‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 45 sur 53 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

RBTRAITB SUR E&FURT.

On se bâte de gagner Erfurt. Cette ville oflfre à Tarmée la protection de ses citadelles, les munitions de son arsenal et la ressource de ses nombreux magasins. Mais trois jours de marche nous, en sépai^ent encore , et déjà l'ennemi est. sur nos flancs : Giulay sur la gauche se dirige par Pegau vers Naumbourg; Yorck manoeuvre sur notre droite par les routes de Halle et de Mersehourg; et Blûcher lui-même , qui a passé TElster entre Skeuditz et Lutzen , s'est placé sur les pas de notre arrière^garde. La cai^erie de WalsiLdcoff ramasse tous nos traîneurs.

Tandis que le duc de Reggio protège la retraite avec deux divisions de jeune garde , le général Bertrand continue de marcher en avant pour nous ouvrir la route. On n'a pas cru devoir perdre de temps à forcer les défilés de Naumbourg où quelques troupes légères du général Giulay se sont déjà embusquées. Les ponts de Weissenfels

DE MIL HUIT CEIW TREIZE. 45$ suffisent pour nous assurer le passage de la Saalë et mettront pltfs' tôt la rivière entre Tannée et la poursuite de FennemL Des routes de traverse nous ramèneront promptement par Fteyhoùrgj sur la grande route d'Erfurt.

Le général Bertrand attendait l'empereur aux portes déWeissenfels. II, ne connaît qu'imparfaitement notre désastre du 19; la vue de nos colonnes en désordre foit sur lui une vive impression , et lorsqu'enfin il revoit l'empereur il ne peut contenir l'émotion qu'il éprouve. Il ne veut pas que Napoléon s'arrête dans la ville ; il le presse de passer de l'autre côté de la Sàale dès te moment même ; il voudrait que, profitant du débouché qui s'ouvre par Freybourg, il s'empressât de gagner Erfurt et Majence; enfin il le conjure de sauver avant tout , dans sa personne, la fortune de la France , et lui promet que l'armée , n'ayant plus d'inquiétude pour son empereur^ n'en sera que plus libre dans les manœu-* vres de retraite qui lui seront prescrites !.•.. Ce discours , qui a rompu le silence gardé jusqu'alors autour de Napoléon , l'afflige plus qu'il ne l'importune. Tous les soldats viennent de l'entendre , et il croit nécessaire d'imposer plus de retenue à l'explosion d'un zèle qui s'égare. C'est d'ailleurs une occasion pour déclarer hautement qu'il ne quittera pasTarmée. L'empereur^ élevant

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