‹ Manuscrit pictographique américain [microforme]Chapitre 24 sur 30 · Les ontinuent tre · texte numérisé non relu

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La page 83 nous offre un soleil, quatre têtes de mort et un autre signe nouveau, le dernier de la page, qui nous paraît être une figure du cteis, pris allégoriquement. C’est la première fois qu’on le voit isolé.

Le premier groupe de la page 85 représente un hommemédecine ou un esprit, sous l'influence duquel se courbe un homme qui porte en lui-même les attributs du soleil.

Les pages 86 et 87 nous représentent deux trinités d'hommes ou d’esprits puissants ayant les mêmes insignes que les cinq personnages des pages 70 et 71.

Le huitième chapitre, fort court du reste, ne content guère que deux sujets, qui pourraient même se réduire à un seul. Il se compose d’une série de trois ou quatre figures unies par une espèce de queue ou par une ligne droite. Il est possible que la queue représente un sac de médecine ou tout autre objet superstitieux de même nature. Quant aux nouvelles coiffures carrées qui surmontent la tête de la plupart de ces figures, il est possible qu'elles aient la même signification que les auréoles ou cercles que nous avons déjà remarqués au commencement de ce manuscrit; mais nous croyons plus probable qu’elles indiquent des Européens ou des Indiens du Sud avec lesquels sont en pourparlers les hommes isolés de droite 1 de gauche.

La page 93 est formée de deux morceaux de papier

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102 MANUSCRIT PICTOGRAPHIQUE collés sur la page primitive, et les sujets ent l'air de se rapporter au chapitre précédent.

Le neuvième chapitre, qui commence à la page 94 et finit à la page 108, n’a rien de remarquable. La page 94 ne contient que des signes déjà connus. La dernière figure de la page 95 représente un homme qui se châtie avec des orties. L'ortie est une plante médicinale qui indique des connaissances profondes en médecine. A la page 402, on voit un homme ayant une bosse, des oreilles de lièvre et une tête d'oiseau. Cet être fantastique est un emblème de la destruction ou de l’union mystique des différents animaux pris allégoriquement. Avant la page 403 il vient quatre pages qui ont été déchirées. La page 103 nous représente probablement un ch:mp de riz ou de mais et termine sans doute un épisode de chasse; mais les pages manquantes nous empêchent de préciser notre opinion sur ce sujet.

Le chapitre dixième, moitié mystique et moitié historique, ne se compose que de huit pages, dont la plupart des signes nous sont déjà connus. Le troisième signe de la première ligne, page 109, ressemble à une tente, et, dans la pictographie indienne, il indique le cercle domestique. Un peu plus bas, on voit un autel avec une croix et quatre chandeliers, mais aucun indice de missionnaire. Le dernier signe qui précède l’'I, à la page 4144, nous paraît être deux sentiers de guerre dont la position géographique n’est pas indiquée. Ces sortes d’échelles reçoivent invariablement cette interprétation dans la pictographie indienne.

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La première ligne de la page 112 n’est probablement pas autre chose qu’une représentation de ces engins de guerre que fabriquaient les Indiens, et dont ils se servaient pour s’abriter contre les balles ennemies lorsqu'ils attaquaient les villages ou les forteresses des blancs.

Le onzième chapitre, qui commence à la page 113 et finit probablement à la 431, nous ‘semble raconter quelques épisodes historiques d’une tribu, ou pour mieux dire d’un clan dont le totem serait une oie.

La page 113 représente l'émigration ou une expédition de clan qui se dirige de l'Orient à l'Occident. Après un certain nombre de lunes, les émigrés arrivent dans un lieu boisé, riche en gibier et plantes médicinales, page 114. Ils “établissent ensuite dans une autre localité, abondamment pourvue de pommes blanches, de racines alimentaires, d'arbres et de fruits, page 445. Ils se construisent un fort, récoltent du maïs ou du riz sauvage, page 116. (Nous supposons qu’il manque ici un feuillet.) Ils font une bonne récolte de légumes, de racines et de plantes nutritives, page 117, et reviennent de l'Occident à l'Orient chargés de provisions, page 118. Nous pensons que les points contenus dans les deux triangles et les trois carrés longs de la page 119 sont des signes numériques, qui indiquent le nombre d'individus habitant les cabanes et les tentes élevées en cet endroit. A la page 120, on voit une rencontre entre des hommes armés de fusils. Les cinq qui se trouvent au-dessus désignent peut-être le nombre des morts ou celui des combattants, car étant alignés ainsi, il

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n'est guère probable qu'ils représentent des caractères syllabiques.

