, y pénètrent de nouveau, perdent ce village , le reprennent et le perdent encore. Bellune, Castiglione et Lauriston ont juré de ne pas abandonner la position.

Mais comme si ce n'était pas assez d'avoir à contenir de pareilles^ attaques, il faut tourner la tête da côté opposé , et parer à des incidens plus impérieux encore; Bliicher nous attaquait au nord avec non moins de vivacité que Schwartzenberg au midi ; mais son canon restait stationnaire sur la Partha. Tout a coup des feux plqs rapprochés éclatent presque derrière nqus, entre nos deux lignes , du côté de Beudnitz : cest le canon de Bernadottel L'indignation fait passer ce cri de. bouche en bouche , et les défenseurs de Probstheyda le répètent en déchirant leurs cartouches avec plus de fureur '.

* 11 est remarquable qne fe • moment où le prince de Suède tirait -sur Farmée française aux champs de Leipsick , ékt précisément celui où la France , agitée sans doute par

4a3 MANUSOEUT

Mais ooDtenooft les sMilUnens qui pouvrsiimt éclater dans ces lignes ; noim fCea aowi^^s ps^ aux derniers tvaits de ce gewte: <^esk niaintaiP^nt la hoote d'une araiée toute entière quU nojuo £uit racouter.

Bernadette mavobait sur Reodnîte; Tavroée saxonne du général Reynier Inî ^Msail faee : Ifena^ pereur suivait des y»u^ leur» moHTefif na ; ^oxhr

un pressentiment secret, faisait éclater ayec le jplus d'énergie , l'indignation qu'elle ressentait contre Bernadotte. Le i4» ie 17 octobre, et les jours snivana, les voûtes da Sénat et les lambru da p4^s de Saint -Clond retentissaient «ytc .aoaAèiDe de e« fiom ^attemi. Quoi I dtsait^m dans tous les di^couirs ,. et daas un miUier d'^dqssfiQ» » ()nQi ! Beonfidotte tire svf i^s légion* «pu ont f^ sa #(»^<tune ! il pse marcher contre l'enipereur , qui a été isou bienfaiteur ! Il vient coiiibattre la patrie qai V^ nourri dans son sein ! Renions ce Français ingrat ! poaisuwon& ce prince délojai ! En divisant la France et la Suède , il trahit également les deux nations auxquelles il^ doit le plus. L'histoire fein justice de sa félonie , et pans«»^t4L douner «A nouvel exemple des catistroi^es qui sont )ef jeux de* la fortune !

( Voir au Moniteur le Sénatus-cpnsulte du 1 4 Pptohre ^ le Discours du comte Chabrol , préfet de la Seine , an nom de la ville de Paris, le 17 octobre, et les nombrenses adresses qui i^empUasent les JIAoniteurs soivans, notamment c^s d'Orléans , de Corlimi » d' AW>9Nitti «t d'Aumalp. ) *

DE MIL mHT CmP TREIZE. i^, ^ai^im ^4q i^'oi^^fo ou œntM.de tuxltoiigiie.^

ilu géofiral Storcaaaia ont passé dti coté des alliés ; douze mitle hommes et quarante- pièces de canon, qui tout à l'heure tiraient contre Iqs allijps; tirent m^inteiupit.conli^ nous \

r.' ■■ ..a.! f i-f»^<iJKi"ji n ■Jf.ni. I I I ». 5'1'Jli' M .'1 *■■.■■■■.■ ■'■^' M? f '■t*"l

* Li9L€iky^rie <4a}|oiiiie {fcffmaiAe^'avaiiVgardQf 4a eobpiF 4e Hejni'eF. G^tte troupe y au lien 4e^ combattre leg Rosses , vînt ai|-deya4it 4'eux^, et htigu^. rhoonenr de faire kar avant-garde. Bientôt cet exemple fut suivi par Vinfanterie saxonne |»ost^ à Paunadorf , iaqueUe , àv«e deux régrMens ;if urtembetgeoia , se tourna ccaitre la division DaTutte-^^qfèi «tait en ligne àoteé d'eus. <¥oir l'ewvn^e dû 'colotiel B4tftiii4Hi^ j»dff 40 çamp^de l/etaspérvi^ AleHandrâ ; i^f3> .pag. lis.) • •-• •' ' t • ...•.♦

. Le OK>fivem0at <pft^ ifiB taxons êmm^ ûxl Avaaik pamt d'atbord si extrjiejrdiuuke à l'enuewàk , que le général autri^ dâcA de Bubna , qui commandait de ce c6té , crut devoir faire avaueer< sur eux la cavalerie du comte de liejpperg. Celui*-ei allait les charger avec ses btissards, lorsqu'titi oi&eier supétiavr saxon s'avança en agsUnt un* mouolfoir blanc y et pac^int à se bm .entends^..

D'abord leur monvi^m^nt:cst«clr qu'on fieat evomjqa'ilb ex^utent un oi?dre. Le génél»! Rejnier covit àeu£en }wàr eriant : « Oàattcx-^ons? que faite»-vo»s? » Qoelqnes |o«nfis oficwcsy levIaKmea aux yeux, le prient 4e se mtb^r *. «c N'ai««iex.pa8 , éuen^ï]»^ à notre infamie , celle de Irvrer » nojlre géwé»»! à l^easieml^. » A peine le corps saxon est>il ds«|s les mfigs 40» aUiés , qu'il signale ausait^ sa déCeoiien en faisant la décharge de toute son artillerie. ( Voir les

4^ . MANDSCtilT

. PoùD tdut aôtre qu0 Napoléon , la batafiHe était

perdoe; mais pour lui rîen n'ctet encére décidé;

Ilotes à la suite de rouvx^s^e da majorifàxdû OdekbeDi; tom. II, pag. 53i.) j

t.*artillerie russe et suédioise n'étant pas encore ai*rivée, le prince royal de Suède ( BerDadotle ) chargea le général itiMe èaron de Witl , d'inviter dé sa partl^officîer commandant ies batteries saxonnes k lui rendre le service de faire usage de son artillerie jmqti'à l'afrivëe des pièces nisses retenues dans les défilés. ( fieruadotte , dans son Bulletin •de Leipsidk. )

A^e (ie^nuiandant de VartiU^rie saxonne dit e^ arrivant Mvip les rangs eiiiieBiisr :'« Messieurs , je viens de bfôierlà » moitié de met 'mniiitions contre tous ;'n«aitrtetiaiit je' vais » tirer, le reste contre les Français.- * Lés fpétiéraux'russes et suédois qui se trouvaient là ne purent se contenir assev pdur cacher rindigoatiôn qu'ils épro<lvatent7 (Voir r6u- •vrage de M. GuilLauBïede Yaudoncourt;'^agJâr6.)

