‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 49 sur 53 · MANUSCMT · texte numérisé non relu

MANUSCMT

résistent et dispersent tout à coups de sabre., lie reste de la cavalerie Sébastian! chasse au loin les cosaques. Bientôt la ligne bavaroise est en d^oute.' De Wrède se voit dans la position la plus critique ; il n'a plus qu une ressource : c'est de porter tous ses efforts sur sa droite pour dégager sa gauche et donn^ à sa ligne de bataille le temps de* gagner le pont.

. Cependant nos troupes ne cessaient d'arriver; elles s'entassaient au milieu de la forêt ^ où Napoléon lui-même était arrêté, non loin du coude qvîSf fait la route.Une foule inquiète l'entourait. Il se promenait en long et en large sur le chemin f donnant des ordres et causant avec le duc de Vicence. Un obus tonibe près d'eux, dans le fossé qui borde la route. Le duc de Vicence se place aussitôt entre Napoléon et le danger; et leur conversation continue comme si rien ne les menaçait. Autour d eux on respirait à peine ! Heureusement l'obus, enfoui dans la terre , n'a pas éclate'.

. La forêt retentissait du bruit du canon , répété par tous les échos. Les boulets sifflaient dans les branchages , et les rameaux hachés tombaient de tous côtés avec fracas. L'œil cherchait en vain à percer la profondeur des bois ; à peine pouvait-on entrevoir la lueur des décharges d'artillerie qui brillait par intervalle. Dans cette situa*

tion la b'ataiUe paraissait longue ! Tout à coup la fusillade se rapproche sur notre gauche^, la cime des arbres est agitée plus violemment par les boulets , et les cris des combattans se font en-tendre: c'est l'attaque désespérée que de Wrède essaie par sa droite. L'empereur envoie de ce côté les grenadiers de la vieille garde. Il charge le général Friant de les conduire , et bientôt ils ont triomphé de ce dernier obstacle. Dès ce mo^ ment le chemin de Francfort nous est abandonnée De Wrède n'est plus occupé que de retrouver celui d'Aschaffenbourg , et la victoire de la garde est complète.

La cavalerie du général Séba^tiani prend au9* sitôt les devans pour gagner Francfort. Quelques colonnes la suivent; mais la plus grande partie de l'armée passe la nuit dans la foret : l'empereur y reste au bivouac ^

Au jour toute l'armée défile , laissant la ville dt3 Hanau sur la gauche; on s'est contenté de la

* L'empereur Napoléon avait passé dans la forêt la nuit qui suivit la bataille. Le lendemain matin , une députation de la ville de Hanau vint l'y trouver à son bivouac. Il était assis sur un pliant de maroquin rouge , devant un grand feu de garde , entouré de plusieurs marécbaux et officiers généraux. Napoléon fit diverses questions sur l'armée au> trichieime. et bavaroise. Le duc de Vicence servait d'inter* prête pour les demandes et les réponses. La députation ^

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faire occuper par un détachement qui s'y est introduit dans la nuit.

A peine l'empereur a-t-il feit quelques lieues qu'il apprend que la bataille recommence derrière lui TiCS Bavarois y voyant que nous sommes plus pressés de gagner le Rhin que de les poursuivre , ont repris confiance et sont revenus sur leurs pas ; mais le général Bertrand et le duc de R^use viennent d'arriver à Hanau et sont en mesure de les recevoir,

Ce qui se passe derrière nous n'apporte donc aucune hésitation da'ns la marche de l'armée sur Francfort. La division bavaroise qui occupait cette ville la cède aux fourriers de l'empereur, et^ peu de momens après, Napoléon vient y prendre son logement dans une maison du faii" bourg appartenant au banquier Bethman.

Dans la soirée , le récit de la seconde bataille achève de dissiper les inquiétudes. On a laissé de Wrède s'engager encore une fois au delà de la Kintzig , et ses têtes de colonnes., reçues par nos baïonnettes 9 ont été culbutées; de Wrède lui-même a été atteint d'une balle; son gendre,

en se retirant , pria le duc de Vicence de recommander la ville à la bienveillance de sa majesté impériale , et ce général leur répondit de la manière là plus obligedinte. (Exti-ait des gazettes prussiennes. )

DE MII^ HUIT. CSSS7 TREIZE. 4»»-; 1q (>nff ce d'.OËittipg^ni, ^ ^^t^ -^ "'* cW mantf ënailt legç^ér^LaHtricUi^B iFpesfial qi^lcotniriàiiidç f arn 7 mée eunemie. San premier- soiii A^té dWdomieFla retraite. Désormais nôtre marche s'achèviera

traiiquillement. ' *♦ »-^

On quitte Francfort lé i*^ novembre. ' t.*ëin'T pereur passe la'nuit du i^5. au a à Hocjiest. £nfin notre avant-garde aperço^it les dômes rpag^(re$ de Mayepce...A., Verâperaur arm^ç ds^os^, ç^tMi placç le :? au matin; il s y arrête six. jouta poul^ donner les iderniers ordres qu exigeiià situalion ' de l'armée, et le 7 noveittbre, à dix heures du soir, il part pour Paris.