Le premier signe de la page 123 nous paraît représenter un baril d'alcool ou eau de feu, et le deuxième un ballot de peaux ou de fourrures. Les deux dernières lignes de la même page figurent sans doute un nombre de chasseurs qui reviennent chargés de butin ; si c’étaient des guerriers qui partent pour une expédition guerrière, ils ne porteraient pas sur le dos cette bosse, symbole de l'abondance des biens terrestres.

Les premiers instruments de la page 124 représentent des pipes ou des casse-têtes. Au-dessous d’eux viennent deux animaux totémiques; le second, que nous n'avons pas encore vu, a deux cornes et pas d'oreilles, c’est sans doute un moufflon. A côté d’eux, on voit un signe que l’on peut interpréter indifféremment pour le soleil éclairant le firmament, ou pour un symbole du temps.

Les deux premières figures de la page 127 sont deux grands personnages, hommes de cœur et d'intelligence. chefs de deux nations puissantes.

Le principal sujet de la page 128 est certainement la description topographique d’un lieu célèbre par quelque traité ou par un combat, et où s’élevaient quatre iumuli ou montagnes.

Les pages 129 et 130 représentent un combat sanglant ; le champ de bataille est jonché des membres et des cadavres de ceux qui ont succombé. A la page 134, le combat cesse par la fuite des vaincus. poursuivis de près

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par les vainqueurs. Vient ensuite une inscription alphabétique et deux personnages : le premier figure le génie de la guerre, et le second un chef assis sur un tambour magique, et tenant dans une main l'emblème de la gloire militaire, c'est-à-dire une flèche ornée de deux plumes d’aigle.

Le douzième chapitre commence à la page 132 et ne finit qu'à la pas 173; quoique le sujet soit mélangé de mysticisme et d'histoire, on y voit peu de signes nouveaux, mais beaucoup de ceux que nous avons déjà vus sont modifiés par des annexes symboliques, qui compliquent les idées graphiées en une seule figure ou en un seul groupe.

La première ligne de la page 132 représente deux navires venant de l’Est et se dirigeant vers l'Ouest; audessous du premier, il se trouve une figure humaine dont la disposition des bras et les appendices indiquent l’abondance des vivres ou des moyens de subsistance. Plus bas, on voit le simuiacre d’un crucifix, qui précède une série d'hommes liés ensemble par une chaîne non interrompue d’anneaux placés en face des yeux. Une de ces figures, à la page 1433, est entourée de rayons de soleil, indice invariable d’une suprématie intellectuelle. Ces anneaux nous paraissent être des signes numériques ou chronologiques, un symbole du temps, car leur arrangement prouve que leur nombre est intentionnel ; ainsi, entre la troisième : la quatrième figure de la deuxième ligne, page 133, ces anneaux, au nombre de huit, sont placés sur trois lignes; si l’auteur n'avait eu en vue que la représentation d’une

union symbolique, t":is anneaux auraient suffi pour compléter cette chaîne.

Les deux lignes roues qui passent par-dessus la tête des deux dernières figures de la même page, dénotent une mutuelle protection.

Les pages 434 et 135 nous offrent des figures humaines ornées d’un appendice auriculaire marqué en rouge. Nous ne croyons pas que l’on doive appliquer ici la signification ordinaire des signes de ce genre; d’abord à cause de sa couleur et de sa forme allongée, ensuite parce que les personnages qui en sont doués sont pour la plupart dans un état passif, de sorte que ce signe nous paraît devoir être interprété comme une qualification de l'individu et non pas une action symbolisée. Notre travail étant une tâche consciencieuse et n'ayant pas un but de vaine gloire, nous préférons n’émettre que des opinions personvelles, plutôt que de hasarder un jugement arbitraire et purement gratuit, qui se fonderait sur une assurance à peu près certaine de n'être pas contredit, à cause de la pénurie des documents sur une matière que personne n’a traitée avant nous, aussi longuement et aussi positivement. C’est avec la même circonspection que doivent s'interpréter les figures nombreuses qui se rencontrent aux pages 134, 135 et suivantes; ces figures tiennent dans la main une ou deux sortes de croissants allongés, que nous n’osons pas spécifier. Il est possible que ce soit la marque totémique d’une tribu ou l’action symbolique d'un individu, Dans le doute, nous préférons nous abs-

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tenir de donner une explication dont nous ne sommes pas complétement convaincu.