Lés fastes militaires eolit à jamais souillés ptv l'action de'S Saxons se retoumant. dans nosr raugs potft nous égôtger. fit , pour comblede douleur, c'est uu Français , un homme àjfui 1b sang français a procuré une eotEïronne, qtii nous porte ce coup de gvicm >(('AiéBio>'ial de Sainte^ ff^èné, par M cpittté(.de Las^ases ; tomi. vr, pag« 38. ) ' ' Au .milieu de la déloyauté générale, le roî de^WùrCem-^ berg présente, une exception bien hoiiorable. Ce jniucei quoique déjà en guerre avec nous j cassa la brigade de' ea- •valei*ieet les corps d'infanterie de ses troupes'qui passèr?ent à l'eimemi , et retira à leurs officiers la décoration de son ordre. (Mémorial tle Sainte^Héiène , par le eomte de Las* Cases } tom. vi , pag. 5a^. ) /

DE MIL fiUIT GENT^ TREIZE. 4ii ii^biem avec 'iâng^ftdid l^êrèriéniént ^,'éft il rie désespéré- pas (M sâliït dsé i'ai^mée ni de llionnëbi* de ses ariïiés. Il ]f)rénd^npÊrrtr^s'^lairice au grand galojp à' travers la plaiiïéy sé'éît^eant sui* Reudïiitz ; lés iféâèrve& delà gat*dey accotirént'sur ses

*^ Béïtiadôtté s'avançait', h'àyànt pitié en fête que la dîvïèiôn ifeiuf*ù(té. ' t.è^'pïince^ dé là îVÏosôowâ avait Hétacbé la divîsicin I)elmas pour barf eî* ïé fiâfeslge' âûlc. Suédois 'à'Kolgatten. Lé général Delmas et des files entières viennent dé ^ombei' SOùs^ tëà^ coTTps de l'âMHfef'ïe saxonne. Ltftfr'^ng tachea-àlôfag-tétnjiS IfeV |ytâines de Retidiiîtz f '^ '

L'empereur arrive pour rallier les divisions Bèlnias et Durùtte. t avant-garde de iB'erriâdbttê pénétrait dans Reudnit;^; elle n'était plus qu'à

* An inOiiiënt où la bataille e&t comprolnise par la 'déléc* tion de Tarméé saxonne,* un ennemi observe Napoléon 5 il est à ses côté»', parmi' ^ ses propres officiel ,' c'est ««n Saxon ; voici ce qu'il dit : « Jusqu'à ce moment Tempereiir tv s'étak monti'é daus le plûS grand calme, toujodrségtl k » lui-même ) pendant la bataille , iï était presque toujours » c(»nme à so-n ordinaire, froid, réfléchi et concentré. ^ Ce *» revers même ne - produisit aucun changement dans ison > maintien ^ quoiqu'on pàt observer des symptômes de dé« » couragement sur son visage. » ( Voir l'ouvrage du majai^ saxon Odeleben , témoin oculaire j tom. 11, pag. 32.)

49« BfiKlJSÇlUT

110 qti«rt d« lif^ 4^ {««ip^H^f ^ 46%9i|éd<H& aU laUnt iaifa tour jonctiooi avaç 1q$ &y«s^ de Be*nigtaiu Mw Kanso^^ «t^ ta oava^me de I9 garde et vî«gt pièce» d'art^Uevie , se j?tte à tvar ver» le9 feu* d» ^4Airal Pujbiia, qui forme la drmte de Benigsen, et ceux du prince Louis de He$ae-4ioiiibourg t* qfù fornie l'extrénie jg^ucfae de Beraadotte. Des charges réitérée» sur le flanc des colooi^nes suédoises i*aleiitissent le mouvement des alliés* La vieille garde achève de remplir la trouée.

. lie duo de Raguse et le jprinoe de la Moscow^ » restés eo Tair sur les bordsr de la Partha^ n'ea ont. pas moins triste à toutes les attaques;^ ils tiennent toujours daqs le village de Scbœnfeld **

* Le hesLU. village de Schœafeld est comme un faubourg de Leipsick. Enveloppé par T armée de Langerou, il est «MaqUié 4% flaac pcir Saiot-Prien, et de front par Kopceyrits ; 4mf^ iw- lea Rii««eft en d«vi4ianeiit 1^ maître» « et dem im Ai «n.a#aJ^ (Cbassé9 pav le coirp» de Marviiini. G«lqi-ci » %3^^Pift m«^t|(m^ HA m<me»| (j^ iiii|Aitîop9 , ei| ^ek emi^fi^ m^H délogé. Ney, relevant fe sixièwe corps pv,^» troir même y o«doA«« avx disi^ocui Ricard «ft Bcayer de reprenr dre Xfi. viUsge». .. Toat'le cûrpe de hmi^mm a été «i«msir ww«iieqt9i9é; il a pmbL le g^hénl ReiM et plwd» <ipitee mMk homam^ ( Yoir Vonvrage da«)lQiwl B^im^r \im^^ aide de canp de iejBfnnair AkiuwMfaw i i&Jk5 ,. pag. 137.)

DE MIL HUIT CENT TREIZE. ^a^ La divi^Qn, IjiagraDga ey ç|éfea4 comme 4 Mookern-

hsi promptitu4e du secoiirs a donc remédiée une partie du mal* Afauitenant Temp^rour , ior quiet de qe qui se p«si3e à Probstbeyda , reinonte au xDoulia. Il y retrouve toutes xios positîpm intactes. Aut^ut de. fois le V^lage de Probst^ieyda a été eulevé p^P leunemi y autant de io^h ^oi dé Naples e^t parvenu à le reprendre* A Sto^tê^ rit^ et k Connewit^ les alliée n^oot paa été plus heureux... • L'ennemi dira lui-mén)^ Dosfiblen «t$ attaques lui ont coûté cher <• Il ^ décide enfin à y renoncer. Déjà , en remaniant am mQijilui , Napoléon venait de r^mai^quer qu m.gramd mour vement «^'apérait d^ps^ i^ pûâttoas^ rapneœi; Lepr pfemiève ligne reculait sur une étendue immense, et la plus grande partie de leurs forces semblait se porter de notre gauclie sur uQtre droite. Cette manœuvre avait fiait un moment supposer que leur intention était de past&eir \% Pleiss pour égayer enfiQi^§^ wm fois de oous coih perl^ roMtede FsfltficeÀ Lhidiaïau. Mais les aHiés'

positions ^^vimnai J^, ^^raiimive» à s«»pe»dre les attaques de vive force qui lui coûtaient tant de monck. ( Voir Xonyx^ff^ d^.cglcHt^: QHtlmPl|a, îlMfi d^^wp^delen^vci^r A]^xan4re ; i8i5 y p^g. 1^35. }

