‹ Manuscrit troanoChapitre 1 sur 23 · I)RESSÉ À SON EXCELLENCE M. DURUY · texte numérisé non relu

I)RESSÉ À SON EXCELLENCE M. DURUY

MINISTRE DE I/IiNSTBlCTION PUBLIQUE.

MoNsiEun LE Ministre,

En me faisant l'honneur, il y a quatre ans, de me charger d'une mission spéciale, ayant pour objet d'étudier le Mexique au point de vue de l'histoire et de l'archéologie, Votre Excellence me disait qu'elle s'en remettait entièrement à moi pour la direction de mes travaux et la marche à suivre dans le voyage que j'allais entreprendre. Je n'ai cessé dès lors, Monsieur le Ministre, de travailler à justifier la confiance que vous avez hien voulu me témoigner. Je me suis occupé constamment, durant mon voyage et depuis mon retour, à réaliser les résultats de la mission dont Votre Excellence m'avait honoré. Mon plan était tracé à l'avance et c'est vers le Yucatán que je dirigeai d'abord mes pas. Cette région, la première où les conquérants de l'Amérique contemplèrent les monuments d'une architecture inconnue, cette région, encore aujourd'hui la plus ' célèbre au point de vue de lart et de Tarchéologie américaine, en est également la plus importante sous le double aspect de la linguistique et de la philologie comparée. Là parait, en effet, avoir été le berceau d'une civilisation, depuis longtemps éteinte et dont celle du Mexirjue de la conquête n'était qu'un dernier reflet. C'est là que le voyageur contemple avec étonnement les ruines splendides de Ghichen-Itza, d'Uxmal et deLabnà, les pyramides grandioses de Silan et d'Izamal, et, sur les confins de la pénmside, les temples abandonnés de Palenque lui présentent, dans leurs inscriptions monumentales, les souvenirs muets d'un passé mystérieux. Aussi me disais-je, en met-

,1 UAPPOIÍT SUR LE MANUSCRIT TROANO.

tant lo ])ie(l sur le sol du Yucalan, que si jamais la clef de ces inscriptions devait se

retrouver, c'était là qu'il fallait chercher à la découvrir.

Je me souvenais que c'était de cette péninsule, sentinelle avancée de l'Amérique vers l'Océan, qu'on avait rapporté les rares manuscrits en caractères phonétiques que l'Europe avait reçus à l'époque de Cortés : c'est au Yucatán qu'on attrihuait le magnifique Codex conservé dans la hibliolliéque royale de Dresde, reproduit par ordre de lord Kingsborough; du Yucatán, enfin, provenait probablement le Manuscril, ail mexicain n" â, de la Bibliothèque impériale, malheureusement trop endommagé, mais qui ne saurait périr, grâce au soin que Votre Excellence a pris de le faire photographier, en i864, j)0ur la Commission scientifique du Mexique.

Quels motifs plus puissants. Monsieur le Ministre, |)0ur visiter cette terre antique! Durant les difl'érents séjours que j'avais faits antérieurement au Mexique et dans l'Amérique centrale, des circonstances indépendantes de ma volonté avaient mis constamment obstacle à ce que j'y portasse mes pas. Je n'en éprouvais que plus d'empressement à m'y rendre : mais depuis que j'avais découvert à Madrid et publié le manuscrit de la Relation des choses de Yucatán, de Landa, contenant l'alphabet antique des caractères mayas, cet empressement était devenu un désir irrésistible. Un instinct secret me poussait vers cette terre classique de la civilisation occidentale où j'avais l'espoir de découvrir la clef qui devait me servir, avec l'alphabet de Landa, à déchilfrer les inscriptions de Palenque. Votre Excellence réalisa ce désir, en me laissant libre de suivre le plan et la marche de mon voyage. Aux premiers jours de novembre i86/i, je débarquai au port de Sisal et, dans un rapport, daté de Mérida, du 22 du même mois, j'avais l'honneur de dire à Votre Excellence que j'avais commencé à travailler avec assiduité à l'étude de la langue maya, ajoutant que la connaissance en était indispensable à quiconque voulait parcourir utilement le Yucatán et interroger son histoire.

