‹ Manuscrits de FourierChapitre 110 sur 134 · SUR LES TRADITIONS · texte numérisé non relu

SUR LES TRADITIONS

L'homme n'a pas été créé au hasard : ses instincts, ses penchants, ses facultés, en un mot tous les éléments qui composent son être ont été coordonnés, sans doute , d'après un certain plan , et destinés à remplir des fonctions déterminées, de toute éternité, selon l'Ordre et l'Harmonie universels des choses.

De même que la science physiologique nous montre que chaque muscle , chaque artère, chaque veine, chaque nerf, chaque organe, à une fonction propre , et que l'ensemble de ces fonctions concourt directe ment à la conservation et au développement de l'individu : de même aussi, la science religieuse ou sociale nous apprend que tous les élé-— ments qui constituent l'être social tendent, chacun suivant la fonction qui lui est propre , à la conservation et au développement de cet être, en le mettant en unité directe avec lui-même , avec le monde et avec Dieu.

En effet, l'hommme, en tant qu'être sensitif, se trouve directement en rapport avec le monde extérieur; pour l’homme, l'âme sensitive est le foyer central où viennent se réfléchir les phénomènes de la vie universelle. L'âme sensitive établit des relations intimes entre l'homme et le globe qu'il est appelé à régir ; en un mot, c’est par l'âme sensitive que se développe le premier germe de la vie sociale, nous voulons dire l’Industrie.

L'homme, en tant qu'être affectif, est sans cesse attiré vers ses semblables : c'est l'âme affective qui pousse impérieusement l'homme à aimer ses frères, à s'unir à eux , à constituer la Famille qui, dans l’ordre des

temps, se présente à nous comme la première ébauche de l'association sur la terre.

Page 1