4^S MAJNTJSCRIt

ont trt)p soufifert pour être si entrepreïians ; îfe ne songent plus qu'à faire replier toutes leurâ colonnes ; ils abandotincnt à l'artillerie le soin de finir la journée '. L'èmpereui* établit batteries contre batteries ; si leà feux de l'enrtettii sont plus nombreux et plus ponvergeiis , les nôtres y qui dominent et plongent sur de$ dolonnés plus profondes, ne font pas moins de tavages. Pendant une heure, les deux armées se foudroient, et les boulets sillonnent les deux lignes sans pouvoir les ébranler *.

' ' ■ En Sé contentant de jouer a ce jeu , c'est-à-dire de faire tuer des hommes / la supériorité numérique des alliés devait «Qgmenter de plus en plus. C'était le calcul sur lequel les aUiés, avaient basé leur plan de campagne. (Le gënéhd de Vaudoncouxt, pag. ai8. )

' Les^ bataillons français gardaient une immobilité admirable sous le feu des batteries ennemies. Cependant le sang-froid leur écbappe. Frémissant de rage, ils tentent

de débaucher Les vaillans défenseurs de Probstheyda

essuient des pertes accablantes. C'^est là que les généraux Yial et Rochambeau socit'' ttté^ en ddnnànt à letArS troupes l'exemple du dévouement , tandis que l'armée des alliés est ainsi arrêtée par l'inébranlable constance des masses qu'elle a devant elle. ( Voir l'ouvrage du colonel Butturlin, aide de camp de l'empereur Alcxandlre; r8i3 ^ pag. ï340

Le roi de Saxe était monté snf une tour pour suivre ietf ëvénemenSi Voyant l'armée française environnée de toutes

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 429 Auprès de Napoléon lul-mémè^ plus de douze pièces sont démontées en un instant , et des rangs qui l'entourent , plus d'un millier de blessés sortent pour être portés à la ville- La nuit vient enfin mettre un terme au carnage. Elle nous retrouve à Probstheyda , à Stœtteritz et à Çonnewitz. Du côté de Reudnitz , l'armée suédoise a été arrêtée sur le ruisseau qui couvre le village. Du côté de la Partha, le prince delà Moscowa a fini par abandonner Schœnfeld pour rentrer dans une ligne plus resserrée qui suit le ruisseau de Beudnitz. Enfin, aux portes de Rosenthal et de Pfaffendorf , l'armée de Blûcber n'a pu gagner un pouce de terrain *.

paru par les nombreuses lignes d'infanterie , de caralerie , d'artillerie que l'ennemi développait autour de la ville , il ne pouvait concevoir comment cette poignée de braves résistait avec tant de persévérance. ( Voir les notes à la suite de l'ouvrage du major saxon d'Odeleben ; t. ii , pag. 33 1.

« Malgré la défection de l'armée saxonne pendant la bataille , malgré le courage ardent et persévérant des troupes alliées , on ne put enlever aux Français un seul des villages qu'ils s'étaient proposé de conserver comme essentiels à leurs positions. La nuit .termina l'action , laissant aux défenseurs de Probstheyda la gloire d'avoir inspiré à leurs ennemis une généreuse envie. (Sir Robert Wilson , Tableau de la puissance de la Russie^ pag. 38. )

A l'entrée du faubourg de Halle , les Français , favorisés par le terrain , se défendirent avec la même intré-

436 MANUSCkW*

Qiiaflt ati géttéhil Bertrand , il a éitécntéses étdrtU avec une grafndé eiaclltude : depuis raidi il eêk Waitl^ de Weîssènfels et dû pont dé cette iritléftur la 8ââle.

Ainsi lèé alfié^, forts dé plàs de t^3îs cent mille hotnme^ , n'ont pu rien gagner encore sur Tar^iilé« flhÉb^ise; i^ùité à inoirisde cent mille' èofobàltan^ ^

Lé ààhoh ne grdtitiâit pins ; (j[iitèlques conps dé fUdU éètaMiëftt secilement dé loin à loin. La terre et \t aièl étitient éclairés par les fenx inriombra-' bifes qui à'ailumsnent de tonà fcôtés. "Napoléon" ë'élâit nppi^oché du ^a de son bivouac. Assis

pîdité qa» mit kt ««très pointr dcr dtaanatp de bataille oit tou« le» efforU àes ^sses forent imitiiéB. ( Ya^f roflrvng^ du colonel Buttaclin , aide de caatpde i'empewur Alexfto-^ dre^pa^. i^g.)

• État comparé des deux arme'es.

ARHÉE FRAXCAISK.

ResW d«f oairipc âyMt comltattn le |6, non compris le 4*«» déuchà «ur "WmtêénMg.

ftenfofU sur^enuf,

heêAeàx^vrù.Sonhtm. 10,000

1*. Cor^. Le ginénl Aeynier. I

Division Dnnttte. . t . 3,oôo |

Armée Msoan« la^ooo I

DtViûM Mctthànd. . . 3,000/

aa,ôoo

ARMEE DES ALLtES.

Rciite des corps ayant cbmbàtâi le 16. 300,000.

RenfarU survenus.

{Ifaidi Wimi Gretb

^^-'{^^. }3o,ooo^i3o,oo«

rSoiow.

Beraadolté.

iTani^tfië^.