Déjà au courant de l'ensemble des éléments de cette langue par mes travaux antécédents, il m'eût été difficile de ne pas y faire, d'ailleurs, des progrès sensibles. Tout le monde parlait maya autour de moi; car le Yucatán est un des rares Etats de l'Amérique où les vaincus imposèrent l'usage de leur idiome aux vainqueurs. Aujourd'hui encore, dans nombre de localités à l'intérieur de la péninsule, il n'est que trop commun de rencontrer les descendants mêmes des Espagnols qui no parlent plus que cette langue, étrangère à la mère patrie.

Après un séjour de plusieurs mois au Yucatán, j'étais en chemin pour me rendre aux ruines de Palenque, lorsque la maladie de mon dessinateur, M. Henri Bourgeois,

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m'obligea à changer la direction de mon voyage. Je partis avec lui pour les re'gions tempe'^re'es du Mexique, et je continuai seul mes recherches. Plus tard, je visitai les pyramides de Teotihuacan , ainsi que les intéressantes ruines de Tetzcuco et de Huexotla : je m'arrêtai ensuite, en passant, dans la ville antique de Cholula, dont la pyramide, décrite par Humboldt, ressemble de loin à une haute colline naturelle. Embarqué un peu plus tard à la Véra-Cruz, et puis à Sisal, pour me transporter à Belize, je longeai toute la côte orientale du Yucatán, couverte de nombreux monuments, dont les formes coniques se discernent de loin sur la mer. Hemis à terre, quelques jours après, à Omoa, je remontai, dans le Honduras, le cours du fleuve Chamelicon, aux rives couvertes de ruines : ayant traversé ensuite les montagnes qui séparent le Honduras de la république de Guatemala, j'en descendis pour visiter une seconde fois les édifices de Copan, dont le nom a acquis une célébrité américaine, presque égale à celle de Palenque. C'est que là aussi les sanctuaires écroulés et ensevelis dans l'épaisseur des bois renferment des inscriptions où l'épigraphie trouverait une ample moisson.

Dans les cartouches élégants qui décorent les monolithes de cette antique cité, je reconnaissais les caractères des inscriptions de Palenque : en les comparant à ceux (le l'alphabet de Landa, je les trouvais identiques. Mais lorsque je tentais d'en lire quelque chose, vains efforts ! je me trouvais aussitôt arrêté par une foule d'obstacles. Après quelques mois de séjour au Guatemala, dépensés en recherches infructueuses, je pensai à rentrer en Europe. Si je regrettai mon peu de succès, eu égard aux inscriptions, je n'étais pas pour cela découragé. J'emportais des notes précieuses et tous les éléments d'un vocabulaire de la langue maya. Ce que j'avais si vainement cherché en Amérique depuis deux ans, je finis alors par le découvrir à Madrid, où je |)assai. venant de Cadix, pour m'en retournera Paris. A ma première visite à la bibliothèque de l'Académie royale d'histoire, l'archiviste, qui est de mes amis, me présenta un manuscrit original dont les caractères étaient identiques avec ceux de l'alphabet conservé par Landa et les inscriptions de Palenque. Le possesseur de ce précieux document, don Juan de Tro y Ortolano, professeur.de paléographie à l'Université de Madrid, me le prêta obligeamment j)our tout le temps que je jugerais opportun de le garder dans l'intérêt de mes études, en me concédant le droit de le reproduire'"'.

J'arrivai à Paris, heureux de cette découverte inespérée : quelques jours après, j'eus l'honneur de présenter ce document à Votre Excellence, dans un comité spécial de la

''' C'est du nom ilu propriétaire de ce document qu'à Ijliothèque de l'Acade'mie royale d'histoire, le titre de Madrid, en présence de ses amis, fut arrête, dans la bi- Mannscrit Troniio que porte ce document.

IV IIAPPORT SUR LE MANUSCRIT TROANO.