L'épée que portent plusieurs personnages dans ce chapitre dénote le commandement. En général, cet insigne n'est donné qu'aux blancs.

A la page 141, nous voyons deux hommes-médecine ou deux chefs ayant deux lignes en zigzag horizontales qui leur sortent de la tête; ce signe, qui représente l'air en mouvement où la foudre, symbolise toujours, comme nous croyons l'avoir déjà dit, une grande puissance, soit de la vue, soit de la parole, soit de l’ouïe. Ici ce signe est répété plusieurs fois, comme à la page 74, dans une direction verticale, et sans autre auxiliaire qu'une ligne droite horizontale, d’où les lignes en zigzag proviennent; cette particularité nous fait supposer qu’elles symbolisent également la pluie, la foudre, l'orage ou t , t autre phénomène atmosphérique.

La page 53 nous présente d’abord deux hommes décédés, et à peu près semblables au premier personnage de la seconde ligne page 52. Ensuite il vient une figure humaine ayant quatre petits ronds au bout des membres. Cette figure est celle d’un esprit céleste, probablement même d’un personrage emprunté au dogme catholique, car nous le verrons revenir plusieurs fois, inspirant des individus par sa présence, leur communiquant ses qualités et possédant des attributs exceptionnels d’un ordre très-élevé.

A la page 143, on voit deux fois le monogramme du

Christ, c est-ù-dire l'H surmontée d'une croix, et une fois le nom de Maria, avec une multitude de ces caractères symboliques ou syllabiques que nous avons mentionnés au commencement de cette notice.

La page 444 nous offre deux cartouches à peu près semblables, sinon pour la forme, du moins pour les objets qu’ils renferment ; si ces objets étaient des signes phonétiques, nous aurions ici une analogie singulière avec les cartouches des monuments hiéroglyphiques égyptiens. La disposition des figures symboliques est presque la même dans l’un et l’autre cartouche. D'abord c'est une espèce de tête de bufle avec ses deux cornes, symbole du pouvoir; à droite des lignes verticales en zigzag, emblème de la foudre, symbole du châtiment ou de la puissance divine; au-dessous un squelette entouré d’un serpent dans le second cartouche, tandis que dans le premier il entoure une pierre magique ; puis, à droite, on remarque ce même esprit, que nous avons déjà vu à la page 442. Nous ne doutons pas que ce groupe idéographique ne soit digne d’un intérêt réel, et que son interprétation ne présente aucune difficulté sérieuse. Quant à nous, nous ne serions pas loin de lui donner une signification biblique, car si nous voulions pictographier avec des signes indiens l’histoire de la chute du premier homme, nous emploierions à peu près les mêmes signes que nous trouvons dans ces deux cartouches.

Les pages 147 et 148, comme la page 128, nous offrent également des cartouches contenant des caractères sym-

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boliques, arithmétiques, et peut-être syllabiques, dont nous ignorons la valeur positive.

Les deux premières figures humaines de la page 448 nous représentent deux personnages européens, ornés des emblèmes de la souveraineté ; ces emblèmes sont isolés aux pages 163 et 16h ; le second de la page 16h est renversé, ce qui, dans le langage totémique, signifie la mort de celui qui porte cet attribut; mais, dans un sens allégorique, on peut interpréter ce signe, ainsi renversé, par la destruction du pouvoir suprême exercé par la personne auprès de laquelle se trouve cet attribut.

A la page 149, on voit une tête de mort isolée et accompagnée de l'emblème du scalp; plus bas, on voit également un homme dont la tête est séparée du corps, et quoique le personnage qui est placé à gauche ne porte aucune arme avec lui, l’arrangement des figures indique qu'il enlève la vie à celui qui esi privé de la tête.