(Stedins.

ijSi.ooé^

DE MIL HUIT CJmr TREIZE. 43l Aut un pliant^ il j dictait au major gtoérld des ordres pour la nuit^ lorsque les commandant de Tartillerie Sorbier et Dulauloj se présentent t ils viennent rendre compte de répaisemelil des munitions. On »;tiré dans la jountee «piatre^ vihgt-^quinze mille coups dr canon } depuis <^tiq jours on en a tiré plus de deux cent vingt mille '« Les réserves sôtit vides ; il n'y reste pas f^uà de seize mille coups : c'est à peine de quoi enin^ tenir le feu pendant deux heures» Legrabd pdltc^ séparé de l'armée par suite du iHouvement sUi Leipsick, s'est Retiré dànê Torgau. On fie peut se réapprovisionner qu'à Magdebou^g êC à Etfârt^ qui sont les dépôts, les plus voisinfit

.»»*^. J-^.^MJ. >^A -t—^^^i

'Jk éntétidre é&a« qi^i b« Èkiéhi i^ailèr ^è >àék peiteà de 1» France, t)ii dirait qU'au&aii dé t^ îlèibbfétti Ibuletà n'si porté sur renn«ini , et pourtant Fartillérie française ne manque pas de réputation ! Certes , les tois ^ui se sont obstinés pendant si long-temps à revenir à la cliai^ge contre les Français, et qui , de leur propre aveu , ne faisaient de trkit^^ que potir Iniéux se remettre en guerre , auraient htéa Anshi qiiekittéé ebtopitèàr k tfsnArh à Thûinânité , et j>eir&-être' ce» cdiiiptei iie eéFàiént''il8 paâ moiifs adcti^teurs ^He ceux tfu'on affecte Ae deifïâtiddf à leurs adtër^Aitéi constamment réduits à attaquer pour se défendre ) qui ne pouvaient obtenir d'armistices qu'à force de victoires | et qui, pour parier" de paix, devaient attendre que leurs enfiémis àtfàibiis eussent intérêt .à se réfugier un moment ittte'Wttidii^tràités!

43ft MANCSGRIT

'Cet état de chosesnè permet pas de songer à rester plus long^empssur lu chaitrp.de bsetaille* * 3^'enipereur se décide a. la retraite , et sous ses yeuK le major général expédie tous les ordres àia lueur du feu de garde. Enfin , à huit heures, Napoléon quitte le bivouac pour descendre en ville. On a marqué sob logement à Fauberge des Armes de Prusse, sur le boulevart du Marchéaux ohe^ vaux.

Peu de temps après que l'empereur est installé dans cette auberge , le duc de Bassano vient l'y trouver. Il sort de chez le roi de Saxe. Chargé de faire connaître au roi les dispositions pour la retraite , de hii demander ses volontés pour le lendemain , et de le laisser maître de renoncer à une. cause que la fortune abandonne , il l'a trouvé inconsolable de l'action que ses trou* pes viennent de commettre dans la plaine de Paunsdorf ; l'âme de ce prince en est déchirée. Quant à la proposition de se séparer de son allié, il ne voulait rien entendre : son ministre , le comte Einsidel , se joignait vainement au duc de Bassano ; celui-ci n'a enfin obtenu du roi qu'il consentît à rester, qu'en lui déclarant , sur sa demande , que l'empereur lui eh donnait le conseil, a Excellent prince ! dit Napoléon ; il est » toujours le même ! Je le retrouve tel qu'il était }y en 1807, quand ^^ inscrivait sur des j^cs de

\ DE MIL HDW.^EMRC'TRÈIZE. 42Kf.

IX triomphe : A Napoléon y Frédéfii^Mugusi^r^^ » connaissahil yn . . -' ; ,:.' i . :; . ;. r -

. L'empereur garde aupràs:deli^ lèidUc fcki! Sa$-< sano. Il fait appeler le duc de YioeMe,.^ tQus les ordres qu'il donne pendant la nuit , il le& leur dicte en l'absence da ses secrétaires , envoyés d'avance avec les équipages dur. coté de Lindenau. -

Les corps du duc de Bellune et du duc de Castiglione commencent la retraite*Tandis qu'ils lÉftfilent à travers le faubourg de Lindenau , le duc de Raguse se maintient dans le faubourg de Halle. Ses avant-postes occupent toujours la fabrique de Pfafifendorf. Le général Reynîer es^ chargé de la défense du faubourg de RosenthaL

Le prince de la Moscowa fstit replier ses tîpoupes sur les faubourgs de l'est. Les corps du général Lauriston , du duc de Tarénte et du.piidc^ Poniatowski rentrent successÎ3ifeii|ept éa ville ^ et viennent prendre position derrière les bartièrep du midi. Ils formeront l'arrière-garde. Lorsque l'évacuation de la ville leur permettra dfa jse rapprocher des ponts de l'EIster, ils ont ordre dç s'arrêter dans les quartiers voisins assez de temps pour que l'armée du duc de Raguse et du prince de la Moscowa puisse s'écouler avant eux. Noik-

ToMi II. a». Édit. ' , 58

434' ■ •'■Mwaiwiaiî. ^:

sdateteeot miê^ (^ co^p^ocoqppen t les fiuybcravg^ mais ils tiennent aussi dans des poftitîaiw avan-^ tageuMs deinvèie loi nuvf des japdins>exl;éimirs. 1»& btorièMsR-aoht tenues «te pali$^aides;>les mues ^ui •âcNohieAt'iuttrAaiieftpipagiie so|it «réneléi.; t^M eifî «Msposé pcmr wieirigoiireuM ré$îstaia6»

Dahi^ cette m^ti^, le maréchal Poniatewakî est venu lui-même prendre les ordres itellMirt pereur. « Prince, lui dit Napoléon, vous défen- » drez le fsiubourg du midi. — Sire! j'ai bien pea M 'dé m(mdel..4 *^lEh bien , 'vous "vpw) àéienn dutz avec ce que vous ai^ee^i ««^'Ali ! sîre, noii^ u yèliéroMliioussdmnegtoiispQt^àpétirpo4|t H Votre Majesié. :» Ëés paroles ont ioiâdxévbiet* ijfïtmt l'empereur ; ^ fKmrtant il est àoîn de ptii^ voir que ce sont le^ derniers adii^ix de PoBÎa-^ tbWski! . .

€epeadant les alliés accablés pac une pcrta de sbi^aiite mille hodimes , tant tués (tpieblessés ^ ^ n'osaient scmger à enlever Ldpsick de vive £»oe» Mais BKkliér^j^ la position qu'il occupera pu vo»iSAer iios/éqnips^es^ aos têtes de colonne ior iiinfletfân, ^ il a répandu aussitôt Je bruit de uotre Mttmte. A. cette aoHveUe inespécée ^ toiâ les camps des aliiésont poiiafé des. cm de '■'■■'* ■ ■ - - — ■ ^ "■■ • - • ■■ • - - - - ■ j.i , .1, ,

* ¥oir Ift relation de sir Rbbert Wilsoti , itèmoki dca^ kive^pag.Sg.