CoiDiiiission scientifique du Mexique, qui en décida ensuite la reproduction et la pul)lication: M. Henri Bourgeois, qui m'avait accompagné au Yucatán en qualité de dessinateur, en fut chargé sous ma direction. Le travail fut lent. Voici deux ans et demi qu'il a été entrepris et ce n'est que depuis quelques jours (pi'il a été terminé. Mais tous ceux qui sont à même de juger de la difficulté minutieuse dun ouvrage de ce genre et de la beauté de son exécution, seront peu surpris de cette lenteur. La copie du manuscrit, reproduite par le procédé de la lithochromie , est d'une fidélité et d'une exactitude (pii ne laissent rien à désirer. Dans ce travail patient, M. Bourgeois a été formé, en quelque sorte, par M. Léonce Angrand, membre de la Commission scientifique du Mexique, qui avait consenti, à ma prière et de l'agrément de Votre Excellence, à se charger de contrôler les épreuves du dessinateur et du lithographe. Les connaissances artistiques de M. Angrand suppléèrent ainsi à ce qui me manquait de ce côté. Après une année entière de cette surveillance fatigante, en m'annonçant (pi'il souhaitait renoncer à cette responsabilité qu'il avait si obligeamment acceptée. M. Angrand m'écrivit que l'artiste t pouvait désormais continuer seul ce travail pour ff lequel il montrait une aptitude particulière et dans lequel il déployait un véritable fr talent d'exécution. '^ Aujourd'hui qu'il est terminé, on ne saurait contester à M. Bourgeois d'avoir pleinement justifié ce témoignage (latteur. La reproduction du Manuscrit Troano est une a^ivre qui fera honneur au gouvernement sous lequel elle a été exécutée, au ministre qui l'a ordonnée, comme à l'artiste qui l'a si bien menée à fin.

Le [)ublic, souvent impatient, a pu s'étonner que l'expédition scientifique du Mexique eut encore produit si peu de résultats depuis son origine. Mais les travaux, ayant la science pour objet, ne s'élaborent pas si rapidement qu'on le voudrait. Si l'on se souvient que plus de vingt ans se sont écoulés entre l'époque de la création de l'Institut d'Egypte et la réalisation de ses résultats scientifiques, on nous tiendra compte de ce (pie nous avons pu faire depuis quatre années seulement. Aujourd'hui, néanmoins, j'ai l'honneur de remettre à Votre Excellence, avec la monographie du Manuscrit Troaiio. les résultats de mon voyage et les preuves de mon succès dans l'interprétation des inscriptions de ce document. J'y présente la clef de l'écriture hiéroglyphique de Palenque et de Copan, l'explication et l'exposé du système phonétique et figuratif, suivi simultanément dans les inscriptions monumentales, ainsi que dans les manuscrits originaux, par les hiérogrammates mayas, plus de soixante siècles avant notre ère.

Les lenteurs de la reproduction du Manuscrit Troano, en calmant mes désirs im- [)atients, ont utilement servi à mes recherches. J'ai eu tout le temps d'étudier, une à

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une, les pages de ce précieux document, dont l'artiste m'apportait successivement les épreuves, d'en classer méthodiquement les caractères et de comparer leurs variantes. L'alphabet et la série des signes symboliques des jours, conservés dans Landa, m'ont guide' dans les commencements. Au premier ahord j'avais douté de l'importance du document, au point de vue historique : je croyais retrouver, dans quelques-uns de ses tableaux, l'exposé des cérémonies religieuses dont il est question dans la Relation des choses de Yucatán, à l'occasion de certaines fêtes agricoles, et je prenais le manuscrit maya pour une sorle d'aimanach à l'usage des anciens [n-opriétaires ruraux. Par l'impossibilité où je me trouvai, durant près de deux ans, de découvrir, dans les inscriptions, une lecture suivie, je doutais qu'elles fussent phonétiques et même qu'elles appartinssent à la langue maya, proprement dite. A force de travail, de tâtonnements, de comparaisons de tout genre, je finis par trouver la clef de leur interprétation : mes doutes se dissipèrent; mes incertitudes cessèrent insensiblement. Je pénétrai peu à peu le mystère de ces images bizarres; enfin, les derniers voiles s'écartèrent et je cotnmençai à lire d'un bout à l'autre les inscriptions.