~ Ainsi Tannée 18.1 3 a vu l'^irmée frança&e ramenée des bords du Niéçfiejij j^çsjjp'aw^ boxais du I(,hin, et . cependant: qu^ 4q yigoi9i*e.|iaK efforitsJ que de glorieux Êiits d'armes! mais âUs^iqua de traûsfuge^ M.... • n, .

». « Cette mémorable, campagne ^ disait, l'çmpereur^.^^ » âainte-Héiène, sera le trioppUe du courage inné dans » la jeunesse française ^ ,celui d^ Fintrigue et de rastjUbCH » dans la diplomatie anglaise, celui ^e respri); , chez leç » Kusses, celui de l'impudeur dans le cabinet autrichien. » Elle marquera l'époque de là désorganisatipn^des société! » politiques « celle de la gv^nde Réparation des peuples V d'avec leurs souverains; enûn , la flétrissure des pre- » mières vertus militaires'/la fidélité, la Ibyauté, Thon peur. » On aura beau écrire,' commenter, mentir, supposer, il Tom II. 2M':aii . ' ' ' 3i

48af . HiENDSCRIT

Laiiîgneda Niémen, livrée par le général Torck; celle de la Yistule, livrée par les trans-

» W^ak jl^jeiw^ .en ,4irriv/er. à ce hideux et triste résultat , » et le temps en déroulera la vérité et les conséquéuces !

» Maif ce ^cju'il y. a de bie^, remarquable, c'est que le» M infamies^ au fond, demeurent étrangères aux rois, aux M soldat^ et aux peuples. Elles ne sont l'ouvrage que de M qud^ês ihifi^ans à épeê , de quelques casse-cou politi- * ^êlrVqu?» Aoùs lé-spéctcfux prétexte de secouer le joug » de rëftfttiger , et de reptendre riadépendauee nationale , » |i.'pi)f>^4U iail^.que vendiL et Hvré sciemment leurs maîtres tt p;ii;tiç^^çrs à des cabinets nyaux et conyoiteurs ! c>stun » roi de Saxe , le plus honnête homme ,<^ui pt jamais tenu . » un sceptre, qu'on dépouille de la moitié de ses provin- » ces ; c'est un roi de t)anemarck , si fidèle 4 tous ses en- » gagem^sS' d^'dt' ou Vaisît tfUé couronne • voilà pourtant 9 le retour à la morale 1 soà triomphe ! et voilà la jirsirce » diltâl^ve d'ici-bas. '.:.,..

1» Du reste , j'aime à le répéter pour l'honnear d&rhU'* . » manité, et même des troues, au niilieu de tant d'infa- » mies , jamais ne se trouvèrent plus de vertus. Je neus » pas un mstaht à me plaindre de la personne individuelle » des princes mes alliés.' Le bon roi de Saxe me demeura » fidèle jusqu'à extincdon ; le roi de Bavière me fit jlojale- » ment prévenir qji'îï n'était plu? le maître ; la générosité » du roi dé Wurtemberg se fit particulièrement remarquer* » Le prince de Éacle ne céda qu'à la force et au dernier in- 9 stant. Tous, je leur dois cette justice, m'avertirent à » temps, afin que j^ pusse me garantir de l'orage.... » (Voir le Mémorial de Sainte-Éélène , par le comte d^ Las- Cases; tom. VI, pag. 35.)

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 483 actions du prince de Schwartzenberg ; celle de roder , livrée par le général Bulow ^ et par là défection du reste de larmée prussienne , enfin celle de l'Elbe, si long-temps disputée : tels sont les échelons de cette longue retraite. L'armée autrichienne , en se rangeant du côté de l'ennemi, a d'abord compromis notre position en Saxe ; ensuite les défections des arihées saxonne et bavaroise ont éclaté simultanément dans nos rangs et derrière nous : il a bien fallu alors se retirer sur le Rhin. Au milieu de tant de vicissitudes, Napoléon a constamment dédaigné d'opposer la ruse à la ruse , la perfidie à la perfidie , les voies de rigueur à l'insulte et à la rébellion. Trahi de tous côtés par toutes les affections, par tous les intérêts , il n'a voulu en appeler qu'à la fortune des armes.

Pour arriver à Mayence , il a fallu combattre à chaque pas, et cependant, sur [étroit chc'min oh tant de défections éclatantes et de sourdes trahisons resserraient sa marche et gênaient ses mou{^emens^ des trophées encore ont signalé son retour^. Il se fait précéder par vingt drapeaux qu'il envoie à l'impératrice.

' M. le comte de Fontanes. (Voirie Mouiteur du 28 dé- •ik.^ceml>re i8i3.)

HVX DO UAVUSGEIT DE l8l3. **^''

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SUPPLÉMENT

A LA CINQUIÈME PARTIE. .,

PIÈCE HIStORIQXIE.

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