DE MIL HUIT GÏ3ST TREIZE. ^BJ îoie, toutes kurs scolônneBr se sont mrseseir Mar^ chaG'est'àt|ui arrivera deHsrppeihienaux-pi^tes; à qtd «Btrera des première !

• L'empereur vmidrait épai^tier à ï^eipsiok le» désordres qui meùaoejat cette vUIe. Il no s'est re'faséh aocmie des démarches qfn «mt été tentées ip6ur régler d'avaûcfe avec iîewnemi la nfeniéré doBt la remise des portée «fevm s'effectuer. Dèfe six béates du nsatiw, il a permis ani piâ^lràtà jdeia ville d'adresser une supplique aii prince de âchwartcenberg; Des officiers saxons ont été ^ni- T»yéa disectenwnt de la part dô leurtleWi ^tkûk «ouTèrains^lUés, Enfl», les géiiéÉ^ux! delWrièré^ garde <françài*e ^t ét# autorisée à faire passer «les parieroefltaires à f avant -garde cnrièttiie. Tow$ eeswesisagtBs ^nt artrivés'feteqa'auk koiiVè^ rains j ils les ont rencontorés «ccou^tot de'RoasB, «à il» ATalent qoudbé; et se pi^essatttde fejoindriokurs premières colonnes potwfîàï^teuf ^»^ dan» k ville. Mais c'ert «^ ViénqnVsnji demandé queLeipsido né deviiit pas: tef-Ôtéâti* d'un combat qui pcMirr&àt entraîna sanijne. Tout arrangement prdiminaiçea éiéi^fuséC'LéipL sick aiibir», s'il est néeepçsttré, Je soit d'une Vilte prise d'assaut ; et eet arrêt est pionônfié»^^ «eux-là même qu'on procjame ies 6ft«t«i»- dte l'Allemagne!

Tout semblait autoriser l'eropereor à' ife «lus

ganler aucun ménagement, et à tenir jo^ti au dernier. moment dans Leipsick. Cette position nous ofïre encore de grands moyens de défense 9 et Ton propose de les employer tous. La vieille ville a une enceinte; on peut y renfermer ûx n^Ule hommes qui, avec soixante pièces dé ca« non, l'occuperont comme tête de défilé. Si les £ii|bourgssont un obstacle au jeu dé notre artillerie, on peut les brùlen Avec de tels moyens, i|otre retraite est assurée : Varmée regagnera

traiiquillement la Saale Mais len^ereur ne

saurait se résoudre à.exposer à un sort si rigoureux Tune des capitales de l'Allemagne, et cela .sous les yeux de son roi qu'il vient d'y amener.

Cependant on insiste. Les esprits échauffés sont dans ces momei^ de fièvre où l'on se porte laucilement aux extrêmes* On lui dit :

ce Vous hésitez , Sire , à tirer parti des derniers M avantages que vous offre cette position; la » géi^ro^té qui vous commande ce sacrifice sera » méçoanne, et ceux4à même que vous ménar- » gez ayec tant de bonté ne vous en tiendrontau- >» cun compte. Cependant, Sire, pour q[uelques f\' maisons de Leipsick, peutêtre compromettezw vous la retraite de l'armée ! Peut-être sacrifiez- H yous la victoire! Après avoir soutenu une telle » lutte pendant trois jours en pleine campagne, )i que ne pouvons -nous pas faire, retranchés

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 0j )> .dans des rues, derrière des maisons? Poui^^^tioi' » ne pas ensevelir cette foule d'ennemis sôas les >> débris des faubourgs? »

L'empereur ne peut y consentir. Il aime mieux' perdre quelques centaines de voitures que d'abaisser l'armée française à soutenir la guerre en barbares. D'ailleurs, la retraite n'exige que quel-» ques heures de délai, et l'armée est en mesure de se ménager le temps nécessaire. Il suffira de mettre à profit les moyens de résistance que les barrières des faubourgs et Tenceinte intérieure de la ville nous offrent pour retarder les jprogrès de l'ennemi. . .

A neuf heures, l'empereur monte à cheval. Traversant les bouleva-^ts, il entre dans la cité , et va prendre congé du roi de Saxe. Il veut^e» le dégageant lui-même d'une alliance devenue trop malheureuse, ne lui.laisser aucun scrupule à cet égai^d. Le roi se précipite au-devant de Napoléon, pour le recevoir avec le cérémonial accoutumé; il le conduit ensuite dans 1 appartement où la reine et laf^rincesse Augusta sont réunies ; l'émotion qu'on éprouve a bientôt banni l'étiquette. On vase séparer, et dans quelles circonstances! L'empereur répète au roi qu'il le laisse entièrement maître de traiter avec les souverains ciliés; il lui conseille expressément de le faire ^ et ne lui demande plus pour dernier témoignage

«Tamitité que de veiller sur les blesses français

qu'on sera forcé de laisser en Sa1ce^ Lentretîea

durait depuis un quart d'heure , lorsqu'une vive

ùmiiM^ se &it eotendre du côté des faubourgs

de Grimma et de Pègau. Bientôt elle éclate avec

non moins de fracas dans le faubourg de Halle,

et l'inquiétude se répand autour du roi. En vaifi,

pour la dissiper, l'empereur assure-t»rl que le

danger est i^core éloigné : le roi s'alarme de voir

la sûreté de Napoléon compromise par la pro^

Icmgation de cette visite. Il le (H^sse de quitter

Leîpsiclu « Vous avcK assez Ëiit^ n hà dit ce vé«

nérable vieillard , cf et c'est maintenant pousser

» trop loin la générosité que de risquer votre

» personne pour rester quelques instans de pins

jpi à nous consoler. »

Cependant le bruit de la fusillade redouble et semble pins rapprodié. Des officiers qui survien-

■ Les malades et les blessés français restés à Leîpsîck ont été traités aussi bien que eeux defr alliés. Quelle qu ait été l'animosité allemande eont^ les Franeals ^ elle n'a jamais été jusqu'à dénaturer cet excellent peuple^ Les dévastations dont il a eu tant à souffrir étaient le tort de l'Europe entière. Les troupes allemandes , les Saxons euxmêmes étaient souvent les premiers à piller leurs compatriotes ; et c'est un fait avéré , qu'en Allemagne , on préférait pour garnison les troupes françaises à celles de la confédération do Rbin. ^

PR MIL HUIT CEHS TREIZE, r #1)

du hiJiâaâg.f^S'âm^hàè;t^ BëA^M 9e pséf «ente ii ia.l»aaTÎire éé Grisuéà^ ffuei SdbwmrtMD!* berg. pénètre par les faubourgs d» miôi\(m&n^ «]ue ^lâcher âltàque «tec foreur le fetib^wg de fiaUe:^ et qiie partout Boa ti;otipM fQnt être fér Suites à se délemke de ix^oft t;ia maiscHi» > •