Le second groupe d’homines de la page 150 représente un esprit ou un homme-médecine ayant ses deux mains dans le corps d’un midé, Aux pages 151 et 152, c’est la tête de ces esprits ou de ces êtres possédant une puissance céleste qui est plongée dans le corps des midés.

2eci est un symbole d’une interprétation facile. Dans le premier cas, les mains signifient que l'individu est poussé, supporté, influencé par une volonté autre que la sienne ; dans le second cas, la tête signifie que l'individu est inspiré par un pouvoir autre que le sien, et qu’il possède toutes les qualités, toutes les facultés d’un être supé-

rieur, qui les lui communique d’une manière surnaturelle.

Une ligne elliptique, portée sur les épaules, symbolise un ballot et dénote la richesse ; portée sur la tête, elle symbolise la gloire ou la puissance surnaturelle ; lorsqu’elle enveloppe la tête et les épaules tout à la fois, comme nous le voyons aux deux premières figures humaines de la page 153, elle symbolise non-seulement un homme chargé de biens, mais elle implique encore une influence miraculeuse, un pouvoir presque divin. Au bas de cette même page, à gauche, on voit des bras et des jambes séparés du tronc, et, à droite, des bras et des jambes en croix; quoique ces signes soient ordinairement des emblèmes funèbres ou de mort, nous n'avons jamais vu dans la pictographie indienne des membres ainsi disposés qui puissent nous éclairer d’une manière exacte sur la signification de cet arrangement.

La page 415! nous offre quatre groupes de figures humaines, chacun composé d’un homme-médecine et d’un personnage symbolisé : le premier est écartelé ; le deuvième porte un cœur sur la poitrine; le troisième a le corps traversé de l'emblème de la foudre, et le quatrième a dans le corps la iête d’un esprit ou d’un midé symboliquement uni à un oïscau. Toutes ces figures nous étant déjà connues, nous nous contentons d’en faire l’'énumération.

A la page 155, nous voyons une série de figures qui reviennent dans la suite de ce chapitre, et qui se distinguent par une longueur démesurée du cou, de sorte que la tête,

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renversée en arrière, paraît être presque arrachée du corps. Cette étrange singularité peut recevoir deux explications, à notre avis : la première, c’est que ces figures ont des cous de cygne, et qu’ils désignent soit une tribu, soit un clan, de même que l’on représenterait des hommes chaussés de mocassins foncés pour désigner la tribu des Pieds-Noirs, etc. La deuxième explication nous semble tout aussi probable. Il existe dans plusieurs tribus du Nord ‘a coutume de s'infliger des tortures volontaires par un motif religieux ; dans ces sortes de cérémonies, les torturés sont suspendus par des cordes à des poutres. Il est possible que l’auteur ait voulu spécifier ici ces victimes du fanatisme religieux : ce qui rend cette opinion assez spécieuse, c’est que nous voyons, à plusieurs reprises, ces figures accompagnées des hommes-médecine qui leur tiennent la tête ou le cou. Quoi qu’il en soit, la nature et la disposition de ces figures ne nous permettent pas de leur donner une interprétation autre que symbolique ou mystique.

La page 161 nous présente deux groupes d'hommes : le premier prie pendant le jour, symbolisé par le soleil, et le deuxième marche pendant la nuit, symbolisée par la lune.

Les pages 166, 167 et 168 se composent d’une série de scènes purement représentatives : ce sont des duels ou des combats avec des armes différentes ; les lieux et la cause de ces hostilités paraissent être indiqués au bas de la page 167. Le dernier groupe de la page 166 représente

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une trêve, une suspension d'armes, et celui de la page 168 l'union offensive et défensive d’un certain nombre de guerriers. La vue de ces deux hommes portant un grand cœur sur la poitrine nous fait souvenir que rous avons oublié de dire, au commencement de cette notice, que les signes symboliques placés sur une figure pour la qualifier sont pris quelquefois totémiquement, c’est-à-dire qu'ils désignent l'individu ou les individus d’un même clan. d’une même race. Ainsi, le soleil placé sur les épaules d’un homme dénote la possession d’une influence surnaturelle aussi bien que la vigilance, la lumière, le savoir et tout autre attribut de ce genre; mais souvent aussi il désigne un personnage renommé par ses qualités ou par ses vertus, et peut désigner également toute une classe d’êtres privilégiés, Cet exemple, qui paraît compliquer la valeur des signes, en rend pourtant l'intelligence plus facile par l'élasticité d'interprétation auxquels ils se prêtent.

