‹ Manuscrits de FourierChapitre 122 sur 134 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

chaleurs, et que la fiévreuse cohorte des prunes et abricots équivaut à un véritable dénuement. Pendant la saison brülante, les villes, bien pourvues dans leurs alentours de jardiniers habiles, peuvent prolonger la durée des fruits rouges, accélérer la poire et couvrir à peu près l'intervalle. Mais les campagnes ont jusqu’à six semaines de fériation et lacune de fruits au fort de l'été, les poires fondantes, les melons et les raisins, qui seraient si nécessaires en juillet, n'arrivent qu'à la fin d'août, qu'à l’époque des fratcheurs. Les fruits offrent en septembre le même encombrement que les fleurs en mai, tout dans une saison et rien dans une autre : la poire n’atteint pas au mois de novembre, le raisin finit en décembre pour le peuple, il ne reste en janvier que la pomme, qui semble demeurer pour nous rappeler l'absence de fruits : elle est l'exception qui confirme la règle.

Nous n’en sommes qu'aux préludes sur ce sujet, et je reviendrai sur les vices de cette odieuse création, qui semble et qui est réellement un système de trahisons organisées contre l’homme jusque dans les dons les plus séduisants de la nature. Il n’est rien de plus tentant que la groseille ; on croit se rafraîchir avec une belle grappe, on s’infecte en mangeant des punaises cachées entre les grains et dont la couleur a trompé l'œil. Si l'on veut écouter les naturalistes, ils trouveront dans toutes ces ordures un sujet de vanter la bienfaisante nature; mais, pour parler franc, avouons que notre globe est meublé d’une création infernale, dont je vais expliquer plus régulièrement les vices au chapitre suivant.

$ IL Règne animal.

Tigres et loups! guëpes et punaises ! rats et vipères ! c'est à vous à répondre aux apologistes de la bonne et simple nature ; aussi ai-je attendu l'instant de vous mettre en scène pour définir son ouvrage.

Dans l'échelle d'harmonie générale, un anima, un subalterne qui attaque le foyer, ou l'homme, est une monstruosité semblableà celle d’un assassin qui poignarde le roi. Habitués à une création divergente, où toute la nature est en guerre contre l’homme, nous n’avons pas entrevu l'absurdité d'un tel ordre. Il est, si l’on veut, régulier, à le considérer selon nos préjugés politiques, selon nos leis, qui ne consacrent que la violence et la fausseté; mais, sur un globe harmoniquement meublé, les créations ne doivent donner que des créatures amies de l’homme, sauf l'exception de 4/8 en mixte ou caractère insocial sans étre en rébellion contre l'homme. Telle est l’hirondelle qui ne nous fait aucun mal, mais qui est incompatible avec nous et dont nous ne tirons aucun service; car ni sa chair, ni son plumage ne peuvent nous être utiles, tandis que la

pui, TL A DATES LH Afieise, ates ÀAotif. DU “He dus ln Téun… Bar À ju Pré ces, ct dd SA sant

PE pa coute 7

Page 1