La reine o'écQute ^u$t fûovê ftie l'efi^oi qn^ is'enapate d'dle. Il lai semble que Temper^urcUt db^à eu danger^ qu'on va le «l^ir, T^gi^ger penl- «Ire sous leurs yeux. £U^ le prie , le wpplie4e partir ; la princesse Augusta joint ses prières à <:eUes de la r^iae..^ . Il faut biep que Napoléon cède à des îostauces si vives« « Je jne voulais :rô«is » quitter, leur dit-il, que quand reonea)â.3i$E^k >) dans la yille^et je vous devais cette pireuve n de dévouem^it. Mais je vois que ma présence » ne feit que redoubler vos alarmea;. je n'insiste >» plus. Recevez tnes adieux. Quoi qu'il puisse » m'arriver, la France acquittera la dette, d'amie » tié que j'ai contractée envers vous M **

Le roi le reconduit jusqu'à l'escaliœ, et là ils

' Immédiatement après roccupation de Leipsick , le roi de Saxe fut conduit, à 'Berlin. Le prince Repnin admini^trar le pays sous le titre de gouverneur. A la fin de 1814 , le gouverneur rasse remit la Saxe à de» commissaires prussiens , et ce n'est enfin qu'après le cougrès de Vienne que

4^, [ rr MAMUSCRIT s'cstabraMeni enedDé^pou^lla demièlre:foift..L'eitt- •pan^t» taissé à k porteda roi les ^bi^9 du corps •Mxdiis qoi jusqtt'ab^s avaient marché dans les arflfffgB'de fagâikle.

') lf«potéoa veut sortir de ia vieille ville par la jk>rte de Ramstsidt, xjui donne sur le £aiibourg de Lindenaa ; mais cette porte est déjà encom^ bfée. Forcé de retotirner sur ses pas, il va chercher la porte opposée ( celle de Saint-Pierre )j revient par les boulevarts de l'ouest; et parvient ainsi à gagner le faubourg par lequel l'armée s'écoule.

Dans ce trajet, l'empereur a recueilli des rensetgnemens sur le ^véritable état dm choses. Il veut, avant de quitter Leipsièk, Êiire savoir au roi de Saxe que le danger n'est^pas aussi imminent >}U'on le croit , et par ses ordres le duc de Bassano va rassurer ce prince ^

Blûcher a échoué dans les deux attaques qu'il a tentées sur le faubourg de Halle *. L'arrière-

•le .roi de Saxe a retrouvé sa capitale , une partie de se» états et quelque repos.

C'est la France qui , au congrès de Vienne , a sauvé la maison régnante de Saxe. * - *

» Retardé par cette dernière visite , le duc de Bassano •u*a pu sortir de la ville qu'avec le dernier bataillon de la gai'de qui se soit retiré.

^ Sacken se présente pour enlever le fauboiirg de Halle.

DE MIL HUIT CENT TREIZE. ^U gurde du duQ.de. Raguseti^ït ^loorë en avant de ce faubourgs dans la fabrique de P&ffehdorf». Le.'généi^al Reynier est toujours maître du fau? bourg de Kosenthal. Le prince de , la Moscowai défend avec la même obstination ceu^ de Taticha et de Grimma, attaqués par les Russes de Woron? zow^ par les. Prussiens dé Bulow et par Tarmée suédoise ^ Enfin le duc de Tarente, le général Lauriston et le prince Poniatowski disputent avec non mi)ins de persévérance les faubourgs du midi. Partout on retient l'ennemi, e.^ Ton ne lui jcède le terrain que pied à pied. Nous conservons int£icts derrière nous les boulevarts circulaires et la vieille ville, et nous pouvons tei^ir long-temps encore cette dernière position. .

Dans cet état de choses, le grand pont de l'Elster , par lequel les boulevarts débouchent

■' ■■ Il ■ ■ ■! M I .1 ■■■■■■■ 11.1 ill ^11 ■ l^ll» .. . ■

Mais les troupes de Marmont se sont retranchées dans la fabrique de Pfaffendorf à cinquante pas en avant du pont qui sert d'entrée à ce faubourg. Les Russes ne pouvant Jies y forcer , Lapgeron se porte au secours de Sacken. Cette seconde tentative n'est pas plus heureuse. Le régir ment d'Archangel y est presqvie détruit, et les Russes sont vivement repoussés. ( Voir l'ouvrage du colonel Butturlin, aide de camp de l'empereur Alexandre , p. i43. )•

* Les troupes du Inaréchal Wey occupaient toutes les maisons desf faubourgs, le combat dpviAt très-violent et resta long-temps indécis. ( Bulletin de Bernadotte. )

44^ MÂNOSCRrr

MT fe faidxN»^ âeLisdJenatt, de^ietit un point eMentid dont il £iut s'assuner « L'empereur ap^ pelle enoore «le fois jucir l'hEiporteaice de ce poat ralfetttk>n de» offidte» du génie et 4è rartUlme. On décret le foire ^uter qttiand notre dernier pe^ loton se retirera de la vitlei et qu'il ne restera plus que eet obstacle à opposer à Tennemi. Les. sapeurs se placent aussitôt sous le pont pour commencer les travaux de la mine *«

Après' avoir donné ses demiets ordres, l'em^ pereur s'engpge à travers la foule dans le fau-^ bourg qui a plus de mille toises de long. Il n'ar^ rive qu'avec les plus grandes difficultés au dernier pont, celui du moulin de lindenau. Là il met pied à terre, et place lui-même sur la route des officiers d'état major qui indiqueront aux hommes isolés les endroits où chaque corps d'armée devra se réunir. Il monte ensuite au premier étage du moulin, pour y dicter à son seorétaire du cabinet les instructions qu'il veut répéter par

I m Il m n**i*Éii« I ■ Il I I fcfc^^l>»>«i«fc I I f III I I I.

■ L*empereur avait ordonné dans la nuit qu'on jetât trois ponts auxiliaires sur la Pleiss : mais cet ordre est resté sans exécntion. Il avait fait jeter un second pont sur TElster dans le Jardin des Juges ; mais ce pont n*ayant pas assez de solidité s'était écroulé sous les premiers fardeaux. Ceax qui sont coupables de cette mauvaise construction ont fait autant de mal que les msiladroits qui ont fait sautet le grand pont.