Le dernier groupe de la page 169 nous paraît représenter le baptême d’un Indien. Aux pages 171 et 172, on compte sept médaillons renfermant chacun un esprit ; nous pensons que c’est une allusion aux sept sacrements et aux grâces qu'ils confèrent à ceux qui les recoivent. Les symboles chrétiens qui sont en regard de trois de ces médaillons, page 172, corroborent notre opinion.

On ne doit pas s'étonner de la variété des sujets disparates, incohérents même, qui se mélangent, se confondent et se groupent dans la pictographie indienne. L'art graphique des Peaux-Rouges nous offre de pareils exem-

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ples à chaque instant; on dirait que leur imagination ardente ne leur permet pas de s’arrêter longtemps sur le même sujet et de le developper avec quelques détails ; leur pensée vagabonde avec une légèreté étonnante en ne laissant que des traces fort incomplètes, lorsqu'elle est consignée sur du papier, de l'écorce, des peaux ou des rochers, et il n’est pas toujours facile de découvrir ce que l’impatience ou l'incapacité de ces historiens sauvages ont laissé inachevé.

Le chapitre finit par une série de points numériques rangés sur dix colonnes, par les deux animaux que nous avons vus à la page 124 et par quatre têtes de mort semblables à celles de la page 85.

Le sujet du chapitre treizième nous paraît fort obscur ; le mysticisme et la religion y jouent certainement le principal rôle, et l’histoire y entre pour très-peu de chose.

La page 174 commence par une figure représentant l’union symbolique d’un midé avec un oiseau, signe fréquemment reproduit dans ce manuscrit, et qui peut égalements’interpréter pour l'image d’un esprit céleste. Viennent ensuite trois lignes roulées comme des ressorts de montre. et dont la signification symbolique nous est inconnue.

La page 175 nous offre trois hommes en prières devant des esprits célestes, dont le dernier de la troisième ligre tient un enfant au côté. Un cercle de points, surmonté d’une croix formée de quatre points, représente un chapelet et dénote la nature de la prière de la de:nière figure prosternée.

114 MANUSCRIT PICTOGRAP:IIQUE

L'animal qui accompagne la première figure de la page 476 est symbolique et totémique tout à la fois. La deuxième figure de le même page doit se lire de droite à gauche. Le personnage en question a les bras recourbés vers le ventre, pour indiquer qu’il est rempli des biens qu’il reçoit de l'esprit qui le protège.

Au bas de la page 179, à côté des deux X, on voit l'emblème de quelque divinité indienne monstrueuse.

À la page 183 se trouvent deux têtes de mort avec les tibias en cioix. Ce luxe de détails pour représenter la mort est fort rare parmi les Peaux-Rouges, de sorte que nous supposons qu'il s’agit ici de quelques personnages importants.

On voit à la page 186 deux roues ayant chacune un manche, et qui ressemblent à ces instruments sur lesquels les Indiens font sécher le scalp des ennemis et qui doivent servir à la danse du scalp. Les lignes droites qui entourent la première ct les deux dernières figures humaines de cette même page désignent l'habitation des blancs ; celle des Peaux-Rouges est généralement symbolisée par une tente.

La page 1914 nous offre deux singularités : la première c’est un homme dont les membres, dessinés en zigzag, marquent la rapidité des mouvements ; la seconde est un homme dont la figure est barbouillée de noir pour désigner qu’il marche dans l’ombre ou pendant la nuit; ceci peut également s’interpréter d’une manière allégorique, pour indiquer des actions mystérieuses, cachées, obscures.

Au bas de la page 19/4. on voit encore l’image grossière

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d’une divinité indienne et un homme avec des oreilles de lièvre.