La monographie que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui à Votre Excellence, mise en œuvre il y a un an, a été écrite au point de vue des recherches diverses que j'ai dû faire; mais elle n'a pu être complétée qu'à la suite de mes dernières découvertes. J'ai l'honneur, Monsieur le Ministre, d'en faire ici à Votre Excellence un exposé succinct. J'entre en matière avec l'historique des manuscrits, dits mexicains, que les premiers conquérants espagnols firent connaître à l'Europe : j'en examine la provenance et je rapporte le sentiment des dilTérents auteurs qui, à répo([ue de la conquête du Mexique, s'occupèrent des livres et de l'écriture, soit figurative, soit phonétique, des anciennes nations américaines. Je rappelle ensuite tous les genres d'inscriptions, existant encore aujourd'hui, d'un bout à l'autre du continent et j'indique les moyens d'étudier et de faire profiter à la science l'ensemble de cette épigraphie monumentale, dont les textes se retrouvent sur les tables mystérieuses des temples ou sur les rochers, le long des fleuves, depuis le Chili jusqu'aux bords du Saint-Laurent et au Groenland.

En continuant, je discute l'aljdiabet entier, j'analyse chacun des caractères dont il se compose, ainsi que les signes des jours, si souvent répétés dans le Manuscrit Troano. Je les explique à l'aide de ce document, en réunissant à chacun d'eux les variantes diverses que j'ai réussi à identifier dans ces pages : je les compare aux caractères du Manuscrit de Dresde et à ceux des inscriptions de Palenque, ayant soin de reproduire

aussi souvent que possible les caractères isolés pour les analyser clans les groupes où ils sont réunis. J'en éclaircis le sens au moyen de la langue maya tKabord, puis, au besoin, des autres langues mexico-guatémaliennes. L'analyse des caractères de l'alphabet, celle des symboles des jours et des mois, sont suivies de l'examen des signes figuratifs le plus fréquemment usités dans le manuscrit : j'examine, en |»articulier, ceux qui se rattachent à la terre, à l'air, à l'eau et au feu. Plus loin, je donne le tableau des noms de nombres, en y ajoutant le détail et l'ensemble des signes numéraux des anciens Mexicains, comparés à ceux des Mayas. Enfin, Monsieur le Ministre, je termine cette monographie par l'exposé général du document, et j'en analyse, en les traduisant, les premières pages : à cet effet, je suis la méthode employée pour l'interprétation des hiéroglyphes égyptiens, mettant l'un après l'autre les signes mayas, avec la lecture maya en caractères ordinaires et la traduction française.

L'exposition du système hiéroglyphique du Yucatán est aussi complète qu'elle pouvait l'être actuellement. Pour en faciliter l'étude, je fais suivre cette monographie de la courte, mais précieuse grammaire d'Antoine-Gabriel de Saint-Bonaventure, traduite en français, et d'un certain nombre de morceaux de littérature maya, ancienne et moderne, formant une chrestomathie, texte original et traduction en regard. Un vocabulaire, composé de tous les éléments que j'ai réussi à me procurer au Yucatán, complète l'ouvrage.

En terminant ce rapport, je demande à Votre Excellence la permission de répondre ici à quelques réflexions, souvent faites à propos des documents mexicains et répétées plus d'une fois à l'aspect des épreuves du Manuscrit Troano, lors de leur exposition, en 1867, dans les salons du Ministère de l'Instruction publique. Elles concernent les formes étranges et parfois grotesques de certaines images et la laideur qui les caractérise en général. La raison de cette étrangelé est simple : elle est facile à saisir, surtout si l'on examine avec quelque attention les |)ages du document. Que Votre Excellence veuille bien y j<'ter un coup d'œil. Elle remarquera que toutes les figures d'hommes, d'animaux ou d'oiseaux, sont composées des mêmes caractères dont se composent l alphabet et le calendrier. Les inventeurs de cette étrange écriture lui ont donné vérifablenienl un corps, en en réunissant les symboles dans ces silhouettes, et l'image à l'apparence d'homme, de bète ou de volatile, est une phrase qui se lit de la même manière (pie le reste. La tête est alternativement la lettre k, m., p, p [pp) ou x : les gouttes, contournant l'œil, sont les indices de l'eau; la langue pendante annonce la lave dun volcan, dont la bouche est le cratère; les dents crochues, les crocs du serpent, sortant