écrit atix généraux de rarrière- garde. Ces ittstructions ont pour objet principal de dottwer afu maréchal duc de Tarente le commandement en chef de cette arrière-garde, qui se compose des onzième , septième et huitième corps , et de lui recommander de tenir dans la vieille ville vingt'-quatre heures encore, s^il est possible, ou* pour le moins le reste de la journée. Tandisqu'on expédie la lettre pour le duc de Tareiite, l'empereur fatigué se laisse surprendre au som« meil ; il dort profondément au bruit des soldats' et des voitures qui défilent sur là route, et des coups de canon qui retentissent de tous les faubourgs de Leipsick.

Soudain une plus forte explosion se fait entendre. Le tumulte redouble. Le roi de Naples et le duc de Castiglione accourent , montent à la chambre de l'empereur, et le réveillent. Il apprend de leur bouche ce qui vient d'arriver.

Le grand pont sur l'Elster à sauté ! Cependant les troupes du duc de Tarente, du général Lauriston , du général Reynier et du prince Ponia-. towski sont encore dans la ville! Plus de deux cents pièces de canon sont encore sur les boulevarts ! Tout moyen de retraite leur est donc enlevé ; le désastre est complet ! Mais quelle en peut être la cause? Qui a donné l'ordre de mettre le

feu à la mine? Comment explique-t-on cette i»-^

concevable précipitation?

Dans ce premier moment on ne sait rien, on ne peut rien apprendre. Tous les bruits qui cou-rent sont absurdes et contradictoires. On se perd dans de vaines conjectures. Il faut se laisser entraîner par la foule en désordre quiapus'é-. ohapper de Leipsick. On suit machinalement la grande route d'Erfurt. Le soir, on arrive à Mar-. krandstadt, où Ten^pereur s'arrête quelques heures. On y apprend que le duc de Tarente a traversé l'Elster à la nage. Maïs en même temps le bruit se répand que le général Lauriston a péri ; et cette nouvelle ajoute encore aux chagrins de Napoléon ^

Quelques escadrons saxons nous étaient restés fidèles ; l'empereur ne veut pas les emmener plus loin , et leur fait écrire qu'il les dégage de leurs devoirs militaires envers l'armée française*.

* i.a nouvelle de la moit du général Làuviston n'a, été démentie que quelques jours après.

' Au capitaine commandant les deux régime ns de cuirassiers saxons employés dans le corps de cavalerie du comte Latour-Mauboui^.

« Markrandstadt, le 19 octobre 18 liL

n Jb m'empresse de vous prévenir , monsieur le comman? dant, que l'empereur autorise le^ deux régiments de cfiirassiéra saxons de la gs^rde et de Zeschwits , qui seiwaient

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 445 Enfin^ au point du jour, on se remet en routes

Lès diamps de Lutzen revoient Napoléon

Mais larœée victorieuse n'est plus autour de lui ! Avant de descendre dans le défilé de Poserna, l'empereur fait une halte dans un champ à droite de la route. Il venait d'y mettre péed à terre, lorsque des officiers échappés de Leipsick se présentent. Dans le nombre se trouve xtn aide de camp de Poniatowski. L'empereur apprend alors la fin déplorable de l'illustre maréchal ; voulant franchir l'Elster à la nage , Ponîatotvski s'est précipité dans un gouffre !

L'obscurité qui d'abord a enveloppé la catastrophe de Leipsick commence à se dissiper ; les renseignemens arrivent ; les faits deviennent plus précis; voici ce qu'on raconte :

Les troupes de Blûcher avaient fini par pénétrer dans le Êiubourg de Halle; les alliés

dans ses armées , à se rendre à Leipsick , sa Majesté pensant qu'il sera agréable à votre bon roi d*avoir ces corps de sa garde près de sa personne , dans les circonstance» actuelles.

» M.' le général Latour-Maubourg , qui est prévenu de cette disposition , vous donnera toutes les facilités nécessaires pour que le retour de ces troupes n* éprouve aucunedifficulté.

» J'ai l'honneur, etc.

» Signe' CjkïJj.i9CQVKT y duc de Vicence. »

avaient aussi gagiié du terrain dans les aitfres faubourgs ^ L*armée française se trouvait t^^ foulée sur les bouievarts, et la défection d!un bataillon badois, qui venait de livrer uoie dM portes de la vieille ville ^ nous avait enUf^ cette dernière i^etraite* Les alliés pénétraient donc de tous côtés* Cependant on combattait ibufom^^ kêfusUlade se p^^olongeait dans lèsjcaduna^. de Salle et de Rûsenthal^ et jusqm dcms ie^Jardim. t& /{eiAâ^^ à< l'extrémiié du boulevart deiliOttes^ti, où le prinoe Pcmiatovrald avait ;^té quelques centaines de Polonais pour protéger la retraita Encore detuç Aeurjes ^ et saixâuite pièces de oaaon tàtteiées et plus de douze .mille hommes asmajent été sauvés^ L.^. Mais ^ daps ee monaenÊ, ks.oeups de fusil ont éclaté de loutesi pwtii ratïtptiD difi

<i II I III I 1 1 I I » I mi I I» I» mi ip *% nw ^ im»ft ■■'»■> » ■

» Un daruiçr effort des Eusses Iç^ avgit rçniJus maître^ de la fabrique de Pfaffendorf qui n* était plus qu'un monceau de cendres ; les Français s'étaient retirés alors derrière

la Pariha Les Russes pénètrent dans la grande rue du

faubourgf ; mais , dans cette extrémité y les. Français ne lâchent pas prise ; de toutes les fenêtres àes maisons , ils iiceut pleuvoir unç ^rêle de balles ^ue l^s colonnes ferrées des Ruues qui n'avançaient que lentement et avec les plus grandes peines. ( Voir l' ouvrée du colonel Butturlin , aide de camp de l'empereur Alexandre, pag. i44- )

' Nous empruntons ce passage à la relation ennemie et nous appelons l'attention du lecteur sur ce que l'aide de camp de l'empereur Alexandre ajoute : « Les alliés n'au-

DE MIL atJlT CENT TREIZE. 447 pont de FBlôler. D*un côté, paient les tiràiltettrd>d6']Lâng8roh qui', parreinis dise idenuères «misons ^ttifatobotnrg de HUle,' fins^ieiit feaanf Iw boulmairtsç de VaMte^ c^élaieM le^ Badoîs et les >Sa»oiiis iquâiidUi^haiiA das imits de^a '^iËîttt iriUe^ ttcms le» aiâcftiâilaiÉB^sV signalaient: lc»r cettveDsioB ea déchaatgeaid.'leitfre arpacs^^çantre nMMsi iOèttei:dl>Q^l»âtsiUàiieia ptoduit Kapide>fffîeiiliHD ijç^abd'idésqrdfe) am aberds dv podti LeriApenr anné de là .inèoiae £«balà , a ^VLcpf l'eimeini arrlyait % et que le moment était venu!...m C'est alors cjue la perte de tout ce que nous avions k Leipsick a été consommée !