Parmi les figures de la page 197, il s'en trouve quatre privées de leurs têtes, et cinq plus bas dont le sexe est indiqué par le cteis; et, parmi les neuf de la page 199, trois ont des membres contrefaits et trois autres portent entre les mains des espèces de marteaux, qui sont peutêtre des tomahawks que nous revoyons aux pages 201, 204 et 205.

Le premier personnage de la page 203 porte son nom ou son totem sur le front ; il revient aux pages 204, 205. 206 et 207, dont il est le principal sujet ; son rôle paraît être celui d’un homme supérieur, d’un chef puissant, riche et doué d’un pouvoir magique peu commun.

Le dernier chapitre commence à la page 209; il rappelle des souvenirs du passage des missionnaires dans une tribu indienne et confirme l'interprétation que nous avons donnée à plusieurs signes des pages 13, 16 et 65.

Nous croyons que l'espèce de mitre surmontée d’une croix et portée par le premier personnage de la page 109 est réellement ici l'emblème de la dignité épiscopale, et que ce groupe représente un évêque donnant la confirmation à l’homme à genoux.

À la page 210 on voit un signe nouveau ; c’est un ostensoir ou un reliquaire devant lequel un officier est à genoux.

La première figure de la page 215 est indubitablement la représentation d’un autel avec quatre flambeaux, et

d’un missionnaire dans l’acte de célébrer le saint sacrifice; la différence qui existe entre ce groupe de signes et celui de la page 65 est trop insignifiante pour ne pas leur attribuer à tous les deux la même signification. Les deux lignes suivantes de la même page 215 dénotent la même action, mais sans doute dans une intention différente. Ainsi la troisième figure de la deuxième ligne est l’image du squelette d’un chef dont les attributs sont symbolisés par deux cornes; et le missionnaire qui est au milieu nous paraît offrir la messe pour le repos de l’âme du défunt crayonné à côté de lui.

Les pages 218 et 219 nous représentent des hommes a genoux et en prières autour d'une église, et à la page 221 on voit une exposition sur un autel soit du saint-sacrement, soit d’un reliquaire. En un mot, tout ce chapitre ne contient que des scènes religieuses du culte catholique, excepté la dernière figure de la page 227, qui représente un homme ayant un fusil sur ses épaules, pour dénoter qu'il a le pouvoir de retrancher la vie. Dans certaines inscriptions indiennes, ce même signe est une espèce d'avertissement fait aux passants de ne pas chasser sur des terrains particuliers.

Telle est la signification des principales figures de ce singulier manuscrit, le seul de ce genre qui ait été découvert jusqu’à ce jour depuis que le Nouveau-Monde nous est connu. Nous aurions pu nous étendre plus longuement sur bien des sujets que nous pensions comprendre avec plus ou moins d'assurance; mais, préférant nous taire plu-

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tôt que d'exposer ?5 opinions ou des assertions, que de nouvelles recherches pouvaient modifier ou changer, nous nous sommes limité, dans ce premier travail, à déchiffrer tout simplement, avec le moins de commentaires possible les traits caractéristiques de ce manuscrit, et à spécifier plus ou moins la nature des objets figurés ou représentés, nous abstenant de tout détail spécienx qui liàt entre eux, dans notre esprit, les scènes, les actions, les personnages et les signes symbolisés.

La valeur idéographique ou symbolique d’une certaine quantité de signes reproduits fréquemment, avec ou sans modification, ne peut être exactement interprétée qu'après une série d’études longues, variées, d'autant plus laborieuses que l'alphabet pictographique des Peaux-Rouges est fort borné, à peu près inconnu, et que dans ce manuscrit il existe une foule de signes ou de combinaisons de signes qui ne se rencontrent dans aucune des inscriptions indiennes publiées jusqu’à ce jour. Nous espérons que les archéologues, les antiquaires américains et les sociétés savantes des États-Unis qui en possèdent quelques-unes, aussi simples qu’elles soient, retrouveront parmi ces inscriptions quelques signes ayant de l’analogie avec ceux que nous publions, et qu’ils en feront part au monde savant avec l'interprétation qu'ils croiront devoir leur donner. La publication de tous ces monuments hiéroglyphiques finira par jeter une lumière certaine sur cette science, encore plongée dans les ténèbres de l’enfance, et facilitera la tâche que nous nous sommes imposée en modifiant quel-

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