RAPPORT SLR LE MANUSCRIT TROANO. vu

de la bouche, sont des syml)oles de l'air. Les mains sont par elles-mêmes idenliijues avec le caractère alphabétique ch (ir/t français), d'où chaa, prendre, saisir, accepter; le pouce est le tum. sorte de feuille daloès, dentelée et se terminant en pointe courbée comme une tarière, symbole du premier instrument de travail, sous les tropiques. La jambe est un a, le pied ou son empreinte, signe de la marche, devient la lettre b, initiale du mot be, marche, voie, chemin, en maya.

Maintenant, si l'on examine les ornements de ces figures bizarres, on y découvre encore le même symbolisme. La coiil'ure est fréquemment composée de signes trop aisés à reconnaître, pour qu'il soit nécessaire -tl'en parler : c'est le feu, c'est la fumée, ce sont des flammes ou des gaz variés selon la couleur. Le pendant d'oreille est une gourde, double ou triple, signe de la voyelle o, symbole, à son tour, dune colline ou d'un cône soulevé. Les manchettes que les figures humaines portent au bras, la partie supérieure de leurs cothurnes, sont fréquemment la répétition du caractère haaii, premier symbole des jours du calendrier, signifiant la terre grossie ou soulevée. Je n'en finirais pas. Monsieur le Ministre, si j'entreprenais de rappeler ici tous les détails condensés dans la silhouette hideuse des personnages du Matmscnt Troam. Mais cette laideur s'efface peu à peu et au sentiment de dégoût qu'elle inspirait succède un sentiment d'admiration, à mesure qu'on pénètre dans la pensée profonde qui en a dicté les traits à l'hiérogrammate, auteur primitif de ce livre mystérieux. On s'explique, en lisant chacun des caractères, les attributs des puissances lelluriques, ainsi personnifiées, et dont l'ensemble, en constituant l'image d'un homme ou dun animal, était devenue celle d'une divinité, au berceau des nations américaines. De là la nécessité pour le sacerdoce de garder inviolablenient ces modèles dilformes ou grossiers dans leur persistance hiératique, le moindre changement devant naturellement altérer l'idée dont ils étaient la phrase énigmatique. Voilà comment, dans la représentation des divinités du \ucatan ou du Mexique, ces hideuses images, qui remplissaient d une terreur sacrée le vulgaire prosterné devant elles, étaient uniquement, pour ceux (jui savaient les lire, l'explication d'un phénomène naturel ou d'une catastrophe dont leurs ancêtres avaient été les témoins.

Telle est. Monsieur le Ministre, l'exposition succincte de ce que j'ai découvert dans l'analyse de ces images. Grâce à la publication qu'en a ordonnée Votre Excellence, chacun se trouvera en mesure de s'en convaincre par ses propres yeux et d'apprendre à en interpréter le symbolisme, à l'aide du travail que j'y ai joint. Si l'artiste a réussi

HAPPOHT SLIH LE MANUSCRIT TROANO.

à reproduire si lidèlemenl celui dont il avait été chargé, je crois jtoiivoir me rendra ég-alement ce témoignage (jue j'ai rempli, autant (ju'il était en moi. la mission qii mavail été confiée par Votre FAcellence et jusfitié la confiance du (iotivernement.

J'ai riioiineur d'être avec un profond resjiect,

Monsieur le Ministre,

De ^'otre Excellence

Le Irès-ohéissanI serviteur, BRASSKIJR m: BOURBOURG,

Meiiibie de la Cominissioii scientifique du Mexique.

Paris, L>(j septembre 1868.

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