Aprè^«êtrecon(vaincus de leur malheqr,^ les plus braves n'ont songé désormsâs qu'à irpndre cfaèrefn^^t liem" vie. Les uns se sôot ^fermés dans les maisons voisines et se sont enserétis sous leurs décombres; les autres ont tenté de traverser la Pleiss et l'Elster; mais ces rivières encaissées dans uq lit bourbeux et profond ont englouti tout ce qui n'» pu n9g«r %

Ml| »■ ■ .ii I <l> II. IIII..I

» raient pas voulu pousser à bout des gens qui auraient en- » core les moyens d*incendier Leipsick , et d^^pdser £Ô> » lonnes à colonnes aux abords du faubourgs' de Linde- » nan. » ( Voir la rdbrtioB russe du colonel: Buteurlin , pag. 147.)

* Sn voyant faut manquer à lafùk^ munitions , ponts ^ retranckemens , tites de ponts , ete. , on esi tenté d^accuser

I^ carnage n adressé qu'à deuxheares^ Alors les souverains alliés étaient par^vemis jusqu'à la grande place ' , et s'y . tenaient ; au milieu de leurs. nombreux :états majors, savou** rant les premières fumées .d'une .victoire désirée pendant vingt !ai|s ! fiiehtôt après Bernadette isst venu pour prendre [^ace au.cercle des rois» A sa vue , un souvenir involontaire de Liibeck a troublé le roi de Prusse! L'empereur d'Autriche n'a pu cacher . le malaise qu'il éprouvait en retrou-

et imprévoyance les différens chefs de service <t et notamment le commandant du génie C*est le général Rogniat /commandant en chef du génie , qui fait lui-même cette remarque , pag. 5o de sa réplique à Napoléon ; et c'est luimême qui ajoute, pag. i56 : Du i5 au 19 au maim^ noan aidions le temps de jeter ^ non-seulement un ou deux ponts y mais cinquante , et défrayer de nouveaux passages / . . .

En voilà plus qu'il ne faut pour entrevoir combien l empereur a été mal secondé dans ce moment critique. Le général Rogniat était honoré de la confiance de Napoléon, il lui devait ses grades ; 0 en avait reçu t8,5oo fr. de revenus en dotations. H a le double malheur de n*avoir.pas fait de ponts quand il fallait en f^ire y et d'avoir. écrit contre Napoléon quand il pouvait s'en dispenser.

■ Le bataillon saxon de la garde ^ le bataillon saxon de Weymar , et celui de Bade étaient sur cette place rangés devant la maison du roi de Saxe , attendant , les armes renversées , ce qu'on déciderait à leur égard. ( ^ir Robert Wibon, p$g. 40 et 4i. j ^. . >, ' ^

DE MIL mtT CÉHI^ treize. 44^ vaot'à sre& cîôtés Pauteur d^ la scène républicâibe dn 'drapeau ^-.....- L'èmperéur Alexandre luimésne',:à travers la gémPosUé d'un premier 2te^ (^èal^ slissîmuiaità peine combien les promesses d'Âbo devenaient importunes *... Il a fallu tout UéQ(lraîf£emeilt d'un mofnent aussi heureux pour affaiblir la gène de cette première émotion \

. * Cette scène eut lieu à Vienne , le i5 avril 1798. L'apparition du drapean tricolore qne le général Bernadotte , alors ambassadeur de la république française , crut devoir arborer au balcon de son bôtel , fut la cause d'une émeute populaire qui compromit violemment l'état de paix existant alors entre les deux nations. Quatorze ans se sont écoulés, et c*est la première fois depuip cet événement que le général Bernadotte se trouve en présence de l'empereur d'Autriche.

a Ce fut à Leipsick que Bernadotte et Alexandre ^ke rencontrèrent pour la première fpis depuis les conférences d'Âbo. Les monarques ne purent voir d*un œil fa^ vorable dans leur cercle royal des héritiers e7us de trônes héréditaires. Un grand nombre d*événemens s'étaient passés qui avaient diminué le crédit de Bernadotte dans la coalition Son départ de Leipsick pour le nord de F Allemagne a pu être accéléré. ( Voir la relation de sir Robert Wilson, pag. 4i et 42. )

3 Bernadotte ne tarda pas à quitter Leipsick ; il s'en alla du côté de Hambourg. Le fait est qu'il était à Leipsick dans une fausse position. La vue de chaque mort, de chaque blessé, de chaque prisonnier français était pour lui un spectacle cruel . (Voir les Mémoires de Charles- Jean , t.ii,p. 100.) ToMi n. s«. Édic. «9

45o .,:::,-■' MANiiseiafr '•• "-'

et le rest^ de la jourfléa s'e$t pasisé à fcûpe le recensement des* tropliées fX des .priswu»eïS,q[iae Lacddent du pojçii vénal* de feire» tomber dans les mains des alliés \* On pôrtei vîhgfrteois maie hommes le nombre des prisonniei», et k deux cent cinquante celui des pièces dfartiHerie^.iteis parmi les prisonniers se troiiva[àt les blessés ^

» Pert^ de l armée française.

ms^

Tvû.

Le maxhch . PonUtimdu.

ViaJ, ' Delnuks.

Environ 90,000 liomm.

Bte

Blw«jm >t NUSOHjniuf.

Les marée. : Hannoat, Généraux en chef.

Ney.

Les génér. de divU. :

Soubain , Compénd , Latour-Maobourg , Frédéric , Maison.

Lanriston , Heynier.

Génér. de diris. :

Cbarpentier , RosDiki , Kv*sinski , Hocbberg (Ba-

dols ) f , lejpiince Én^ de

tadt.

G^aér.debriiadc:

Aubrj, Bertrand, Dorsenne , Etaào, Coulomy ^ BronUnaki , Bîalakmsll.

lùaTiroa 7,000 hommes'. ■ £nviron a3, 000 hommes.

Pertes de V armée ennemie.

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